CHAPITRE Y III
Province cPe Pernambuco.
ESQUISSE HISTORIQUE
Le premier établissement portugais sur le territoire de Pernambuco fut un comptoir que Christovào Jacques fonda en 1526 sur le bord de la rivière Iguarassû; mais à cette époque les armateurs français fréquentaient déjà la côte de cette partie du Brésil. D'après quelques-uns, Pero Lopes de Souza battit en 1532 soixante-dix de ces étrangers traficants qui s'étaient emparés de ce comptoir; mais d'autres sont d'avis que ce fut Duarte-Coelho Pereira qui, en 1530, chassa les Français, commença aussitôt à développer ce noyau colonial et eu créa un autre dans le bel endroit que les cahctés nommaient Mearim et où Duarte Coelho, en arrivant, s'écria: «Oh! Unda situaçâo para uma cidadc!» (Oh! charmante situation pour une ville!) ce qui fit nommer Olinda la bourgade créée. Le nom de Pernambuco vient de pera — nabuco, qui signifie pierre percée, mot composé de deux expressions du dialecte des cahetes qui semblent parfaitement indiquer l'accident physique qu'on remarque dans la longue chaîne de récifs qui se trouvent dans le voisinage d'Olinda. Quelques-uns disent aussi que Pernambuco était la dénomination indigène de l'île à'Itamaracâ, et que l'endroit le plus saillant de la côte, au-dessous de cette bourgade, quatre ans après capitale, était nommé Percaaury.
Le fait est qu'en 1534, Duarte-Coelho Pereira, gentilhomme éminent et estimable , eut en donation une capitainerie héréditaire de 335 kilom. d'étendue, depuis l'embouchure du fleuve Sào-
Francisco, au sud, jusqu'à la rivière Iguarassû, au nord; mais nous devons faire observer que la capitainerie de Pernambuco étendit son territoire et son administration sur une bonne partie du terrain septentrional donné à Pero Lopes de Souza, lequel était nommé capitainerie d'Itamaracâ.
Duarte Coelho se transporta en personne avec sa femme, beaucoup de ses parents et un nombre considérable de colons dans les terres qui devinrent son domaine et établit le cheflieu de son fief dans la bourgade déjà fondée d'Olinda. Plus habile que tous les autres dona^ires, après avoir vaincu et mis en fuite les cahetés et après avoir fait alliance avec les tabayrés ou tàbayares qui lui avaient été d'un puissant secours contre ceux-là, il se montra supérieur à tous les chefs et seigneurs de capitaineries par l'ordre et le système d'administration bien combiné qu'il introduisit dans la sienne: il créa un cadastre des terres et un régistre des colons; favorisa les mariages de ceux-ci avec les Indiennes et encouragea vivement l'agriculture, de sorte que Pernambuco se distingua bientôt par sa prospérité et le développement de sa colonie.
Malgré tout, les contrariétés ne manquèrent pas au donataire, et l'une des principales dont il se plaignait au roi , c'était l'envoi de déportés dans sa colonie, ce qui le chagrinait beaucoup, et plus encore la qualité morale des femmes qu'on y expédiait. Ces petits désagréments n'influèrent pourtant pas sur la conduite de ce donataire qui agit d'une manière honorable que, quand on organisa en 1549 le gouvernement général du Brésil, les privilèges de tous les autres donataires furent cassés, à l'exception de celui-ci qui fut maintenu dans tous ses droits et avantages.
La capitainerie ne déclina même pas après la mort de Duarte Coelho qui eut lieu en 1554; sa veuve en prit la direction pendant l'absence de son fils et héritier qui étudiait en Portugal. Alors les cahetés, profitant de la mort de Duarte Coelho et abusant de la faiblesse d'une femme, revinrent à la charge , décidés à se venger des échecs qu'ils avaient subis, ils menacèrent la colonie d'une guerre à outrance, mais leurs lâches et abominables projets furent déçus, car Jeronymo de
Albuquerque, frère de cette dame, jeune homme à peine âgé de vingt et un ans, énergique et brave comme son beau-frère, les mit encore une fois en complète déroute.
La capitainerie de Pernambuco, florissante et robuste, contribua très-efficacement à la conquête et à la colonisation de la Parahyba et de Rio Grande do Norte. Dans cette dernière se montra d'une manière éclatante le premier héros brésilien, Jeronymo de Albuquerque, fils naturel du président, dont il portait le nom, et d'une Indienne, héros qui peu d'années après, en chassant les Français de Maranhâo, acquit le droit de prendre, comme les généraux romains victorieux, le nom du pays conquis pour l'ajouter au sien.
En 1630, commença l'épreuve, l'épopée, l'histoire héroïque de Pernambuco: ce fut l'époque de l'invasion, de la guerre, de la conquête, de la réaction et enfin de l'expulsion des Hollandais au bout de vingt-quatre ans. Mathias de Albuquerque, neveu de l'héritier du donataire, le Brésilien Vidal de Negreiros, l'Indien Camarào, le nègre Uenrique Dias, les Portugais Fernandes Vieira, Barreto de Menezes, Dias Cardoso sont des figures homériques dans cette campagne d'Alcides patriotes, où le peu d'aide du gouvernement disparaît devant les miracles de l'esprit civique et catholique du peuple.
Avec la régénération de Pernambuco, cette capitainerie retourna de fait au domaine de la couronne, et l'édit du 16 janvier 1716 l'y incorpora définitivement en abolissant les droits des héritiers du donataire et en allouant une indemnité au comte de Vimioso.
Mais les Pernambucains , orgueilleux de leur noblesse et de leur bravoure, accoutumés à affronter la mort, fiers et jaloux de leur dignité, donnèrent dès le commencement du dix-huitième siècle le premier exemple d'une guerre civile longue et acharnée dans la lutte intestine qui fut appelée guerre dos mascates (nom qu'ils donnaient alors aux Portugais); elle eut pour cause des difficultés au sujet du nouveau bourg de Becifc et de ses limites, ce qui irrita les jalousies réciproques et alluma un antagonisme haineux entre des frères par le sang, entre les fils de la métropole et les naturels de la colonie.
Mackdo, Brésil. 18
La domination hollandaise n'avait pas été entièrement nuisible: le gouvernement du prince Maurice de Nassau avait été pour Pernambuco une source de progrès et de richesse considérables; Olinda incendiée en 1631, renaquit de ses cendres plus belle et resplendissante, grâce à ce prince; Récif e, triste agglomération de grossiers magasins, s'était développé et était devenu une Venise brésilienne; la civilisation et l'industrie se développaient partout favorisées par des éléments sagement répandus et, sans aucun doute, la domination hollandaise sous le prince de Nassau, administrateur et homme d'Etat d'une grande habileté, faisait honte au système colonial portugais, mesquin, égoïste et défectueux dans tout le Brésil. Il est plus que probable que l'évidente supériorité des avantages de la domination hollandaise eussent conservé et, progressivement, avancé les conquêtes de la Hollande, si l'enthousiasme contagieux de la révolution de Portugal en 1640 et la flamme du catholicisme rendue plus ardente encore par l'oppression intolérante des. Hollandais n'avaient inspiré et électrisé la population qui, en 1645, accourut et se leva à la voix, à l'appel de ses héroïques capitaines, aux mots: Dieu et patrie.
Pernambuco, agrandi sous la domination hollandaise, quoique offensé dans son orgueil, dans ses préjugés, dans ses aspirations vers une certaine autonomie de caractère déjà un peu national, par les dernières et déplorables conséquences de la guerre dos mascates, continua à se développer, entraînant dans son orbite de planète supérieure les capitaineries de Parahyba, de Rio-Grande do Norte et môme de Cearâ qui obéissaient à son influence commerciale, politique, subordonnées à ses familles importantes et enfin à son gouvernement, en qualité de provinces subalternes, bien que sur ce point il y eût plus ou moins d'irrégularités dans le système administratif. Il est encore certain que, môme après leur élévation à la catégorie de capitaineries indépendantes, toutes les trois et môme celle d'Alagôas, créée en 1817, se sont maintenues sous l'influence morale de Pernambuco.
Cette influence fit que rernambuco entraîna les trois autres (Alagôas n'était alors qu'un district de Pernambuco) dans un
soulèvement républicain en 1817 et qu'elles subirent les conséquences de ce mouvement et les châtiments qui leur furent infligés. En 1821, le généreux mouvement libéral de 1820 dans le royaume de Portugal se répandit de Pernambuco dans ces provinces; dès l'année suivante (1822), il leur donna l'exemple de l'énergie et de la force contre la domination rtu Portugal, en chassant la garnison portugaise et le capitainegénéral Luiz do Rego qui depuis 1817 avait su se faire haïr et détester; et encore en 1824 exaltée de nouveau à cause de la dissolution de la Constituante brésilienne, elle se lève armée et proclame la Fédération de l'Equateur ; elle compromet encore une fois les autres provinces, ses satellites qui ne l'égalent pas dans la hardiesse mais qui, proportionnellement, partagent avec elle la fortune adverse, les souffrances et les châtiments.
Pernambuco se contint pendant sept ans, mais à la nouvelle de l'abdication du premier empereur, elle fut agitée de graves desordres par des soldats indisciplinés, des révoltes partielles et enfin le rude, grossier et terrible soulèvement des gens de l'intérieur, connus sous le nom de cabanos; elle se calma, mais s'agita toujours fébrilement à chaque changement dans la politique gouvernementale de l'Etat, jusqu'à ce qu'en 1848 elle reprit encore les armes et enrégistra, par des combats répétés et des flots de son sang, la mémoire de ce qu'on a nommé Révolta praicira dans laquelle fut tué, pscrmi des centaines d'autres Brésiliens du parti légal et du révolté, l'ancien député, le courageux tribun Nunes Machado.
La victoire des troupes légales fut suivie des procès et de jugements, de condamnations des chefs révolutionnaires à plusieurs années de détention, de persécutions et de réaction du parti vainqueur; mais on n'éleva pas une seule potence, ni ce mouvement ne fut suivi de fusillades comme ceux de 1817 et 1824, et très-peu d'années après, en 1853, tous les chefs condamnés et détenus furent amnistiés.
Depuis cette époque, c'est-à-dire depuis plus de vingt ans, Pernambuco vit heureux, tranquille et florissant. C'est la preuve la plus éloquente de l'inefficacité des échafauds, des fusillades et de l'horreur du sang répandu pour anéantir l'esprit
révolutionnaire d'un peuple. L'amnistie, sous le second empire, a obtenu mille fois plus que les commissions militaires, les tribunaux sanglants, les exécutions, les bourreaux, la terreur de la vengeance furieuse qui se manifestèrent jusqu'à l'excès en 1817, sous le règne de Dom Joâo VI, et encore en 1824, sous Dom Pedro Ier.
En considérant cette existence fiévreuse et inflammable, cette suite presque non interrompue de perturbations de l'ordre et de mouvements révolutionnaires à Pernambuco, ce qui étonne le plus c'est le développement du progrès et de la richesse de cette province qui serait parvenue au plus haut degré d'opulence si, plus tranquille et moins impatiente, elle avait exclusivement ( appliqué toute son énergie héroïque et la riche sève des sentiments de son peuple au développement du domaine des idées, aux luttes et aux campagnes constitutionnelles, aux efforts de la tribune parlementaire ou, à leur défaut, à la lente, toutepuissante et conquérante voix de la presse, cette tribune universelle.
Fernambuco a vu son église érigée en évêché en 1676, et a obtenu un tribunal de Eelaçào par décret du 6 février 1821.
POSITION ASTRONOMIQUE ET DIMENSIONS
La latitude toute méridionale de cette province est comprise entre le 7° et le 10° 40', et la longitude orientale du méridien de Rio de Janeiro, entre le 1° et le 8° 25'.
La plus grande étendue du nord au sud est de 200 kiiom. depuis le contrefort de la chaîne Araripc jusqu'à la rive gauche du Sûo-Francisco, et de l'est à l'ouest de 1035 kilom. depuis le cap Santa -Affostinho jusqu'à la chaîne dos Dous-Irmàos à sa limite avec la province de Bahia. Sa surface est de 234,500 kilom. carrés, et le littoral, compris entre le 7° 30' et le 8° 55', est estimé à environ 270 kilom. en y comprenant les sinuosités.
BORNES
Elle confine au nord avec les provinces de Parahyba et de Cearâ; au sud avec celles d'Alagôas et de Bahia; à l'est avec l'Atlantiqne et la province d'Alagôas, et à l'ouest avec celles de Piauhy et de Bahia.
Ces limites qui, à l'exception de celles d'Alagôas et de Bahia, ont déjà été indiquées, ne sont pas encore fixées de manière à éviter toute contestation avec les provinces limitrophes. Lorsque nous parlerons des deux autres provinces, nous mentionnerons leurs points de division avec celle-ci.
CLIMAT
L'inégalité trés-prononcée du sol modifie bien sensiblement le climat qui est chaud et humide dans le voisinage de la mer et dans toute l'étendue de la partie basse de la province, c'est-àdire de 60 à 100 kilom. de la côte dont tout le terrain est couvert de bois, bien arrosé et fertile ; plus loin, le sol s'ondule et s'élève, et il est moins abondant en eau, jusqu'à l'intérieur, traversé de chaînes de montagnes et de monts, et de plateaux rocheux; dans les deux dernières zones, le climat est chaud et sec, et généralement très-sain. La saison des pluies dure depuis mars jusqu'en juillet, et les autres mois de l'année appartiennent à l'été.
ASPECT PHYSIQUE
Le sol est inégal: une zone de 60 à 100 kilom. de la côte est basse, bien arrosée, fertile et couverte de vastes forêts; après celle-ci vient une autre zone ondulée, raboteuse, plus ou moins sèche, où prospère le cotonnier, et enfin vient l'intérieur, couvert de chaînes de montagnes, de monts et de plateaux secs, où toutefois abondent les pâturages dont on tire parti pour rélève du bétail.
Les chaînes de montagnes qui traversent la province de Pernambuco sont nombreuses; mais, à l'exception de quelquesunes qui semblent isolées et de monts qui s'en détachent, toutes les autres dépendent: celles de l'intérieur et du nord -ouest, à la chaîne das Vertentes, et celles du sud et de l'ouest, à la chaîne Orientale ou Cordilheira do mar. La grande chaîne de Borborema qui forme, avec celle d'Ibiapaba, une vraie chaîne à part qui sépare au nord cette province de la précédente, do-
mine toutes les chaînes du nord-ouest qui se rattachent par elle à la Gordillière occidentale comme nous l'avons dit: Sellada, Bussas, Taquâra, Ororobâ, Ver de, CacTiorro, Tacaratû, Negra, Periquito, Talhada, Garanhuns, Jussâra et, en outre, celles de Para, do Prateado, das Lctras, Bonita et cinquante autres encore sont les chaînes de Pernambuco.
N'oublions pas de mentionner particulièrement les monts Guararapes, à 20 kilom. de la ville de Recife. Ils ne se distinguent ni par leur grande élévation ni par leur étendue, mais ils sont d'une haute importance historique parce qu'ils furent témoins en 1648 et 1649 des deux mémorables batailles qui renversèrent la domination hollandaise sur une bonne partie du nord du Brésil et préparèrent la capitulation de Taborda en 1654.' Ces monts sont aujourd'hui nommés dos Prazeres.
HYDROGRAPHIE
Les cours d'eau de Pernambuco ne se font pas remarquer par la longueur de leur cours, et môme aucun ne forme an bassin important. Ils obéissent à deux directions naturelles: les uns se jettent dans la mer, d'autres dans le grand fleuve Sào-Francisco qui vient servir de limite à une grande partie de l'intérieur de la province. De ceux qui arrosent le territoire oriental et se jettent dans l'Océan, les principaux sont: le Capiberibe avec un cours de 355 kilom.; il forme deux embouchures, une qui baigne la ville de Recife et l'autre, 7 kilom. au sud, qui arrose la paroisse dos Afogados; VIpojuca qui se jette dans la mer, entre le cap Santo-Agostinho et l'île Santo- Aleixo, vis-à-vis de laquelle se jette aussi le Serinhen ou Scrinhaem, assez important, qui reçoit un peu au-dessus de son embouchure le Ceribô; VUna avec un cours de 265 kilom., dont le principal affluent est le Jacuipe, entre dans l'Océan à environ 45 kilom. S.-O. de cette île; le Goyanna forme une large et belle embouchure à 20 kilom. au nord iVItamaracà; Vlguarassû dont l'embouchure se trouve à environ 40 kilom. au nord d'Olinda. De ceux qui sont affluents du Sâo- Francisco et dont le volume diminue beaucoup dans la saison sèche, les principaux sont: le Moxotô auquel on attribue un cours de plus de
450 kilom., et le Pajelm d'un cours presque égal et qui, bien que grossi de plus de quinze affluents, diminue beaucoup lorsque les pluies de l'hiver se font attendre.
PRODUCTIONS NATURELLES
Règne minéral: De l'or, de l'amiante etc. Les études scientifiques à ce sujet font entièrement défaut, ce qui fait que ses trésors minéraux sont, pour la plupart, encore inconnus.
Règne végétal: Riche en bois de construction et d'ébénisterie, en bois-brésil qu'on ne trouve plus que loin du littoral, en casse-fistule et en carahyba, dont les fleurs attirent les cerfs. Cette province abonde en ambuzciros, cajuciros, jabuticabeiros, araçazeiros, mandopussâs, muricis, cambuis, abacaxis; en manguiers, principalement ceux d'Itamaracà dont les fruits passent pour être les meilleurs du Brésil; en cocotiers, en arbres à copahu, à benjoin, à storax.
Règne animal: Les quadrupèdes sont les mêmes que dans les autres provinces; les nombreuses espèces des oiseaux aquatiques du nord y manquent pour la plupart, mais d'autres espèces y abondent: les perdrix ou enapupés, les tourterelles de beaucoup de variétés, les perroquets, les rossignols du pays, bien différents de ceux d'Europe, et beaucoup d'autres oiseaux estimés pour leur chant; les jucuritlûs, oiseaux qui tuent les plus gros serpents y sont excessivement nombreux.
AGRICULTURE, INDUSTRIE ET COMMERCE
La culture de la canne à sucre et du cotonnier y est florissante et donne de brillants résultats; on y cultive également les céréales et le manioc en grande quantité. L'industrie se développe comme dans les capitales de premier ordre; elle est à peine inférieure à celle de la capitale de l'empire. Le commerce est trôs-étendu et de la plus grande importance avec l'extérieur. La position géographique de la province est heureuse et des plus avantageuses pour la navigation au long cours. Quoique un peu inférieur à ce qu'il était autrefois, Pernambuco est encore l'entrepôt commercial de quelques provinces du nord.
Les chemins de fer de Récif e au Sâo- Francisco, et de Récif c à Caxangâ sont déjà des éléments considérables de prospérité; d'autres chemins de fer de Jaboatâo et de Limoeiro sont en voie de construction. La compagnie pernambucaine de navigation à vapeur est une autre source importante de richesse commerciale.
STATISTIQUE
Population: 1,250,000 habitants dont 1,000,000 libres et 250,000 esclaves.
Représentation nationale et provinciale: 6 sénateurs et 13 députés à l'assemblée générale, et 39 à la provinciale.
La province est divisée en cinq districts électoraux avec 2019 électeurs et 104,781 citoyens qualifiés votants.
Force publique: Garde nationale: 20 commandements supérieurs, 58 bataillons d'infanterie, 2 d'artillerie, 4 corps, 13 escadrons et 2 compagnies de cavalerie en service actif; et 11 bataillons, 12 sections de bataillon et 3 compagnies de réserve; avec 55,863 gardes-nationaux de la force active et 8800 de la réserve. Total 64,663.
Corps policial: 770 hommes (état effectif).
Instruction primaire et secondaire. Primaire publique: 274 écoles dont 158 du sexe masculin avec 6811 élèves et 116 pour le sexe féminin avec 3636; particulière: 118 écoles dont 53 du sexe masculin 1238 élèves, et 65 du sexe féminin 709 élèves. Secondaire publique: 6 établissements du sexe masculin avec 147 élèves; particulière: 14 établissements du sexe masculin avec 792 élèves, et 7 du sexe féminin avec 110 élèves.
Nous devons faire observer que depuis cette statistique officielle, le nombre des élèves d'instruction primaire publique et particulière s'est encore élevé, et que dans l'instruction secondaire, on remarque le Gymnase provincial, établissement de premier ordre avec 17 chaires d'humanités et une d'instruction primaire et de musique.
Division civile, judiciaire et ecclésiastique: La province de Pernambuco se divise et se subdivise en comarcas (districts), municipes et paroisses, ainsi qu'il suit:
Comarcaa.
MunicipeB.
Paroisse».