‹ Notions d'agriculture [microforme]Chapitre 57 sur 139 · DE L'ÉCONOMIE RURALE ET DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

DE L'ÉCONOMIE RURALE ET DOMESTIQUE

Nous n'avons pas la prétention d’avoir traité toutes les matières qui composent l’art agricole ; nous l'avons dit dans

cours ;

notre avant-propos, notre but n’a été « e d'écrire pour les cultivateurs gauvres et peu instruits, af: de leur lonner quelques bons conseils, leur rappeler et rendre plus vivace ce qu'ils savaient déjà peut-être en partie ; nous ne pouvons cependant terminer cette première moitié de nos conseils sans dire un mot de l’économie rurale qu’on a quelque fois désignée par le nom d'agriculture elle-même ; mais nous ne voulons en parler que comme une entreprise qui doit xapporter des profits. Pour faire des profits il faut en prendre les moyens et on ne doit pas négliger les conditions essentielles, telles que les suivantes :

Etre aussi instruit aue possible dans la science pratique dont nous avons tâché d'' juisser les principales parties et les principes élémentaires.

Avoir de l':rdre et de l’économie ; fuir le luxe et la vanité dans les habits, les voitures et les bàtiments ; grand train absorbe grand grain. On ne doit pas cependant pousser cette économie assez loin pour se refuser les dépenses utiles. C’est une fausse écomomie que de se mal nourrir et ne pas se vêti ou se loger sainement, car le cultivateur a surtout besoin de sa force et üë sa santé, Il ne faut pas non plus reculer quand on a besoin de bons instruments, de bons animaux et de bonnes semences et généralement quand les dépenses que nous ferons devront être productives.

I faut apprendre aussi à savoir acheter et vendre ; à choisir pour cela les bons moments à se mettre au courant des marchés par le moyen des journaux et par des informations prises e ci de là,

Il faut tout surveiller soi-même ; s'assurer que les ordres qu'on donne sont parfaitement exécutés par ses serviteurs où ses enfants. Le maître dait être le premier levé et le dernier couché ; qu’il n'oublie jamais que son œil est le seul qui voit clair et que, comme dit le proverbe, “ le regard de la fermière engraisse le veau.”

Les ouvriers et les serviteurs devront aussi être bien traités ;

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ne vous emportez jamais quand vous leur parlez et croyez que ‘si vous êtes injuste à leur égard ils pourront s’en venger en négligeant vos travaux. Si vous êtes juste et doucement ferme avec les serviteurs, vous en trouverez toujours de bons et de fidèles ; payez les régulièrement.

N’entreprenez rien au-dessus de vos forces ; n’achetez pas trop de terre, pas plus que vous êtes capable d’en bien cultiver.

Ne remettez pas au lendemain ce que vous pouvez faire le jour même, et sachez aujourd’hui ce que vous ferez demain. En hiver, préparez tout comme si le printemps devait être de bonne heure,

Payez comptant ; cela seul ne coûte pas trop cher ; ayez devant vous des avances.

Si vous ue fumez pas votre terre, vous faites comme si vous tiriez sur les fonds que vous avez à la banque; mais sans ; rien rapporter.

a'te on sorte de savoir votre compte de tout, bétail, paille fourrage, grains, argent, crédits, dettes, etc. N'’allez pas dépenser une demi-journée dans les boutiques ou les magasins sous le prétexte de sauver cinq sous ; votre demi-journée vaut plus que cinq sous.

Celui qui ne lit ras les journaux ou les livres d’agriculture finira avant longtemps par abandonner sa terre ; une piastre par année dépensée pour un journal ou de bons livres en rapportera plus de dix. Il n’y a pas d’esclavage plus pesant que celui que l'ignorance et le préjugé imposent, Ne faites aucun usage de boisson forte, excepté par prescription du médecin.

Le fameux Edison conseille aux enfants qui veulent réussir de ne jamais regarder à l'horloge.

Soyez toujours en temps pour toutes choses et préparez en hiver vos plans pour le printemps et l'été suivants.

Faites tous les ans quelque expérience raisonnable.

Mettez une marque visible sur tous vos outils et à vos L NU moutons afin de les faire reconneître facilement par les voisins,

Ne soyez jamais surpris et ne murmurez pas si on vous offre peu pour un produit de peu de valeur.

Si vous n'avez de l’engrais que pour un arpent, ne le mettez pas sur deux, et ne vous effiellez pas à cultiver une grande étendue de terre, mais cultivez mieux.

Dans les jours de pluie où l’on ne peut travailler aux champs, nettoyez et balayez les batteries, les tasseries, les étables, les hangars etc. ; frottez vos instruments agricoles, herses, cultivateurs, voitures, pelles, enfin tout ce à quoi vous penserez, et mettez vos outils à leur place, s'ils n’y sont pas tous ; nettoyez et huilez les harnais ; égermez et assortissez les patates, aiguisez les haches, les grattes, les pelles et les pioches ; nettoyez le poulailler, blanchissez-le à la chaux et frottez les perchoirs avec de l’huile de pétrole pour détruire les insectes.

Dons les temps humides, quand il ne pleut pas, réparez les clôtures, les barrières etc., ramassez les fumiers, grattez les cours, brassez la terre au tour de vos arbres etc., etc.

Soyez réguliers et exacts, surtout dans la nourriture de vos animaux, de vos volailles et dans le paiement de vos dettes. La régularité apporte le contentement partout ; elle fait profiter le bétail, tue les mauvaises herbes qui nuisent aux récoltes, remplit les granges et les greniers des meilleurs produits, éteint les hypothèques, accroit votre dépot de banque, habille la famille et donne du ton, de l’énergie, du caractère et de la respectabilité à tous ceux qui sont exacts.

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