‹ Notices sur le Bas-CongoChapitre 23 sur 57 · MOIS · texte numérisé non relu

MOIS

Profondeur au pler

Hnut«*ur entre le niveau

de l'wm et le plancher du pler

Différence du niveau

de Iwiu

entre la marée haute

et la marée basse

Maximum

delà

vitesse

du

Minimum

Maximum

Minimum

Maximum

Minimum

Maximum

courant

Mètres

Mètres

Mètres

Mètres

Mètres

Mètres

Nœuds

Janvier . .

Février . .

Mars . . .

Avril . . .

Mai. . . .

Juin . . .

Juillet . . .

Août . . .

Septembre .

Octobre . .

Novembre. .

Décembre, .

N. B. — Les nombres en caractères gras représentent : a) dans les colonnes des minima, le minimum de l'année ; b) dans celles des maxima, le maximum de l'année. Le nœud représente une vitesse de l5™'13û en 30 secondes, soit O^'SHS à la seconde.

Largeur du fleuve à Borna. — Le Congo atteint à Borna une largeur d'environ cinq kilomètres, de la rive Nord à la rive Sud. Il est divisé en deux bras, par les îles de Selongo, Sacra-Ambaka et Buka. Chacun de ces bras a une largeur d'environ un kilomètre.

Profondeur des eaux. — La profondeur des eaux du fleuve, devant Boma, varie entre 2 et 9 mètres, le long de la rive nord; au milieu, elle atteint jusqu'à 25 et 30 mètres. (Voir tableau p. 92.)

Les quais. — Le port de Boma offre une longueur de quais de 1700 mètres, entre l'embouchure du Kalamu et la colline des Missionnaires (Shinkenge).

Le phare. — Boma possède un phare à feu rouge.

Matadi. — Port sur le Congo, situé un peu en aval du point où ce fleuve cesse d'être navigable. Matadi est la tête de ligne du chemin de fer de Matadi au Stanley-Pool. (Voir pp. 88 et 99.)

« Matadi se trouve sur la rive Sud et au bord du fleuve, étagée sur le flanc dénudé d'une colline à pente peu rapide, et dominée seulement par les montagnes qui bordent la rive Nord. Le sol y est rocheux partout, sans végétation, arborescente ou autre. La vallée est fermée, à l'Ouest, par les montagnes du Chaudron d'Enfer, et, à l'Est, par celles des chutes de Yelala. Une partie de la rive est marécageuse et soumise aux inondations... {Rapport sur le climat, la constitution du sol et Vhygiène de VÉtat Indépendant du Congo, rédigé par une commission composée de MM. Bow^guignon, Cornet, Dryepondt, Firket, Lancaster et Meidemans.)

Largeur du fleuve d Matadi. — La largeur du Congo, à Matadi, est d'environ un kilomètre. Entre Underhill et Shonzo, elle n'est que de 497'"50. C'est en ce dernier point que la ligne télégraphique et téléphonique traverse le fleuve.

Deux pylônes de 15 mètres de hauteur ont été plantés, l'un à Bas- Shonzo (altitude 73 mètres), l'autre à Underhill (62 mètres). La portée du fil est de 810 mètres et la flèche de courbure de 40 mètres, laissant 40 mètres au-dessus du niveau des eaux hautes. {Belgique coloniale, 1895.)

Profondeur des eaux. — La profondeur des eaux à Matadi atteint jusque 60 mètres au milieu du fleuve. ^

Vitesse du courant. — La vitesse du courant varie entre 5 et 10 nœuds, soit environ de 20 à 35 kilomètres à l'heure.

A Matadi, le courant descend très irrégulièrement. Le capitaine Taggenbrock a observé, au bout de l'ancien pier du chemin de fer, une différence de vitesse d'un demi-mille en dix minutes, accompagnée d'une variation sensible du niveau de l'eau.

Il semble que les variabilités du courant sont dues aux chutes qui se trouvent entre Léopold ville et Matadi; il se pourrait cependant que les irrégularités du fond du" fleuve influent sur son courant. On doit tenir compte aussi des coudes brusques que forme le cours du fleuve.

« Ce qui est très caractéristique, dit le capitaine Taggenbrock, c'est que les objets jetés des navires amarrés le long des piers de Matadi, ne descendent pas toujours le courant, pour passer le Chaudron d'Enfer, mais atterrissent généralement en amont, à Fuka-Fuka, ou, après avoir passé Underhill, échouent à Noki, par suite d'un contre-courant. »

Vivi. — Ancienne station de Stanley, située au point extrême de la navigation sur le Bas-Congo. Les rapides de Kasi se trouvent, en effet, immédiatement en amont de Vivi.

« En 1879, Stanley débarqua à Vivi. Il construisit une large route jusqu'au sommet d'un éperon rocheux descendant de Castle Hill, et là, sur un petit plateau large de 40 mètres et long de 150, il construisit sa première station, Vivi. Il explora la contrée et traça une route jusqu'à la Bundi. »

" Une série d'observations du D"" Baron von Dankelman, donnent 113"'40 pour la hauteur absolue de Vivi (Pavillon de Stanley, ancien Vivi) au-dessus du niveau de la mer, et 95 mètres pour la hauteur au-dessus du niveau moyen du fleuve, ce qui donne 113™40 — 95"'00 ou 18^40 de différence de niveau du fleuve, entre Vivi et Banana, ou, en chiffres ronds, une pente de 0.001 par mètre. »»

« La station de Vivi fut transportée dans la suite sur un plateau à 1100 mètres à l'Est du Pavillon de Stanley, à une altitude de 120 mètres ou 1 01^60 au-dessus du fleuve. «

« Ce plateau est entouré, dans un rayon d'environ 1800 mètres, d'un cercle de montagnes formant fer à cheval, et appuyant ses deux bouts au Congo. Ces montagnes ont une hauteur moyenne de 202 mètres au-dessus de Vivi. »

« La Lufu et son affluent la Loa contournent extérieurement le fer à cheval de Vivi. La Loa supérieure se trouve à la même altitude que lo plateau du nouveau Vivi. La Loa prend sa source au plateau de Sanda, long de 10 à 12 kilomètres. » {Van de Velde.)

Stanley a décrit le panorama qui se déroulait, sous ses yeux, lorsqu'il flt, pour la première fois, l'ascension des montagnes de Vivi :

« Nous nous trouvions, dit-il, sur une curieuse plate-forme de 75 mètres de longueur sur 14 de largeur, à peu près unie, habitable moyennant certaines améliorations, et située à une altitude de 100 et quelques mètres au-dessus du Congo. Deux des flancs de la montagne, celui faisant face au fleuve et celui qui regardait l'Orient, défiaient l'escalade ; du côté occidental, la montée était rude, mais il était possible de la faciliter en pratiquant une route. Enfin, c'est devant le versant postérieur, dans l'intérieur des terres, que se dressait, presque à pic, Castle Hill, dépassant, de près de 200 mètres, le roc où je me tenais ; tandis qu'au-delà du ravin qui bordait la plate-forme à l'Est, nous apercevions et contemplions, d'un œil d'envie, un plateau plus altier, ayant environ seize cents mètres de surface... »

« La rive méridionale du fleuve était visible tout entière, d'un côté jusqu'à la baie de Mayumba (Chaudron d'Enfer) et la pointe de Tondua (Underhill), de l'autre jusqu'aux remparts de la gigantesque chaîne des monts Palabala. Vis-à-vis du point où je me trouvais, la rivière Pozo, écumant au milieu des rochers de son lit profond, tombait dans le Congo... qui, ici, a une largeur d'environ 900 mètres. »

« De notre côté s'étalait la large terrasse de Vivi, bordant le fleuve et atteignant, au sommet, une altitude égale à celle du rocher qui nous servait d'observatoire, puis venait le ravin de Kusu, au fond duquel on distinguait le lit d'un cours d'eau desséché ; et enfin no\m montagne, descendant dans une espèce d'amphithéâtre dont on eût pu tirer parti, sans les mille petits îlots rocailleux qui en hérissaient le bord du côté du fleuve, et qu'il était impossible d'enlever. Derrière, c'est-à-dire au Nord de ce bas-fond, se dressait Castle Hill, haut de 285 mètres, et dont les rochers s'étageant, près du sommet, en tablettes horizontales, ressemblaient à d'anciennes murailles en ruines. A l'Ouest, le contrefort, du bout duquel nous avions contemplé, pour la première fois, le paysage, bordait

l'amphithéâtre que surplombe Castle Hill ; au-delà et au-dessous, la rivière Lufu s'écoulait vers la petite crique que précède l'ilot de Kalavanga, tandis que du bord de la rivière s'élevait, grandiose et tout d'une pièce, le massif et frais plateau de Shonzo, soutenant un bouquet de palmiers dont les larges feuilles s'étalaient, nous dit-on, au-dessus du village de Tshimpi. «

Du sommet de Castle Hill, on jouit d'un panorama plus vaste encore : « Quand nos regards, écrit Stanley, purent envelopper les vallées splendides qui se déroulaient à perte de vue, les innombrables collines qui s'en détachaient, le Congo qui serpentait audessous de nous ; quand ce grandiose tableau se présenta à nos yeux et que la brise caressante des hauteurs vint éventer nos visages en sueur, nous nous sentîmes dédommagés en partie des fatigues de l'ascension. Coupé par do hautes collines, creusé de profonds ravins, jeté, par les cataclysmes de la nature, dans un admirable désordre, tour à tour vieilli par des siècles de cuisson au soleil et lavé à grande eau par les torrentielles averses des tropiques, relevé, enfin, par le large ruban d'argent du Congo, ondulant au travers, tout le pays, superbe d'irrégularité, offrait un coup d'œil remarquable, et nous ne lui marchandâmes pas les compliments que méritait sa solCiinelle et mélancolique beauté... »

La rive du fleuve au pied du mont Vivi. — Le quai de débarquement des steamers se trouve à 600 mètres du plateau et à 101 mètres plus bas.

« Quand les vapeurs arrivent à la pointe rocheuse de Fuka-Fuka, où le courant a une vitesse de 7 1/2 nœuds, ils traversent le fleuve, en évitant les rapides inférieurs de'Vivi,et se dirigent vers l'embouchure de la Lufu, coulant au seuil du plateau de Shonzo. Uile de Kalavanga, qui se trouve en avant de l'embouchure, est tournée et on arrive dans les eaux tranquilles de la cHque des Belges. Cette crique, à sec dans la saison sèche, est défendue par des promontoires de roches qui s'avancent jusqu'à 60 et 100 mètres dans le fleuve. »

«Il y a ainsi cinq seuils ourenflements rocheux qui brisent la force du courant. En avant du dernier, se trouve une anse de sable qui contourne le contrefort au sommet duquel se trouvait le vieux Vivi, et s'étend jusqu'au ravin de Kusu ou du Perroquet. Cette anse d'eau tranquille a un développement de 300 mètres. La plage de sable a une largeur de 10 à 50 mètres. Elle est couverte de palmiers et

d'arbres rabougris qui servent à l'amarrage des embarcations. A la rive, il y a une profondeur d'eau variant de 4 à 10 mètres sur un fond de sable. »

« Au-delà du ravin du Perroquet, il y a deux pointes rocheuses, formant une seconde anse sablonneuse, la crique de Masala. Le second promontoire est le pied du contrefort du plateau sur lequel se trouve le nouveau Yivi. » {Van de Veldc : Conférence à la Société des Ingénieurs et Industriels.)

La caverne de Vivi. — Sur le plateau de Vivi, on se trouve entouré de montagnes. A l'Est, le coïUrefort de Go se termine par une muraille à pic de 300 mètres sur le fleuve. Dans la paroi de cette montagne sont situées des groti es curieuses, qui indiquent que le niveau du fleuve a baissé de 8 à 9 mètres dans cette région. ( Van de Velde.)

M. Ed. Dupont a visité ces grottes, ou plutôt cette caverne. « Elle be trouve, dit-il, au milieu de l'escarpement de l'ancien Vivi, près des rapides de Kasi. Elle m'avait été renseignée par le docteur Allard et par Liévin Van de Velde... »

« Elle est située dans l'énorme gorge aux parois presque à pic, rocheuses ou herbeuses, avec quelques arbres dans les creux, et le fleuve, malgré sa largeur variable, en baigne partout le pied...»

« L'ouverture parabolique de la caverne se trouve à une quarantaine de mètres au-dessus du fleuve, sur sa rive Nord, et n'est accessible que par eau. La longueur de ce souterrain naturel est d'environ 25 mètres, sa largeur de 12 à 8, sa hauteur, avant la fouille, de 10 à 6. Il rappelle absolument, comme disposition, le trou des Nutons ou le trou de Chaleux sur la Lesse. Il est creusé dans un beau et solide micaschiste mordoré et non dans le calcaire. C'est a>sez dire qu'on n'y voit ni stalactites, ni stalagmites... »>

« Vers l'entrée, le sol était en léger contre bas, s'élevait ensuite un peu et devenait horizontal sur la partie couverte, où s'étalait une terre jaunâtre, sèche et poussiéreuse, de 50 centimètres à I mètre d'épaisseur. Cette terre est du guano; elle est exclusivement formée de déjections d'animaux de petite taille, que je reconnus ultérieurement être des chauves-souris réfugiées dans les creux de la voûte. r>

«On arriva ensuite à un terrain blocailleux, formé de fragments de feuillets de micaschistes, qui sont cimentés par une sorte de scorie

blanche et grise, très légère, tendre, souvent pulvérulente, avec grains de bois carbonisé; au milieu de la masse, de loin en loin, de petits morceaux de branches d'arbres encore presque vertes. Nos noirs piochèrent tout le jour, suffoqués par une poussière acre et épaisse. »

« Il est évident que l'homme a fréquenté la caverne, pendant la formation de cet amas étrange ; les traces do feu sont là pour le prouver. Mais je me perds en conjectures sur la nature de la matière scoriacée. Pas de trace de métaux, ni de minerais, ni d'une coloration dénotant une origino métallurgique, contre laquelle s'élève du reste son très faible poids. Cependant, cette substance a été fondue et l'épaisseur du terrain montre que l'opération s'est prolongée pendant un long temps. « {Ed. Dupont.)

Kongo da Lemba. — village, sur le plateau de ce nom et sur la route des caravanes de Matadi à Lukungu. Kongo da Lemba se trouve à dix heures et demie de marche de Matadi, au Nord de la voie ferrée de Matadi au Stanley-Pool.

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