‹ Notices sur les dictionnaires géographiques arabes: et sur le systèmeChapitre 5 sur 5 · meraou · texte numérisé non relu

meraou

Vous remarquerez que dans 6e tableau je n adopte pas la version de M. Letourneux pour les noms des deux premiers nombres. Jusqu'à plus ample informé, en effet, je penserai que M. Letoumeux a confondu les sons de Ym et de Vn. Dans les contrées qu*il a visitées , le dialecte berber en usage s*écarte fort peu de celui des Beni-Mozab , et il n*est pas probable que les noms de nombre soient différents. Dans tous les autres dialectes , c*est toujours Vn et jaigais Ym qui entre dans la composition de ces noms. Le mot agvdm, pluriel iguiman, veut dire mille chez les Touareg. Si javais reçu Tépreuve de votre notice avant mon départ pour Alger, j'aurais pu, pendant mon séjour dans cette ville» m'assurer, d'une manière positive, de la véritable version. Ici la chose ne m'est ipas possible; c'est, du reste, un détail peu important.

Ce qui est important, c'est de savoir que vraisemblablement, à l'origine, les Berbers n'avaient pas de noms particuliers pour les nombres six, sept, huit et neuf; ce qui explique, comme vous l'avez très-bien démontré, pourquoi ils ont adopté avec empressement les noms plus commodes de la numération arabe.

L'hypothèse que vous émettez au sujet de l'altération de l'arabe khams « cinq » en semmes ou semmous me paraît assez plausible. Une raison que vous pourriez donner à l'appui , et qui me semble avoir une certaine valeur, c'est que le mot fous ou afous désigne en berber la main ou les cinq doigts , qui s'offrent naturellement pour représenter aux yeux le nombre cinq. Il est donc très-probable que c'est celui qui a

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