POSITION ASTRONOMIQUE
Elle est située entre le 5° 10' de latitude septentrionale et 10° 20' de latitude méridionale, et entre le 13° 40' et le 32° de longitude occidentale.
La province s'étend du nord au sud sur une longueur de 2400 kilom. depuis les sources de la rivière Makû jusqu'au Javary, et 2000 kilom. de l'est à l'ouest depuis les sources de la rivière Cumiary ou dos Enganos jusqu'à l'embouchure de la rivière Tres-Barras dans le Tapajoz.
BORNES
Elle est bornée au nord par la Guyane anglaise et les républiques de Venezuela et de la Nouvelle-Grenade; au sud, par la république de la Bolivie et la province de Matto-Grosso; à l'est par la province du Parâ et la Guyane anglaise; à l'ouest par les républiques du Pérou et de la Nouvelle-Grenade.
Ses limites du côté du Parâ sont la rivière Nhamundâ ou Jamundd et la chaîne Parintins d'où part une ligne droite jusqu'à la rive du Tapajoz, vis-à-vis du confluent du Très- Barras; du côté de Matto-Grosso, la rivière Griparand ou Machado, affluent du Madeira, le Tapajoz, depuis l'embouchure du Tres-Barras jusqu'au confluent de VUruguaiâs ou Ureguatûs, affluents du Tapajoz sur la rive gauche.
CLIMAT
Il est chaud et humide dans les terres basses et marécageuses dominées par les rivières Branco, Negro, Japurd et Madeira en-deçà des chûtes ; l'humidité diminue progressivement dans les terres hautes et rocheuses de l'extrémité septentrionale de la Guyane et méridionale de la Mundurucania et du Solimocs ainsi que dans toutes les parties élevées qui sont d'une étendue considérable. La chaleur y est intense et le serait encore plus si elle n'était adoucie par les vastes forets , les crues des rivières et les pluies de décembre à juin, de même que par les vents d'été qui soufflent violemment de juin à novembre: la chaleur se tempère tellement dans les terrains les plus élevés et dans ceux du Bio-Branco, au-dessus des chûtes, que le climat y correspond à celui de la partie méridionale de l'Europe baignée par l'Atlantique, d'après ce qu'affirme l'auteur déjà cité du Dictionnaire de V Amazone.
Dans les terres basses et voisines des rives marécageuses du Japurd, du Madeira et des autres rivières déjà mentionnées, les fièvres intermittentes sont endémiques. A l'exception de ces points, la province est saine. A Manàos, il n'y a aucune maladie dominante; l'écrivain déjà cité assure que de cent personnes, trente y parviennent à l'âge de cent ans.
ASPECT PHYSIQUE
Le sol est plan, bas et marécageux sur une grande étendue, élevé et pierreux dans les localités indiquées ci-dessus, principalement au nord où il présente de grandes hauteurs; couvert de forêts séculaires et magnifiques.
Les chaînes les plus considérables sont les suivantes: Celles qui appartiennent à la cordillière de la Guyane et qui séparent l'empire d'avec les Guyanes hollandaise et anglaise et la république de Venezuela: Parima, Pacaraïma et les autres qui ont déjà été indiquées dans le chapitre relatif aux limites du Brésil et dont la condition géographique et politique a déjà été étudiée.
Tacamiaba, également nommée Pellada, parce qu'elle est dépourvue de végétation, sur le bord du Jamundâ ou Nhamundâ. Cucuhy, sur le Rio-Negro.
Cristacs, entre les versants du Tacutû et du Saramii, d'une grande élévation, et au sommet de laquelle se trouve un lac grand et profond à l'ombre d'une épaisse forêt.
llabino, Canauarû, Garanti et d'autres.
Tunuki, entre les rivières Icana et Ixié.
Les collines élevées du Parintins, à droite de l'Amazone ; Canariâ, sur le Solimoes, et beaucoup d'autres.
Cette simple énumération, incomplète et mal ordonnée des chaînes de la province d'Amazonas manifeste un défaut de connaissance qui n'a d'autre excuse que la vérité suivante: — Cette province est, comme nous l'avons dit, un monde nouveau, immense, d'une richesse merveilleuse et encore très-peu connu.
HYDROGRAPHIE
Nous sortirions du plan de ce livre résumé si nous entrions dans l'étude des superbes et innombrables cours d'eau qui traversent dans toutes les directions la province tfAmazonas. Dans l'étude du système hydrographique du Brésil, nous avons considéré le bassin majestueux et sans rival de l'Amazone; les li-
mites de cet ouvrage ne nous permettent pas d'entrer dans de plus grands détails.
Quant aux lacs, il serait également impossible d'indiquer le nombre de ceux qui s'élargissent dans le voisinage des grandes rivières et qui, pour la plupart, perdent leurs proportions considérables et môme beaucoup d'entr'eux disparaissent lors de la baisse des eaux.