‹ Notices sur la Finlande \Chapitre 41 sur 45 · CD CM · texte numérisé non relu

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iD

La dernière colonne du tableau indique que l'industrie dont le développement a été le plus remarquable est celle du bâtiment, dont la production a quadruplé en 12 ans. Remarquons toutefois que

les données concernant ce groupe ne sont pas absolument sûres, et que l'augmentation constatée pourrait tenir en partie à une moindre exactitude des données de Tannée 1887 relativement à celles de 1898. Les industries dont le développement a été le plus remarquable après celle du bâtiment sont: la métallurgie, l'industrie chimique, l'industrie graphique, celle de la pierre et celle du bois. L'augmentation relativement considérable du nombre des établissements et aussi en partie de celui des ouvriers dans cette dernière industrie vient de la création d'un grand nombre de petites scieries travaillant tantôt uniquement pour la consommation du propriétaire, tantôt en vue de la vente. Si l'on prend le développement de la valeur de la production l'industrie du bois est suivie par l'industrie des aliments et des objets de consommation, puis celle de l'habillement. Les dernières de la série sont l'industrie du papier, l'industrie textile, et celle du cuir, qui toutefois se sont elles aussi développées d'une manière très satisfaisante, comme on le verra en étudiant chacune d'elles séparément.

industrie minière et métallurgique.

En Finlande le sol se compose de roches cristallines dures, granités, gneiss, schistes, etc., formées aux époques les plus reculées du globe. Sur ce fond solide de roches anciennes repose, comme un mince revêtement, une légère couche de dépôts meubles, graviers, sables et argiles, formés pendant

les périodes les plus récentes, à Tépociue glaciaire. Les espèces minéralogiques des épociues intermédiaires font presque absolument' défaut, de môme (\\xe les roches du pays sont généralement pauvres en minerais. L'industrie minière n'a donc pu prendre en Finlande un développement bien considérable, et les seuls métaux que produise le pays, et qu'on rencontre soit dans les roches anciennes, soit dans les dépôts meubles sont: un peu d'or, d'argent et d'étain, du cuivre et du fer.

Or. En 1867 on découvrit des terrains aurifères dans la vallée de l'Ivalojoki, fleuve de la Laponie qui se jette dans le lac d'Enare, et depuis 1870 on y pratique le lavage de l'or. On a aussi découvert de l'or dans d'autres vallées de la Laponie, mais en quantité trop faible pour qu'une exploitation régulière ait pu être organisée. La plus grande quantité d'or obtenue dans un an en Laponie (en 1871) se montait à 56,692 grammes. La production annuelle moyenne a varié considérablement et tend en général à diminuer, ainsi que l'indique le tableau suivant.

x\nnée 1887 production en grammes 6,750

Durant les premières années, le lavage de l'or était un monopole de la couronne; mais celle-ci

renonça bientôt à cette exploitation peu rémunératrice, et à l'heure actuelle le lavage est fait par les paysans des environs, et n'occupe qu'une cinquantaine d'ouvriers annuellement. La production de l'or ne joue du reste qu'un rôle absolument insignifiant dans l'économie finlandaise: en effet, de 1889 à 1898, la production totale n'a été que de 81,803 grammes, représentant une valeur de 261,670 marks et la production totale de 1870 à 1898 a été de 419,943 grammes, représentant une valeur de 1,347,700 marks.

Argent. Ce métal est très rare en Finlande; il se trouve principalement dans les filons de galène. Les rares gisements argentifères exploités anciennement sont actuellement délaissés, et l'on n'obtient l^lus l'argent que comme produit secondaire dans l'exploitation des mines de cuivre de Pitkâranta sur la côte nord du Ladoga. Le tableau suivant indique les quantités obtenues en cet endroit:

Année 1887 production en kilogrammes 351

La production totale pour la période décennale 1889 — 98 a été de 7,405 kgs, représentant une valeur de 710,860 marks.

Cuivre. On connaît en Finlande plusieurs gisements de cuivre, mais on n'en a exploité qu'en

deux endroits, à Orijdrvi dans la paroisse de Kisko ^t à Pitkàranta. La mine d'Orijârvi a donné, de 1765 à 1880, date oii on cessa de l'exploiter, -environ 4,000 tonnes de cuivre; celle de Pitkàranta, exploitée encore à l'heure actuelle, a donné de 1850 à 1898 6,200 tonnes de métal. Le tableau ci-dessous indique le rendement de la mine durant ces dernières années :

Année 1887 cuivre, en tonnes

onne

La production totale pour la période décennale 1889 — 1898 a été de 3,402 tonnes représentant une valeur de 5,872,000 marks.

Étain. Pitkàranta est le seul endroit dans toute l'Europe orientale oîi l'on obtienne de l'étain. La quantité totale extraite de la mine s'élevait en 1862 à 32,8 tonnes; depuis, elle a ^ varié considérablement, mais tend en général à diminuer, comme l'indique le tableau ci-dessous:

Année

étain,

, en

tonnes

En 1897-1898 on

pas

exploité

le minerai

d 'étain.

Fer. La Finlande possède un nombre assez considérable de gisements de fer, et dès 1820 on exploitait une cinquantaine de mines de ce métal, la plupart situées dans le sud-ouest du pays. Mais le minerai extrait de la majeure partie de ces mines ne se montra pas assez riche, et à partir de 1860 on abandonna peu à peu l'exploitation des mines du pa^^s pour revenir au minerai de meilleure qualité importé de Suède. En 1888 il ne restait en exploitation que la mine de Kulonsuomàki dans la paroisse de Pyhâjârvi. Toutefois l'année suivante on commença l'exploitation des gisements de fer de Vàlimàki sur la côte septentrionale du Ladoga, et en 1896 celle des gisements de Pitkàranta. Le minerai de ces gisements a été jusqu'ici exporté en Russie; mais, depuis Tannée dernière, on le travaille aussi à Pitkàranta. La production annuelle a varié dans de grandes proportions, ainsi que l'indique le tableau suivant:

A 11 née.

Xoniljre des iiimcs exploitées.

Tonnes de minerai extrait.

Le minerai extrait de ces deux mines est enrichi magnétiquement selon la méthode sèche dans la première et selon la méthode humide dans la seconde. Enfin une société par actions a récemment recommencé l'exploitation du gisement de Jussarô, dans l'île du même nom sur la côte méridionale de la Finlande. Les gisements sont depuis longtemps exploités; mais les plus riches se trouvant sous la mer, on fait l'essai maintenant de les atteindre par des galeries horizontales poussées dans cette direction.

La Finlande possède toutefois dans le minerai ferrugineux qui abonde au fond de ses lacs et de ses marais une riche source de revenus. Le fer est dissous par les eaux souterraines, et amené par les sources dans les lacs où il se dépose sur le sol sous forme de fragments plus ou moins considérables. On l'en extrait par draguage, et ce travail fournit des salaires assez élevés aux riverains des lacs métallifères Le minerai est traité dans les hauts-fourneaux à peu près de même que le minerai de roche.

L'emploi de cette limonite était connu déjà des anciens Finnois, qui en tiraient directement du fer forgeable en le traitant dans des fours à soufflet. Le premier haut-fourneau destiné à la fonte de ce minerai fut construit vers au milieu du XVIIF siècle; il existe encore. Au cours de ce siècle, on a construit en plus une dizaine de hauts-fourneaux de ce genre dans la partie orientale du pays.

Le tableau suivant montre toute l'importance de cette exploitation uni(pie en son genre :

'Nombre des lacs exploités.

Tonnes de minerai extrait.

Année.

La diminution qu'indique ce tableau pour les années 1875 — 1880 est due à une crise économique qui entraîna la fermeture de plusieurs usines; celle que l'on observe de 1884 à 1887 eut pour cause l'application d'un nouveau régime douanier. L'importation en Russie de fonte provenant du minerai de limonite finlandais, jusqu'alors illimitée, fut en 1885 limitée à un maximum de 400,000 pouds (6,552 tonnes) par an. Les circonstances se sont toutefois améliorées, la crise économique a pris fin et, en 1897, la limite maxima de l'importation en Russie fut portée à 1,500,000 pouds (24,570 tonnes): aussi l'exploitation des minerais de lac a-t-elle repris avec énergie, et tout fait prévoir un développement ultérieur de cette industrie. Les lacs oii l'on rencontre de ce minerai se trouvent surtout dans la partie orientale du pays, et le minerai qu'on en retire est traité dans les usines locales,.

tandis que les hauts-fourneaux de la Finlande occidentale continuent à employer principalement le minerai de roche importé de Suède. L'importation de ce dernier produit va en augmentant, ainsi qu'il ressort du tal)leau suivant:

Année 1891 minorai suédois importé, en tonnes 15,072 » 1898 » » » » 13,250

La production de fonte brute est indiquée par le tableau suivant:

Année.

de liautsfourneanx.

ri-()(lu('tioji

de font*'

l)rnte en

tonnes.

Quantité provenant de Jimonite Tonnes.

Les causes des diminutions que manifestent les années 1878 et 1886 sont les mêmes que celles dont on parlé à propos du tableau précédent.

Une partie considérable du fer extrait du minerai de lac est exportée en Russie; en revanche on importe annuellement de Suède et d'Angleterre des quantités non moins considérables de fonte pour la fabrication du fer en barres et les besoins des lisines. Le tableau suivant indique les valeurs respectives de l'exportation et de l'importation.

Année.

Exportation on tonnes.

Inipoi'tation en toinies.

Ces données statistiques, qui comprennent aussi les loupes de fonte importées, montrent donc que l'exportation reste à peu près constante et voisine de la limite permise; l'importation au contraire est très variable. La diminution de l'année 1885 est due à des modifications dans le droit d'exportation du fer en Russie, et F augmentation continuelle des années suivantes tient à l'essor pris l^ar les ateliers mécaniques dans le pays même, et en partie aussi à l'élévation en 1897 de la limite maxima d'exportation de fonte brute en Russie.

Production du fer en barres. La production du fer en barres se fait selon différentes méthodes; l'antique méthode consistant à fabri(iuer du fer forgeable par traitement direct du minerai dans les fours à soufflet est aujourd'hui à peu près complètement abandonnée, mais il existe encore 13 usines où l'on emploie celle non moins démodée de l'affinage; toutefois cette méthode recule elle aussi devant les méthodes modernes et moins coûteuses. On possède déjà 6 usines de puddlage et de laminage avec 27 fours, dont la production se monte à 3 ou 4 fois celle des anciens fours à affinage, et 5 usines produisant de l'acier dans 6 fours Siemens- Martin.

Le tableau suivant indique la production de fer en barres, de petit fer et de fer laminé.

Année 1885 tonnes 17,387

La diminution de l'année 1886 tient à ce que l'importation en Russie du fer en barres, jusqu'alors libre de droits et illimitée, fut chargée d'un droit d'entrée de 15 kopeks par poud, c. à d. de 36,60 marks par tonne, et limitée en outre à 400,000 pouds (6,552 tonnes). En 1897 le droit d'entrée fut élevé à 20 kopeks. C'est la consom-

mation dans le pays même qui a permis à la production de se relever peu à peu et de dépasser même le chiffre antérieur. Le fer en barres est l'article le plus important de cette production; en 1898 il entrait pour 22,926 tonnes dans le total; le fer laminé atteignait 812 tonnes.

La production du pays même est toutefois insuffisante à satisfaire aux besoins de la consommation, ainsi qu'il ressort du tableau suivant:

Année.

Exportation ; tonnes.

Ini]jortation ; tonnes.

Remarquons toutefois que l'importation comprend des articles tels que tôle de fer et fers profilés, dont le laminage dans les usines du pays, vu le grand nombre de profils nécessaires et la faible consommation, ne serait pas avantageux.

On considère en général la consommation du fer comme une mesure de la situation économique d'un pays. C'est pourquoi on indique ci-dessous le chiffre total de la consommation de fer forgé et laminé en Finlande, qui donnent une représentation approximative de cet état de choses:

Année

tonnes

Cette statistiqne montre une augmentation constante et considérable, sauf pour les années 1892 et 1893, oii l'on constate une diminution due à la crise économique. Ajoutons encore que dans le tableau ci-dessus n'est pas comprise l'importation des rails, que ne produisent pas les usines du pays; cette importation, considérable dans certaines années, où l'on posait les rails de nouveaux chemins de fer, a été:

En 1891 de 17,044 tonnes.

Ferronnerie et forgerie de fer. 25 usines s'occupent actuellement de cette production, en partie selon . des méthodes anciennes et peu pratiques. Cependant il ne manque pas d'usines emplo3^ant des méthodes modernes, et pourvues de machines modernes pour la fabrication des outils, fers à cheval, clous etc. nécessaires dans le pays, et même pour

l'exportation en Enssie de ces objets. Le tableau suivant indique le chiffre de leur production:

En 1886 de 1,747 tonnes.

La plus grande partie de cette production se compose de clous, qui, grâce à Faugmentation des droits de douane en 1886, se fabriquent maintenant pour la plus grande partie dans le pays. C'est ainsi qu'en 1898 la production des clous en Finlande s'élevait à 5,341 tonnes; au contraire l'importation était presque nulle.

Le tableau suivant donne un aperçu général du nombre des établissements, de celui des ouvriers et de la valeur de la production dans toutes les usines d'affinage de métaux pendant la période de 1889 à 1898, et indique les progrès réalisés par l'industrie minière et métallurgique en Finlande. En ce qui concerne le nombre des ouvriers, il faut cependant remarquer qu'il ne donne pas une idée exacte de la réalité, parce qu'il ne comprend que les ouvriers attachés aux usines elles-mêmes. Les usines comptent en plus un certain nombre d'ouvriers habitant dans d'autres localités, et employés

au draguage du minerai, à la fabrication du charbon etc.; le chiffre du personnel au service des usines est donc sensiblement supérieur à celui indiqué ici.

Année.

Xombi-c (l'usines.

Nombre d'ouvriers.

Valeni" brute (le la })i"o- (luetioji en

inai'ks. 1

ll,061,3S7

On voit que, durant le cours de ces dix années, l'importance de cette industrie a presque doublé; cette augmentation est due entièrement au développement économique de la Finlande même, car durant toute cette période, sauf à partir de 1897, la limite maxima d'exportation en Russie n'a pas varié et a été constamment atteinte dans la prati(pie.

Ateliers mécaniques et fonderies.

Il est évident qu'une augmentation aussi considérable de la production des métaux dans le pays même a dû avoir pour conséquence, ou plutôt pour cause une augmentation correspondante du nombre des ateliers mécaniques et des fonderies. Cette augmen-

tation était favorisée en outre par le développement économique général du pays et spécialement par celui de certaines industries nationales, en premier lieu l'agriculture et la laiterie. C'est à partir de 1880 que l'emploi des machines agricoles se généralisa peu à peu; au commencement toutes ces machines étaient de fabrication étrangère, mais lorsqu'en 1886 l'importation de machines agricoles fut grevée de droits assez élevés, les usines du pays furent en état de soutenir avantageusement la concurrence étrangère, et la fabrication de ces machines constitue à l'heure actuelle une des branches importantes de la fabrication finlandaise. L'effroyable disette de l'année 1867, en mettant en évidence tous les dangers et tous les inconvénients d'une culture par trop exclusive des céréales, donna une forte impulsion à l'industrie laitière; mais ce ne fut toutefois que vers 1880 que se généralisa l'emploi des machines dans cette industrie. Enfin la fabrication des machines à vapeur et chaudières, la construction de petits bateaux à vapeur et l'outillage des scieries, des moulins et d'autres établissements de ce genre a augmenté considérablement l'industrie mécanique du pays et lui a ouvert des débouchés nouveaux. Le tableau suivant montre le développement qu'a pris cette industrie durant la période de 1889 à 1898. On y a fait entrer aussi les 7 ateliers fondés et exploités par l'État pour ses chemins de fer. Ils servent surtout aux travaux de réparation; mais on y a construit aussi des vagons, et par exception des locomotives nouvelles. La valeur de la production de ces ateliers est indiquée dans une colonne spéciale.

3îi

Année.

Nombre

d'établij^se-

ments.

Noni))re tl 'ouvriers.

Valeur l)rute totale de la production des ateliers ]né('ani(|ues en marks.

Valeur l)riite de la production des ateliers des chen^iiiis de fer de l'Etat de Finlande en marks.

Toutefois cette production est loin de suffire aux besoins du pays, et Fimportation doit compléter la production nationale, diminuée encore par l'exportation en Russie. Cette exportation est limitée à un maximum de 180,000 pouds (2,129 tonnes) et frappée de droits qui s'élevaient jusqu'en 1897 à 20 kopeks par poud, mais qui furent doublés cette année là, et s'élèvent ainsi à l'heure présente à 97,60 marks par tonne. La valeur de l'exportation et de l'importation a été:

Année.

Ex})ortation en milliers de marks.

Importation en milliers de marks.

En combinant les tableaux précédents, on obtient les chiffres suivants, représentant la valeur de la consommation annuelle de la Finlande en machines et autres instruments métalliques.

Année.

Consonnnation en millions de marks.

Ces chiffres sont une preuve éclatante du développement économique de la Finlande.

Il reste encore à montrer les progrès réalisés dans le domaine de l'industrie mécanique par les artisans: forgerons, ferblantiers, orfèvres, horlogers etc. La statistique suivante comprend aussi les ateliers de galvanoplastie, d'électrotechnie, les petits chantiers de constructions navales, les fabriques d'instruments de musique etc.

Année.

Nombre d'ateliers,

Nombre d'onvriers.

Production en

milliers de

marks.

On voit donc que la petite industrie mécanique s'est, elle aussi, considérablement développée.

Industrie de la pierre et verrerie.

La pierre, dont la Finlande est si riche, spécialement le granité, a dès les temps les plus reculés joué un rôle important dans l'industrie du bâtiment. Le granité finlandais est communément employé, non seulement dans le pays même, mais aussi à Saint- Pétersbourg, oîi, dès la fondation de la ville, on l'a importé pour la construction des fondements des édifices publics et particuliers, des quais, des ponts et des monuments. C'est ainsi que la colonne Alexandre, en face du Palais d'hiver, et les magnificpies piliers de la cathédrale de St. Isaac sont en granité finlandais provenant des carrières de Pytterlaks dans la commune de Wederlaks. Le marbre finlandais est aussi très estimé dans la capitale de la Russie: le célèbre Palais de marbre et la cathédrale de St. Isaac sont bâties en grande partie en marbre provenant des carrières de Ruskeala. Cependant l'industrie finlandaise de la pierre ne s'occupe en général que de la production de la matière première, des blocs non taillés, dont le façonnement et la taille définitive n'a lieu que sur les chantiers de construction. En Finlande même, l'industrie de la taihe fine de la pierre est de date toute récente ; autrefois la fabrication de moiiuments funéraires et de pierres tombales en était la seule branche pratiquée dans le pays. C'est en effet depuis quehiues années

seulement que l'architecture finlandaise s'est mise à employer la pierre naturelle, soit pour la construction, soit surtout pour l'ornementation des façades, et il n'existe encore à l'heure actuelle dans tout le pays qu'un seul établissement considérable pour le travail de la pierre, celui de la Société par actions » GraniU à Hango. Outre le granité de toutes variétés, qui joue toujours un rôle prépondérant dans cette industrie, on a commencé à travailler aussi diverses espèces de pierre ollaire; enfin les carrières de marbre de Ruskeala, longtemps délaissées, ont été remises en exploitation. Le nombre des ateliers destinés à la taille de la 'pierre était en 1889 de 24, avec environ 500 ouvriers et une production d'à peu près 500,000 marks. 'Depuis, le nombre des établissements et celui des ouvriers n'a guère varié; en revanche la valeur annuelle de la production a doublé et dépasse actuellement un million. Ajoutons que ces chiffres ne comprennent que les ateliers des villes; les carrières de la campagne, parfois assez importantes, n'ont pas été considérées. En 1896, on exporta de Finlande pour 650,000 marks de pierre façonnée; cette exportation est actuellement en voie de diminution. Tout ceci montre que la taille de la pierre est une industrie fort peu développée en Finlande. En Suède, cette industrie a atteint un développement bien plus considérable: ceci tient, il est vrai, en partie au fait que les matières premières en Suède sont de meilleure qualité qu'en Finlande. On peut cependant prévoir un développement futur de cette industrie.

La préparation de la chaux se faisait en 1898 dans une trentaine d'établissements, occupant à peu près 870 ouvriers et produisant pour environ 600,000 marks de chaux. La valeur de la production était en 1889 de 400,000 marks, mais de 1892 à 1894 il s'est produit une diminution considérable. Les fours à chaux du pays sont généralement assez primitifs; ce n'est guère qu'à Pargas dans l'archipel <i'Abo et à Ruskeala qu'on trouve des établissements répondant aux exigences modernes.

La fabrication des briques est liée étroitement au sort de l'industrie du bâtiment dans les villes, surtout dans la capitale; aussi varie-t-elle considérablement, comme l'indique la statistique suivante.

Xonibre de

Nonîl)re

Valeur l)rute

Xoinl)r(> (le

Année.

(le la ])i'()(lue-

l)i-i(|ues (^n 1

tuileries.

(l'ouvriei's.

tionen marks.

' j luillions, i

Kiu

lôG

La diminution considérable des années 1892 à 1894 est due à la crise économique de ces années.

qui provoqua un manque de capitaux des plus sensibles et par conséquent un arrêt dans Tindustrie du bâtiment. A d'autres époques, p. ex. en 1898, la production indigène ne put suffire à la consommation et il fallut importer de l'étranger plus de 10 millions de briques. Du reste on importe tous les ans des tuiles, bien que par quantités moins considérables qu'en 1898: cette importation comprend surtout des briques à l'épreuve du feu venues d'Angleterre; la fabrication de ces briques n'existe pas encore en Finlande.

La céramique est représentée par une vingtaine de poteries, rentrant plutôt dans la classe des ateliers d'artisans que celle dans des fabriques; ces poteries ne jouent qu'un rôle absolument secondaire dans l'industrie finlandaise. En revanche il existe en Finlande une dizaine de fabriques de poêles assez importantes, et dont l'une, située auprès de Helsingfors, comprend en outre une vaste usine de faïences et de porcelaines. Le développement de cette industrie ressort du tableau ci-dessous:

Aiiiu'c.

X()ml)i-o d'usines.

Xoiiibro d'oiivi-icrs.

Valeur do la pi'O-

(luctioii en

marks.

La diminution des années 1892 à 1894 est dueà la stagnation occasionnée dans l'industrie du bâ-

timcîit par hi crise érononiique dont on parlé i)lns haut. La valeur de l'exportation et de l'importation des produits de la céramique atteignait:

Aime»^ oninark^. m' marks.

On voit (pie l'exportation est restée à peu près constante: la raison en est <pie les produits de la céramique finlandaise importés en Paissie furent fraj^pés, en 1886, d'un droit d'entrée de 30 kopeks par pond (7,32 marks par 101) kilogrammes). De plus l'importation en Russie fut limitée à un maximum de 8(),()0<) pouds (491 tonnes). L'importation en Finlande des produits de cette industrie atigmente d'année en année.

La fabrication du ciment, autrefois exploitée dans tme usine, a été abandonnée, vu l'impossibilité potir la fal)rication indigène de soutenir la concurrence avec la production étrangère libre de tous droits d'importation. Maintenant il existe dans le pays seulement trois fonderies de ciment.

L'industrie du verre est ancienne en Finlande, car il se fonda déjà des verreries au XYIIF' siècle, dont deux sont encore en activité. Elles ont été bien entendu souvent agrandies et reconstruites.

Le développement ([u'a pris diu*ant ces dernières années l'industrie verrière en Finlande ressort du tableau suivant:

Année.

Nombre de verreries.

Nombre d'ouvriers.

Valeur de la production en marks.

Sur les 16 verreries exploitées en 1898, il y en avait 9 qui fabriquaient le verre à vitres, 3 qui produisaient la verrerie pour les usages domestiques, et comprenaient aussi des ateliers de taille, et 5 qni ne faisaient que des bouteilles. La fabrication des glaces (verre coulé) ne se fait que dans une seule verrerie située dans le sud-est, et dont la production est en majeure partie exportée en Russie. La statistique suivante indique la valeur de l'exportation et de l'importation des produits, de verrerie.

Année

Exportation

Impoi-tation

en marks.

(^n marks.

On voit donc (iiie les verreries finlandaises travaillent en grande partie en vue de l'exportation en Russie. Toutefois, depuis (pi' en 1897 les bouteilles même furent frappées d'un droit différentiel d'entrée de 5 kopeks par poud (1,22 mark par 100 kilogrammes), l'exportation a beaucoup diminué. Les produits les plus simples de la verrerie, autres que les bouteilles, payent les mêmes droits que les faïences.

L'industrie du verre, de même que celle des porcelaines, reçoit ses matières premières surtout de l'étranger.

Les industries chimiques.

Les industries chimiques, si importantes dans plusieurs pays d'Europe, ne jouent jusqu'à présent qu'un rôle très secondaire dans l'industrie finlandaise. Il est vrai que le goudron, dont la préparation appartient sans contredit à la classe des industries chimiciues, a, depuis des siècles, constitué un des articles d'exportation les plus importants de la Finlande; mais cette fabrication a toujours été et reste encore une industrie domestique pratiquée par la population elle-même et selon des méthodes surannées. On a tenté, il est vrai, d'introduire les méthodes rationnelles de distillation sèche du bois dans des fours à goudron, mais ces essais n'ont été faits que sur une très petite échelle; aussi la fabrication du goudron

doit-elle être regardée plutôt comme une branche annexe de l'agriculture que comme une industrie manufacturière. Son importance pour le pays n'en est pas moins très grande, ainsi que le témoigne la statistique suivante sur la valeur de l'exportation de ce produit.

Aiuiéo.

Hcctolitros.

\^;il('iir 011 mark

L'exportation du goudron diminue donc peu à peu; la raison en est que les navires en bois reculent de plus en plus devant les vaisseaux en fer, et que par suite la consommation considérable de goudron des anciens navires en bois diminue d'année en année. Durant le cours des dernières années, on a essayé d'organiser sur une grande échelle, une distillation sèche des déchets de scierie en vue d'en tirer, outre le goudron, d'autres produits de distillation: térébenthine, charbons etc. ; mais cette industrie est encore dans la période des essais, au moins en Finlande. Il faut enfin mentionner ici quelques fabriques de poix, et la fabrication, dans les grandes scieries, de charbon de bois pour les usines métallurgiques.

Les branches les plus importantes de l'industrie chimique de P'inlande sont la fabrication du savon

et celle des allumettes. Voici les chiffres concernant la fabrication du savon.

. . Valeur de Ja production

en marks.

Il existait cette dernière année une quinzaine de fabriques de savon: la plupart toutefois n'étaient que des établissements peu importants. En général l'industrie du savon ne joue pas un grand rôle en Finlande; la production, comme on le voit, a même un peu diminué pendant ces dernières années. Les matières premières sont d'importation étrangère, mais jusqu'à présent ne sont soumises à aucun droit d'entrée.

Une industrie voisine de celle du savon est la fabrication des bougies. Il existait autrefois à Havis près de Viborg une fabrique de bougies assez considérable; mais elle cessa de travailler il y a une vingtaine d'années. Actuellement il existe deux fabriques de bougies qui tirent leurs matières premières (stéarine) de l'étranger, sans payer aucun droit. Depuis leur création, l'importation des bougies étrangères a fortement diminué; la production indigène suffit aux besoins de la consommation du pays, et permet même une exportation, jusqu'ici, il est vrai peu considérable.

L'industrie des allumettes débuta bien lors de sa fondation, vers 1850; mais le succès ne fut pas de longue durée; l'exportation s'arrêta bientôt, et la première grande fabrique fut forcée de liquider. Actuellement on ne fabrique d'allumettes que pour les besoins du pays même. La statistique suivante indique le développement de cette industrie.

^j^jj^ç. Valeur de la production

eu marks

Il existe actuellement 12 fabriques avec environ 600 ouvriers. La production suffit amplement à la consommation du pays.

Parmi les établissements les plus importants de l'industrie chimique, il convient de citer les trois usines à gaz des villes de Helsingfors, Âbo et Viborg: la production totale s'élève à environ 2 millions de mètres cubes par an, et la seule matière première employée est la houille. Il n'est guère probable que cette industrie se développe encore: en effet l'éclairage à l'électricité se répand de plus en plus et tend à supplanter celui au gaz. En Finlande il existe actuellement déjà 7 villes éclairées à l'électricité.

La fabrication des explosifs était autrefois représentée par deux poudreries, mais elles ont cessé leur travail, et cette branche de l'industrie

chimique n'est actuellement représentée que par une fabrique de dynamite de création récente (1893), dans les environs de Hango.

La fabrication des couleurs est représentée par une fabrique de couleurs dans la capitale et par trois fabriques de noir de fumée; il existe en outre 140 teintureries, la plupart fort modestes, dont la production totale annuelle ne dépasse guère ^4 million de marks. Les chiffres ci-dessus ne comprennent toutefois pas les grandes teintureries annexées aux usines textiles, la production de ces teintureries étant comprise dans les statistiques qu'on trouvera au chapitre de l'industrie textile.

Il convient encore de ranger parmi les fabriques de produits chimiques les établissements destinés à la fabrication de la poudre d'os et de la colle forte; la Finlande en possède une quinzaine, tous du reste peu importants, sauf une assez grande fabrique à Helsingfors; leur production annuelle ne dépasse guère 250,000 marks.

Les branches de l'industrie chimique qui à l'étranger jouent le rôle prépondérant, les fabriques de soude, de salpêtre, souf reries et autres, manquent complètement en Finlande, ce qui s'explique en partie par le manque de matières premières, en partie par la consommation restreinte de produits de ce genre dans le pays même.

L'application de l'électricité dans l'industrie chimique a toutefois donné un nouvel essor au développement de cette industrie en Finlande, grâce à l'abondance de force motrice fournie par les nombreux rapides du pays. Deux grandes usines

électro-chimiques fonctionnent à l'heure actuelle dans la Finlande orientale, l'une produisant du chlorate de potasse, l'autre du carbure de calcium. Une seconde usine de cette dernière catégorie est en voie d'achèvement: elle est également située dans la Finlande orientale près de la chute d'Imatra.

Industrie des cuirs.

La préparation des cuirs se fait soit comme industrie manuelle dans un grand nombre de tanneries, de bourrelleries et de mégisseries, soit en gros, en manufacture, dans une dizaine de fabriques. La statistique suivante montre l'importance que possède cette industrie en Finlande.

Année.

Nombre d'établissements.

Nombre d'ouvriers.

Valeur de la production en marks,

Parmi les usines, celle de la société par actions »Âstrôm frères» à Uleâborg est la plus grande, non seulement du pays, mais même de tout le Nord. En 1897 la valeur de la production annuelle de ce vaste établissement, qui occupait 328 ouvriers, dépassait 3 millions de marks; en outre une sellerie annexée à la fabrique occupe 236 ouvriers, avec une production annuelle qui dépasse 775,000 marks.

Les peaux préparées dans tous ces établissements, spécialement dans les fabriques, sont pour

une grande part (environ la moitié) de provenance étrangère, et les produits de la fabrication sont destinés en partie à l'exportation, ainsi qu'il ressort du tableau suivant.

Aniiéo.

Exportation cil marks.

Importation en marks.

L'exportation se fait en majeure partie en Eussie; les droits de douane sont de 75 kopeks par poud (18,30 marks par 100 kgs).

A part la grande sellerie des frères Astrôm dont on vient de parler, il n'en existe dans tout le pays que très peu qui méritent le nom de fabrique; les autres sont de simples ateliers d'artisans. Le tableau ci-dessous indique le développement de cette industrie.

Annéo.

Nombre d'établissements.

Nombre d'ouvriers.

Valeur de la production en marks.

L'exportation des articles de sellerie n'a jamais été très considérable; elle a encore diminué depuis 1890, par suite de l'application d'un tarif douanier très élcA^é en Russie.

Industrie textile.

Le rôle prépondérant dans l'industrie textile de la Finlande appartient aux manufactures de coton. Le nombre de ces manufactures est très petit, mais en revanche elles sont toutes de dimensions très considérables. Jusqu'en 1898 il n'en existait en tout que quatre; une dans chacune des villes de Tammerfors, Vasa et Abo et la quatrième à Forssa dans la paroisse de Tammela. A cette date on en inaugura une cinquième à Tammerfors; une sixième est actuellement en construction à Bjorneborg. Ces manufactures comprennent toutes une section de tissage, une de filature et une teinturerie; celle de Forssa possède en outre un atelier d'impression sur toile. Le tableau ci-dessous donnera une idée de l'importance des 4 manufactures qui fonctionnaient avant 1898.

Nombre d'ouvriers.

Valeur de la production en marks.

Quantité de coton employée

Quantité de fil étranger eni-

en kilogrammes, ployée, en kgs

y,770,087 3,808,927 4,406,572 4,981,573 5,151 155 5,432,009 5,599.1(iS

La production, à ce qu'il semble, a augmenté d'une manière à peu près continue au cours de cette période décennale. Les matières premières sont en premier lieu les cotons d'Amérique de qualités moyennes; pour la confection des tissus de qualité supérieure on importe en outre du fil de coton de qualité supérieure à celle des produits du pays (les quantités sont indiquées dans la quatrième colonne du tableau). L'importation des cotons n'est soumise à aucun droit. La production totale va augmentant d'année en année. La diminution des années 1892 et 1898 est due à la crise économique déjà souvent mentionnée et qui devait évidemment exercer une grande influence sur cette production, dont la majeure partie est absorbée par la consommation du pays même. La production actuelle ne suffit du reste pas aux besoins du pays, et certains tissus de qualité supérieure à celle que produisent les manufactures finlandaises, de même que les tissus russes de bas prix, font l'objet d'une importation assez considérable. En revanche les tissus finlandais sont recherchés en Russie, et font, en dépit des restrictions douanières, l'objet d'une exportation importante. Les droits payés par les tissus de coton finlandais à leur entrée en Russie s'élevaient jusqu'en 1897 à 75 kopeks par poud (18,30 marks par 100 kgs); ils furent élevés cette année-là à 2,80 à 3,10 roubles par poud (68,40 à 75,70 marks par 100 kgs), et de plus l'importation en Russie des tissus finlandais limitée à 50,000 pouds par an (819,000 kgs). Les chiffres suivants indiquent le mouvement de l'exportation et de l'importation des cotons.

Année.

A'aleiir de l'exportation en marks.

Valeur de l'impor tation en marks.

Si Ton prend en considération les deux tableaux ci-dessus, on obtient les chiffres suivants qui représentent la consommation générale des tissus de cotons du pays entier. Ces chiffres, de même que les données correspondantes pour les objets de fer, peuvent en quelque sorte servir à caractériser le développement économique général du pays.

■ , Consonnnation en millions

^^""«^- de marks.

L'usine de filature et de tissage de lin de Tammerfors fut longtemps la seule du pays; actuellement on a créé, également à Tammerfors, une autre usine de tissage de lin, quoique de moindre importance; en outre une des manufactures de coton s'est mise aussi à tisser le lin. Toutes deux emploient du fil étranger. Le développement de cette branche de l'industrie textile ressort du tableau suivant:

Nombre d'ouvriors.

Val

ciir < mill

le la jjroduction ions fie marks.

i,ir^i

Année.

Quoique la culture du lin soit assez répandue dans certaines contrées, elle ne peut suffire cependant aux besoins de la population et des fabriques; aussi les -3 du lin consommé par ces dernières provient-il de Russie. Une grande partie de ce lin retourne en Russie sous forme de tissus. L'importation en Russie des tissus de lin finlandais est limitée à un maximum de 50,000 pouds (819,000 kgs) et n'était jusqu'en 1897 assujettie à aucun droit, mais paie actuellement 25 kopeks par poud (6,10 marks par 100 kgs).

Le nombre des manufactures de lainages est actuellement de 20. Leur développement a été singulièrement rapide, excepté pendant les années qui suivirent la crise économique de 1892; les chiffres suivants en font foi.

Année.

Nombre d'éta])li.ssements.

Nombre d'onvriers.

Valeur de la })rodiu'tion en marks.

Un certain nombre des manufactures de lainages ne sont que des filatures travaillant en partie en

commission, c. à d. qu'elles filent des laines appartenant aux clients, et que ceux-ci utilisent eux-mêmes pour leurs besoins domestiques. D'autres au contraire sont à la fois filature et tissage, et reçoivent de l'étranger la plus grande partie des matières premières. Telles sont p. ex. les grandes manufactures d'Âbo, de Tammerfors et de Hyvinge. Il en résulte une importation assez considérable de laines étrangères, comme le montre le tableau suivant.

Année 1891 Importation de laines en tonnes 471,3.

Le système douanier de la Russie n'a pas permis jusqu'à présent aux manufactures finlandaises d'y écouler leurs produits. L'importation des lainages a été considérable (en 1898 pour plus de 12 millions de marks), ce qui prouve que l'industrie des laines a encore beaucoup à faire pour arriver à satisfaire même aux besoins du pays.

Enfin une industrie qui se rattache à celle de la laine est la fabrication des étoffes de tricot, qui représente une valeur annuelle d'un peu plus d'un million et se fait dans cinq manufactures occupant ensemble 865 ouvriers. Quelques unes s'occupent spécialement de la fabrication des tissus pour vêtements. On a fondé récemment à Helsingfors deux usines destinées spécialement à la fabrication des tissus de qualité supérieure faits avec des laines fines importées de l'étranger.

On voit donc que l'industrie textile finlandaise a fait des progrès considérables, non seulement au point de vue de la quantité produite, mais aussi et surtout au point de vue de la qualité des produits. Le tissage forme en outre une branche importante de l'industrie domestique des populations rurales, qui s'y adonnent, non seulement en vue de leurs besoins propres, mais aussi en vue de la vente. Certaines contrées se sont acquis une réputation toute particulière par la fabrication de certains tissus spéciaux. On a beaucoup travaillé à encourager ce genre d'industrie domestique, soit en facilitant la vente des produits, soit en instituant des écoles de tissage en différents endroits du pays. Ces écoles sont généralement subventionnées par l'État et placées sous le contrôle des sociétés d'agriculture.

Industrie du papier.

L'industrie du papier comprend non seulement les papeteries proprement dites, mais aussi tous les établissements industriels destinés à la fabrication de la pâte de bois et à celle de différentes matières fibreuses. Auparavant on employait pour la confection du papier exclusivement les chiffons; mais plus tard, lorsque la consommation du papier alla croissant, on dut chercher une matière première susceptible de remplacer les chiffons. On trouva qu'une des meilleures était la pâte obtenue soit par la trituration, soit par la préparation chimique du bois. Grâce à ses ressources inépuisables en

forêts et en force hydraulique, la Finlande offrait des conditions singulièrement favorables au développement de cette nouvelle industrie: aussi dès 1865 on fonda à l'essai deux fabriques de pâte de bois. Les résultats furent si satisfaisants qu'en 1872 on en fonda six nouvelles, toutes de proportions assez considérables. L'impulsion était donnée, et le nombre des fabriques augmenta dès lors d'année en année. Les premières fabriques obtenaient toutes la pâte par trituration du bois; mais on ne tarda pas à employer aussi la méthode chimique de préparation. Le nombre des fabriques de pâte de bois continue à augmenter; à l'heure présente il y a en Finlande 30 usines de pâte de bois, 8 usines de cellulose et 16 papeteries. Mais dans 4 usines les trois fabrications sont réunies, et dans 8 deux d'entre elles: le nombre des fabriques est donc en réalité de 38. Trois des papeteries emploient exclusivement ou principalement les chiffons comme matière première, tandis que toutes les autres font principalement usage de la pâte de bois (cellulose comprise). Les trois premières fabriquent du papier à écrire, entre autres le papier officiel, les autres le papier à imprimer ou seulement le papier d'emballage.

Afin de donner une idée plus détaillée du développement des différentes branches de l'industrie du papier, on a, dans les tableaux suivants, séparé les usines de pâte et de cellulose des papeteries, bien qu'en réalité elles travaillent souvent de concert, la production de pâte ou de cellulose d'une fabrique étant employée exclusivement par la papeterie de

(il

cette fabrique. Les tableaux indiquent non seulement la valeur mais aussi la quantité de la production annuelle, ainsi (lue la valeur de l'exportation d'après la statistique douanière.

Fabrication de la pâte de bois.

Année.

Nombre d'usines.

d'ouvriers.

Valeur de la

production

aniuielle en

marks.

Production de

pâte de bois en

tonnes.

Exportation en tonnes

Pâte de bois.

Carton.

On voit par ces données que, le nombre des fabriques croissant de 50 *^^y,^, la production annuelle a presque doublé en dix ans. L'exportation a augmenté dans des proportions analogues, surtout celle du carton. Il semble que la différence entre la production totale et la quantité de pâte et carton exportée doive indiquer la quantité employée par les papeteries du pays même; toutefois cette quantité est en réalité plus grande; la raison en est que certaines papeteries n'ont pu fournir de données sur les quantités de pâte employées par elles pour la fabrication du papier.

Les données ci-dess©iis ont trait à la fabrication de la cellulose.

Valeur de la

protliiction.

De même que la production de la pâte de bois, celle de la cellulose a donc considérablement augmenté. L'exportation, comparée à la production, est relativement faible, ce qui indique Cjne la majeure partie de ce produit est absorbée par les papeteries du pays. Ajoutons qu'en outre on est obligé d'importer souvent de la cellulose pour fournir aux besoins des papeteries. La cellulose constituant une matière fibreuse bien meilleure que la pâte de bois bro3^ée, on l'emploie en effet par grandes c^uantités non seulement pour diverses sortes de papier, mais aussi pour les C[ualités supérieures de carton. Outre les usines ci-dessus, il y en a deux qui fabriquent seulement du carton de chiffons, et de la pâte de bois pour la reliure.

Enfin le développement de la fabrication du papier ressort du tableau suivant.

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