CHAPITRE X
Industrie, agriculture, commerce et progrès matériel du pays.
Le Brésil n'est pas encore un pays manufacturier proprement dit, mais il est appelé à le devenir parce que, outre la garantie constitutionnelle de la liberté de toutes les industries, on trouve dans les productions naturelles du pays les matières premières de toutes celles qui sont exploitées dans le monde civilisé ainsi que tous les agents offerts par la chimie. Pour le moment, la fertilité du sol concentre la plus grande partie des bras dans l'agriculture qui récompense largement le travail et fait fleurir le commerce national.
Malgré tout, dans la dernière exposition universelle de Paris, en 1867, il a été démontré et prouvé qu'il existe déjà dans le pays quelques industries et des fabriques qui commencent à prospérer, telles que: la fabrication des produits chimiques, des instruments d'optique, de mathématiques et de chirurgie — fonderie — chapeaux — chaussures — toiles cirées — carrosserie — sellerie — vernis — chandelles et bougies — savons et huiles — liqueurs — brasserie — vinaigre — fleurs d'étoffe et de plumes — fruits du pays confits et cristallisés — pâtes alimentaires — verrerie — papier gris, de tenture et carton — tabacs en poudre — cigares et cigarettes — encre — cirage — fromages — poisson salé — extractum carnis etc. Beaucoup de ces produits ont remporté dans l'exposition universelle de Paris des médailles et des distinctions qui attestent leur perfection et leur excellence.
Parmi les manufactures de tissus de coton, on remarque celle de Santo-Aleixo et la filature de Santa- Hier csa à Rio de
Janeiro, et d'autres dans les provinces de Bahia, Alagôas et Minas-Geraes.
La carnaûba alimente la fabrication de bougies dont la consommation est considérable.
Sans parler d'autres industries encore peu développées, celle de la corderie dont les premiers essais ont été tentés au siècle dernier n'a pas encore acquis un grand développement, bien qu'elle rencontre dans le pays tant de ressources naturelles qu'elle pourrait s'élever facilement au plus haut degré de prospérité.
Pour la fabrication de bon papier, les végétaux qui fournissent la matière première sont extrêmement nombreux.
Les variétés des insectes qui produisent la soie ne sont pas encore toutes connues; le tissu trop embrouillé de certains cocons, qui ne présentait pas la môme facilité pour le dévidage que le bombyx asiatique, les faisait négliger, mais aujourd'hui que cette difficulté est vaincue par des essais répétés et des expériences faites récemment, l'horizon de la sériculture tend à s'élargir. Le bombyx asiatique lui-même, que le vice-roi marquis de Lavradio avait essayé d'introduire et acclimater à Rio de Janeiro, sans grand résultat, à la fin du siècle dernier, a été dernièrement exploité en grand, dans cette même province, par une compagnie qui n'a pu tenir que quelques années: les fautes et l'incapacité de l'administration ont été aussi grandes que les résultats extraordinaires qu'on en espérait; le bombyx asiatique y a pourtant donné six et même sept pontes par an, tandis qu'en France et en Italie, il n'en produit que trois au plus, et de plus le végétal alimentaire de cet insecte, le mûrier , pousse, végète et prospère partout, même dans les terrains les plus ingrats.
L'industrie séricole Jest donc destinée à devenir une des plus importantes et des plus lucratives du Brésil; pour cela, il suffit que le capital vienne l'encourager et que l'intelligence et le zèle président à l'exploitation; il est probable que, dans ce cas, le bombyx étranger ne sera qu'une éducation de luxe, attendu que le Brésil possède tant d'autres espèces indigènes d'un plus grand rapport.
Avant de passer outre, nous devons mentionuer que le gouvernement brésilien a subventionné quelques importantes compagnies industrielles et leur a accordé, ainsi qu'à d'autres, de considérables encouragements, tels que: affranchissement de droits d'importation pour toutes leurs machines et accessoires, exemption de taxes dans les transports d'une province à l'autre ainsi que des droits d'exportation de leurs produits dans les pays étrangers, dispense du service militaire pour un nombre déterminé d'ouvriers employés aux manufactures de tissus de coton.
Les compagnies subventionnées ont un inspecteur-général nommé par le gouvernement.
Malgré toute cette protection et ces encouragements au développement de l'industrie nationale, le Brésil importe encore aujourd'hui , manufacturés et améliorés par l'industrie étrangère, une grande partie du coton, du caoutchouc et des autres matières premières qu'il exporte!
Mais il est encore fort heureux pour le Brésil qu'en compensation de l'état relativement peu avancé de son industrie manufacturière , il ne redoute aucune concurrence dans le champ de l'agriculture. Les mesures grandioses et certainement trèsgraves qui ont préparé l'extinction de l'élément esclave et qui suscitent de sérieuses craintes pour l'avenir chez quelques-uns, sont les fondements les plus sûrs de la prospérité agricole du pays. Les machines et les instruments agraires qui, dans les roças et les fabriques, multiplient les bras et économisent le temps et le travail, tuent la vieille routine et donnent un nouvel aspect, une nouvelle vie aux fazendas et des avantages considérables aux fazcndeiros et aux cultivateurs. La certitude absolue que l'esclavage arrive à son terme prépare les esprits et inspire des essais et des calculs dans le but d'arriver à une solution graduelle et prudente du difficile problème, et ainsi ne se produiront pas les calamités économiques qui résulteraient, ou de l'aveugle abstention dans le maintien du plus cruel et du plus fatal des abus , ou du recours violent à l'épée d'Alexandre en tranchant d'un seul coup le nœud gordien.
Le Brésil peut s'enorgueillir de la manière par laquelle se
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résont cette question si compliquée et si dangereuse: les pouvoirs publics compétents légifèrent pour avancer l'œuvre glorieuse de l'abolition de l'esclavage sans aucune précipitation et sans ébranler les intérêts de l'agriculture; mais la population qui a embrassé cette idée humanitaire, avance beaucoup plus et, au moyen d'affranchissements nombreux et multipliés, elle sanctionne par son concours manifeste et splendide, le principe généreux et chrétien de l'abolition de l'élément esclave. Le triomphe d'une si belle cause n'est pas, au Brésil, le résultat de la domination d'un parti ni de l'action énergique et violente dn gouvernement, c'est l'expression de la volonté nationale, la victoire des principes qui, du programme du parti libéral, se sont répandus dans l'opinion publique.
L'émigration européenne commence à diriger ses vues vers l'empire américain dont les richesses naturelles surpassent tout ce qu'on peut rencontrer dans les pays les plus renommés; mais elle est encore loin de connaître la fertilité merveilleuse de ce sol dont la fécondité excède tout ce que peut imaginer le laboureur des pays les plus fertiles de l'Europe, tels que la France, l'Espagne ou l'Italie. L'émigration européenne affluera donc naturellement vers le Brésil et lui amènera des agriculteurs bien plus nombreux et meilleurs, beaucoup plus intelligents et travailleurs que les esclaves rudes, indifférents, matériels et souvent ennemis, qui ne travaillent que forcément et ne peuvent s'intéresser à une récolte dont ils ne profitent pas.
L'immigration européenne au Brésil est infaillible: les lois naturelles l'y obligent. Dans une contrée où, avec le travail et l'économie, l'aisance est certaine, la richesse facile et l'opulence probable, l'émigrant affluera certainement, car l'homme, en quittant sa patrie, recherche toujours le pays qui lui offre les plus grands avantages. L'émigration européenne est donc immanquable; elle donnera au Brésil agricole l'énergie intelligente de l'homme libre en échange de l'inertie et du travail grossier de l'esclave.
Dans toutes les provinces de l'empire, outre le manque de concurrence qui rend la vente de tous les produits naturels avantageuse et très-facile, le sol convient plus ou moins à la
culture des végétaux de presque toutes les parties du monde; sur des terrains de choix, et qui n'en sont pas moins d'une étendue immense , l'agriculteur obtient des résultats magnifiques et même extraordinaires. Sur les rives et les terres voisines de beaucoup de cours d'eau de diverses provinces, la canne à sucre, une fois plantée, se reproduit d'elle-même et donne vingt, trente récoltes successives et même davantage. En traitant de ces localités d'une fertilité merveilleuse, M. le conseiller Christiano Ottoni a écrit cette phrase éloquente dans sa simplicité et sa véracité: «Le petit-fils voit et récolte la canne à sucre plantée par l'aïeul.»
En considérant l'agriculture brésilienne dans son état actuel, on voit que les produits qui prédominent dans la statistique de la production et du commerce sont: le café, le sucre, l'eau-de-vie de canne ou tafia, le coton et le tabac qui se récoltent en d'immenses territoires de presque toutes les provinces ; le thé, transplanté de l'Asie , le cacao , la vanille et beaucoup d'autres plantes d'une certaine importance commerciale produisent également bien sur le sol brésilien. Dans quelques provinces, principalement celles du sud, le blé et l'orge récompensent le laboureur par d'avantageuses récoltes; toutes les terres produisent abondamment les céréales et le manioc dont on extrait la précieuse farine du même nom.
En dehors de la grande culture, nous devons remarquer que dans les provinces méridionales, on cultive parfaitement, ainsi que dans d'autres zones privilégiées, les céréales et les légumes d'Europe, la pomme de terre, de même que les arbres et les arbustes fruitiers de cette partie du monde. Les figuiers abondent et donnent des produits extraordinaires. La vigne, dans toutes ses variétés, végète et se développe tellement que, par simple amusement dans quelques provinces, et aussi comme expérience industrielle, à Sâo-Paulo et à Rio-Grande do Sul, on a commencé à faire du vin.
Pour donner une légère idée des végétaux indigènes et exotiques qui sont cultivés dans les vergers brésiliens pour les fruits savoureux qu'ils produisent en abondance, nous présenterons l'indication suivante des principaux, due à l'habile et
très-compétent M. Glaziou, directeur du Jardin Public de Rio de Janeiro. Nous ferons également observer que les nombreuses variétés de quelques-unes de ces plantes ne s'y trouvent pas indiquées, par exemple: les orangers, les ananas, les bananiers, le maracujazeiros et d'autres:
Noms des principales plantes fructifères cultivées à Rio de
Janeiro.
Noms botaniques
Adansonia digitata Anacardium occidentale
Anona muricata Anona squamosa Ananassa sativa Artocarpus incisa
» integrifolia Averrhoa Bilimbi
» Carambola Barringtonia macro-
carpa Carica communia
» dodecaphylla Cicca disticha Citrus vulgaris
» limetta Cocos nucifera
» 8chizophylla Cookia punctata Cydonia communis Cbry8obolanus Icaco Dillenia speciosa Dio3pyros exsculpta
» Sapota
» Kaki Durio zibethinus Eriobotrya japonica Eugenia edulis
» tomentosa
» brasiliensis
» Michelii
Noms vulgaire*
Baobab Cajueiro
Fructa do Conde
Atte
Ananas
Fruit-de-pain
Jaquier
Bilimbi
Carambolier.
Barringtonie
Mamoeiro
Jaracatie
Vinaigrier
Oranger
Limeira
Coco de Bahia
Butià
Vampi
Cognassier
Icaquier
Dillénie
Pêcher de l'Inde Sapotille noire Kaki
Durion (encore rare)
Prunier du Japon
Cambucâ
Cabelluda
Grumixameira
Pitangueira
Patrie
Afrique.
Brésil.
Amériqueméridionale.
Brésil.
Iles Moluques.
Indes orientales.
Indes orientales.
Iles Moluques.
Amérique méridionale.
Brésil.
Indes orièntales.
Asie.
Amérique méridionale.
Brésil.
Chine.
Europe méridionale.
Amérique méridionale.
Java.
Indes orientales.
Inde.
Japon.
Brésil.
Noms botaniques Noms vulgaires
Euphosia Litschu Lixia
» Longana Longana
Flacourtia Ramontchi Prunier de Mada-
Ficu3 carica Fragaria sylvestris Genipa americana Garcinia Mangostana
Jambosa vulgaris » malaccensis Labatia macrocarpa Lueuma Caimito Malus communis Mammea americana Mangifera indica Mimusops balota Moquilea tomentoaa Morus nigra Musa paradisiaca j> sapientum » Cavendishii » discolor Myrtus cauliflora Olea sativa Passiflora edulis » macrocarpa » quadrangularis Persica vulgaris Perua gratissima Phoenix dactylifera Platonia insignis Psidium pyriferum Punica granatum Pirus communis Sapota achras Spondias lutea » tuberosa Tamarindus indica Terminalia catappa Vitis vinifera
gascar Figuier Fraisier Génipayei
Mangoustan (encore
rare) Jambosier blanc
» violet Abrico Abiu Pommier
Abricô das Antilhas
Abricô Oiti Mûrier Bananier.
» nain » violet.
Jaboticabeira
Olivier
Maracujâ
Pêcher
Avocatier
Dattier
Bacury
Goyavier
Grenadier
Poirier
Sapotillier
Cajazeiro
» manga Tamarinier Parasol Vigne
Patrie
Chine.
Madagascar.
Europe méridionale.
Europe.
Brésil.
Asie.
Indes orientales.
Brésil, Amazone.
Europe.
Antilles.
Indes orientales.
Amérique méridionale.
Brésil.
Chine et Japon.
Indes orientales.
Brésil.
Europe méridionale.
Brésil.
Perse.
Amérique tropicale.
Afrique.
Brésil.
Brésil.
Europe méridionale.
Europe.
Amérique méridionale.
Otahiti.
Indes orientales.
L'étendue et le développement du commerce du Brésil peuvent être appréciés par l'étude des informations officielles suivantes qui se trouvent plus détaillées dans le rapport présenté au Corps législatif en 1872, par le ministre des finances.
Les revenus des douanes de l'empire pendant l'exercice dernier (1870—1871) ont produit la somme de 69,946:6980884 réis (194,297000 francs), à savoir:
Importation 52,987:0630978
Droits d'ancrage .... 450:2650050
Exportation 14,482:9630747
Intérieur 1,375:8000329
Extraordinaire 139:3210412
Dépôts 511:284^368
La valeur de l'importation étrangère directe consommée dans le pays a été, dans la même année 1870 — 1871 de 170,200:8220000 réis (472,780,000 francs), et celle des produits nationaux exportés à l'étranger de 168,018:7570000 reis (466,718:770 francs).
Dans cette même année, le total des navires qui ont fait la navigation au long cours dans les différents ports de l'empire a atteint le chiffre de 3447 entrées avec 1,493,405 tonneaux et 62,204 hommes d'équipage; et 3060 sorties avec 1,468,507 tonneaux et 51,455 hommes d'équipage. Des embarcations employées au grand cabotage, il en est entré 4880 avec 1,099,133 tonneaux et 72,443 hommes d'équipage, et il en est sorti 4564 avec 1,088,420 tonneaux et 66,983 hommes d'équipage.
Les principaux articles de production et manufacture nationales exportés à l'étranger pendant l'année financière de 1870—1871 ont été les suivants:
Café . . .
Coton . .
Crin et laine Cuirs salés
229,590,341 kilos.
secs
Cacao
Caoutchouc . . .
Châtaignes du pays .
Diamants
Eau-de-vie de canne ou tafia Farine de manioc . . .
Mate
Or en poudre et lingots .
Sucre . . . '. . . .
Tabac
135,315,318 kilos.
31,163 grammes.
8,507,163 litres.
6,919,512 „ 7,633,701 kilos.
316,155 grammes.
En terminant le résumé de ces informations officielles, il nous semble utile et convenable d'ajouter que l'exercice financier commence au Brésil le 1er juillet et termine le 30 juin de l'année suivante, et que c'est ainsi qu'il faut comprendre l'année officielle ci-dessus 1870—1871.
Les traits rapides avec lesquels nous venons de présenter le tableau commercial du Brésil rendent ce travail assez incomplet, car nous n'indiquons ni les articles d'importation les moins considérables ni les rapports mercantiles des diverses provinces entre elles; ces rapports sont pourtant déjà importants, surtout si nous considérons que le commerce essentiellement brésilien ne date que de soixante-quatre ans, depuis 1808, époque de l'extinction du privilège et du monopole coloniaux.
Le droit commercial au Brésil se trouve déjà statué par le code respectif et spécial et les lois qui le complètent ou le développent, en fixant ses principes qui sont ceux des nations les plus avancées en civilisation. Dans le chapitre respectif, nous avons déjà mentionné les tribunaux et les juges de commerce.
Les banques, les caisses d'épargne, les compagnies d'assurances et autres qui ont pour but le crédit et l'économie, sont incontestablement, sous tous les points de vue, d'une utilité, qu'on ne peut exagérer; nous les indiquons dans l'étude particulière sur chacune des provinces; qu'il nous suffise de dire ici que l'esprit d'association pour les entreprises de cet ordre, prend tous les jours un plus grand développement, ce qui ne peut s'expliquer que par la confiance qu'inspire, et pour le présent et pour l'avenir, l'état prospère du pays.
Les voies de communication, ces artères vivifiantes de l'industrie, de l'agriculture et du commerce, augmentent de jour
en jour, mais elles sont encore insuffisantes pour un si vaste empire; la nature lui en a donné d'innombrables et de majestueuses dans le cours de ses fleuves et rivières navigables, mais quelques-uns ne sont même pas encore explorés; de coûteuses œuvres d'art et des lignes ferrées intermédiaires pour compléter une vaste navigation interrompue par de dangereuses cascades restent encore à faire ; les routes se multiplient dans toutes les provinces, mais il est clair que leur nombre ne peut encore satisfaire aux justes exigences d'une population disséminée en de vastes territoires ; les routes normales sont en petit nombre, mais il est compréhensible que le contraire ne peut avoir lieu attendu qu'elles dépendent de l'emploi de capitaux élevés dans un pays qui réclame d'abord des routes nombreuses, bien qu'imparfaites, vers les centres lointains de population et de production agricole. Ceux qui blâment le système défectueux des routes provinciales du Brésil, jugent d'une manière absolue sans tenir compte des circonstances spéciales de cet empire dont le territoire est immense.
Mais l'ardeur fébrile et patriotique avec laquelle s'établissent les nombreuses lignes de chemins de fer doit désarmer la censure la plus exigeante.
Quelques moments encore avant d'arriver aux voies ferrées, il est convenable de rappeler que la communication de l'empire avec l'Europe n'avait lieu, il y a vingt ans, que mensuellement, mais aujourd'hui nous pouvons dire qu'elle est presque journalière, parce que tous les trois ou quatre jours, les paquebots des lignes transatlantiques d'Angleterre, de France, d'Allemagne, de Belgique, d'Italie ou des Etats-Unis de l'Amérique du Nord lui apportent des nouvelles et servent d'intermédiaires aux intérêts du commerce.
Entre la capitale de l'empire et les provinces du nord et du sud, il y a aussi des lignes de paquebots à vapeur exploitées par des compagnies subventionnées par l'Etat, ainsi que d'autres intermédiaires, comme celles de V Amazone, de YAraguaya, de Montevidèo à Ctiyàbâ (Matto- Grosso). Outre ces lignes d'un intérêt plus général et politique, il y en a beaucoup d'autres qui, par mer ou par les fleuves et les rivières, mettent en
rapport non-seulement les provinces entre elles, mais aussi les mnnicipes de chaque province comme on le verra dans l'étude particulière qui fait l'objet de la seconde partie de cet humble ouvrage.
Nou allons maintenant nous occuper des chemins de fer terminés et d'autres très-avancés, ainsi que de ceux qui sont en voie de construction ou dont les compagnies sont organisées, et enfin de ceux qui ne sont encore qu'en projet mais qui semblent devoir bientôt entrer dans l'ordre des faits.
Occupons-nous d'abord de la ligne la plus importante, celle du chemin de Jkr de Pedro II dont la direction et le point initial se trouvent dans la capitale de l'empire. Elle traverse la Serra do Màr, se dirige vers le Parahyba du sud, le traverse et doit aller jusqu'à l'immense fleuve Scïo-Francisco; elle se ramifie en diverses directions et arrive déjà à Porto-Novo da Cunha. Sa longueur est jusqu'à présent de 312,022 mètres. Son revenu liquide en 1871 a été de 7,44% sur le capital.
De Mattâ, très-courte; elle a pourtant obtenu en 1871 une augmentation de 8:720j^350 réis sur sa recette de l'année précédente. Cependant cette utile et sympathique voie ferrée sera complètement annulée si le gouvernement permet la construction projetée d'une autre ligne qui, partant de la première section du chemin de fer de Pedro II, doit aller directement à Pétropolis.
De Cantagallo. Elle monte la Serra de Nova-Frihurgo pour s'étendre ensuite dans le municipe de son nom. La portion de ligne entre le port de Villa-Nova et le pied de la Serra lui a donné un solde correspondant à l'intérêt de 6 %• Le chemin de fer de Nicterohy à Campos, provincial de Rio de Janeiro, doit dans quelques semaines se réunir à celui-là, au port de Villa- Nova, et ces deux chemins ne feront plus qu'une seule ligne divisée en deux grandes branches.
De Macahê à Campos. En voie de construction.
Tous ces chemins de fer se trouvent dans la province de Rio de Janeiro, et celui de Pedro II a sa station initiale dans la capitale de l'empire.
De Santos à Jundiahy, dans la province de Sao-Paulo; elle
prospère et prospérera plus encore avec ses embranchements en construction ou en projet. Le solde du dernier semestre a couvert la garantie des intérêts.
De Jundiahy à Campinas, prolongement de la précédente. En mars 1872, elle a été ouverte à la circulation jusqu'à une lieue avant son point terminal.
De Sorocaba (province de Sâo-Paulo). Elle reliera la capitale de cette province à l'usine de fer d'Ipancma. On doit bientôt en commencer la construction.
WAntonina à Coritiba, dans la province de Baranâ. Elle aura une longueur de 83 kilomètres ; les travaux d'explorations sont assez avancés.
Entre la ville de Porto -Alegre et le municipe de Sào-Leopoldo (Hamburger-Berg). Vers la fin de novembre 1871, ont été inaugurés les travaux de construction de ce chemin de fer de la province de Rio-Grande do Sul.
De Bahia au fleuve Sào - Francisco , dans la province de Bahia. Le solde de l'année 1871 a été supérieur au précédent de 17:999^278 réis.
De liecife au fleuve Sào - Francisco , dans la province de Pernambuco. L'année 1871 n'a pas été favorable au transit de cette compagnie qui s'est ressentie de la diminution de la récolte; malgré tout, son revenu a excédé ses frais de 263:457^563 réis.
Entre Maceiô et le chemin de fer de Bccife, provinces d'Alagôas et de Pernambuco. En projet, mais les contrats sont déjà signés.
Centrale de la province d'Alagôas. Elle est constituée et jouit d'importantes garanties, ainsi que la précédente.
De Parahyba do Norte à Alagôa-Grande. En projet avec d'importants privilèges garantis.
De Parnahyba à Iguaraçû, dans la province de Piauhy. En projet.
De Baturité, dans la province de Cearâ. Elle est organisée, avec une garantie de 6% Par an sur la somme de 80O:O0O#0OO réis destinée à sa construction.
De Caxias, province de Maranhào. En exploration.
Do Madeira. Un contrat a été fait avec le colonel George E. Church , lequel a organisé à Londres une compagnie qui doit l'exécuter dans le délai fixé, sous peine de perdre tout droit aux avantages considérables accordés par le gouvernement impérial.
Outre ces lignes de chemin de fer subventionnées et avec des privilèges garantis par le gouvernement général et les provinciaux, il y en a d'autres proposées, projetées ou étudiées avec toute l'ardeur qu'inspire la connaissance de la prodigieuse richesse naturelle et la sécurité dans les institutions et l'augmentation progressive de la population agricole du pays.
Le long des principales lignes ferrées et dans d'autres directions , s'étend le fil électrique qui abolit l'espace et le temps dans ses communications télégraphiques. Dans trois ans le Brésil communiquera avec l'Europe au moyen du merveilleux courant électrique qui traversera l'Atlantique. Dans un terme, sans doute bien plus prochain une autre ligne télégraphique unira celle du sud de l'empire avec celle qui fonctionne déjà de Montevidéo à Buénos-Ayres, et fera ainsi communiquer le Brésil avec les républiques de La Plata, du Paraguay et do Pacifique.
U administration des télégraphes se trouve organisée et en service actif, avec sa direction, son atelier et sa station centrale sur la iiraça d'Acclamaçâoy dans la capitale de l'empire. L'étendue à laquelle arrivent déjà ces lignes et le tarif officiel des correspondances font la matière des tableaux suivants: