Région du KwiluMadiata : Tumba,Kolo,Banza Makuta
A. - l/inérnijv de Tumha a Kolo, par Banza-Kicihi. — « De
Tumba, on longe le chemin de fer jusque vers le kilomètre 203. Rien d<^ particulier à signaler pendant ce trajet, si ce n'est la présence de fougères arborescentes, poussant sur les bords de la rivière Lambesa, entre le kilomètre 190 et la Gongo. Ceci paraît anormal, étant donné que la Lambesa n'est pas abritée par des arbres, et que ce milieu semblerait peu favorable à la croissance si délicate des fougères arborescentes. «
« En quittant la voie ferrée, la route prend une direction franchement Est, et traverse, pendant une heure et demie à deux heures de marche, une région très montagneuse. La marche est très pénible, bien que cependant les montées diminuent graduellement, au fur et à mesure qu'on avance vers l'Est. Le sol, ferrugineux, est partout recouvert d'une couche de petites pierres de 1 à 3 centimètres de diamètre, qui entravent sensiblement la marche. Certaines de ces pierres sont de consistance molle et de couleur rouge foncé... "
^ Dans les montagnes, la savane domine des deux côtés de la route, mais tous les ravins sont boisés. «
« Après ce trajet, on entre dans une gorge boisée, d'environ un kilomètre de longueur, et dont le sol est tapissé de belles touffes d'ananas, de sanseviera, de bosanga (costus afer), etc., etc. «
« De ce bois à Kingombe, il y a environ trois heures de marche. La route est très bonne, les plateaux se succèdent et ne sont séparés, à de longs intervalles, que par des vallées étroites, peu profondes, et par un ou deux ruisseaux, profonds de trois à quatre mètres, et larges de 2 à 3 mètres; ils ne sont pas alimentés pendant la saison sèche. «
« A droite de la route, la même région continue, mais, à gauche, on aperçoit, à environ cinq kilomètres, les montagnes de Manangu, dont la plupait des ravins sont boisés. La route traverse un sol d'apparence très fertile, recouvert d'herbes atteignant 1 à 2 mètres de liauteur. La couche arable est constituée par une argile noire et glissanie. C'est la région des antilopes. Le village abandonné de Kingombe est situé dans un grand bois, au bord d'un ruisseau... Pendant les trois heures de marche qui conduisent à ce village, on ne rencontre aucun autre bois, r,
" De Kingombe à Kolo, villages distants de 3 à 3Vj heures de marche, on contourne deux marais. La grande région des «madiadia»', c'est-à-dire des hautes herbes, qui atteignent de 3 à
4 mètres de hauteur, commence tout près du village de Banza- Kwilu ; c'est la vallée du Kwilu-Madiata, qui s'étend à perte de vue et qui doit sa grande fertilité au limon déposé par les eaux des inondations, pendant la saison des pluies. D'une façon générale, les gigantesques raadiadia indiquent toujours un sol très fertile, comme elles trahissent aussi des terres régulièrement inondées, sans être,toutefois,des terres marécageuses, où l'eau reste stagnante. Dans toute cette vallée, la culture du manioc réussit mal, les tubercules pourrissent en terre. Les indigènes n'y commencent leurs plantations qu'après les dernières inondations, en pleine saison sèche. »
« Kolo se trouve au milieu de cette vallée, à l'extrémité du plateau qui s'étend jusqu'au-delà de Kambaet Sempu. Ce plateau n'est élevé que de quelques mètres au-dessus de la vallée. r<
«* De Kiasi, au Nord, et de Zamba, au Sud de Kolo, la même région des madiadia continue à perte de vue. La vallée du Kwilu- Madiata est visitée par des bandes d'éléphants. »
« Les terres marécageuses de la Vuasi et de la Vuala (deux petits affluents du Kwilu-Madiata, près de Kolo) sont luxurieusement boisées, ainsi que les nombreux petits ruisseaux qui se jettent dans le Kwilu. « {Kindt. Voir p. 223.)
B. — De Tumba à Kolo, par Banza-Makuta. — « De Tumba, on longe la voie ferrée jusqu'au kilomètre 184. De ce point à la rivière Gongo, il y a environ une lieue et demie. Après une demi-heure de marche pénible, toujours en montant, on arrive presque au sommet d'une montagne, dont tous les ravins sont boisés. De cette hauteur, on voit à dix lieues à la ronde: le massif du Bangu depuis Kimpese jusqu'à Kunku (Kanka), le massif de Sona-Gongo, etc. "
" De la montagne à la Gongo, la route ne s'améliore guère, mais les montées deviennent moins nombreuses. La végétation est insignifiante ; la couche arable manque entièrement sur les hauteurs, et le sol est recouvert de petites pierres comme au kilomètre 203 du chemin de fer. y> (Voir p. 232.)
" Au point de passage, la Gongo est large de 10 à 15 mètres. Ses rives, reliées par un pont de singe, sont richement boisées et forment, à certains endroits, un rideau de 150 à 200 mètres de largeur. »
«* De la Gongo au Kwilu-Madiata, il y a trois quarts d'heure de
marché. Le terrain est fertile; il est souvent inondé à la saison des plu 'es et est recouvert de madiadia. ou hautes herbes, et de faux cotonniers. Ici, le Kwilu-Madiata, large de 15 à 20 motres et à courant tumultueux, ne mérite plus son nom indigène. (Voir p. "J2'3.) Les I ives sont escarpées et rocheuses, les madiadia ont fait place à la végétation arborescente. Il n'est pas rare de voir des crocodiles au bord de la rivière, surtout en saison des pluies. «
« Du Kwilu-Madiata, on remonte de nouveau les montagnes, qui, toutefois, diminuent d'importance, au fur et cà mesure qu'on approche de Banza-Makuta. Après environ 5 heures de marche, on atteint ce villnge. I.a composition du sol et la végétation sont les mêmes que sur la route de Tumba à la (iongo. On ne traverse aucun village, ce qui oblige les voyageurs venant de Tumba à faire une étape de 8 heures de marche. Il existe une route par les villagrs Zungu, Mongo et Tcidi, mais elle est impraticable pendant la saison des pluies. Elle est fermée par les herbes madiadia, et, en certains endroits, elle est coupée par de grandes mares d'eau. «
" Vers Banza-Makuia, tous les versants des montagnes sont boisés. »
« De Banza-Makuta au village deSempu, distant d'environ trois lieues, la route est plus facile, les montagnes disparaissent. On traverse un plateau recouvert de hautes herbes, parsemées d'un très grand nombre d'arbustes et d'arbrisseaux. En plusieurs endroits, ces végétaux ne sont distancés l'un de l'autre que de 2 ou 'A mètres. Cette région serait très rapidement reboisée, si les incendies n'endommageaient les troncs des essences ligneuses. »
« Les villages Gunda et Mombazi (Bombasi), que l'on traverse, se trouvent au milieu d'un bois, arrosé par un petit ruisseau. »
« Il est à remarquer que tous les villages de la région du Kwilu- Madiata se trouvent sur de petits plateaux boisés, à l'abri des inondations. >? {Kindt.)