X- cr
Prod lie t ion
on marks en tonne^
Ici on constate que, le nombre des usines restant à peu près constant, la production a doublé pendant cette période de 10 ans.
Le tableau suivant indique la valeur de l'exportation et de l'importation pour les 3 branches de l'industrie du jDapier.
Année.
Exportation en Importation en millions de marks, millions de marks.
L'importation se compose principalement de
cellulose, de papier à lettres de bonne qualité et d'ouvrages en papier.
Ce tableau montre que l'exportation est beaucoup plus considérable que l'importation, et tend à augmenter rapidement, preuve que cette industrie convient admirablement au pays. En effet, pour la valeur de l'exportation, l'industrie du papier est la seconde de toutes les industries du pays, la troisième si l'on fait entrer la laiterie en ligne de compte. En 1898 la valeur des produits de l'industrie du papier exportés à l'étranger représentait 9,56^/^^ de l'exportation totale du pays; elle n'avait encore jamais atteint une proportion aussi élevée, sauf en 1898 où elle monta à 10,13 de l'exportation totale. Et cependant l'exportation des produits de l'industrie du papier a été exposée à bien des difficultés: jusqu'en 1886, elle se dirigeait presque exclusivement sur la Russie; mais cette année-là ces produits furent frappés à leur entrée en Russie d'un droit variant de 9 kopeks (2,20 marks par 100 kgs) par poud pour la pâte de bois à 80 kopeks (19,52 marks par 100 kgs), (depuis 1897 1 rouble, c. à d. 24,40 marks par 100 kgs) par poud pour les qualités supérieures de papier. L'industrie finlandaise dut se chercher d'autres débouchés pour ses produits, et l'exportation en Russie diminua sensiblement; elle a toutefois repris depuis lors, et même augmenté non seulement pour les quantités exportées, mais même relativement à l'exportation dans les autres pays; si bien qu'en 1898 l'exportation en Russie représentait 80 ^ ,, de l'exportation totale.
Le tableau suivant fournit des données numériques sur le développement de l'exportation.
Gô
Exj)()rtati()n en Export. àdostinnt. dc:
Aiiii(5o. Eussif on million."^ autres pays étraiigor;
(lo marks. en millions de marks
Eemarqiions ici que l'exportation en Russie ne comprenait au début que du papier; peu à peu cependant les cartons et la pâte de bois y prirent une place croissante, si bien qu'en 1898 le papier ne représentait que 46 ^'^ du poids total. Le même phénomène se produisit aussi dans l'exportation à l'étranger; le papier a dû céder de plus en plus le pas aux cartons et à la pâte de bois, et ne représentait plus en 1898 que 20 ^' ^^ du poids de l'exportation totale.
Comme on l'a indiqué plus haut, l'industrie du papier en Finlande utilise principalement, pour ne pas dire exclusivement, la force motrice hydraulique des rapides dont le pays est si riche.
L'industrie des papiers peints, exploitée principalement en vue de l'exportation en Russie, fut jusqu'en 1886 assez florissante, mais dut être abandonnée à cette date, par suite de l'imposition en Russie d'un tarif douanier prohibitif. Plus tard cette industrie reprit un peu, et occupe actuellement 4 fabriques, travaillant exclusivement pom^ la consommation du pays, et dont la production est indiquée ci-dessous.
Année.
Nombre d'ouvriers.
Valeur de la production en marks,
L'importation a en général dépassé l'exportation. Toutes deux ont du reste été insignifiantes.
Enfin la reliure n'est en général représentée en Finlande que par une soixantaine d'ateliers d'artisans. Il existe toutefois à l'heure actuelle quelques rares usines de reliure annexées à certaines grandes imprimeries. La valeur totale des produits de cette branche de l'industrie du papier s'élevait en 1898 à environ 700,000 marks.
industrie du bois.
Un coup d'œil jeté sur le tableau suivant suffit à montrer toute l'importance prise depuis longtemps par l'industrie du bois en Finlande. Outre dans cette industrie proprement dite, on emploie le bois comme matière première pour la distillation sèche (goudron, essence de térébenthine, charbon) et pour la production de pâte de bois, comme on l'a déjà noté; mais le tableau n'embrasse naturellement pas ces produits.
Année. j
Valeur des produits de bois exportés en millions de marks.
Exportation du l)ois en 7o <^c; l'exportation totale du pays.
On voit donc que l'exportation des produits de l'industrie du bois forme à elle seule la moitié environ de l'exportation totale de la Finlande, et qu'en 1898 elle a même dépassé ce chiffre. C'est aussi en grande partie à cette industrie qu'on doit attribuer l'essor économique général qu'a pris le pays depuis 1860. La branche la plus importante au point de vue de l'exportation de l'industrie du bois est celle des bois sciés, c'est à dire le sciage des madriers, planches, poutrelles et autres produits du même genre. De tous les établissements industriels appartenant à l'industrie du bois,
les scieries sont sans contredit ceux dont l'importance est la plus grande.
Le développement des scieries du pays ressort du tableau suivant.
Année.
Nombre de scieries
d'ouvriers.
Exportation en
milliers de
mètrescubes.
en millions de marks.
en milliers
de mètres
cubes.
Le développement a donc été continu, tant pour le nombre des scieries que pour celui des ouvriers et pour la valeur soit de la production soit de l'exportation. Cette dernière ne présente de diminution que pour les années 1892 et 1895. Les valeurs de production dans la 4'"^ colonne du tableau sont empruntées à la statistique industrielle officielle; elles ne sont qu'approximatives, et calculées selon la valeur des produits au lieu d'origine, valeur évidemment inférieure de beaucoup à leur prix commercial.
Une partie considérable des scieries indiquées dans ce tableau ne sont que des établissements sans
importance, créés soit en vue de la consommation locale des propriétés dont elles dépendent, soit en vue aussi de la vente ou du travail en commission. Si on répartit toutes les scieries en trois catégories: dans la première les scieries produisant annuellement plus de 4,000 standards de Saint-Pétersbourg (18,680 m '), dans la seconde celles produisant annuellement de 2,000 à 4,000 standards, et dans la troisième celles produisant de 1,000 à 2,000 standards, on obtient pour l'année 1897 le tableau suivant:
à vai)Ciir
à eau
Total
Scieries produisant plus de 4,0UO standards . 20
» (le 2,0(X) à 4,000 » . 3()
» » 1,()<K) à 2/KX» » . 40
Total des grandes scieries 102
IS
Petites scieries 155
Total j2,énéral 257 233 490
Il va sans dire que ce sont surtout les grandes scieries qui travaillent en vue de l'exportation; les principales d'entre elles sont généralement situées à l'embouchure des rivières et des fleuves qui mettent en communication avec la mer les vastes systèmes lacustres de l'intérieur, tels que le Kumo près de la ville de Bjorneborg et le Kymmene à Kotka, ville fondée il y a une trentaine d'années, et dont le développement est dfi exclusivement aux vastes scieries qui lui ont donné naissance. Chacun de ces fleuves sert annuellement de voie de flottage à plus de deux millions de troncs, coupés au cœur même du pays, souvent à plusieurs centaines de kilomètres des côtes, et qui après avoir été
flottés séparément le long des rivières du centre, sont Femorqués, réunis en vastes radeaux, à travers les lacs de l'intérieur, et viennent tous se déverser dans les grands bassins des nombreuses scieries de Bjôrneborg et de Kotka. Le troisième des grands systèmes lacustres de la Finlande, celui du Saima, ne communique naturellement avec la mer que par l'important fleuve du Yuoksen, qui se jette dans le Ladoga et non directement dans la mer; comme son cours est de plus encombré de nombreux et puissants rapides, entre autres celui d'Imatra, célèbre dans l'Europe entière, les scieries qui exploitent les forêts du bassin du Saima ne sont pas, comme c'est le cas dans les autres bassins, situées au point terminus des voies de flottage, au bord de la mer, mais sur les rives du Saima, d'où les bois une fois sciés sont amenés au port de Viborg par le canal du Saima. Les trois villes de Bjôrneborg, Kotka et Viborg sont ainsi les principaux ports d'exportation des bois de la Finlande; l'exportation de chacune d'elles s'élève à ^ ^. et même ^- de l'exportation totale des bois du pays. Le reste est fourni soit par les autres scieries de la côte, situées à l'embouchure de voies de communication naturelles moins importantes, soit par les scieries de l'intérieur, dont les produits sont amenés aux différents ports par les chemins de fer.
Quant au nombre des ouvriers indiqué dans le tableau de la page 68, il faut remarquer que seuls les ouvriers travaillant dans les scieries y sont portés. L'industrie du bois occupe en outre
un nombre très considérable d'ouvriers ne figurant pas dans ces données: ceux ([ui aVjattent les bois, ceux qui les transportent aux lacs voisins, ceux qui les flottent, et d'autres encore. Les travaux d'abatage et de transport jusqu'aux lacs ou rivières de troncs abattus ont lieu en hiver, au moment où les travaux de la campagne sont terminés, et où un grand nombre de pauvres seraient sans travail si l'industrie du bois ne leur fournissait un gagne pain; aussi l'importance de cette industrie pour les classes indigentes de la population est-elle des plus grandes. Malheureusement, si l'industrie des produits de scierie exerce une influence bienfaisante, il y a un revers à la médaille: c'est surtout la dévastation des forêts, qui a lieu dans certaines contrées par suite de coupes trop abondantes. La question de savoir si les coupes qu'exige l'industrie du bois dans son développement actuel sont proportionnées au reboisement naturel du pays, est d'un intérêt vital; mais par suite du manque de données sur l'exploitation des forêts particulières, il est impossible à l'heure présente de résoudre cette question compliquée et grave. Ce qui est certain, c'est que le nombre de troncs nécessaires à la production d'un standard de produits de scierie augmente graduellement: de 34 qu'il était en LS89, il a passé à 44 en 1898, ce qui indique une diminution notable des arbres de gros diamètre. Il est avéré aussi que de vastes espaces du pays ont été complètement déboisés dans le cours de ces dernières années. Ces faits ont provoqué des craintes justifiées, et l'on discute vivement à l'heure actuelle
sur les mesures à prendre pour restreindre la coupe des jeunes arbres en vue de l'exportation, et pour favoriser un reboisement actif des contrées dévastées. Il est à prévoir que des mesures législatives ne tarderont pas à être prises dans ce dernier sens. Par ce qui précède, on a pu voir (pie la scierie est une des industries dont les progrès sont les plus rapides en Finlande. On ne peut malheureusement en dire autant des industries des bois travaillés. Ainsi la menuiserie n'existe pour ainsi dire encore qu'à l'état de petite industrie, d'industrie domestique ou de métier. Le nombre des fabriques de menuiserie n'est que d'une dizaine; leur développement est indiqué ci-dessous.
Valeur de la production en marks.
La production a augmenté, il est vrai, mais l'exportation des articles de menuiserie continue à rester insignifiante. L'industrie finlandaise du bois n'exporte que la matière première sciée ou travaillée superficiellement, et c'est seulement par exception que l'exportation comprend des ouvrages de menuiserie plus achevés. On peut espérer toutefois que l'exportation des objets de menuiserie, bien plus avantageuse pour le pays que celle des produits
Année.
Nombre d'où vriers.
plus grossiers, ne tardera pas, comme c'est déjà le cas en Suède, à prendre un développement plus en harmonie avec l'utilisation économique de la richesse naturelle du pays.
Outre les fabriques, il existe en Finlande environ 200 ateliers de menuiserie, dont l'activité et le développement sot indiqués ci-dessous
Année.
Enfin les données suivantes indiquent le développement de l'exportation et de l'importation des produits de menuiserie.
Hiibro d'ou-
Valeur de la pro-
vriers.
(hiction en marks.
Année.
Exportation en marks.
Imjxtrtatioii en marks.
Les meubles jouent le rôle prépondérant dans l'importation.
Enfin citons encore une branche de l'industrie du bois, exploitée uni(piement en vue de l'exportation, la fabrication des bobines, dont le dévelop- ])ement a été le suivant.
A mipo
Xombre d'ou-
XiUllvl •
vriers.
Valeur de hi production en marks.
Il n'existe actuellement en tout que 5 fabriques de bobines, mais deux d'entre elles sont de vastes établissements. La matière première est le bouleau; on en fait aussi une exportation assez considérable sous forme de bâtons (squares). Citons encore la fabrication de la laine de bois, dont on exporte annuellement environ mille tonnes et celle des bûchettes pour la fabrication des allumettes.
Enfin il faut noter que le bois constitue le combustible ordinaire pour les établissements industriels qui ne disposent pas de force hydraulique. Dans certaines régions cependant le manque de bois amène à employer du charbon de terre importé.
Industrie du bâtiment.
L'industrie du bâtiment n'est exploitée comme telle que dans les villes par les architectes et les entrepreneurs. Liée plus que toute autre aux conditions économiques du pays, son activité est fort variable. Les données statistiques sur cette industrie sont si peu complètes et si peu sûres qu'on ne peut rien ajouter aux tableaux contenus dans l'introduction de cette étude.
Industrie des denrées de consommation.
C'est l'agriculture qui en Finlande constitue la source principale de revenus, et la majeure partie de la population vit principalement des produits de cette industrie et de celles qui s'y rattachent. Le climat rude et froid du pays, son sol peu fertile, ne permettent cependant pas à l'agriculture d'atteindre un développement suffisant pour satisfaire aux besoins de la population; il a fallu avoir recours aux céréales étrangères, et en importer annuellement de grandes quantités, principalement de Russie, et en partie d'Allemagne durant le cours de ces dernières années. Les blés indigènes sont employés en premier lieu pour les semailles et pour la consommation locale, ce qui a provoqué dès les temps les plus reculés un développement assez considérable de l'industrie meunière. Par ses méthodes, cette industrie est encore des plus rudimentaires: les moulins, à eau ou à vent sont généralement peu importants et destinés soit uniquement aux besoins locaux, comme p. ex . les moulins particuliers et communaux, soit au travail en commission. Le nombre des moulins en commission est d'environ 1,600. C'est seulement à l'époque récente qu'on a introduit en P'inlande la meunerie en grand, travaillant principalement le blé d'importation, mais aussi le blé indigène. Le plus important établissement de ce genre est celui de Vasa. Comme toutefois la farine étrangère n'est soumise à aucun droit d'importation, ces grandes minoteries n'ont pu soutenir la concurrence étrangère et se sont vues for-
cées de cesser le travail, ou d'exploiter quelque industrie plus rémunératrice que celle de la farine, comme par exemple celle du gruau de riz, dont la production indigène est très favorisée par des droits d'entrée assez élevés.
C'est ce qui explique les variations considérables des chiffres suivants concernant l'activité industrielle des minoteries qui, au nombre d'environ une dizaine, fonctionnent actuellement dans le pays.
ValfMir de la
Aniiéo.
procluction
en marks.
L'activité exceptionnelle de l'année 1892 tient à la forte disette et au manque de blé indigène qui s'ensuivit.
Les deux grandes raffineries de sucre de Helsingfors et d'Âbo ne raffinaient jusqu'à ces derniers temps que du sucre brut de cannes importé de l'étranger. La diminution en 1897 des droits d'entrée que payait jusqu'alors le sucre brut de betteraves russe amena à changer de matières premières. . Actuellement les raffineries finlandaises ne raffinent que du sucre de betteraves. Vers la même époque, on fit en Finlande des essais de culture de betteraves blanches en vue de la produc-
tion du sucre; ces essais furent couronnés de succès, et une usine se fonda à Abo pour la fabrication du sucre de betterave blanche finlandaise. Enfin pendant les années dernières, qui furent caractérisées par une recrudescence d'initiative industrielle, on a fondé trois nouvelles raffineries, dont une à Vasa et deux dans la capitale; les deux dernières sont toutefois peu importantes. Le tableau suivant montre l'activité des deux anciennes raffineries.
A n f^ dCï
Nombre d'ou-
A^'ahnir de la ])ro-
>\.Illl(3G.
vriers.
duetioii en marks.
En dépit des progrès réalisés, les raffineries du pays ne suffisent pas à la consommation locale, et une importation assez considérable de sucre étranger, surtout allemand, doit compléter les besoins du pays.
Sucre raffme g,^^.^.^ .
Année. en Fmlande ^é, en tonnes. ^'''''^-
en tonnes.
Etant donné que la Finlande n'exporte pas de sucre, les chiffres de la dernière colonne du tableau représentent la consommation annuelle locale du pays. L'augmentation de ces chiffres peut servir aussi à apprécier la situation économique du pays.
La fabrication de la chicorée a un peu varié, sans toutefois augmenter d'une façon générale. Il existe en Finlande 7 fabriques de chicorée, occupant environ une centaine d'ouvriers et produisant pour environ ^ ;, million de marks.
Si l'on excepte trois boulangeries à vapeur dans la capitale, la boulangerie ne se fait en Finlande que comme métier. Le nombre des boulangeries, celui des ouvriers et la valeur de la production s'accroissent progressivement, comme l'indique la statistique suivante:
Année.
Noul)i-c (le 1)oulougerie8.
Xonibre d'ouvriers.
A^aleuT de la produc tion en marks.
La production des 3 boulangeries à vapeur de Helsingfors était en 1898 de 600,000 marks.
La boucherie et la charcuterie ne se font aussi que comme métier. Les 140 établissements de ce genre qui existaient en Finlande en 1898 avaient une production d'environ deux millions de marks.
Les principales industries de denrées de consommmation sont la fabrication de l'eau de vie, la brasserie et la fabrication du tabac.
Lorsque cessa en 1865 dans le pays la distillation domestique de l'eau de vie, et que la distillerie fut transformée en une industrie usinière assujettie à une taxe, la production annuelle fut limitée par un calcul de 6,5 litres par personne, à 11,250,000 litres. Ce chiffre fut atteint en 1886, oii 67 distilleries étaient en exploitation. Plus tard on a pourtant cherché, dans l'intérêt de la tempérance, à l'abaisser par une élévation graduelle de la taxe et des dispositions de loi restrictives. Ces mesures, ainsi que la propagande antialcoolique d'une foule de sociétés de tempérance et le mouvement d'éducation populaire, ont fait baisser très sensiblement la production, ainsi que l'indique le tableau suivant:
Aniu'o.
Nom])re de (listillorio.-;.
Xoiiibro (roiivriors.
Production
en milliers
de litres.
La forte diminution de l'année 1893 est tout à fait exceptionnelle et due à la crise économique souvent mentionnée déjà; il est naturel que la consommation ait augmenté durant les années suivantes qui furent de très bonnes années. Remarquons de plus que les chiffres du tableau indiquent la production et non la consommation, qui peut souvent, ainsi que ce fut le cas pendant les années 1897 — 1898, se répartir aussi sur les années siuvantes.
Toute importation d'eaux de vie étrangères, le cognac excepté, est défendue. En revanche une grande partie des blés absorbés par la fabrication des eaux de vie indigènes se composent de froment et de maïs importés. La taxe des eaux de vie est actuellement de 75 pennis par litre d'alcool à 50 ^/q en volume.
Des fabriques de levure pressée sont annexées à 3 distilleries: leur production suffit aux besoins du pays, et à l'heure actuelle l'importation de la levure est insignifiante.
Il existe actuellement une trentaine d'usines pour la rectification de l'alcool et la fabrication des liqueurs. En 1889 le nombre des établissements de ce genre était double.
La diminution de la consommation de l'eau de vie est contrebalancée en partie par une augmentation de celle de la bière, comme le fait voir la statistique suivante sur l'activité et le développement des brasseries.
Année.
Nombre de brasseries.
Nombre d'ouvriers.
en milliers de litres.
Ici aussi on remarque l'influence de la crise économique de 1892 sur la production qui a sen-
siblement varié, tandis que le nombre des brasseries est resté stable à peu de chose près. Cette industrie emploie encore plus de matières premières importées que celle des eaux-de-vie. L'importation des bières étrangères est minime. L'industrie de la brasserie est aussi soumise à l'impôt, qui depuis 1882 a pris la forme de la taxe dite du malt. Elle s'élève actuellement à 1 mark par 10 kilogrammes ; en outre elle augmente suivant une progression légère au delà de 50,000 kgs. Le commerce et le débit de la bière sont soumis également à des restrictions dans l'intérêt de la tempérance; mais l'effet de ces mesures n'a toutefois pas été très sensible jusqu'ici.
Une preuve des progrès accomplis en Finlande par la tempérance et la propagande antialcoolique est l'augmentation ininterrompue des fabriques de boissons rafraîchissantes non alcooliques, que montrent les chiffres suivants.
Année.
Nombre d'établissements.
Nombre d'ouvriers.
Valeur de la
production en
marks.
La plupart de ces établissements n'ont toutefois que peu d'importance.
L'industrie du tabac augmente aussi constamment sa production, quoique le nombre des fa-
Année. dïuvriers. production
briques ne se soit guère accru. Il en existe actuellement une trentaine; le tableau ci-dessous donne les changements dans le nombre des ouvriers et la valeur de la production.
Valeur de la productio] en marks
La plus grande partie de la matière première nécessaire à cette industrie est importée de Russie.
Industries de rhabillement.
Ces industries sont exercées presque exclusivement comme métiers. Les principales d'entre elles sont la confection des vêtements et la cordonnerie. Voici quelques données au sujet de ces deux industries.
Valeur de la production en marks.
Confection des
vêtements:
Année.
Nombre d'ateliers.
Nombre d'ouvriers,
Cordonnerie:
Quoique moins apparente que dans les autres industries, l'influence des mauvaises années se fait également sentir dans celles-ci. La pelleterie, la chapellerie, la chemiserie et d'autres encore appartiennent aussi à ce genre d'industries, mais elles sont généralement si peu développées en Finlande que leur influence est de peu d'importance dans le développement industriel général du pays.
Industrie graphique.
La statistique suivante permet de juger de l'activité et du développement des imprimeries du pays, et peut témoigner aussi des progrès de la culture intellectuelle dans le pays.
AiHu'o,
Noinbro
(rétal)liss(
monts.
d'ouvi'iors.
Valcnir de la j)ro(iiiction oji marks.
Dans la valeur de la production annuelle est comprise aussi celle du papier employé, qui se montait à elle seule en 1898 à un million de marks. La presse périodique, représentée par 200 gazettes et journaux, joue évidemment un grand rôle dans cette industrie.
Les ateliers lithographiques et photographiques appartiennent aussi à l'industrie graphique. Le nombre des premiers est d'environ une dizaine, avec une production de 900,000 marks. Le nombre des seconds est d'environ trente.
Dans ce qui précède, on a donné un exposé succinct des conditions générales de l'industrie en Finlande, en se basant sur les données statistiques. On étudiera maintenant quelques questions connexes à celles du développement industriel: la législation en faveur des ouvriers industriels, ainsi que la statistique des accidents, et les institutions d'enseignement professionnel destinés au progrès de l'industrie finlandaise.
La loi de 1879 sur l'industrie consacre le principe que tout citoyen a le droit d'exercer le genre d'industrie qui lui plaît. Exception est faite seulement pour certaines industries regardées comme dangereuses ou soumises à une taxe. De même l'emploi de mineurs dans les travaux industriels est l'objet de dispositions légales, et c'est surtout l'apprentissage qui est réglementé par cette loi. Dix ans après la promulgation de la loi, le besoin se fit sentir d'y introduire des dispositions plus dé-
taillées visant à protéger les ouvriers. Dans une loi sur la protection des ouvriers, on introduisit une série de prescriptions générales sur la disposition des locaux de travail, sur l'adaptation aux machines d'appareils de protection, etc., et sur l'emploi d'enfants et de jeunes ouvriers dans les travaux industriels. De même cette loi prescrivit la création de 2 (maintenant 8) inspecteurs de l'industrie chargés de veiller à l'observation de ces prescriptions légales. En particulier pour la durée du travail des enfants et des jeunes ouvriers, il fut prescrit que les enfants (12 à 15 ans) ne pourraient travailler plus de 7 heures, les adolescents (15 à 18 ans) plus de 14 heures, avec '., heure resp. 2 heures de repos compris dans ce total. Cependant les enfants qui ont suivi les cours d'une école populaire peuvent être employés 8 heures et demie par jour, repos non compris. Ni les enfants ni les adolescents ne peuvent être employés à des travaux de nuit, à moins de cas exceptionnels et après autorisation. Par contre, il n'existe pas de dispositions restrictives de la durée du travail etc. pour les ouvriers au dessus de 18 ans. Cependant la loi générale défend le travail du dimanche, sauf en cas de nécessité. Plus tard un comité spécial, institué par le gouvernement, fut saisi de la question de l'assurance des ouvriers contre les accidents, la maladie et la vieillesse; cependant seule la question des assurances contre les accidents a reçu une solution définitive par la loi de 1895 sur la responsabilité encourue par les patrons pour les accidents du travail. En vertu de cette loi, le patron est res-
pensable des accidents physiques de nature passagère qui frappent l'ouvrier dans le travail; il doit à partir du 7^ jour payer à l'ouvrier 60 ^/^ de son salaire, le maximum étant toutefois de 2,50 mks par jour. De plus le patron est tenu, pour parer aux accidents entraînant une incapacité totale ou partielle de travail, d'assurer ses ouvriers à une caisse d'assurances approuvée par l'État et située dans le pays même. L'indemnité en cas d'incapacité totale de travail est fixée à 60 ^/^ du salaire moyen annuel, évalué à un maximum de 720 mks : le maximum de l'indemnité est donc de 432 mks par an. En cas de décès, la veuve reçoit 20 ^^ de ce salaire (144 mks au maximum) et chaque enfant jusqu'à l'âge de 15 ans accomplis 10 ^y^ si la mère vit encore, et 20 % en cas contraire. Pourtant l'indemnité totale payée à la veuve et aux orphelins ne peut dépasser 40 ^/^ du salaire moyen, soit 288 mks par an. En cas d'incapacité partielle de travail, l'indemnité est fixée d'après évaluation. Les indemnités pour incapacité de travail totale ou partielle sont versées sous forme de pensions payées en un ou plusieurs termes par an. Ce n'est que dans le cas où l'indemnité dépasse 20 mks par an qu'on peut la payer une fois pour toutes. Si la lésion causée n'est pas guérie au bout de 120 jours, on fixe, comme pour le cas d'incapacité totale de travail, une indemnité payée au jour de la guérison. Par ce partage de la responsabilité pécuniaire entre le patron et la société d'assurances, qui ne paraît pas exister dans d'autres pays, on crut profiter des avantages du prin-
cipe de rassurance et en éviter les inconvénients: simulation etc. L'expérience acquise depuis la mise en vigueur de la loi (1898) est encore très courte; mais il semble qu'on puisse dire que les dispositions, dans leurs lignes générales, conviennent au pays. — Au contraire la loi ne prescrit aucune assurance contre la maladie et la vieillesse; on s'est contenté de fixer certains principes d'organisation pour les caisses de secours et de retraites des ouvriers qui se sont formées volontairement. Il existe en effet déjà une centaine de ces caisses, tant attachées à des établissements industriels qu'indépendantes.
On indiquera ci-dessous quelques données statistiques sur les assurances ouvrières pour 1898; il faut remarquer toutefois que, ces chiffres concernant la première année de l'application de la loi, la statistique peut être sur certains points incomplète et défectueuse.
Dans 8 compagnies d'assurances finlandaises, dont 6 mutuelles et 4 étrangères, 1,394 entreprises industrielles comprenant 69,000 ouvriers ont assuré leur personnel contre les accidents du travail en conformité avec la loi précitée. En outre 6 grandes entreprises avec un total de 3,500 ouvriers ont été délivrées de l'assurance contre versement d'une caution déterminée. Le nombre des accidents ayant entraîné une incapacité de travail de plus de 6 jours s'est monté à 705, selon les données indiquées: 34 ont entraîné la mort, 264 une invalidité partielle ou totale, 407 une incapacité de travail passagère. Les accidents se sont répartis de la
manière suivante entre les diverses branches d'industrie :
Branche d'industrie.
Conséquence de l'accident.
Nombre approx.
d'ouvriers.
Accidents graves par 1000 ouvriers.
Mort.
Invalid.
totale ou partielle.
Incapacité passagère de travail.
Industrie métallurgique et mécanique . . .
„ de la pierre, ver-
rerie etc.
„ chimique
„ du cuir .
,, textile . .
,, du papier
„ du bois .
„ du bâtiment
„ des denrées de
consommation
„ graphique . .
Total 34 i 264 | 407 ' 72,500| 4 ! 6
Les accidents graves, entraînant la mort ou une invalidité totale ou partielle se répartissent de la manière suivante au point de vue de leur nature:
Mort . .
Perte d'un bras, d'une main ou
d'un doigt
Perte d'une jambe, d'un pied ou
d'un orteil
Fracture du bras ou de la jambe Ankylose
Nombre.
EnVo
Nombre. Kn "/o
Accidents aux yeux 43 14
» aux oreilles 2 1
Lésions internes 3 * 1
Brûlures 2 1
Non indiqués 9 3
Total 298
Sur 1,000 ouvriers assurés, il y a donc en moyenne 0,47 cas mortels et 3,6 cas d'invalidité. Selon les moyennes ordinairement admises, ces chiffres sont resp. de 0,7 et 3,7. La moyenne des cas mortels est donc sensiblement inférieure à la moyenne ordinaire; celle des cas d'invalidité est à peu près la même.
Pour assurer à l'industrie les ingénieurs, contremaîtres etc. dont elle a besoin, on a organisé en Finlande divers établissements d'enseignement. Les débuts remontent à 50 ans: ce furent les » écoles réaies techniques», qui pourtant étaient très insuffisantes au point de vue technique. Cependant l'une d'entre elles, celle de Helsingfors, fut peu à peu développée en une école polytechnique, appelée maintenant »Institut polytechnique». Les autres continuèrent d'exister jusqu'à ce qu'en 1886 l'Etat eût créé des écoles industrielles, destinées à former des chefs d'équipe, contre-maîtres et mécaniciens. Ces écoles sont à deux classes; les cours sont d'un semestre par an, du V octobre au 1^' avril; le reste de l'année est employé à des exercices pratiques. Les conditions requises à l'entrée sont d'avoir suivi
manière suivante entre les diverses branches d'industrie :
Branche d'industrie.
Conséquence de l'accident.
Mort.
t— o Cl,
ïiCfq P
crq o