Eliminations rénales et cures hydrominérales
Parmi les conditions qui régissent les effets des cures thermales sur les éliminations rénales, les unes tiennent aux propriétés des eaux thermales et aux modalités de cures utilisées, les autres dépendent de l’organisme soumis à la cure.
L’exagération de la diurèse sous l’influence des diverses cures hydrominérales est un fait à peu près constant ; parmi les pratiques externes, le bain carbo-gazeux et l’affusion lombaire hyperthermale de St-Nectaire ont des effets diurétiques ; mais ce sont surtout certaines techniques de cures appropriées, dites de diurèse, et certaines eaux dites diurétiques qui possèdent sur l’élimination rénale les effets les plus nets. Les eaux diurétiques sont sulfatées calciques, ou hypominéralisées. Leur mécanisme d’action est peut-être directement rénal, il est sûrement aussi extra rénal.
Du côté de l’organisme, la diurèse consécutive à l'ingestion d’eau ne se produit qu’autant qu’il n’existe pas de troubles de l’élimination hydrique, tels que peuvent les mettre en évidence les épreuves de polyurie provoquée. Quant à l’élimination concomitante des substances excrémentielles, les constatations les concernant doivent être différemment interprétées suivant les cas.
En définitive, en pratique hydrominérale, l’étude de la diurèse peut fournir un symptôme, constituer une épreuve qui renseigne sur l’état des éliminations rénales avant la cure de diurèse,
(1) Index n° li7.
donner des indications sur l’action biologique des eaux minérales sur l’organisme. On demande enfin aux cures liydrominérales de provoquer des éliminations urinaires abondantes.
Les indications sont un peu différentes suivant les cas.
Chez les urinaires — pyélonéphritiques, graveleux sans gros calcul--on cherche avant tout un lavage mécanique du rein et de ses voies d’excrétion, une forte chasse urinaire.
Chez les diathésiques, goutteux, hépatiques, de même que chez les surmenés, les pléthoriques, on vise plutôt la désintoxication par lixivation cellulaire et stimulation des émonctoires : ce qui est obtenu aux sulfatées calciques qui sont diurétiques, mobilisent l’acide urique, agissent aussi sur l’intestin, les voies biliaires, le foie, la nutrition. Chez les uricémiques, hypercholestérinémiques, les eaux alcalines modifient indirectement les éliminations urinaires en agissant sur le terrain.
C’est encore aux eaux alcalines qu’on aura recours pour vaincre l’oligurie de certains hépatiques, souvent comme préparation à la cure de diurèse proprement dite.
Dans les affections cardio-vasculaires ou rénales, l’importance d’une bonne évacuation urinaire est considérable. Ici il faut considérer l’état du fonctionnement rénal, l’état d’irritabilité du rein, ainsi que l’élément car'dio-vasculaire. Il est des contreindications précises à tout essai de cure diurétique. D’autre fois, celle-ci, entreprise avec prudence, améliore la situation. Les eaux hypotoniques ont ici des indications plus étendues que les sulfatées calciques. Les bains carbo-gazeux, les bains sédatifs donnent aussi, ■ suivant les cas, de bons résultats, en agissant sur l’élément vasculaire.