POISSONS
L'iehtbyologie brésilienne comprend de nombreuses espèces de poissons. Dans la mer, les meilleures sont: le mcro, le mêrote, le cherne, la garoupa, le bijupirâ, le robalo, le badejo, la tainlux qui se présente par troupes innombrables et dont les œufs salés sont un objet de commerce; une abondance extraordinaire de sardines dans la baie de Kio de Janeiro, lesquelles ne sont en rien inférieures à celles de Nantes. Dans les lacs voisins de la mer et qui s'y déversent périodiquement, le poisson qu'on pêche en ces occasions est abondant et délicieux. Les rivières grandes et petites sont généralement poissonneuses. Baena en présente près de quatre-vingts espèces seulement dans l'Amazone et ses affluents. Dans les autres cours d'eau de premier et de second ordre, dans les lacs, les lagunes, les ruisseaux, la pêche est plus ou moins abondante, mais ce qui est certain c'est qu'on en trouve toujours et partout. Les
meilleurs poissons d'eau douce sont le surubi, le piabanha, le dourado, le robàlo, le bagre, le manduU, le ptranambû etc. C'est ici que nous devons mentionner le pioraqué ou poisson électrique, d'une grande force dans la décharge lorsqu'on le touche; le poraqué est le gymnotus electricus.
Pour terminer cette fatigante et encore très-incomplète information du règne animal du Brésil, il nous faut négliger les zoophytes. Des mollusques, nous rappellerons à peine les poulpes, les huîtres, les escargots etc., dont l'abondance est extraordinaire. Nous ne nous occuperons pas non plus des anncUdes et mentionnerons tout au plus les crustacés, les crevettes, les crabes etc., en quantité prodigieuse. Nous négligerons aussi les arachnides et les myriapodes pour considérer de préférence les insectes, dont quelques-uns méritent une indication spéciale.
Les fourmis sont de diverses espèces, quelques-unes desquelles très -nuisibles aux vergers et plus encore à la grande culture, et dont l'extinction demande beaucoup de travail et de soin. Los mosquitos ou maringouins, encore plus ennuyeux, principalement sur les bords des cours d'eau, non-seulement de nuit, mais dans certaines saisons même de jour, quoique moins nombreux.
Les guepes et les maribondos ne manquent pas non plus : les unes tourmentent les animaux comme en Europe, les autres poursuivent furieux et piquent l'homme ou l'animal qui touche à leurs nids.
Mais, avec ces mauvais insectes, il y en a d'autres trèsabondants et d'une utilité considérable. Les insectes charmants, brillants et des couleurs les plus variées, dont on fait des bijoux et des objets de fantaisie sont très-nombreux; les abeilles, dont on connaît différentes espèces, mériteraient d'être plus estimées au Brésil: leur élève et leur éducation n'avaient lieu que sur une petite échelle, et maintenant la facile propagation de celles de l'ancien continent fait négliger injustement celles du pays. Certainement il est plus avantageux d'élever celles-là qui produisent une plus grande quantité de cire; mais celles du Brésil, en compensation, font un miel de qualité supérieure, comme l'a déjà reconnu et écrit le grave et véridique Saint-
Hilairc, et comme le manifeste clairement la France où l'on s'applique à acclimater les bonnes espèces brésiliennes.
Dans le nombre merveilleux, fantastique et très -varié des papillons , quelques-uns filent des cocons renfermant une soie qui ne tardera pas à figurer avantageusement sur les marchés européens, comme nous le verrons au chapitre suivant.
Quant à ce que nous pourrions encore ajouter d'une manière très -incomplète sur l'entomologie brésilienne, les pauvres échantillons des très-riches collections recueillies dans les muséums et les cabinets d'histoire naturelle publics et particuliers de France, d'Angleterre, d'Allemagne etc., le disent mieux que nous.
Ce que nous venons d'indiquer au sujet de la richesse du Brésil dans les trois règnes de la nature, c'est-à-dire, de la pompeuse et incomparable opulence de son sol, abîme de trésors spontanés dont aucun pays n'offre un plus bel exemple, tout cela est exposé dans un tableau plus que modeste, surtout pour que la magnificence extraordinaire de la vérité ne compromette pas la vraisemblance dans l'esprit de ceux qui ne connaissent pas encore les merveilles de la nature brésilienne et qui ont, par conséquent, le droit de trouver exagéré le tableau résumé d'une nature si merveilleuse.
Macsoo, Brésil.