Région au Nord de la Lukula
A. — De la rive di^oite de la Lukula, vers le Bavii, le Kulu ou Kumbuzi et la Luhuzi.
Do la rive droite de la Lukula (un peu en amont du confluent de la Temvo), on atteint le plateau qui la domine, en suivant une pente assez rapide, dans une forêt de haute futaie. On sort de la forêt après une marclie d'une demi-heure. Le sol est argilo-sablonneux.
En sortant de la forêt, on traverse, pendant une demi-heure, une lande mamelonnée, qui s'étend à droite et à gauche du chemin. Le terrain contient du quartz, du mica et un peu de schiste, ainsi qu'une terre rouge et sablonneuse. On entre ensuite dans le bois; on en sort après quelques minutes, pour retrouver la lande; puis, après dix minutes, un nouveau bois, en terre basse, avec roseaux, fougères et palmiers. Le sentier parcourt ainsi des parties de bois et de savane jusqu'à la rivière Bavu, aftluent de la Lukula. Les fonds sont boisés; les crêtes, boisées aussi, sont occupées pai' des villages. La forêt renferme do nombreux palmiers et une végétation luxuriante.
Vu pendant ce trajet : un vuiti, arbre à tronc élevé et dur; des flcus, des safos, des baobabs, orangers, cocotiers, tabacs, kolayers, etc.
Le pays arrosé par le Kulu, alUuent du Bavu, est assez montagneux. A une heure de marche du Kulu, vers l'Ouest, on traverse une plaine basse, puis deux marais en une demi-heure. Le premier a 4 mètres de largeur, le second 2 mètres. On rencontre plusieurs emplacements d'anciens villages.
Après la plaine basse, on marche dans une vallée légèrement ondulée et offrant de tous côtés des montagnes boisées,
Depuis la Lukula, le pays offre, en g-énéral, une s;ivane boisée dans ses plis, les parties de forêt occupant une étendue sensiblement aussi grande que la savane.
Le chemin, qui s'est éloigné de la rive droite du Kulu, remonte vers cette rivière. Le sol devient fertile; il est composé d'argile et de sable; on rencontre de nombreux palmiers et bananiers. (3n traverse des parties boisées et deux marais. Après la traversée du Kulu, le pays devient montagneux et le sol argileux; il est très riche, offre de nombreux palmiers. La végétation est touffue, la forêt s'étend de tous côtés; la haute futaie se rencontre sur le versant des montagnes.
Vers la crête de séparation des eaux de la Lukula et de la Lubuz-, l'aspect du pays change : sur certaines montagnes on aperçoit des plaques de savane. D'une montagne escarpée de la crête de séparation, on découvre la Lubuzi : tout est boi.sé; la vue est belle. {J. Van den Plas.) (Voir notice de la feuille 3.)
D. — De la rive droite de la Liikida (Buhu-Mombazi) vers le Nord-Est.
Au Nord de la Lukula (Huku-Mombazi), la route vers Tshibundu court, pendant trois quarts d'heure, à travers bois et montagnes. Les montées et descentes sont très raides.
De Tshibundu à Madiamu-Pongi, le chemin, montagneux et accidenté, court, presque tout le temps, sous bois. On traverse de nombreuses petites vallées, dans lesquelles coulent de petits ruisseaux (commencement de décembre) et où se trouvent des marais. La végétation y est admirable.
Entre Madiamu-Pongi et Luvaku-Sandanda, la route, sauf les villages et quelques clairières, court constamment en forêt, et est très mauvaise. Elle traverse de nombreux petits ruisseaux et des marais. A l'approche de Tshikaka, elle s'améliore.
Jusqu'au delà de Zangala, le pays garde un caractère identique : il est boisé, montagneux, très accidenté et la route travcisc encore plusieurs ruisseaux de peu d'importance et quelques marais.
Entre Zangala et Tshivumu. le chemin est meilleur. Il traverse beaucoup de terrains plats. Il y a seulement quelques grandes mon tées, qui sont contournables. Le massif montagneux se desserre pour laisser place à des vallées semées de collines, isolées ou rattachées entre elles et à de fortes ondulations de terrain. Les marais
sont nombreux et on rencontre beaucoup de cours d'eau peu considérables. (Desùràn.) {Yoïv pp. 115 et 14:3.)
2. — Région au Sud de la Lukula : Tshisundi, Sanga, Lengi, Temvo, — En général , toute la région qui s'étend au Sud de la Lukula, jusqu'à la Luki (voir notice de la feuille 4) est boisée, mais elle est entrecoupée de plaines herbeuses avec des bouquets d'arbres. On rencontre même certaines parties envahies par la brousse. Le sol est ondulé vers Tshisundi, et devient de plus en plus accidenté au fur et à mesure que l'on approche de la Lukula.
A l'Est, au Nord et à l'Ouest de Tshisundi, s'étend un vaste plateau, peu ondulé, séparant les eaux du Congo et du Shiloango.
Toute la contrée est très arrosée. (L^ Masui.)
A l'Est de Tshisundi, village situé sur la route de Borna vors Temvo, s'étend une plaine fertile, en partie boisée, en partie herbeuse. On rencontre plusieurs plantations indigènes très importantes et qui témoignent de la richesse du sol.
Le village de Niama-Lumbe se trouve à environ 3,200 mètres à l'Est de Tshisundi.
Plus au Nord, les villages sont nombreux et la région est fertile. Au delà de la Temvo, le pays devient plus montagneux, et plus on monte vers le Nord, plus les montagnes s'accentuent. Vers le petit village de Yenga, elles s'élèvent à pic. Derrière ce village, en remontant vers Tshibuandi, le pays redevient plat et fertile, et l'on rencontre beaucoup d'emplacements d'anciens villages. Entre Tshibuandi et Boanende, soit sur une distance de 3 kilomètres, le terrain est peu ondulé et favorable à la culture. Le village de Boanende est situé sur une montagne d'une hauteur d'environ 60 mètres.
Entre cette localité et le centre agricole de Lengi, le sol est légèrement marécageux ; à 2 kilomètres de Lengi, s'étend une plaine fertile d'une contenance d'environ 400 hectares. En se rapprochant de Lengi, la bande plate et fertile se rétrécit, et finit par une languette ayant à peine 100 mètres de largeur. Lengi est entouré de toutes parts par des montagnes bois(?es, peu favorables à la culture.
De ce point vi-rs Temvo, le sol est montagneux, et la forêt s'étend de tous côtés, en laissant de temps en temps une petite éclaircie, où l'on rencontre des plantations indigènes. Quand on se dirige de Titimbazu, village situé à environ 3 kilomètres au Nord de Temvo, vers l'Est, on traverse une belle vallée très fertile, sur une Ion-
gueur de 2 à 3 kilomètres. De Titimbazu à Temvo. le terrain est peu montagaeiix. En général, il est fertile et propre à la culture. A un kilomètre au Nord de Temvo, le sol est plus plat et aboutit, par une vallée marécageuse, à la rivière Temvo. Les terrains qui entourent le poste de Temvo sont beaux et fertiles, seulement ils sont plus ou moins séparés des plaines fertiles du Sud par une chaîne de montagnes boisées et peu élevées.
En partant de Temvo, vers le Sud-Ouest, on traverse un terrain [)eu mouvementé et fertile ; la forêt est rare. On rencontre, sur la route de Temvo à Tshisundi, des emplacements d'anciens villages, dont les habitants se sont retirés vers l'intérieur. A partir de Situvulu (ancien village), le pays est généralement herbeux, jusqu'à environ 3 kilomètres de Tshisundi, où commencent une belle forêt et un terrain plat d'une grande fertilité. Cette zone fertile se prolonge jusqu'à Tshisundi, tout en s'etendant, assez loin, vers l'Est et l'Ouest. (Voir p. 143.)
En général, la partie Nord de la région se distingue par son caractère montagneux, tandis que la partie Sud est moins ondulée et plus fertile. {L. Vandeveldeet W. Houssiaux, 1809. i
De Temvo à la Lukiila, par Kongo-Defi. — Aux environs de Temvo, il y a quatre espèces de terres : les savanes, les plaines à hautes herbes, les forêts de basse futaie (fonds) et les forêts de haute futaie.
Après vingt minutes de marche vers l'Ouest de Temvo, on chemine pendant environ une heure sur un terrain sablo-argileux, déboisé, à hautes herbes et ondulé. On rencontre beaucoup de bananiers et palmiers. On suit alors, pendant quinze minutes, une savane qui s'étend quelque peu à droite et à gauche, entre deux montagnes. Le sol est pierreux.
A la savane succède un terrain bas et boisé, jusqu'au petit ruisseau Gunga. A une demi-heure du ruisseau, se trouve Kongo-Deti. En sortant de ce village, la marche s'effectue par une savane rocailleuse, coupée do chaque côté par des bouquets de bois. Au bout d'une heure, on rencontre la rivière Temvo, après une marche sous bois de quinze minutes. (Voir pp. 1 15 et 1 10.) On suit la rive gauche de la Temvo, à flanc de coteau abrupt, jusqu'à la Lukula qu'on atteint après un quart d'heure.
A dix minutes de marclie, en amont do l'embouchure de la Temvo, laLukula a 18 mètres de largeur, sans cours rapide (mi-octobre). Elle coule sur des roches entre de hautes montagnes boisées. (Voir p. 114.)
Dans la région traversée, on rencontre, outre les bananiers et palmiers, des safos, des kolayers, des baobabs, des champs d'arachides, des troupeaux de chèvres, brebis et porcs, ainsi que des poules et des canards. (/. Van dan Plas.)
La vallée de la Temvo. — La vallée de la Temvo, large de 1500 à 2000 mètres et longue de cinq kilomètres environ, peut se décomposer en trois parties :
1" La partie Nord (aval), déboisée, longue de trois kilomètres et longeant la rivière ;
2" Une section d'un kilomètre, également déboisée, mais plus fertile ;
3" Enfin, le reste de la vallée de la Temvo est recouvert d'une forêt épaisse, profonde de 1000 à 1500 mètres, et s'étendant vers l'Est et le Sud dans deux vallées de vaste superficie (plus de 500 hec lares).
Le terrain est très favorable; la présence de plantes parasites: orchidées, fougères, indique que le climat est humide, même pendant la saison sèche. {Belgique coloniale, 1896.)
3. — Région traversée par les routes de Vivi à Vungu, par Tshiengo,et de Vungu à, Borna, par Kinzambu. — La route de la rivière Vunzi (feuille 4) à Tshiengo traverse une grande plaine où les herbes dominent, et accentuée seulement à l'approche des rivières Lukokoto et Zuazuzu. (Voir p. 111.)
Tshiengo est un beau village d'une vingtaine de chimbèques. L'International Missionary Alliance s'y est installée.
De Tshiengo à Kimetete, le chemin, qui constitue une grande route des caravanes, est bordé de broussailles, de hautes futaies, formant un rideau, limitant constamment la vue à la largeur du chemin, et rendant une guerre d'embuscades très favorable à ceux qui se défondent. Les accidents de terrain sont presque insensibles. Le sol est très fertile. Une grande forêt, profonde de vingt minutes de marche, commence à Kimetete et limite la contrée appelée <* Mumba «.
Le clieinin à travers la forêt de Kimetcte est étroit, serpente continuellement, et est obstrué par des racines qui rendent la marche, à certains endroits, fort pénible. La ditticulté est d'autant plus gr.mde, que le sentier, à chaque instant, est coupé par des arbres renversés qui obligent à des détours sous bois. De la sortie de la forêt à la Hundi (voir p. 109), le chemin se développe dans une grande plaine couverte d'herbes, qui se continue jusqu'à la descente vers la rivière.
De la Bundi à Vungu (Dula-Matari), le chemin offre une pente sensible pour arriver à Kinsari. De là, la route monte doucement jusqu'à Vungu, grand village d'une centaine de huttes.
Toute cette contrée est très peuplée, fertile, riche en palmiers.
De Tshiengo à Kimpanana, sur la route de Borna, le chemin court dans un fond limité par des hauteurs boisées, sur lesquelles se trouvent des villages. Durant la saison des pluies, il doit constituer un marais.
Entre Kimpanana et Kimbingila, setend une plaine couverte d'herbes. A droite et à gauche, des montagnes boisées limitent la vue. La plaine est coupée par des bois de peu d'étendue.
De Kimbingila, qui se trouve dans une clairière, la route parcourt d'abord une partie de forêt, puis une plaine herbeuse, rentre sous bois et atteint la rivière Lufu, après avoir fait une descente et une montée. Jusqu'à Kinzambu, elle traverse des plantations de villages disparus, des broussailles et de hautes herbes et coupe les rivières Lovo, Mueba, Tadi. Dans li direction Sud-Ouest s'étendent des bcis. (Voir notice de la feuille 4.)
Les rivières do cette contrée présentent toutes les mêmes caractères. Sans eau à la saison sèche et sans lit sensible, elles sont bordées d'espaces boisés, que les eaux doivent envahir aux grandes pluies. Elles sont toujours guéables. {Van Dorpe, 1S93.) (Voir p. 144.)
4. — Régrion de la rive droite du Congo, entre la Bundi et Isangila.
A. De la Bundi à Isangila par le sentier des caravanes Vivi-Isangila et la route de Stanley .
« La Bundi, écrit Stanley, est une superbe rivière d'eau transparente qui bouillonne, dans la saison de la sécheresse, par dessus des rocs, des pierres polies et d€s cailloux, au fond d'une sorte de caverne rocheuse qu'elle traverse sur une longueur de
23 mcHres. Le sentier des indigènes, qui monte vers la rive gauclie de la Bundi, devient, en cet endroit, très escarpe et très difficile. Après une escalade pénible, nous nous trouvons à une altitude d'environ 30 mètres au-dessus d'un ancien camp, où des générations entières de marchands indigènes ont jadis fait halte, le soir, en se rendant aux marchés de Sanda. A partir de cet endroit, le sentier serpente à travers la vallée de la Bundi (1), en traversant ç.\ et là de limpides tributaires du fleuve, qui coulent à travers de frais et épais fourrés; puis, arrivé à la base du vaste cône tronqué que forme le mont Ulungu, la route i)énètre dans une vallée un peu plus irrégulière, pour aller se perdre dans un vallon admirablement adapté à la culture du riz. Alors, nu bout d'une heure de marciie, nous campons sur la plaine de Pamangulu, à environ V^ mètres au-dessus du Congo. "
Stanley croit que le Congo, autrefois, traversait cette vallée.
« Depuis Pamangulu, jusqu'au confluent de la Bundi, la distance est de ^5 à 30 kilomètres. Peu de temps après avoir quitté Pamangulu, nous arrivons dans une vallée qui se dirige vers l'Ouest, parallèlement au Congo. Nouveau phénomène que des preuves nombreuses ne tardent pas à rendre manifeste : cette vallée a, elle aussi, autrefois servi de cours au grand fleuve, peut-être reçoit-elle encore son trop plein dans la saison de la grande crue, car un ruisseau d'eau stagnante y trace de capricieux détours, formant çà et là des étangs et traversant tout le fond du vallon jusqu'à une distance d'environ 10 kilomètres, pour aller se perdre dans les dunes de sable, au coude du pays d'Inga. De la pente de l'une ou l'autre des collines qui parsèment, comme autant d'îles, les nombreuses ramifications de la vallée, nous distinguions nettement le Congo, blanc d'écume, avec ses rapides se chassant successivement l'un l'autre sur une distance énorme et jusqu'au coude d'Inga... «
« Du haut de la montagne de Pamangulu, on aperçoit Ja gorge profonde que traverse le Congo en s'écoulant vers le coude d'Inga. La région d'Inga apparaît d'un bout à l'autre et, des environs de la Bundi, le regard perçoit une grande étendue du Congo qui serpente vers l'Ouest entre les territoires de Kongo da I.emba, Sadika-Banzi et Gangila. A l'Ouest de Yelala, se dessinent le mont Palabnla, ainsi que la crête des plus hautes collines s'étageant derrière Noki. Au Nord-Est, s'off'rcnt à la vue une série de pics, des forêts sombres
(.1) Voir note 1 de lu page 131.
qui liérissent le sommet de Niongena, et immédiatement au delà, le massif de Goma... "
« Le mont Niongena est terriblement escarpé, entrecoupé de précipices, et couvert, à la base, de grosses roches. Des blocs de granit, à moitié enfouis dans le sol, hérissent le flanc de la montagne... Une fois sur le sommet, nous sommes «à 105 mètres au-dessus du Congo. Le Niongena s'élève en pente brusque au-dessus du fleuve, et s'étend en une masse compacte, de l'embouchure de la Lulu jusqu'à 600 mètres de la baie de Goma. Sa cime et celui de ses flancs qui fait face au fleuve sont garnis de bois touffus, où les plus précieuses variétés d'arbres se sont donné rendez-vous, tandis que les eaux se jettent en grondant contre les masses de grès noir qui parsèment le pied de la montagne. y>
« Sur le terrain plat et sablonneux des environs, s'épanche la rivière Hula, qui arrose le versant occidental de la formidable montagne de Goma... r
« Du haut du Niongena, on a vue sur la torrentueuse rivière Lulu et sur une grande étendue du Congo, entrecoupé de kilomètre en kilomètre par des rapides qui se précipitent vers les cataractes d'Inga. «
« Sur la rive méridionale, le regard embrasse presque toute la contrée, entrecoupée de chaînes de collines, qui vont du Sud-Ouest au Nord-Est; et, au delà, à l'extrême horizon, quelques hauteurs isolées, que nous ne pouvons désigner par leurs noms, tant nos connaissances locales sont bornées. L'impression générale qui se dégage de cet ensemble est celle d'un pays irrégulier et montagneux : des agglomérations de sommets à niveau égal alternant avec dcî; vallons, qui se creusent comme des ravins; des dépressions du terrain moins sensibles et richement boisées; des vallées plus larges et tapissées de verdure comme des collines; de minces rangées d'arbres indiquant des rives de cours d'eau ou des plis de terrain où les flammes de l'incendie annuel s'éteignent, la brise qui pilote le feu en son voyage destructeur ne pénétrant point jusque-là. Au-dessous des ambitieuses hauteurs d'Ulungu,la vallée de la Bundi, avec ses nombreuses ramifications, s'étale sous les yeux et une grande partie de l'itinéraire que suivra notre future route se révèle à nous. »
« Le lendemain matin, nous nous remettons en route pourDambi- Bongo, village situé sur le flanc occidental du mont Goma. A une
courte distance du camp, nous ti'avcrsons la rivière Luonda ci co.ii' mençons à gravir un sentier couvert de quarîz et conduisant au sommet d'uue liau(e colline. Là-haut, tout d'aborJ, le terrain est plat, mais il ne tarde pas à plonger dans un ravin profond, rpii rebondit de l'autre côté, vers une éminoiice de môme altitude. Nous descendons ensuite vers la ravissante rivière Lulu, à partir de laquelle le sentier serpente en tous sens jusqu'à la rivière Bula. Enfin, après sept heures do marche, nous voilà au repos, dans le village de Dambi-Mongo, à mi-côte du mont Goma, dont nous avions aperçu la grande silhouette bc/sselée, du haut de Pamangulu. »
* L'échinc du mont Goma se recourbe on forme de croissant. Nous descendons. Au bout d'une d.'mi-hcure de marche, nous atteignons le versant oriental. Il a la physionomie d'une fr.laise. le versant occidental représente la surface unie d'un plateau inclinant sur le côté. Quant au sommet, il olTre à la vue une arête de quartz en forme de lame de couteau qui, d'un côté, s'élance dans le ciel, et descend, de lautre, jus.][u'au milieu du lit du Congo, dont il obstrue le courant, de façon à former un rapide infranchissable. A l'endroit mémo où l'extrémité du Goma pénètre d;ins le fleuve, la montagne n'est composée, sur un espace de 190 mètres, que d'une masse énorme de blocs do quartz détachés et de forme oblongue. Un sentiei' qu'emploient les buflles et les hippopotames, conduit à travei-s cet amoncellement désordonné do fragments de rocs, jusqu'à une terrasse formée de débris et de tas de terre, que les pluies ont détachés de la montagne. Gr.'icc à sa position ab.itée, cetic terrasse a donné naissance à une épaisse forêt do grands arbres enchevêtrés, reliés les uns aux autres par des lianco à caoutchouc, dont on est rouvent forcé de couper les nœuds et les tiges tombantes, à l'aide de hachettes, pour se frayer un chemin, à travers cette espèce de nid des tropiques. Pendant que nous nous débattons au milieu de cette végétation exubérante, nous apercevons, par échappées, les rocs de quartz blanc de Goma. Ils dépassent de beaucoup les plus grands arbres, et rappellent étrangement les stances dans lesquelles le poète Milton décrit l'endroit où Salan entrevit, pour la première fois, les merveilles emmurées du paradis. Sur notre droite, nous distinguons, de temps à autre, les tronçons du fleuve qui s'épanche lentement vers les chutes de Goma. Enfin, après avoir pc'iné pendant une heure à travers l'inextricable forêt, nous arrivons à la lisière, ayant, devant nous, une terrasse verdoyante, et, dernière nous,
dominant la contrée de toute sa hauteur, une infranchissable barrière, la face des monts Goma, qui grimace dans le ciel. »>
« Maintenant, le fleuve s'élargit peu à peu; nous traversons à tout instant des terrasses entrecoupées de fossés que creusent les torrents dévalant des innombrables hauteurs avoisinantes, jusqu'à la rive septentrionale du fleuve, terminée par des récifs ou par une marge de sable. D'ici, on découvre tout entière la rive méridionale. Elle s'élève à une altitude de 180 mètres, par des pentes roides qui présentent une anfractuosité profonde, à l'endroit où un tributaire vient se confondre avec le fleuve. Nous passons à gué la Kenge, au milieu de forêts touffues et solennelles. Il nous faut ensuite franchir une série de hauteurs dont les extrémités, s'arc-boutant contre le fleuve, ne peuvent encore nous servir d'observatoire, à cause des hautes herbes et des jungles qui les couvrent. Puis, à force de persévérance, nous débouchons sur la plaine que la Lonza traverse pour aller se jeter dans le fleuve, à l'endroit où le Congo, ayant achevé de descendre en tourbillonnant jusqu'à la cataracte d'Isangila, retrouve la tranquillité de son cours. Enfin, au delà de la Lonza, nous décrivons quelques zigzags dans les plis étendus de diverses collines et ne tardons pas à arriver en vue de notre camp, si mémorable en ce qui me concerne, car c'est là, à l'extrémité du pays exploré par Tuckey, que j'abandonnai avec tant de regret mon bateau, mes chaloupes et mon fidèle baudet <*■ Mirambo »',en 1877. »> {Stanley.)
Le lieutenant Valcke donne les renseignements qui suivent sur la route de la Bundi à Isangila (route de Stanley) :
« La route de Stanley arrive à la rivière Hundi, près de son embouchure, par une descente assez rapide, d'environ 450 mètres d'altitude. Près de la Bundi, on se trouve d'abord dans une gorge boisée de 70 à 100 pieds de profondeur, qui constitue, avec ses bords argileux, un danger sérieux pour les voyageurs. J'ai vu, dit le lieutenant Valcke, les mulets et les ânes glisser des quatre membres, du sommet au fond. •»
« Pour travereer la rivière, large de 40 mètres, profonde de 4 à 5mèt,ies, et peuplée de crocodiles, le meilleur moyen consisterait à construire un grand bac, en prenant certaines précautions visant la différence de niveau entre les hautes et les basses eaux. «
iiCS bords de la rivière sont boisés.
Sur la rive gauche, la route de Stanley gravit une pente assez raide, longue d'une quarantaine de mètres. Le terrain environnant est fertile.
La route pénètre ensuite dans la vallée proprement dite de la l'.undi (1).
« Celle-ci jouit d'une mauvaise réputation au Congo... Elle est large d'environ huit à dix kilomètres et encaissée entre des montagnes de 250 à 300 mètres de hauteur. Là, jamais ne souffle de brise. Le lieu est très fertile, mais marécageux ; aussi, l'Européen doit-il abandonner tout espoir de pouvoir jamais y créer une exploitation agricole... C'est la partie la plus malsaine entre Vivi et Léopoldville. La vallée est traversée par la route et est parallèle au Congo. Les herbes y atteignent .'5 à 4 mètres de hauteur et la marche y est très difficile. »
Ainsi que Stanley, le lieutenant Valcke considère la vallée de la Bundi comme l'ancien lit du Congo.
« Avant que la chute de Yelala eût atteint son niveau actuel, dit-il, le fleuve s'écoulait par là. Partout, sur les montagnes quartzeuses qui la bordent, nous voyons les anciennes marques laissées par le fleuve. " (Voir p. 127.)
« Dans la vallée, le terrain est plat. La route passe trois fois des rivières (deux fois la même). Il faudrait y établir des ponts. Les cours d'eau sont très larges (20 à 30 mètres) ; il faudrait donc des supports intermédiaires, ce qui ne présenterait guère d'inconvénient ici, le fond étant sablonneux. On ne pourrait pas y placer des bacs, car, à certaines époques, ces rivières n'ont pas plus d'un pied d'eau. «
«Ami-chemin environ, entre le passage de laBundietPamangulu, la route traverse un marais. Quoiqu'il ne s'y trouve jamais plus d'un pied d'eau, il faudrait ce-pendant prendre des mesures (2). Pour trouver un terrain plus élevé, il faudrait faire un grand détour, la vallée ayant de deux à trois lieues de largeur. On pourrait toutefois creuser, sur les côtés de la route, deux tranchées de drainage, amenant l'excès d'eau à une petite rivière, située à deux cents mètres environ de là. Les terres extraites serviraient à exhausser
(1) Pour èlre exact, c'est «dans la vallée de la Matumba" qu'il faudrait dire. En effet, la vallée communément appelée «de la Buudi » est en réalité la vallée de la Matamba, important atlluent de la Bundi. (Voir p. 111.)
(2) Le lieutenant Orban écrit qu'au mois de mars, au moment où il a traversé la vallée, celle-ci constituait •» uu vaste bourbier, de 11 milles de longueur ».
la roule. Ce travail pourrait se faire, sans trop de dilïiculté, vcr;s le mois d'octobre. Je me souviens d'avoir (rouvé, à cette épooue, le terrain complètement sec. On pourrait consolider, au besoin, le sol au moyen de fascine.--, car on trouve suffisamment d'arbixîs dans la vallée. Toutefois, j'ignore jusqu'à quel point les branchages des arbres africains conviennent pour la conf< ction de ces matériaux; je ne crois pas que l'on puisse trouver des pierres à proximité. «
« L'obstacle est, en somme, fort peu sérieux. ^
" Dans la constructiori des ponts, il faudra tenir compte des cr;:es. Toutes ces rivières renferment fort peu d'eau pend;inl la saison sèche. Après chaque pluie, elle.s se transforment, en quelques heures, en torrents impétueux. Rien ne saurait alors résister à la force du courant... «
En s triant de la vallée de la lUmdi-Matamba, la ro'..tc de Sianley, arrive à Pamangulu (1).
« Pamangulu {Giiîu), écrit le lieutenant Valcke, est le nom d'un ou de doux petits atlluents du Congo. Au moment où l'on quitte la vallée de la Bundijl'on rencontre deux rivières. Mon avis est que ces deux cours d'eau ne sont autre chose que deux bouches d'une mémo rivière. Je n'ai jamais pu m'en assurer et je n'ai point pu le demander aux indigènes. Le pays est désert et je n'ai jamais disposé du temps nécessaire po.ir le reconiiaitre moi-même. Toutefois, d'aj-rès la conliguration du pays et les assertions de certains hommes, je suis tenté de croire qu'il en est ainsi. »
« Stanley a établi un pont sur la premiè.'^e rivière, mais il n'existe plus. Il serait facile de le remplacer, la rivière ayant 5 à G mètres de largeur seulement. Sur les rives, il y a du bois, r
« Un peu plus loin, nous rencontrons un obstacle plus grave. Après avoir passé ce cours d'eau, la route se dirige vers le Congo et s'arrête, pour ne reparaître que 700 ou 800 mètres plus loin, sur la 1 ive gauche de la seconde rivière. Stanley a lancé ses bateaux et a fait cet espace par eau. Ceci crée une interruption complète dans la route, car la seconde rivière n'est pas guéable. "
« Pour se rendre à Isangila, on est obligé aujourd'hui de quitter la route de Stanley à Pamangulu, pour la rejoindre près de Goma. On suit un sentier indigène qui se dirige vers un gué de la Gulu.
(1) La région do Pamangulu est fort belle, dil M. IvJ. Dupont; c'est un v. riluM.- p;irc avec do grands bcsquete.
Malheureusement, ce sentier est presque impraticable pour des porteurs chargés. Il ne peut donc être question d'organiser là un service de transports. Je n'exagère pas en évaluant ta 45° certaines pentes que l'on y remonte. J'ai vu des mules y perdre pied. r.
« On pourrait quitter la route actuelle avant d'arriver à la première rivière, celle-ci coule dans un terrain à peu près plat, près de son embouchure. Si on pouvait trouver un chemin assez bon conduisant à la jonction (hypothétique) des doux rivières, il n'y aurait qu'un pont à faire, ce qui ne serait point difficile, les deux rivières de Pamangulu étant fort peu importantes, même à leur embouchure (la seconde est à sec pendant la saison sèche). A la vérité, en agissant ainsi, nous nous éloignons du Congo et de la route de Stanley, mais l'inconvénient est fort peu grave, puisque nous sommes arrives à peu près à l'extrémité de la route de Stanley, qui s'arrête à Goma. »
" On ferait peut-être un détour de 15 kilomètres, mais on traverserait un pays populeux, où Ion pourrait ravitailler les porteurs. Les abords du fleuve sont, au contraire, absolument déserts. «
« Si cette solution était reconnue impraticable, il faudrait prolonger la route jusqu'à la seconde rivière de Pamangulu. Le passage de celle-ci ne serait pas facile ; il faudrait établir le même dispositif que pour la Bundi, car l'embouchure n'est pas guéable. Il n'y a pas ici, comme on pourrait le croire, une contradiction avec ce qui est dit plus haut de l'importance de ce cours d'eau. En général, en effet, les aflluents du Congo ont une grande profondeur au confluent, qui forme une espèce de crique, dans laq;ielle le fleuve maintient de l'eau en toute saison. Pendant la saison des pluies, on voit même les eaux du fleuve périodiquement refouler celles de l'affluent, jusqu'à ce que celui-ci ait acquis une pression suffisante pour repousser, à son tour, le fleuve. Ce phénomène se produit quelquefois jusqu'à trois à quatre cents mètres dans la rivière. »
A partir de la Gulu, « le chemin est largement accidenté. Ou monte et on descend de longues rampes. Le premier obstacle est la Lulu, la rivière la plus importante, comme débit, entre Vivi et Isangila. Il faudrait y établir un pont, avec toutes les précautions indiquées plus haut. « (Voir p. 112.)
« Après le passage de la Lulu, la route remonte vers une montagne et nous arrivons sur un petit plateau, désormais historique, à environ 300 mètres au dessus du fleuve : c'est là quo Stanley et de Brazza se rencontrèrent en 1880. «
« Avant d'arriver à Goma, la route de Stanley se dirige vers une plage sablonneuse, où elle s'arrête de nouveau. Cette plaine est resserrée entre des montagnes escarpées, et est traversée par la profonde rivière Bula et ses afïluents. Elle est inondée aux eaux hautes. Il serait difficile de construire un pont sur la Bula; il serait emporté aux premières crues du fleuve, à moins de prendre des dispositions spéciales. »
« Sur le flanc de cette plaine, se dresse la montagne de Goma, haute de 450 mètres et à peu près à pic. Ce rocher forme un obstacle tellement sérieux que de Hrazza le qualifiait d'insurmontable. «
« Si l'on construisait un pont, il faudrait exhausser le commencement de la route d'au moins un mètre, car cette partie est submergée pendant le mois de février. On pourrait aussi songer à passer la rivière plus haut ; malheureusement, elle est très marécageuse. En outre, il faudrait entailler, sur une assez grande distance, la route dans le quartz à peu près <à pic, ce qui constituerait un travail très long. »
« En passant plus haut encore, on éviterait le marais, mais on aurait à passer deux rivières, très profondément encaissées, et à construire plus d'un kilomètre de route dans le roc. «
Pour remonter le long du fleuve, depuis la plaine qui vient d'être décrite et un point se trouvant en amont des rapides de Goma, Stanley a entaillé une route dans les flancs du mont Goma, le long du Congo. C'est la terrasse de Stanley. En ce point, Stanley mit de nouveau ses embarcations à l'eau, et remonta le fleuve jusqu'à trois kilomètres environ de la station d'Isangila. « (Voir p. 105.)
« De Goma à Isangila, il y a deux voies de terre. L'une est fort accidentée ; elle traverse, notamment, une ligne de hauteurs de 350 mètres, au-dessus du fleuve. L'autre, beaucoup plus facile, longe le Congo ; elle n'est guère praticable que pendant les basses eaux, mais avec bien peu de travaux on pourrait y créer une voie au-dessus du niveau des eaux hautes. En effet, il m'est arrivé de la suivre avec un chariot chargé d'une chaudière, sans devoir approprier la route. « (Valcke.)
« Le chemin de Goma à Isangila, dit de son côté le lieutenant Orban.est très difficile en certains endroits, et surtout aux abords de la rivière Kenge. Les pentes sont très fortes. Avant d'arriver à Isangila, il y a une grande montagne à franchir. »» {Orhan.)
En résumé, voici, d'après M. Van Dorpe, les caractères généraux de la route Bundi-Isangila :
« Entre la Rundi et la Gulu, la route des caravanes suit les sinuosités d'une vallée étroite, limitée à l'Est et à l'Ouest par des hauteurs parfois considérables et presque toujours boisées. Les mouvements de terrain sont insignifiants. Le sol est constitué par une terre forte, impénétrable, qui, retenant les eaux descendant des hauteurs, donne naissance à de vastes marais dans lesquels les porteurs pataugent, ayant de l'eau jusqu'au ventre, lors de la saison des pluies. Il ne peut cependant être question de créer une route suivant les crêtes mouvementées et boisées des chaînes de hauteurs qui enserrent la vallée. »
« Entre la Gulu et Isangila, le terrain se relève fortement pour atteindre les hauteurs qui bordent le Congo. Le chemin est, par conséquent, fort accidenté, couvert de pierres et difficile, sauf la partie constituant la corniche de Stanley. Les marais signales entre la Bundi et la Gulu n'existent plus. Dans le bois de Goma croissent beaucoup d'arbres à caoutchouc. {Van Dorpe.) (Voir p. 144.)
B. — U Isangila à la Vunzi (vers Matadi), par la rive droite de la Matamha et de la Bundi. — « La marche entre Isangila et Banza- Balo est relativement difficile, autant par les hautes herbes à travers lesquelles il faut se frayer un chemin, que par les montées et descentes continuelles. Banza-Balo se Irouve au commencement d'un plateau, dont la traversée prend environ une heure de marche. «
« De Mueba à Kingwala, le chemin est excellent. Il se développe d'abord sur un plateau d'une étendue d'une heure trente minutes de marche, et, si ensuite il y a parfois une montée et une descente, celles-ci ne méritent pas d'être signalées; les herbes sont hautes. »»
«Entre Kingwala et Kalongo, la route traverse un marais, puis un bois et arrive à la Bunda, qu'elle traverse deux fois. « (Voir p. 1 13.)
La route, à partir de la Bunda, est peu accidentée. Elle coupe des parties boisées, au sol humide, jonché de feuilles mortes et très glissant. De là, une marche assez difficile.
Au point de passage, « la Lulu est une rivière importante. Aux pluies, ses eaux atteignent rapidement une hauteur d'homme et inondent ses rives boisées. « (Voir p. 112.)
« La contrée qui s'étend entre la Lulu et la Mombazi, est accidentée. Le sentier monte et descend continuellement. Du Monolithe
Riimbolo, on aperçoit ;i l'Ouest une chaîne de montagnes allant du Sud-Est au Nord-Ouest. Quarante minutes après la travers(^e de la Mombazl, le sentier se trouve au pied d'une autre chaîne de montagnes qui se détache de la première, et semble former le bassin de la Mombazi, affluent de la Matamba. Il monte ensuite sur cette chaîr.e et en suit la crête. Sur la droite, on aperçoit une autre chaîne de montagnes sur laquelie se développe la route de A'ungu, dans une direction du Sud au Nord. «
La route traverse ensuite les rivières Hundi et I.ukokoto. (Voir pp. 109 et 111.)
La route, de Kisulu à Ki?ende, est assez accidentée. - Cependant, les diverses montées gravies, on se trouve chaque fois sur un plateau assez étendu. Le site est magnifique; cà l'horizon, très large, se profilent des chaînes de montagnes au sommet desquelles on arrive par une succession de paliers naturels, sur les degrés desquels se devinent de nombreux villages. "
« Les accidents de terrain, par l'ampleur de leurs mouvements et la régularité de leurs pentes, recouvertes d'herbes sèches rappellent les hauteurs du Urabant méridional, qu'on simagine voir s'étager dans le lointain, recouvertes de riches moissons de blé. «
« Il est dommage que les hautes herbes empêchent souvent le regard de s'étendre au loin et de se rendre mieux comp'c encore de la configuration du terrain, r» ( 7rt«/>o;y9e.) (Voir notice delà fouille4.)
C. — Région entre la Dandi, la Matamha et le Congo. — Vallée delaBundi{\). — La lonj^ueur de la rive droite du Congo, entre l'embouchure de la Bundi et celle de la Gulu, est de 20 à 27 kilomètres.
La rive est formée de montagnes, de falaises, de [tréfonds ravins, très boisés, et de roches.
On rencontre des palmiers dans la vallée de la petite rivière Pambwoi-Dede, afiluent de la Bundi. Le village d'Inga est situé sur un plateau fertile. Il comprend des plantations assez importantes, entourées d'une ceinture de bois. C'est le seul village de cette région.
A une demi-heure de marche de ce petit village, vers le Sud-Est, se trouve un bois où réside un féticheur. C'est le bois sacré d'Inga. (Voir pp. 104 et 105.)
(1) Voir note de la p. 131.
Les vallées des rivières Bii::di, Matamba ol, Gulu sont très boisées. Celle de. la Matamba paraît d'une grande fertilité. Certaines parties en sont très mnrécag-euses. La grande chaîne de montagnes qui s'étend le long de la Matamba est très boisée au sommet, mais dénudée sur le versant.
Les rivières Bundi, Matamba et Gulu ne sont pas navigables; leur lit est rocailleux. {Abrassarl, 1000.)
5. — Région de la rive droite du Congo, en amont d'Isangila. —
La région que traverse le sentier d'Isangila à Yanga et à Konzo- Wembo (vers Manyanga) est très accidentée ; la marche y est dithcile.
« La terre rouge est en abondance sur les plateaux ; ceux-ci sont déchirés par de profonds ravins, dont les flancs sont couverts de détritus souvent blocailleux, et le fond montre les roches du soussol en place. C'est donc la même chose que le long du Congo. La lerre rouge repose certainement sur un lit de cailloux; elle est par conséquent un dépôt de transport. «
Entre Yanga et Konzo-Wembe « le pays est accidenté, avec bouquets de bois sur les plateaux et le cours des torrents couvert de forêts. L'î reste est dénudé et garni d'herbes, avec des arbustes dont la croissance a été enrayée par l'incendie. »»
Dès qu'on approche du fleuve, le pays devient plus accidenté : « Nous apercevons enfin des régions découpées. C'est la vallée du Congo, vers laquelle nous nous dirigeons par des ravins profonds, où afiicurc la diabase, et dans lesqu- Is nous dégringolons et ascensionr.ons vivement. L'un d'eux est garni d'un bois superbe, tropical, rêveur, et notre chance nous le fait suivre pendant 20 minutes. « {Ed. Dupont.) {Y oir^. lOS.)
0. — Région au Nord et au Nord-Est dlsangila. — La région qui s'étend au Nord immédiat d'Isangila est très accidentée, les montées et les descentes sont très brusques.
De la Vuozi à Tshikonde, la route court sur le faîte d'une ligne de collines avec quelques montées et descentes. Les villages sont dans la vallée.
Entre Tshikonde et ïshimakanga, le chemin est passable, les vallées qu'il Iraverso ne présentent que de petites collines et les montées à gravir sont par conséquent très courtes.
Le sentier traverse deux fois le courant rapide de la Tombe, entre ces deux vilLages. (Voir p. 113.)
Passé Yanga, de la route d'Isangiia à Manyanga ?e détache un sentier conduisant vers les sources du Loango. Ce sentier est assez favorable à la marciie. 11 traverse une suite de plateaux. {Destram, VandeVelde.) (Voir notice de la feuille 6.)
7. — Région de la rive gauche du Congo: Baynesville, Banza Manteka et la Lufu. — Sur le premier plateau, bordant la rive gauche du Congo, près de Baynesville, « rencontrant de nouveaux amas de calcaires (voir p. 108), je reconnais, écrit M. Ed. Dupont, des stromatopores, ces singuliers organismes qui ont eu un si grand pouvoir constructeur en Europe, pendant l'époque dévonienne; nous arrivons au village de Vunda, à travers de grandes plantations de pois arborescents ou cajans, que les nègres mange;it beaucoup. «
« La marche fut reprise après le déjeuner. Nous gravissons de rudes escarpements, où des amas de calcaires gris alternent avec de larges bandes schisteuses, comme dans notre Condroz. L'aspect du Congo et de ses immenses méandres, dont nous jouissons, est majestueux. »>
*i Le pays est toujours extrêmement déboisé. Il n'y a i)lus de restes de forêts que le long du Congo, sur les pentes des ravins et autour de villages. Le sol était bien mauvais sur les parties que nous avons gravies cet après-dîner. C'est de règle, puisque nous étions sur les escarpements bordant le lleuve. Mais, ici, le terrain détritique était moins développé que d'ordinaire ; j'ai rencontré beaucoup d'affleurements de calcaires, de schistes et de grès. » {Ed. Duj)ont).
Sur la rive gauche du Congo, entre le fleuve et Bainadioka, M. Ed. Dupont retrouve la roche verte éruptive et cohérente du grand amas de diabase,qui produit la chute d'Jsangila. (Voir p. 105). « Le chemin suivi avait une forte pente... Nous étions, dit M. Ed. Dupont, à une altitude voisine de 350 mètres (entre Bamadioka et Banza-Kulu), alors que nous avions quitté hier le Congo à 110 mètres. « Pendant deux heures de marche, après avoir quitté I^amadioka, « nous avions certainement gravi 150 mètres. La diabase affleure encore fréquemment. Mais, près du village, se trou vent sur la pente de grands affleurements de cailloux roulés,
cimentés par la limonite et recouverts par le limon rougeâtre argilo-sableux. Voilà donc encore ce grand dépôt superficiel de transport que je ne cesse de suivre d;ms le bassin du Congo, »
Après avoir dépassé Banza-Kulu, ^ nous rencontrâmes de beaux et gra!ids villages entourés d'une somptueuse ceinture de forêt. Le sol continuait à s'élever, pour atteindre 430 mètres, à Banza-Manteka. Plus d'affleurements de sous-sol, partout des plateaux de terre rougeâtre, argilo-sableuse, d'une grande fertilité, <à en juger par la force et la densité des herbes, par la belle venue des arbres, l'abondance des palmiers élaïs, des kolas, des safos et des baobabs, par les plantations étendues de maïs, d'arachides et de bananiers. «
« Je ne sais réellement me rendre compte des allégations qui ont tenté défaire, decette région des chutes, un pays stérile et impropre à la culture. Certes, les abords immédiats du fleuve sont, sur les pentes, couverts de terrains détritiques blocailleux, et la végétation y est des plus chétives. Mais, dans les vallées évasées, il est loin d'en être ainsi. Le sol y est formé de terre noire qui donne naissance à des herbes de trois à quatre mètres de hauteur, et je me demande s'il en est sur le globe, qui fournissent des produits plus denses et de croissance plus opulente. Puis, sur les plateaux, s'étend le limon rougeâtre,dont la fécondité est prouvée en fait pnr les herbes, serrées et hautes de deux à trois mètres, qui y croissent annuellement, y
« Après quatre heures de marche {de Banza-Kulu), qui nous avaient fait traverser, ou voir de loin, trois hameaux, notamment Banza-Kasi, avec ses septante-deux chimbèques visibles le long du sentier, nous arrivons à la Mission américaine, sur un plateau d'où l'on jouit d'une vue immense et d'une brise délicieuse... «
«... Les grès blancs de Goma affleurent un peu au-delà du hameau Dembole, mais ils y forment une simple bande et ont perdu cette disposition en large dos d'âne qui a donné lieu à la chute de Goma. Comme confirmation, on voit à l'horizon la crête des grès blancs de cette chute se rejeter transversalement, pour former la bande unique rencontrée ici. «
« Nous traversons une plaine évasée et rocailleuse. Les fragments aigus de quartz blanc reparaissent Ce sont bien des débris do filon de quartz et de morceaux de cailloux roulés de même substance. Après trois quarts d'heure d'avancement, avant d'arriver à l'emplacement du village de Kasura, se présentèrent les premiers affleurements de roches cristallines... Ces aftleurements sont nombreux. «
Au point do passage, la Lufii a 45môîres de largeur (mi-décembre). On la traverse sur un pont. {Ed. Dupont, 1887.)
A Masamba (notice de la feuille 4) « commence la descente la plus raide que l'on connaisse au Congo, pour atteindre la Lufu. Mais ce n'est rien d'arriver au fond de la vallée, il faut en sortir : c'est alors que se présente la longue montée d-j Banza-Manteka, qui, après cinq heures de marche pénible, nous conduit au platoau supérieur où s'élèvent un gros village et une mission protestante. r> {G. Yauihier.)
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