Le traitement radio-actif des états dyspnéiques
Les essais de traitement des états dysnéiques par les corps radio-actifs ne paraissent pas avoir été très nombreux. Toutefois nos observations cliniques personnelles nous poussent à souscrire à la conclusion de Grémieu et Chevallier que, dans les affections
(i) Index n* 135. Avec M. Giraüd.
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broncho-pulmonaires, la dyspnée constitue un symptôme assez constamment amélioré par l’émanothérapie.
Il est difficile de préciser si les eaux minérales qui améliorent les états dysnéiques le font par l’intermédiaire de leur radioactivité. Toutefois, dans l’asthme, les eaux les plus remarquablement efficaces sont les eaux radio-actives (Piéry et Milhaud).
La radio-activité est susceptible d’agir sur les états dyspnéiques par plusieurs mécanismes et de modifier ainsi divers facteurs possibles des dyspnées, d’ordre fonctionnel ou étiologique : elle possède une action sur le système nerveux, elle est sédative, équilibre les réactions vago-sympathiques et, par là, calme les spasmes bronchiques ; elle agit directement sur la circulation pulmonaire et le muscle bronchique, ainsi qu’il résulte en particulier des expériences de Maurice Villaret, Justin Besançon et -Vexenat ; elle possède une action antiscîéreuse et une action métabolique ; qu’il s’agisse de l’acide urique, de l’équilibre lipoïdique, de la sensibilisation ou des glandes endocrines. On peut, enfin, envisager un pouvoir antinéoplasique.
Les indications découlent de cet exposé. Elles sont représentées par Phsthme et les affections des voies respiratoires supérieures et des bronches à forme spasmodique ; la sclérose bronchopulmonaire, l’emphysème, les séquelles de pleurésie et les syndromes médiastinaux ; nous avons obtenu ime légère sédation de la dyspnée dans un cas de cancer du médiastin ; à titre accessoire, on a essayé les émanations radio-actives dans la pneumonie ; l’hémoptysie est une contre-indication.
On peut utiliser, en vue du traitement, soit les corps radioactifs, soit les eaux minérales.
Parmi les premiers, nous donnons la préférence à l’émanation de radium, à cause de ses effets sédatifs plus marqués ; on l’administre, soit par inhalation, soit, plutôt, en ingestion.
Aux sources hydrominérales radio-actives, l’inhalation constitue la méthode thérapeutique de choix, qu’il s’agisse d’inhalations collectives ou de humages, de brouillards, de vapeurs ou de gaz.
3. Les syndromes douloureux d’origine digestive et leur traitement hydrominéral (1).
Certaines manifestations douloureuses de l’abdomen sont indiscutablement liées à des lésions organiques des plexus ou des nerfs abdominaux, ou à des lésions, ou à des spasmes vasculaires. Le traitement thermal, lorsqu’il sera indiqué, en sera essentiellement étiologique et pathogénique (La Malou, Aix, Royat, suivant les cas).
Les syndromes douloureux liés à une maladie avérée du tube digestif ne relèvent pas du traitement hydrominéral : cancers, sténoses, etc. La question des ulcères mérite cependant d’être débattue, cela dans le cas d’ulcères non compliqués, à évolution bénigne, sans image radiologique importante, ou d’ulcère cicatrisé. 11 faut rapprocher de ces deraières variétés les gastrites et dyspepsies à signes fonctionnels importants (gastro-pylorites en particulier). *
Vient ensuite le groupe diffus et vaste où se rencontrent les états douloureux liés aux gastropathies et aux colites atténuées, aux dyspepsies dites primitives, aux ptoses et aux périviscérites, aux phénomènes réflexes à expression viscéralgiques gastrointestinale , et enfin, au simple déséquilibre d’un système nerveux irritable.
Les indications sont tirées de l’existence, chez ces malades, de trois facteurs étiologiques, isolés ou associés : l’épine irritative, locale ou éloignée ; le terrain nerveux et psychique ; les autres conditions de terrain.
Les effets du traitement hydrominéral sont liés d’abord à divers facteurs adjuvants fort importants : facteur repos, primordial chez les surmenés ; facteur régime ; thérapeutiques diverses : hydrothérapie et physiothérapie. Ils sont liés ensuite à la cure hydrominérale proprement dite. Celle-ci utilise : les eaux alcalines, bicarbonatées sodiques ou calciques ; les eaux neuro-sédatives type Plombières ; les cures diverses susceptibles d’agir sur les divers éléments du déséquilibre nerveux qui peuvent conditionner un syndrome douloureux abdominal.
(1) Index n- UO.
Voici mainteuant les applications cliniques :
Dans les syndromes secondaires à une affection de voisinage, le traitement thermal doit s’adresser à la cause primitive : lithiase, colite, troubles entéro-ovariens, etc.
Lorsque le déséquilibre vago-sympathique domine la scène clinique, l’hygiène psychothérapique est indispensable ; les déprimés iront à Divonne, et les excités, les spasmodiques à Néris, Plombières, Luxeuil, Bagnères-de-Bigorre, Ussat.
En cas de réaction douloureuse essentiellement gastrique avec troubles fonctionnels, les cures alcalines sont les plus indiquées. Aux hypersthéniques conviennent les cures alcalines chaudes type Vichy; aux hyposthéniques les eaux alcalines froides faiblement minéralisées type Fougues et certaines sources de Vais. Le facteur étiologique n’a qu’une importance secondaire. Le terrain est à considérer ; aux eaux alcalines, on traite en môme temps que l’estomac le foie et la nutrition. Ici peuvent, du reste, intervenir les cures associées, qui renforcent mutuellement leur, action.
Dans les syndromes douloureux abdominaux d’origine intestinale, c’est l’existence de constipation ou de diarrhée concomitantes qui fait surtout indication. D’une façon générale, les atoniques peu douloureux iront à Châtel-Guyon, et les grands spasmodiques, les diarrhéiques, à Plombières. Dans certains cas aussi, on utilisera les stations neuro-sédatives. On emploie les eaux en bains, boissons et lavements, ou sous forme de douche sous-marine. Les lavages intestinaux sont en général contreindiqués. La diathermie, la radiothérapie sont des adjuvants utiles en cas d’adhérences.
4. — Les remeignements donnés par l’étude du pH urinaire au cours des cures hydro-minérales. (1)
L’étude du pH urinaire est rendu facile par la chromoscopie, procédé pratiquement très suffisant, et donne des précisions intéressantes, à la condition d’être convenablement interprétées.
(1) Index n» 155.
sur les états d’acidose, d’alcalose, la nature des sels en suspension dans l’urine, la variété acide ou alcaline des pyurios et le fonctionnement rénal.
En pratique hydro-minérale, le contrôle et la direction des cures trouvent d’utiles indications dans la connaissance de l’acidité urinaire du sujet traité, en particulier chez les lithiasiques chez qui il faut éviter aussi bien l’hyperalcalinisation que l’hyperacidification urinaires ; les mêmes principes peuvent guider dans la cure des pyuries. Enfin l’examen des urines permet de suivre l’action des eaux minérales sur le métabolisme qu’elles sont susceptibles de modifier.
A Vichy, Desgrez et Bierry ont vu que l’eau pouvait être administrée sans aucune modification de l’acidité ionique jusqu’à une certaine dose qui, d’emblée, déclanche une variation du pH urinaire. Cette dose est variable suivant les sujets, c’est la dose seuil ; les réactions sont donc strictement individuelles. Si l’on suit les malades au cours de cure on s’aperçoit que si certains supportent l’eau de Vichy comme une simple solution alcaline d’autres répondent par une acidification paradoxale de leurs urines. Ces faits sont confirmés par l’étude de la réserve alcaline du plasma (Glénard, Mathieu deFossey et Manceau) dont les variations sont peu marquées lorsqu’elle était normale avant la cure, et qui, à l’état pathologique, tend à se régulariser dans le sens de 1 alcalinité (acidosiques), ou de l’acidité (alcalosiques). Gela explique comment Vichy peut donner des résultats intéressants dans les états dits d’alcalose, et Goiffon a pu écrire que Vichy constituait le traitement de fond de la diathèse alcaline.
Lévy-Darras a étudié les eaux de diurèse type Evian dans leurs rapports avec le pH urinaire. Les variations de celui-ci au cours de l’épreuve de la diurèse provoquée donnent d’utiles renseignements sur l’état rénal du sujet examiné.
Aux autres stations, il semble, en l’absence de documentation bien précise, qu’on puisse rapprocher l’action des eaux sur l’équilibre acido-basique, soit de celle de Vichy lorsqu’elles contiennent du GO^ fixé aux bases, soit de l’eau d’Evian lorsqu’elles sont diurétiques.
Il resterait à expliquer comment les eaux minérales interviennent pour produire les modifications constatées. Il ne faut pas oublier que l’ingestion d’eau et la polyurie qu’elle entraine intervient par elle-même, déviant le pH urinaire vers l’acidité ; la concentration de l’urine en unions est aussi à considérer. L’acidité ionique de l’eau minérale elle même est moins importante que les réactions individuelles physiologiques et pathologiques. Ce sont ces dernières quU en définitive, donnent la note dominante.
Du reste, pour préciser le mode d’action des eaux minérales sur le pH urinaire et le déterminisme précis de celui ci, il faudrait faire intervenir bien d’autres considérations. Pratiquement la recherche de l’acidité ionique des urines constitue un moyen de contrôle et souvent un guide susceptible de préciser un diagnostic, de diriger ou de redresser une thérapeutique. Il ne faut pas lui demander plus qu’elle ne peut donner.