‹ Notion du péché véniel [microforme]Chapitre 14 sur 14 · SE D · texte numérisé non relu

SE D

a-t-il pas là un danger de troubler les consciences et de retarder les progrès des âmes ferventes? Ne vaut-il pas mieux omettre ces considérations de peur de décourager les âmes et de leur ouvrir la voie qui conduit au découragement ?

Nous croyons sincèrement que c’est tout le contraire qui devra en résulter.

Il n’y a, en effet, qu’une doctrine sûre qui puisse être un guide avantageux pour les âmes, et comme il semble bien établi que tout ce que nous avons dit est en parfaite conformité avec la doctrine de saint Thomas, interprétée par des savants tels que le P,. Pègues, le P. Tesnière et le P. Billuart, il faut en conclure que les âmes retireront les plus grands profits en se nourrissant de cette doctrine.

Le péché véniel, existant dans les moindres déviations de la raison droite, nous rappelle, d’un côté, la sainteté et la perfection de Dieu, et de l’autre, la faiblesse de l’homme et la nécessité de nous surveiller sans cesse. S'il nous est facile de commettre le péché véniel, à cause de la blessure reçue par le péché originel, une âme trouve amplement à se consoler en voyant la grande bonté de Dieu, qui a mis à sa disposition des moyens si nombreux et si faciles pour effacer à chaque instant les fautes de chaque instant. C’est alors que la parole de saint Paul : ubi abundavit delicium, superabundavit gratia dev'ent un stimulant efficace. Elle est alors inclinée à apporter dans l’accomplissement de chaque action une attention plus soutenue, une intention plus surnaturelle et plus droite ; elle s’encourage dans ce travail de sa perfection en pensant, à chaque instant, au mérite qui accompagne chacun de ses actes et à la récompense qui les couronnera, un jour. Ayant toujours marché dans cette pleine lumière, il n’y aura, pour elle, aucune déception, aucune désillusion, quand appa-

raîtront à ses veux les splendeurs de l’éternelle cité.

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