II. - ASPECT DU SOL
1. — Région entre Borna- Vonde et Shimbanza. —^ Plateau de séparation entre le Loango et la l.ubuzi.
« Nous gravissons, rapporte le capitaine Cabra, les pentes argileuses de la rive droite de la Lubuzi, couvertes de bois touffus, pour gagner bientôt, à 200 mètres plus haut que le fond de la vallée, le plateau ondulé où se trouvent les villages Kwimba. »
« ...Il serait dangereux de fixer ne vmHetur l'emplacement et le nom de la plupart des villages. En effet, ceux-ci se composent généralement d'agglomérations peu importantes, disséminées dans les clairières naturelles ou défrichées de la forêt; elles se déplacent aussi facilement qu'elles s'installent, et, rarement, elles sont anciennes de plus de trois ou quatre saisons des pluies. Chacune d'elles porte, comme nom particulier, le nom du chef actuel, plus un nom qui appartient en commun à toutes les agglomérations d'une même région... C'est au peu de stabilité des installations, que l'on doit les déceptions éprouvées, quand, sur la foi d'un itinéraire antérieur, on croit trouver un village, là où il n'existe plus rien... »»
« Nous traversons le plateau de séparation entre la Lubuzi et le Loango. Plus au Nord, nous rencontrons ce que notre guide appelle M la grande forêt de Buenda « et nous passons la Lobolo, afHuent du Loango. C'est une rivière assez importante déjà, ayant 7 mètres de largeur, au point de passage. Le courant est peu rapide et les eaux sont jaunâtres ^}^ janvier). »
« Du village Hucnda, nous gagnons le Loango, en marchant continuellement sous bois, w
» Le chemin que nous avons suivi depuis la Lubuzi, traverse d'abord un plateau largement ondulé, creusé parfois de quelques cicvasses (comme celle du torrent Kamba) et dont les altitudes
varient de 240 à 250 mètres (1). Ce plateau est couvert de bois et de savanes. ^
« Lorsque l'on quitte la forêt, on aperçoit, par des .échappées, à l'Est et à l'Ouest, un terrain tourmenté, rappelant celui du Nord- Ouest du Luxembourg belge. «
« Plus loin, à la Lobolo, on entre dans la vraie région forestiôre, et au Sud de Buenda, le terrain, très accidenté, rend le chemin difficile et tortueux. Les altitudes maxima vont en décroissant jusqu'à la crête avoisinant le fleuve. *>
« D'après notre guide, jusqu'au torrent Kamba, les eaux se rendent à la Lubuzi. Je n'ai pu vérifier le fait, mais, d'après l'aspect général de la région, j'inclinerais plutôt à croire qu'au Noid de Kwimba, on se trouve déjà dans le bassin du Loango. «
« Le terrain, argileux à la surface, le long des pentes, est plus sablonneux sur les croupes et dans les vallées, et ce, jusqu'à la Lobolo, à partir de laquelle l'argile domine. «
« Dans les parties couvertes de savanes, nous rencontrons ces rognons ferrugineux de surface, qui ressemblent à des scories, des pierres micacées, des cailloux roulés, et surtout des fragments de quartz laiteux, et quelques cristaux prismatiques de quartz hyalin, limpide ou enfumé. ^
M Les forêts de haute futaie, sur taillis peu fournis, ne présentent rien de remarquable. La plupart des essences sont inutilisables, pensons nous ; leur bois est trop tendre. Nous rencontrons cependant des tolas, arbres dans lesquels les indigènes taillent leurs pirogues d'un seul tenant, et des bubus, arbres à troncs énormes (jusqu'à trois et môme quatre mètres de diamètre), mais dont les branches maîtresses prennent naissance à peu de hauteur du sol. Le véritable roi de la forêt est le moabi, mais il est mallieureusement très rare. On rencontre aussi une espèce de noyer du pays, dont les fruits sont comestibles. »
« Nous signalerons la présence de l'arbre à caoutchouc, de la panza et du kolayer, dans la forêt de Buenda... « {Cabra.)
2. — Région entre Shimbanza et Dyema. — « Le chemin parcouru de Shimbanza à Dyema, dit le capitaine Cabra, recoupe, dans leur partie supérieure, une série de petites vallées, dont les premières envoient leurs eaux au Loango, les dernières à la
^1) Il est bien entendu que les altitudes données ici ne sont qu'approximatives et le résultat de calculs incomplets. {Nute du capitaine Cabra.)
Lubuzi. Le sentier escalade ou descend ainsi une série de pentes souvent accentuées. A partir de Mangwala, l'aspect de la route indique clairement qu'il s'agit d'une voie très fréquentée, servant au drainage des produits de la région, vers les factoreries du Loango. »
« Le sol argileux sur le flanc des vallons, plus sablonneux dans les bas fonds (au moins à la surface), quelquefois parsemé de pierrailles, est couvert de bois et de savanes. Certaines parties hautes sont marécageuses et rappellent nos Fagnes. Les parties boisées sont moins belles que la forêt de Buenda, et ne présentent pas beaucoup d'arbres bien venus et de bon bois. On rencontre quelques lianes à caoutchouc, des élaïs, des kolayers, des safos, des panzas. » (Cabra.)
3. — Région entre Dyema et Shindamba. — « Entre Dyema et Shindamba, la forêt est, pour ainsi dire, ininterro:npue. A partir de Ganda-Sundi, on rencontre de nombreux sous-affluents du Loango. On traverse la Lusuma, qui a de 10 à 12 mètres de largeur et 50 cent, de profondeur, w
« Le terrain est très accidenté, les altitudes des crêtes oscillent vers 200 mètres. Le sol présente toujours le caractère argileux, mais, vers le fleuve, les parties sablonneuses sont plus fréquentes. A la Lusuma, les roches affleurantes sont de quartzite et de quartz, avec quelquefois des parties composées d'une roche friable, contenant des cristaux épars dans la masse. «
« Nous sommes cachés dans la vraie région forestière, dit le capitaine Cabra, la marche se fait continuellement sous bois et les éclaircies des villages nous montrent la forêt s' étendant sur toute la contrée environnante. »»
« En deux étapes, on peut parcourir le chemin de la Lusuma au confluent de la Lombe. La marche est difficile à travers la forêt. Le sentier suit, un instant, les rapides du Loango, parmi des blocs rocheux, ou s'accroche à mi-hauteur d'une véritable muraille, au bas de laquelle les eaux mugissent. On est obligé de se frayer un chemin à la machette, pour gagner un promontoire, en face du con* fluent de la rivière, qui marque, à peu près, la limite des possessions portugaises et françaises. A la Yemba, il existe un point de passage sur le Loango. « [Cabra. Voir notice de la feuille 0.)