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DES COMPOSTS ET DE CERTAINS AUTRES ENGRAIS

Les fumiers d’étable étant généralement insuffisants, on est obligé d'y suppléer par des engrais chimiques, appelés commerciaux ou artificiels, qui coutent généralement fort cher et qui partant ne sont pas à la portée de toutes les bourses, car on paie ces engrais entre $30 à $50 la tonne de 2,000 livres. On peut . en quelque sorte s'en pourvoir à peu de frais en en fabriquant chacun chez soi en quantité vraiment surprenante et d’une bonne qualité si on veut s’en donner la peine. Voici l’un de ces moyens : prenez. une tonue défoncée par un bout ; mettez la debout sous un hangar ou l’auvent de votre étable ; jetez-y d’abord trois ou quatre pouces de cendre vive de bois, placez-y ensuite séparément, sans qu’ils se touchent, des os, des cornes, des écailles d’huitres, puis encore une couche de cendre, encore une couche d'os, etc., autant que vous pourrez en trouver; jetez par dessus des eaux de vaisselle, des savonnures ; un peu de chaux ne nuirait pas; laissez faire, et au bout de quelques mois, après que votre tonneau sera rempli, vous aurez un engrais

de première classe pour vos choux, vos navets, votre blé, etc., et qui sera bien facile à employer. Que l’on ue voie donc plus autour des cuisines des os épars ça et là, de petits tas de cendre, des plâtras, de la suie, etc., qui seraient bien utiles si o1 prenait la peine de les employer !

Vous n’avez pas de tonneau. Eh bien ! faites alors à une certaine distance de votre maison un carré a rec de vieux madriers ou de vieilles planches, où vous jeterez vos cendres, les suies, les balayures, les eaux sales, même les os, un peu de chaux vive, enfin une foule de choses qui, pourries ensemble, vous paieront au centuple du léger surcroit d'ouvrage et des quelques pas de plus que vous aura coûtés cet amas de débris. S'il sent mauvais, jetez de la terre ou de la cendre de charbon de terre pardessus. Au bout d’un an ou deux vous serez étonné de la quantité et de la qualité de l’engrais que vous aurez ainsi confectionné à bon marché,

On fait encore d’excellents engrais ou composts avec du fumier, des vases ou détritus d’étang, de rivière, de fossés, de tan, de mauvaises herbes, de gazons, de terre de savane, de débris d'animaux etc., etc, qu’on ramasse ensemble et auxquels on mêle un peu de chaux p&: couches alicrnatives. On donne à ces tas la forme plate afin que les pluies y puissent pénétrer partout également. A ces matières ajoutez des cendres, des belsyures, des feuilles, et arrosez le tout de temps en temps avec les eaux sales de la maison, de vieilles saumures et même de l’eau de mer, et au bout de quelques mois vous aurez un magnifique terreau que vous pourrez employer partout sur votre terre. Ces tas de composts forment aussi un excellent récipient pour les matières fécales et les purins.

Quand ces différents composts seront murs, vous pourrez les transporter sur vos prairies à l’antomne ou au printemps; une herse renversée pulvérisera les mottes et les répartiru régulièrement sur le sol. Sur certaines terres ces composts valent autant que le bon fumier d’étable,

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Que nos bonnes canadiennes de la campagns cessent donc d'aller jeter au chemin les cendres qu’elles tirent de temps en temps de leur poële ou dont elles se servent pour leur lessive. Qu'’elles prennent la peine d'aller les jeter sur les tas de compost ainsi que les balayures et les savonnures. Et vous, Jean- Baptiste, pourquoi ne faites-vous pas pourrir ou brûler pour en faire de la cendre, et, dans tous les cas, ne faites-vous pas servir à vos récoltes, ces tas de bourriers et de copeaux que vous allez vous aussi jeter dans le chemin public, sous prétexte d’en remplir les ornières ? Au bout de quelques semaines ces copeaux feront votre chemin pire qu'auparavant et vous y aurez perdu un engrais ou un amendement qui vous aurait été bien profitable, surtout dans vos terres fortes,

Tous les engrais, comme on a pu le voir par ce qui précède, ne ccnviennent pas indistinctement à tous les sols ni à toutes les rlantes ; et c'est par des essais répétés pendant plusieurs années qu’il faut rechercher, au double point de vue de l’économie et de la production, quels engrais l’on devra adopter, Quoiqu'en aient pu dire quelques écrivains, le fumier de ferme parait contenir tous les éléments nécessaires à la végétation de nos plantes cultivées et à la réparation de toutes les pertes du sol, lorsqu'il lui est rendu en quantité suffisante, ‘“ Pour les prairies surtout, où l’important est de former à la surface une couche aussi épaisse que possible de terreau soluble, les stimulant, ne doivent être que prudemment conseillés,” dit Gobin. “ Les composts seuls peuvent en quelques points suppléer les fumiers ; encore fau‘-il qu'ils soient bien môûris, qu’ils renferment des éléments organiques solubilisés par la chaux, et qu'ils soient exempts de mauvaises graines.”

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