Région au Nord et au Nord-Ouest de Manyanga
De Manyanga à Kindamka {Kicilu-Xiavi), par Balanyongo (1). — « La contrée peut se diviser en deux parties, présentant des physionomies complètement distinctes «, écrit le capitaine Hanssens.
(1) Bien que cet itinoraire dépasse la frontière septentrionale de l'Élat Indépendant du Congo, nous eu reproduisons entièrement la description, afin de lui conserver sa portée exacte.
" La première s'étend de Manyanga jusqu'au village appelé Timenkanga, en territoire français, et situé, à peu près, à mi-chemin du Kwilu-Niari. Elle se caractérise par une succession de montagnes élevées, rocheuses, à versants escarpés, séparées entre elles par de profonds ravins. Le tout constitue un ensemble, dans lequel il est impossible de dégager une grande ligne. Les montagnes forment amant de cônes isolés, à parois raides, très difficiles et fatigants à monter et à descendre. Parfois deux séries de montagnes, séparées par un grand ravin, sont réunies l'une à l'autre par des espèces de digues naturelles, dont la partie supérieure est sensiblement horizontale, ce qui facilite singulièrement les communications. »
« Les rivières et les ruisseaux que l'on rencontre dans cette contrée, n'ont pas de vallée. Ils coulent tous au fond des ravins, et leurs rives sont formées par le prolongement des montagnes. Cette circonstance a pour conséquence de rendre impossible l'emploi de ces dépressions comme ligne de communication entre le Congo et la ligne de faîte du bassin de ce lleuve. La vallée de la rivière Yambi- Mata et celles des autres petits cours d'eau qui se jettent dans le Congo, entre la Mata et Manyanga, ne pourraient pas non plus être utihsées dans ce but. »
« Plus à l'Ouest, cette région s'améliore, entre Bulangongo et Kimbedi (Kwilu-Niari, ancienne station Philippeville). Bien qu'elle soit encore fort tourmentée, elle est moins difficile à la marche. Les accidents de terrain s'y groupent, pour former des lignes continues, et les sentiers employés par les indigènes contournent, en corniche, la plupart des obstacles naturels. »
« La route est donc plus facile. Toutefois, il serait impossible d'y établir un chemin de fer ou une route carrossable, par suite de l'existence de la barrière rocheuse, dont il va être parlé, qui coupe, en quelque sorte, les communications entre la vallée du Kwilu-Niari et la contrée qui s'étend au Sud. De plus, les formes tourmentées de la région nécessiteraient d'immenses travaux d'art. »
«La seconde partie du territoire compris entre le Congo et le Kwilu-Niari, se caractérise par de grandes et larges vallées séparées entre elles par des cliaînes continues de collines, qui présentent de nombreuses gorges, facilitant les communications d'une vallée à l'autre. La direction générale de ces vallées est N.N.E.-S.S.O. Le fond en est généralement horizontal, et présente, vers le milieu, une rivière ou un ruisseau, dont les abords sont marécageux. Parfois même, toute la vallée constitue un vaste marais. >»
« La limite entre ces deux parties est constituée par une grande barrière rocheuse, à parois extrêmement raides, projetant en avant, soit perpendiculairement, soit parallèlement, des accidents secondaires moins élevés. Aucune dépression n'existe dans cette barrière, et la descente, de la première partie à la seconde, s'opère par un petit nombre de sentiers, qui sont de vrais casse-cou." iHaiisse^is.)
De Manyanga "à Simpobo par Yanga-Yanga et Molnimhi. — Partis de Manyanga « nous sommes arrivés à Vanga sans trop d'encombre, écrit M. Ed. Dupont. Seule, une rivière débordée avait atteint une largeur de plus de cent mètres... "
« Après trois heures de marche (de Yanga), nous sommes arrêtés par une large, profonde et fougueuse rivière, la Mata (1). Il fut impossible de la traverser en cet endroit, et nous dûmes remonter sa rive... Au village de Mosangi, nous pûmes la traverser... »
" Après trois heures de mardis, nous sommes venus échouer devant une nouvelle rivière, la Yambi, transformée, par les pluies de cette nuit et des jours précédents, en un fleuve torrentiel. Nous faisons sonder la rivière. Les noirs perdaient fond, et un courant violent les entraînait... Il faut donc rebrousser chemin... Nous sommes arrivés au hameau de Binvika, à un kilomètre de Yanga- Yanga... r,
« Pendant les trois jours que nous sommes en nuirclie... j'ai eu l'occasion de faire d'assez nombreuses observations. «
« Déjà, pendant le trajet du premier jour, les plateaux s'élevaient à plus de 200 mètres au dessus du Congo. Cette hauteur fut peu dépassée. La région est fort déchir<*e par des ravins et des vallées, dont les flancs seuls sont garnis de bois. »
« Tout est couvert d'un dépôt de sable jaune rougeâtre, avec lit d'argile, comme dans la région que je viens de parcourir sur la rive Sud du Congo. « (Voir p. 21(3 et notice de la feuille 14.) La pluie d'aujourd'hui m'a convaincu, une fois de plus, que cette argile est peu perméable. L'eau y ruisselle, ce qui fait comprendre le rapide gonflement des rivières. Du reste, ces terres la retiennent pendant quelques heures, dans de petits trous que creuse l'eau, en s' écoulant le long des sentiers en pentes. »»
« Ces sables et argiles atteignent jusqu'à 15 mètres d'épaisseur,
(1) D'après la carte au 100,000'", celte rivière, dont M. Ed. Dupont a remonté le cours jus- (|u'ù Mosangi, est non pus lu Muta, mais bien le Fumu, allluent de la Muta*
ainsi que me l'ont montré des entonnoirs naturels. Ils recouvrent un lit de cailloux, sous lequel le fer s'est concrétionné, sur une épaisseur parfois d'un mètre, puis vienf, comme sous-sol, le grès rouge désagrégé. "
« Le sous-sol est, en effet, encore formé de grès rouge feldspailiique, qui ne diffère de celui qui s'étend depuis Léopoldvillc jusqu'à la fin de la gorge du Congo..., que par son grain généralement très fin, et par son alternance avec des psammites ou grès argileux micacés. Ces roches ne se voient que dans le fond des vallées profondes, où elles sont en couches presque horizontales et ont conservé leur structure compacte, et dans les ejitonnoirs, où elles sont d^'sagrégées... «
» Nous atteignons le village de Liamba, qui compte une cinquantaine de cases dispersées sans ordre sur une colline élève e. L'altitude peut être évaluée à 500 mètres. Aussi, ce point domine-t-il toute la région jusqu'au Congo et au delà, le Mont Bidi s'aperçoit notamment très bien, dit M. Dupont, bien que nous en soyons distants de plus de CO kilomètres; c'est une sorte de point de repère qui ne nous quitte pas ..»
On rencontre de nombreux entonnoirs naturels (éboulements), dans toute la région.
Le village de Moabi " est entouré de ra^Mns et juché sur une colline qui domine toute la vallée... Le pays environnant est très peuplé... »
La Yambi, qui coule au pied du village Moabi, est profonde à la saison des pluies, il est impossible de la passer à gué. En amont, la région est formée « de longs plateaux de sable argileux, rougeâtre, reposant souvent sur des cailloux roulés, et toujours, sur du fer scoriformo. Le sous-sol est encore formé de grès rouge. De nombreux ravins accidentent la région qui reste bien peuplée. »
Au passage de Dungu, la Yambi coule « au fond d'un véritable abîme, grondant sur des chutes... Les fiancs'de la vallée sont boisés et presque verticaux. » (Voir p. 201.)
La Yambi reçoit la Kenge (Grande) qui a une quinzaine de mètres de largeur et est peu profonde (en novembre).
Sur la rive droite de la Kenge, le pays continue à 's'élever et atteint une hauteur voisine de 700 mètres, près du marché de Pika- Makengo (un peu au Sud de Mokumbi, point levé astronomiqucment, voir p. 220), d'où l'on aperçoit encore le Mont Bidi,àplus de 45 kilomètres au Sud-Est. La foret est réduite aux parcelles de bois, qui
se trouvent en galeries dans les ravins et les vallées, et qui forment une mince ceinture autour des villages. La contrée est très peuplée, et les indigènes défrichent pour cultiver le manioc. On peut chercher là, la cause de la disparition des forêts.
« Les terrains superficiels restent les mômes, ainsi que le soussol, j»
VersMusangu,le sentier traverse de véritables casse-cou, dans une région étrangement mamelonnée, plus basse d'au moins cent mètres que celle de Pika-Makengo et faisant certainement partie d'un bassin différent. La constition du sol et du sous-sol reste cependant la même. Le pays est moins peuplé, les villages rares. De Mubulu à Mokumbi (second village de ce nom), soit 3 heures de marche, s'étend un grand plateau complètement déboisé, où l'on rencontre cependant de vastes plantations de manioc au milieu des herbes.
Entre Mokumbi et Zenga,à l'Ouest du sentier, s'étend «une large et longue plaine évasée, avec petits mamelons. Deux rivières s'y jettent, la grande Luombo, qui peut atteindre une largeur de 15 mètres et la petite Luombo qui peut avoir 10 mètres de largeur (septembre). Ces rivières descendent dans la plaine... r>
« La région, vers Zenga, se relève. Les plateaux ont conservé généralement une altitude de 550 mètres. A Zenga, on atteint plus de 600 mètres. Le sous-Sv-)l reste composé de grès et de psammites rouges ; le sol est formé de terres d'un jaune rougeâtre, sableuses et argileuses comme ci-devant. Les bois sont rares, môme dans les ravins. y>
Le village de Zenga présente un type original de disposition. - Il est installé sur une sorte de promontoire allongé, bordé, de toutes parts, de ravins profonds, plantés de bananiers, et relié au plateau par un col très étroit. Les cases sont belles et placées sur les côtés d'une rue longitudinale »
Au point de passage, lu Lukunga, afliuent de l'Eluala, forme une vallée profonde et étroite, très difficile à traverser. A l'Ouest, s'étend une plaine mamelonnée, comme celle de Mubulu.
L'aititude, vcrà le N.-O., augmente et se rapproche de 700 métros. La composition du sol et du sous-sol ne change pas. Le pays ne possède presque plus de bois, mais il devient plus peuplé, moins cependant qu'entre la Vambi et la Luombo. Les villages y ont la même disposition qu'à Zenga.
« La l'égion de Musinda-Sinda et de Lubaingola forme une nou-
velle ligne secondaire de partage, avec une altitude voisine de 700 mètres. Eii deçà, les eaux se dirigent vers la rivière Luombo et, par conséquent, vers la vallée évasée, entrevue à l'Ouest de Mubulu. Au delà, elles affluent vers une autre rivière, l'Eluala. » [Ed. Dupont, novembre 1887.) (Voir p. 200 et notice de la feuille 7.)
Des sources de VEluala à Mokumhi (point levé astronomiquement, voir p. 220). — Vers les sources de l'Eluala, « la région changeait d'aspect, écrit M. Dupont. Elle devenait très mamelonnée. C'était, à perte de vue, de petites croupes arrondies, s'enchevêtrant, se succédant et s'étageant. «
« Nous commençâmes par traverser l'Eluala, qui doit être non loin de sa source. Elle n'avait qu'une largeur de 5 mètres, alors que, sur l'autre sentier, à une distance de dix ou douze kilomètres, elle avait 15 mètres. On ne s'étonne guère de cet accroissement rapide, en constatant le nombre de cours d'eau, que l'on voit s'y jeter, dans toutes les directions, w (Voir notice de la feuille 7.)
Entre Yansengo et Bulangongo (second village de ce nom, en territoire français), la région est désorte ; les villages sont très rares. Bulangongo est un important village. La composition du sol change, l'argile rouge du bassin du Kwilu est remplacée par du sable, possédant, depuis la ligne de faîte, les caractères des dépôts superficiels du bassin du Congo.
De Bulangongo à Yanso (État Indépendant), le terrain continue à être accidenté et mamelonné. Il est traversé, en tous sens, par des rivières et des ruisseaux coulant dans de profonds ravins, et y formant de véritables marais.
Dans la traversée de cette région, on doit avoir soin de remonter aux sources des cours d'eau, comme le fait d'ailleurs souvent, avec un art véritable, le sentier indigène. Le nègre, lorsqu'il le peut, trace les sentiers de manière à contourner les ravins; il ne regarde pas aux détours pour atteindre ce but ; lorsqu'il ne le peut pas, il franchit l'obstacle au plus court ; de là ces passages de rivières qui sont de vrais casse-cou, comme ceux de la Mata et de la Yambi.
De Bukusu, par une altitude de plus de 000 mètres, « nous vîmes, dit M. Dupont, dans un lointain horizon, la crevasse du Congo et la ligne des roches de quartzite d'Isangila. r> {Ed. Dupont.)
Vers Kibasa, le sentier est moins accidenté. Le pays est extrêmement peuplé, on voit des villages de tous les côtés et des plantations
en conséquence. « Nous avons commencé, dit M. Dupont, à revoir le Mont Bidi.r
Près de Mokumbi, M. Dupont avait rejoint son premier itinéraire, de Manyanga à Simpobo (vers Boko-Songo). (Voir p. 211.)
B. — Région s'étendant au Sud du Congo.
1. — Région de Mukimbungu. - Le village de Mukimbungu est situé à 6 kilomètres du fleuve, à une attitude d'environ 150 mètres. La contrée est formée de plateaux ondulés et coupés par des vallées généralement boisées. (Voir p. 219.)
2. — Région traversée par la route des caravanes de Matadi à Léopoldville par Lukungu. — Au Sud de Lukungii, la région est formée de plateaux souvent fertiles et profondément déchirés. Les hautes herbes dominent, et les bois se trouvent confinés dans les vallées et ravins.
Les roches du sous-sol changent d'aspect. Du schiste rouge (sang de bœuf) et du grès rouge font leur apparition. Ceci annonce le voisinage de la longitude de Manyanga.
« Le relief du sol se transforme du reste. Depuis Tombo-Lokuti, il présentait fréquemment de longues rangées de collines découpées et orientées sensiblement Nord-Sud ; ici les plateaux se montrent avec des caractères plus uniformes. En outre, commence le singulier phénomène des entonnoirs... Dans le flanc d'une colline, se creuse, sous les eaux torrentielles, un vaste trou, profond d'une vingtaine de mètres et à parois verticales. La moitié de la hauteur est occupée par les couches jaunes, tandis que le bas est violacé.., «
Avant d'arriver à la vallée de la Lukunga, le sentier traverse « une large plaine remplie de rochers de calcaire gris et rose, se dressant en masses isolées les unes des autres, mais disposées en longues traînées, qui vont, à perte de vue, à droite et à gauche, sur une largeur de quelques centaines de mètres. Ces masses, couvertes d'arbustes et de lianes poussant dans les creux, sont d'un effet délicieusement pittoresque. J'y cherche vainement des fossiles. Sans doute, cette roche est trop métamorphosée. Elle est, dans tous les cas, fort cristalline. *>
A Lukungu, agglomération de villages, de grands blocs d'une roche jaune, siliceuse, concrétionnée, reposent sur le sol, de distance en distance. ^^ Plusieurs atteignent au moins 2 mètres cubes, en un point qui a une altitude de 320 à 325 mètres. «
Après avoir traversé le village, le sentier gagne le sommet d'une colline, puis tourne brusquement entre des hauteurs boisées, à sol rougeâtre. De ce point, on aperçoit au loin, à une grande profondeur, la station de Lukungu, située sur une colline basse, au milieu d'une large plaine.
Les collines de la large vallée de la Lukunga sont couvertes de la même roche siliceuse ,que celle de la grande plaine qui se trouve au Sud du village de Lukungu (voir p. 214) et celle qu'on rencontre à Tombo-Lokuti «La vallée n'est cependant qu'à une altitude de 250 mètres. Elle est traversée par la Lukunga, large d'une quinzaine de mètres, et qu'on passe en canot. «
« La fertilité de la partie basse est très grande. Son sol est formé d'une terre noire, légère. Cette vallée, si le besoin se présentait, pourrait être un grenier d'abondance pour toute la région. «
Il s'y trouve des arbres énormes en hauteur et en diamètre.
Vers l'Est, les collines qui limitent au loin la vallée, «sont étagées, avec bouquets de bois et terre rougeâtre... Du calcaire affleure dans le lit d'une petite rivière, à peu de distance de la Lukunga (la Yamba?), et, à un relèvement brusque du sol, qui se dispose en une large terrasse inclinée, se présentent des schistes rouges grossiers, puis du grès rouge, sensiblement horizontaux."
Sur une colline tronquée, entourée de bois, se trouve l'emplacement d'un marché Kandu. A partir de là, le sol s'incline pour se relever bientôt. {Ed. Dupont.)
«La station de Lukungu, écrit le lieutenant Valcke, est située dans la vallée de la Lukunga, large de 4 à 0 kilom. Elle est très fertile et assez bien peuplée. En quittant la station, nous voyons se dresser devant nous le massif des Monts Dunga. Le plateau qu'il forme est un des plus élevés du pays. Il est large de 8 à 10 kilomètres, et est creusé par le lit du Gandu, petit torrent très encaissé près de son embouchure, et sillonné de sources. Il est très fertile et occupé par une série de villages populeux. «
« Au centre de ce plateau, se dresse une éruption quartzeuse, le dominant d'environ 500 pieds (152 mètres) : c'est le Mont Bidi,
situé à mi-chemin entre Vivi et Léopoldville. De ce sommet, on jouit d'un panorama unique. En aval, s'étend la partie que nous venons de décrire; le fleuve, relativement large, serpente au milieu d'un pays qui, vu de cette hauteur, ressemble h une mer aj?iiée. Kn face de nous, sur la rive Nord, la chaîne de Dandanpra, arête de quartz, dont on suit les moindres replis, sépare la plaine ondulée autour de la Mata, de notre station de Manyanga, puis du pays haché de Pakabendi, première partie des possessions françaises sur le fleuve... C'est un fouillis inextricable de montagnes nues, se superposant les unes aux autres, entre lesquelles des gorges profondes tracent des lignes capricieuses d'un vert foncé. Là, les accidents du sol n'ont plus de direction. Il n'y a plus de grandes lignes. En amont, nous apercevons la chute fumante de Tombo-Mataka, vers laquelle le fleuve se précipite par un lit si encaissé, qu'à cette altitude, il nous paraît souterrain. ^
« Détournons nos regards de ce spectacle sauvage, et reportons les au Nord... Le pays est ondulé. Au pied même du Hidi, nousvoyons des collines d'argile rouge, assez nues et, stériles, des vallées envahies par une végétation abondante, de grandes plantations qui nourrissent de nombreux villages. Plus loin, se dessine une succession de larges plateaux, où des bouquets d'un vert sombre nous signalent des villages abrités sous les couronnes do safos séculaires... >»
« Descendons du Bidi... et traversons rapidement la plaine ondulée, rouge, dont je vous parlais tantôt. Nous traversons la Pioka, rivière assez importante pour offrir un obstacle sérieux à nos transports, pendant la saison des pluies. Ce pays subit des transformations continuelles. De tous les côtés, on rencontre des précipices profonds, fournis par l'effondrement de parties de montagnes rouges. Ces précipices ont souvent 150à200 pieds de profondeur. Ils sont à pic; le terrain, alfouillé par des pluies torrentielles, cède d'une pièce; l'argile délayée est entraînée au Congo, pour aller former des bancs nouveaux, entre Pontada Lenhaet Homa. » (Valcke, 1886.)
3. — Région Kyenzi-Manyanga (Sud). — « Le sentier, écrit M. Ed. Dupont, s'étendait sur des plateaux élevés de 600 mètres et plus, qui s'abaissaient brusquement par gradins, et finirent par présenter un escarpement presque à pic, d'une hauteur de cent à cent cinquante mètres. Une vaste plaine, dans laquelle le Congo serpente au loin, fait suite, en contre-bas, et se montre fort accidentée. Le
pays change manifestement d'aspect. « (M. Dupont, venant de Lutete, quitte la route des caravanes de Matadi à L<^opoldville, par Lunkungu, pour se diriger vers le Congo.)
Cet escarpement forme une espèce de muraille qui « sert de ligne démarcation entre la région d'amont et la région d'aval du Congo. Il s'étend vers le N.-O., perpendiculairement au fleuve, et se perd dans la brume. A une dizaine de kilomètres du sentier, le Congo coupe la muraille en une étroite et profonde crevasse. Jusque-là, son cours était celui d'un vaste torrent. Il devient désormais plus tranquille jusqu'à Isangila ».
« Mais au Sud du sentier, ce relèvement brusque du sol prend une tout autre allure. Il se contourne et remonte vers l'Est pour suivre la dépression latérale que je longe depuis le Pool, et pour l'encadrer, par un retour montagneux, jusqu'au mont Bidi, qui s'aperçoit au loin sur notre gauche. »
Entre Kumbi et le (longo (direction N. -N.-O., voir intinéraire sur la feuille 10 de la carte du Bas-Congo), le sentier est fort accidenté, très difficile à la marche. « Les roches de cette plaine tourmentée sont du grès rouge feldspathique, mais à grains très fins. On y rencontre aussi un peu de schistes et de psammites rouges. Mais on y trouve, pour la première fois depuis le Pool, un grand amas de diabase. Beaucoup de grès blanc et de quartzite brun, c'est-à-dire les roches du Stanley- Pool et du Haut- Congo, y reposent aussi sur du grès rouge. »
De Kumbi à Manyanga, le trajet n'est guère que de 4 heures. Le plateau est formé d'alluvions, de cailloux roulés et de gros blocs de limonite scoriforme sur les pentes. Les villages sont nombreux.
A Manyanga, le Congo est large de 1400 à 1500 mètres. Les rochers s'y voient jusqu'à mi-côte. Ce sont des grès et des psammites vouges, en ondulations larges et évasées. {Ed. Dupont.)
- PRINCIPALES LOCALITÉS
Diadia. — Altitude, 350 mètres.
Station de la « Swedish Missionary Society », fondée dans le district de Matadi, dans uner(^gion accidentée.
Ganda. — Altitude, 510 mètres.
Station de la « Swedish Missionary Society «, installée à IG kilomètres environ au Nord du Congo, sur le sommet d'une colline, dans un pays entrecoupé de nombreuses vallées; sol argileux, avec couche d'humus de 20 centimètres.
Il n'y a pas de marais à moins de 6 <à 7 kilomètres, et l'écoulement des eaux pluviales y est facile.
Kibunzi. — Altitude, 330 mètres.
Station de la « Swedish Missionary Society >», située dans le district des Cataractes, à une heure et demie de marche au Nord du fleuve, dans un pays de montagnes et de forêts. Elle est située au sommet d'une montagne, sur un sol argileux, recouvert d'une couche d'humus de 30 centimètres. Les eaux pluviales s'écoulent facilement, et il n'y a de marais, très petits du reste, qu'à une distance de plusieurs kilomètres.
Kingila-Nord. — Village situé dans la partie N.-O. du district des Cataractes, à 750 mètres de la rivière Lukasu, et à 70 mètres audessus du niveau de celle-ci. La rivière coule dans une vallée submergée à la saison des pluies.
(1) Ces notes sont extraites du « Rapport sur le climat, la constitution du sol et l'hygiène de l'Ktat Indépendant du Congo-, par une Commission composée de MM. A. Bourguignon, J. Cornet, O. Drj-epondt, Cli. Firket, A. Lancaster et E. Meuleman. Bruxelles 1898.
Le sol, sablonneux par place, est recouvert d'une couche d'humus, dont l'épaisseur varie de 25 à 75 centimètres, et qui repose sur une couche de limon rouge. Pays assez tourmenté aux environs et au N. et au S. du poste; au N.-O,, plateau de 30 à 40 kilomètres d'étendue.
Des marais existent à 500 mètres et plus de la station.
Lukungu. — Ancien chef-lieu du district des Cataractes. La station fut fondée vers 1882 et bâtie sur la rive gauche, contre la Lukunga, sur un éperon qui domine la rivière, par un escarpement à pic de 30 mètres environ. Le territoire de la rive gauche est très tourmenté, coupé de ravins à pic, tandis que celui de la rive droite est une plaine, dont quelques parties seulement sont submergées, lors de crues exceptionnelles, qui restent parfois plusieurs années sans se produire. La Lukunga, comme presque tous les cours d'eau de la région des Cataractes, étant une rivière torrentielle, à crues subites, les inondations qu'elle provoque ne durent que deux jours, trois au plus.
Manyanga (Sud). — Altitude, 280 mètres.
Station fondée enl896, sur la rive gauche du fleuve, dans la région des Cataractes. Cette région est très accidentée; peu ou point de plateaux; vallées d'une orientation générale N.-S.; sol sableux, argileux, avec nombreux affleurements de roches.
II n'y a pas de marais aux environs de la station , ni d'eaux stagnantes en saison des pluies.
Mukimb'jngu. — Altitude, 368 mètres.
Station de la « Swedish Missionary Society»» fondée en .1892 dans le district des Cataractes, à environ 25 kilomètres à l'Ouest de Lukungu.
Elle est installée à environ 6 kilomètres do la rive gauche du Congo et à 150 mètres au-dessus du niveau moyen du fleuve, dans un pays de plateaux ondulés, entrecoupés de vallées assez nombreuses, souvent boisées. Le sol est de nature argileuse et recouvert d'une couche d'humus de 20 centimètres environ. Il n'y a pas de marais à moins de 2 kilomètres de la station.