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DE LA DYSENTERIE AMIBIENNE (FORME RÉCIDIVANTE CHRONIQUE

Alors que les accidents chirurgicaux de la dysenterie amibienne aiguë sont bien connus, ceux de la forme chronique consistent en général en un syndrome pseudo-appendiculaire chronique précédant le plus souvent une nouvelle poussée. Aussi le cas que nous avons observé ne rentre-t-il pas dans le cadre des lésions habituellement décrites.

Il s’agissait d’un homme de 30 ans pour lequel on dut intervenir d’urgence, en raison de symptômes d appendicite aiguë avec reaction péritonéale intense. ...

A l’opération, on trouva du pus sous tension, un appendice libre et une plaque de gangrène sur le cæcum. Toute 1 extrémité de l’ampoule caecale était comme cartonnée : appendicectomie, suture de la perforation, drainage, amélioration progressive. Mais un mois après l’intervention, élévation de la température à 40 , sans symptôme abdominal. La température persistant irreguliere avec de grandes oscillations, et par suite de 1 apparition de signes de rectite, on pensa à un abcès résiduel qu on chercha et qu on ne trouva pas. A trois ou quatre reprises, le malade fut pris de crises

douloureuses abdominales extrêmement vives avec vomissements bilieux faisant songer à une perforation intestinale.

Au cours d’une crise, évacuation de matières purulentes et sanglantes; on songea alors à la dysenterie que l’on retrouva dans les antécédents. Un traitement à l’émétine fut institué et amena la guérison.

Cette observation est digne de remarque, car elle montre que l’on peut observer à très longue échéance des complications gangréneuses du côté du gros intestin. La localisation élective au niveau du cæcum imprime le masque clinique de l’appendicite aiguë, tandis que la localisation possible au niveau du côlon ascendant ou du transverse peut réaliser le syndrome clinique des cholécystites aiguës ou des perforations d’ulcère du duodénum ou de l’estomac. D’autre part, les symptômes de rectite, dus au réveil dysentérique, peuvent en imposer pour un abcès appendiculaire au voisinage du rectum.

Au cours de l’intervention, l’aspect lavé de la surface péritonéale, la couleur laiteuse du pus, les lésions cæcales peuvent attirer 1 attention et doivent faire penser à la dysenterie.

On doit donc avoir l’attention en éveil sur les séquelles de la dysenterie et pratiquer un examen des selles chez les malades présentant des commémoratifs dysentériques et paraissant atteints d’appendicite.

Le traitement par l’émétine sera le complément indispensable du traitement chirurgical. Il nous paraît favorable, dans un cas analogue à celui que nous avons observé, de fixer le cæcum à la paroi, pour permettre l’établissement d’un anus contre nature en cas d incident, l’orifice ainsi créé pouvant, au même titre que la cæcostomie ou l’appendicostomie, permettre la mise au repos du colon et les lavages médicamenteux.

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