‹ Notions d'agriculture [microforme]Chapitre 8 sur 139 · DES SOLS · texte numérisé non relu

DES SOLS

Nous venons de voir que l'air et l’eau sont composés de deux gaz combinés, Le sol ou la terre est une substance bien plus compliquée et varie beaucoup dans sa nature et sa qualité suivant la situation des lieux. Si l’air est un fluide, l’eau un liquide, la terre est un solide, c'est à dire qu'elle est solide à l'état froid, car tous les solides peuvent être liquéfiés, si on les soumet à un degré de chaleur suffisante. On peut faire couler les métaux comme de l’eau si on les chauffe assez et le sable sec même mêlé à d’autres choses, et chauffé à un haut degré, coule pour faire du verre et devient en se refroidissant encore plus dur qu’il était auparavant.

Les sols qui recouvrent la carcasse rocheuse de la terre ont été formés de diverses mauières. Broyés et moulus par la glace, le froid, la neige, dissous par l’eau, les rochers ont été entrainés par ci par là, jusqu’à ce que presque toute la surface de la terre ait été couverte d’une couche plus douce et plus molle dans laquelle ont pu croitre des arbres et des plantes. La pourriture de ces arbres et de ces plantes ajoutèrent d’autres substances qui n’existaient pas encore dans le sol; de là crut une végétation plus dense et plus variée, à mesure que les nouvelles substances s’y ajoutèrent par la décomposition. C’est ce sol composé de débris de rochers, d'arbres, de végétaux et de minéraux,

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soumis depuis longtemps à l’action de l'air, que par les décrets de la providence, l’homme est appelé à faire fructifier pour la

plus grande gloire de Dieu et le bien de l'humanité condamnée au travail,

Vous ne parviendrez pas à faire un bon jardin, ou n’y parviendrez qu'avec difficulté, si vous avez un mauvais sol, trop froid, trop humide, trop dur, couvert de pierres ou de cailloux. La terre, par conséquent, ne doit être ni trop froide, ni trop

dure, ni trop humide ; il ne faut pas non plus qu'elle soit trop maigre ou brûlante.

Avant de se mettre à l’œuvre, il faut donc étudier la nature et la qualité du terrain qu’on veut exploiter. Généralement, en y mettant la hache, la pioche ou la bèche, le piounier ou le colon qui s'ouvre une terre, s’il a quelque expérience, verra de suite par le: essences de bois qui y poussent, à quelle espèce de sol il a affaue ; le défricheur canadien s’y trompe rarement ; il s'aperçoit de suite si le sol est sablonneux, froid, humide, de terre noire, d'argile ou de calcaire ; il juge à l'instant, par exemple, si la turre est bien pierreuse ou non. Cependant comme il se trouve un certain nombre de gens qui n'ont pu apprendre ces choses et qui, à un moment donné, veulent s’acquérir une terre, il est bon de faire une division des différents terrains cultivables, d'en donner les qualités et les défauts et en certains cas, la composition et la valeur, afin qu’il n’y ait pas de surprises ni de malentendus quand on ouvre ou qu’on achète une terre pour s’y établir ou pour y faire du profit.

Il y a donc 1° les terrains sablonneux ou siliceux. 2° les terrains humides, tourbeux ou marécageux. 3° les terrains calcaires.

4° les terrains argileux ou glaiseux.

Tous les autres terrains sont en quelque sorte des dérivés, des variétés ou des mélanges des espèces ci-dessus. D’aucuns divisent les terrains en deux classes seulement, savoir : les terres sablonneuses ou légères et les terres fortes ou glaiseuses.

Notre division en quatre espèces est préférable, croyons nous, car elle se prête à des explications plus claires et plus saisissantes,

Le chimiste peut découvrir, presque sans s’y tromper, au moyen d'appareils physiques, de drogues, de fioles, de fourneaux, d'alambics etc., etc., ce qu’uné poignée de terre peut renfermer de telle ou teile substance ; si cette terre est riche, productive ou infertile ; mais le cultivateur peut à la rigueur se passer de cela, Certains signes lui feront connaitre facilement la nature du sol de sa terre, s’il se donne la peine d’y regarder. Quelques données générales suffiront,

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