‹ Notion du péché véniel [microforme]Chapitre 8 sur 14 · COMMENT DISTINGUER LE PÉCHÉ MORTEL DU PÉCHÉ VÉNIEL · texte numérisé non relu

COMMENT DISTINGUER LE PÉCHÉ MORTEL DU PÉCHÉ VÉNIEL

D'abord disons qu’il serait téméraire de vouloir déterminer pour chaque péché le caractère absolu de gravité en disant, ceci est péché mortel, ceci est péché véniel, car c’est là une entreprise qui dépasse les forces de l’esprit humain. Saint Augustin l’avoue lui-même et conclut qu'il faut laisser ce jugement à Dieu seul. Il y a cependant un certain nombre de péchés au sujet desquels nous pouvons nous prononcer avec certitude ; mais pour le grand nombre nous ne pouvons avoir que des probabilités. Il y a trois règles qui servent à distinguer le péché mortel du péché véniel.

a) La Sainte Ecriture. Sont considérés comme mortels les péchés qui, au témoignage de l’Ecriture Sainte, excluent du royaume de Dieu, sont abominables, détestables et dignes de mort, ou bien contre lesquels Dieu a porté une malédiction grave, e. g. : que celui qui aura maudit son Dieu, portera son péché... que celui qui aura blasphémé le nom du Seigneur soit puni de mort... celui qui aura frappé et tué un homme, soit puni de mort (Levit, XXIV, 15). Il y a six choses que le Seigneur hait et son âme déteste la septième : les yeux altiers, la langue amie du mensonge, les mains qui répandent le sang innocent, le cœur qui forme de noirs desseins, les pieds légers pour courir au mal, le témoin ruinpeur qui assure des mensonges, et celui qui sème des dissensions entre les frères (Prov. VI, 16). (Is. V, 8, 11, 18, 20, 21, 22, 23). (Rom. 1 ; 1 Cor. VI ; Galat. V ; Eph. VI).

b) La Tradition. Est mortel un péché considéré comme tel par « commun des Pères, des évêques, des docteurs ; d’autres péchés considérés comme véniels par la Tradition le sont de fait, car le Saint Esprit assiste son Eglise pour qu’elle n’enseigne pas l'erreur. D’après cette règle sont fautes mortelles : la violation du jeûne ecclésiastique, l’omission de la messe 11 jour de précepte.

c) La raison. C’est en fonction de la fin dernière surnaturelle de l’homme que se détermine la gravité d’un péché. Cer-

hommes, v. g. vol, homicide : ils sont péchés mortels. D’autres actes n’impliquent Par rapport à ce

triple aspect de l’ordre, qu'un désordre accidentel : ils sont péchés véniels. Tel est l'acte de l’homme qui dit un mensonge, non point dans les choses de la foi, ni pour nuire au prochain, mais pour le récréer ou même pour l’aider ; tel encore l’acte de celui qui excède un peu dans le manger ou le boire. Pour savoir

les hommes le fait de vivre en société en admettant qu’il se renouvellerait indifféremment et au gré d’un chacun. De là naissent les divergences d'opinions parmi les théologiens.

De plus, dans le mouvement vital de l'opération intelligente et volontaire, en quoi pratiquement consiste le péché mortel ? Que faut-il de malice dans l'acte révolté contre la loi, pour atteindre et dépasser la limite qui sépare le péché mortel du véniel ?

Dans le fond tout subjectif des intentions cachées d’une cons-

cience, en tenant compte des causes multiples qui influent sur la délibération et partant sur le volontaire, Pour entraver l'une et diminuer l’autre, quel péché, au regard de Dieu, est mortel, quel autre est véniel seulement ? Mystères profonds et très fréquents qui nous obligent de répéter que, en fait d'appréciation de cul-

et er

pabilité, nous ne savons le tout derien. (L'.{mi du Clergé, 1902, p. 804).

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