‹ Notions de chorographie du BrésilChapitre 39 sur 92 · S. Ber · texte numérisé non relu

S. Ber

Russas

nardo das ■ das Russas

TOPOGRAPHIE

Fortaleza, ville et capitale de la province, avec 21,000 habitants, située sur la côte à 6600 mètres au sud de la pointe de Mucuripe et à près de 13 kilom. de l'embouchure de la rivière Cearâ. Elle se trouve sur une plaine unie et est bien bâtie: on y compte sept places, dont celle de Dom Pedro II est la plus belle, plantée d'arbres magnifiques; les rues sont larges , droites et bien pavées ; outre 900 maisons régulièrement bâties, dont beaucoup à étage, on compte en dehors de l'alignement plus de 1000 maisons couvertes de paille, habitées par des familles pauvres; l'église principale est un édifice majestueux, trois autres églises, le palais de la présidence, l'hôpital

de la Miséricorde, la caserne, la police, la maison des élèves artisans, la chambre municipale et quelques autres sont ses édifices les plus remarquables. Elle possède encore deux petits ponts et une fontaine. Son port est formé par un récif, ce qui rend le débarquement assez difficile. Elle a un lycée avec un bon cours d'humanités que , dans la statistique de cette province, nous avons inclus parmi les établissements publics d'instruction secondaire. A 0600 mètres de la ville de Fortaleza, on voit le phare de Mucuripe.

Âracaiy, ville à 18 kilom. de l'embouchure du Jaguaribe et sur la rive orientale de celui-ci, la plus importante après la capitale par son commerce et son industrie; c'est le marché le plus considérable de la province, entrepôt de toute la vallée du Jaguaribe; grande fabrication de chandelles de carnahûba, cuirs tannés, chapeaux de paille et nattes; cinq églises, beaucoup de maisons à étage; ses habitants sont actifs et industrieux. Elle est à 200 kilom. de la capitale.

Icô, ville centrale à 330 kilom. d'Aracaty, sur la rivière Salgado ; rues bien alignées , quatre églises dont la plus remarquable est celle de Bomfim; elle reçoit les produits des districts de l'intérieur et les expédie à Aracaty, d'où elle reçoit les articles d'importation ; très-chaude en été.

Sobral, sur la rive gauche de l'Aracarû, à 130 kilom. de la mer, commerçante, avec d'élégantes maisons, une belle église paroissiale et trois jolies chapelles. Tout son commerce se fait par le port d'Acaracû.

Crato, populeuse et considérable par la fertilité et la richesse naturelle des terres de son municipe; à 530 kilom. de la mer.

Granja, ville sur le Camocim, avec le meilleur port de toute la province; son commerce actif est servi par une ligne mensuelle de bâtiments à vapeur et de nombreux navires à voiles.

Quixcramobim , ville tout-à-fait dans l'intérieur, dans une des localités les plus saines de la province; elle compte plus de 400 maisons et une belle église sous l'invocation de Saint-An-

toine; son municipe est riche en bestiaux. On la nommait autrefois Campo-Mctior de Quixeramobim.

Maranguapc, ville au pied de la chaîne du même nom et à près de 24 kilom. de la capitale; elle est grande et riche par la culture du café et de la canne à sucre importante dans son municipe.

Baturité, ville nouvellement fondée et qui promet un grand développement; elle est au pied de la chaîne du même nom et à un peu moins de 110 kilom. de la capitale; la culture du café, de la canne à sucre, des céréales et des légumes enrichit son commerce; le chemin de fer qui bientôt la rapprochera de Fortaleza, prouve son importance actuelle qui augmentera encore par les facilités dans le transport de ses produits agricoles, outre les mines d'or et d'autres richesses minérales de son territoire.

COLONISATION ET CATÉCHÈSE.

La catéchèse dans cette province a été, comme il était à présumer, presque nulle dans ses résultats, à cause des moyens employés. Quoique le Cearâ soit presque entièrement débarrassé de l'antipathique élément eselave qui disparaît graduellement par les nombreux affranchissements dûs à la philanthropie particulière et à la province qui vote annuellement des sommes dans ce but chrétien et humanitaire, et malgré l'étonnante fertilité de son territoire, la colonisation européenne ne s'y est pas encore portée comme en d'autres provinces. Il est vrai que le Cearà est en butte à de longues sécheresses périodiques qui causent de grands dommages, mais elles sont à plusieurs années d'intervalle, et aussitôt après viennent des récoltes abondantes, extraordinaires et presque merveilleuses qui compensent les pertes éprouvées et, en outre, la science a déjà trouvé le moyen d'atténuer les effets du fléau destructeur, en tenant en réserve les eaux trop abondantes pendant l'hiver pour l'été où les pluies sont nulles.

Dernièrement l'émigration portugaise, dirigée par l'expérience, a commencé à se porter dans cette province. Il est

certain que les bons résultats qu'obtiendra cet essai de colonisation appelleront bientôt au Cearâ des milliers d'émigrants portugais qui, outre l'abondance et la richesse qu'ils y trouveront, rencontreront un peuple frère avec la même langue et la môme religion qu'eux, et un climat qui leur convient beaucoup mieux qu'aux Européens du nord.

CHAPITEE VI

Province de Rio-Grande do Norte.

ESQUISSE HISTORIQUE

Le territoire de cette province faisait partie de la capitainerie donnée à l'historiographe et auteur distingué des Bécadcs, le classique toujours lu et étudié Joâo de Barros, malheureux donataire qui perdit tous ses efforts et ses calculs pour rétablissement d'une colonie dans l'immense territoire qui lui avait été donné pour ainsi dire en fief.

Les armateurs français, chassés de la Parahyba, persistaient à exploiter la côte voisine dont ils emportaient tout ce qu'ils pouvaient. Les ordres de la cour d'Espagne au gouverneur-général du Brésil, Dom Francisco de Souza, recommandèrent la conquête et la colonisation immédiate de Rio-Grande do Norte.

En 1597, Manuel Mascarenhas, capitaine de Pernambuco, partit avec environ mille colons libres et esclaves pour s'emparer de ce territoire. U fonda à une demi-lieue de l'embouchure du Rio-Grande la bourgade de Natal et, pour défendre l'entrée du fleuve, il bâtit, en 1599, sur le récif du côté méridional, le fort qu'il nomma dos Tres-Ueis-Magos. Par ces deux dates, on voit qu'il fallut deux ans et quelques mois de travaux et de combats pour effectuer cette conquête, fortement disputée par les Indiens potyguares dominateurs des deux rives du fleuve qu'ils nommaient Potingy. Des renforts que Feliciano Coelho amena de Pernambuco, la très-importante alliance que fît avec les Portugais l'Indien Sorobabé, morubixàba (chef) d'une des tribus des potyguares, et surtout le secours puissant et dé-

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cisif du brave Brésilien Jeronymo de Albuquerque , fils naturel du chef portugais du même nom, décidèrent la victoire et établirent la colonie qui eut son premier centre dans cette même bourgade nommée Natal (Noël) parce que son église paroissiale fut inaugurée le 25 décembre 1599.

Une mesure ' très-sage pour la sécurité de la colonie naissante fut le choix de l'intrépide et énergique Jeronymo de Albuquerque comme premier capitaine de Rio-Grande qui fut plus tard appelé do Norte (du Nord) pour le distinguer de l'autre Rio-Grande.

En décembre 1631, les Hollandais commandés par Callenfels furent chassés de Rio-Grande do Norte; mais en décembre 1633, une autre expédition sous les ordres de Ceulen et dirigée par le fameux Calabar qui avait déserté, en 1632, du camp pernambucain au camp de l'ennemi hollandais , prit la forteresse dos Trcs-Reis-Magos qui fut appelée Ceulen. Alors commença dans la capitainerie la domination étrangère qui ne termina effectivement qu'en novembre 1645 avec la défaite des Hollandais repoussés vers la Parahyba par le brave et hardi Philippe Camarâo.

En 1645, le roi Dom Joâo IV donna une partie de la capitainerie de Rio-Grande do Norte à Manuel Jordâo qui se noya en débarquant. La donation fut annulée par ce fait.

Après avoir été érigée en comté en 1589, dont le titre fut décerne à Lopo Furtado de Mendonea, la capitainerie de Rio-Grande do Norte, sous l'administration des grands capitaines et des gouverneurs, continua comme auparavant à dépendre tantôt de Pernambuco, tantôt du gouvernement-général de Bahia. En 1701, elle fut subordonnée à Pernambuco jusqu'à ce qu'en 1817, pendant les crises et les désordres causés par la révolution républicaine de cette même année , le gouverneur José-Ignacio Borges l'émancipa effectivement de cette dépendance légale en s'adressant directement à la Cour dans ses rapports politiques et administratifs. Cet abus de pouvoir, qui passa inaperçu pendant l'ardeur des événements immédiats et extraordinaires, fut bientôt après sanctionné par le titre et la catégorie de province avec lesquels Rio-Grande do Norte entra

dans le nombre des dix-neuf qui, en 1822, formèrent l'empire du Brésil.

Le progrès et le développement de cette province pendant la domination coloniale, et même après la fin de celle-ci en 1808, furent tellement faibles et insignifiants que ce n'est qu'en 1818 qu'elle fut séparée de la Parahyba avec laquelle cette province formait un district pour en constituer un par elle seule. Depuis 1822, ses progrès ont toujours été assez lents, de sorte que, prospère relativement au passé, elle est encore réduite à attendre l'exploitation de ses richesses naturelles, de plus grands et de plus faciles moyens de communication avec les provinces voisines, non-seulement par le littoral, mais aussi par l'intérieur.

POSITION ASTRONOMIQUE ET DIMENSIONS

La latitude est toute australe; elle se trouve entre le 4° 54' et le 6° 28'; la longitude orientale du méridionale adopté (de Rio de Janeiro) entre le 5° 22' et le 8° 18'.

La plus grande étendue du nord au sud est de 265 kilom. depuis la pointe da Bedondinha jusqu'à la rive gauche de la rivière Crumatahû, et de l'est à l'ouest de 370 kilom. depuis la Barra dos Marcos jusqu'à la chaîne do Camarâ. La province mesure environ 465 kilom. de côte. Sa surface est de 88,500 kilom. carrés.

BORNES

Cette province confine au nord et à l'est avec l'Océan Atlantique; au sud avec la province de Parahyba par la rivière Guajâ et la chaîne de Luiz Gomes; à l'ouest et au nord-ouest avec le Cearâ par l'embouchure cfe YApody nommée Mossorô jusqu'à 13 kilom. au-dessus, et par les chaînes Apody et Camarâ.

CLIMAT

Il est sain et chaud; l'hiver ou saison des pluies commence en mars ou avril et va jusqu'en juin ou juillet.

Mackdo, Brésil. 17

ASPECT PHYSIQUE

Le sol est inégal: sablonneux et bas vers le nord et près de la côte; à l'intérieur, il est traversé par de petites chaînes de montagnes et par des monts arides, sur une grande étendue couvert de tristes catingas; les bois ne se trouvent que dans la partie orientale ou dans les chaînes de montagnes.

La chaîne de montagnes dominante est celle de Borborema ou de Cayriris-Novos qui s'avance de l'orient vers l'occident, en se ramifiant au sud et au nord en chaînes de montagnes, petites pour la plupart, qui prennent différents noms. Les chaînes d'Âpody, de Camarâ et de Luiz Gomes ont une importance limitrophe par leurs positions déjà indiquées. Ontre celles-ci, on compte encore comme principales, quoique en général de peu d'étendue, les chaînes d'Estrella, Sâo-Cosme, Sâo- Domingos, Sâo- José, Camelo, Paunaty aux sources du Pinhancô, Bonito, Pattû, Cabello-Nào-Teni , Portalegre, Campo- Grande, Martins etc.

HYDROGRAPHIE

Il n'y a aucun bassin considérable: le fleuve le plus important est le Piranlias, très-poissonneux, qui se jette dans l'Océan par cinq embouchures; Bio-Grande ou Potingy qui vient du centre de la province , large , se jette dans la mer à 25 kilom. au sud du cap Sâo-Boque; l'un et l'autre navigables pour des bateaux, bien au-dessus de leur embouchure; YApody, VAguamaré, le Gunepabû, le GunhaJiû, le Cuagchy peu navigables et recevant des affluents bien plus modestes encore, président à l'irrigation de la province qui, bien qu'elle ne leur doive pas une opulente navigation, leur est redevable d'une fertilité remarquable.

PRODUCTIONS NATURELLES

Règne minéral. Il est déjà représenté par l'or, l'argent, le fer, l'amiante, la pierre calcaire, les cristaux, etc.

Règne végétal Dans le voisinage du littoral et même dans

Digitiz

l'intérieur abondent les palmiers, et dans les forêts d'excellents bois, quelques arbres résineux et le copahu. Les cajueiros, mangàbeiras , jaboticabeîras , ambuzeiros, araçazeiros et d'autres arbres et arbustes à fruits savoureux y sont très-nombreux. Les camJiaûbas s'y font également remarquer par leur abondance.

Règne animal. C'est toujours le même, considéré en jatfnéral ; on y remarque les juciirutûs et la macaubans qui tuent les serpents. Dans le désert de Seridô on trouve beaucoup de cochenille.

AGRICULTURE, INDUSTRIE ET COMMERCE

Le sucre et le coton représentent, pour le commerce d'exportation, les principaux produits agricoles de la province. Les céréales, et le manioc dont on fait de la farine sont consommés par la population et alimentent le commerce intérieur. L'élève des bestiaux des espèces bovine et chevaline, l'extraction du sel et de la cire de carnahûba sont à peine des suppléments aux deux premières productions agricoles dans l'exportation et forment avec elles les articles les plus importants de la recette provinciale.

STATISTIQUE

Population : 240,000 habitants dont 220,000 libres et 20,000 esclaves.

Représentation nationale et provinciale: 1 sénateur et 2 députés à l'assemblée générale et 22 à la provinciale.

La province forme un seul district électoral avec 476 électeurs et 29,812 citoyens qualifiés votants.

Force pullique. Garde nationale : 6 commandements supérieurs, 23 bataillons d'infanterie et 1 escadron de cavalerie en service actif; 1 bataillon et une section de bataillon de réserve: 14,838 gardes -nationaux de la force active et 2112 de la réserve. Total 16,950.

Corps policial: 159 hommes (état complet).

Instruction primaire et secondaire: Primaire publique: 62 écoles dont 41 pour le sexe masculin avec 1887 élèves, et 21 pour le sexe féminin avec 735 élèves; particulière: 3 écoles:

1 pour le sexe masculin avec 25 élèves, et 2 pour le sexe féminin avec 41 élèves. Secondaire publique: 5 établissements pour le sexe masculin avec 117 élèves. Les documents officiels ne mentionnent aucun établissement particulier d'instruction secondaire.

Division civile, judiciaire et ecclésiastique: La province de Rio-Grande do Norte se divise et se subdivise en comarcas (districts), municipes et paroisses, ainsi qu'il suit:

Comarcas. Municipes. Paroisses.

n.Nat»l(Capit.){l; * |onçâlÔ4preSent£M?a0 ^

1 Capitale l ^' Cearâ-Miriin 1. N. S. dos Prazeres e S. Miguel.

V3. Touros (Fl.) 1. S. Boni Jésus dos Navegantes do

Porto de Touros.

rl. S. José de Mi- 1. S. Anna de S. José de Mipibû.

2 S José de I pibû (V,) ; 2. Papary (b.) 1. N. S. do 0' de Papary.

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