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CHAPITRE Xm

Province de Rio de Janeiro.

ESQUISSE HISTORIQUE

La ville de Saint-Sébastien de Rio de Janeiro et son muniçipe, en constituant la capitale de l'empire, sont devenus par ce fait, depuis l'année 1834 où a été promulgué l'Acte additionnel qui l'a ainsi établi, étrangers à l'administration et an gouvernement particuliers de la province de Rio de Janeiro dont ils faisaient partie; mais cette séparation d'un caractère exclusivement politique nous force à étudier séparément la province et le municipe de la capitale, ce qui rend en même temps ce travail plus facile. Il y a pourtant, outre les grands rapports quant à la position géographique, un point où cette distinction est impossible, c'est la partie historique; nous sommes donc obligés de les réunir dans cette esquisse jusqu'à l'année 1834.

Aussitôt après la découverte du Brésil par Pedro Alvares Cabrai, l'immense, la magnifique et la tranquille baie de Rio de Janeiro, qui a également semblé au savant voyageur M. Agassiz plutôt un vaste lac entouré de montagnes qu'une baie, commença à recevoir la visite des navigateurs: Gonçalo Coelho et Améric Vespuce y entrèrent en 1502, probablement et presque certainement à la date du 1er janvier; Juan Diaz de Solis en 1515; Magalbâes et Ruy Falleiro le 13 décembre 1519; Martini Affonso de Souza en avril 1531: ce dernier y resta quatre mois. Le premier gouverneur général Thomé de Souza la visita en 1552 et, ne pouvant laisser un noyau colonial dans cette belle localité, il écrivit à Dom Joào III et lui dépeignit

l'heureuse situation et les conditions importantes et favorables de cette baie splendide. Le Brésil était déjà divisé, depuis 1534, en capitaineries héréditaires, et le territoire de la postérieure capitainerie et ensuite province de Rio de Janeiro se trouvait compris jusqu'au port de Macahé dans la donation faite à Marti m Affonso de Souza qui, sans doute par économie mal entendue, négligea la magnifique baie de Nicterohy qu'il connaissait, et il l'avait tant appréciée en 1534 qu'il y était resté près de quatre mois, occupé à explorer l'intérieur et à faire construire deux brigantins dont il se servit dans ses colonies de Sào-Vicente et de PiraUninga^ déjà fondées par lui en 1532 et aux frais du gouvernement.

Mais, outre ces explorateurs, ces navigateurs et ces délégués officiels , les armateurs français qui , presque aussitôt après les premières nouvelles de la découverte de la Terre de Santa- Oruz, avaient entrepris au cap Frio la contrebande du boisbrésil, fréquentaient la baie de Rio de Janeiro qui en est voisine et d'où ils tiraient du bois et tout ce qu'ils pouvaient avanteugement transporter; ils vivaient en très-bonne intelligence avec les ta-moyos, sauvages de la tribu dominante dans cette région.

L'établissement du commerce et des comptoirs des armateurs français fut bientôt suivi d'une tentative de conquête. Nicolas Durand de Villegaignon , protégé par l'amiral Coligny et appuyé par le gouvernement français , vint avec deux navires et un grand nombre de calvinistes ses compatriotes, former une colonie dans la .baie de Rio de Janeiro , et en effet il la fonda en 1555, en commençant par s'établir et se fortifier dans un îlot qui porte encore son nom, avec le concours et l'alliance des tamoyos. Ce chef calviniste (qui plus tard embrassa le catholicisme) contrarié et découragé, retourna peu de temps après en Europe, mais la colonie intruse resta et fut encore augmentée par un renfort de trois cents hommes amenés en 1557 par Bois-le-Comte, ce qui lui permit de former un nouveau noyau sous le nom de Henri/ville sur la côte occidentale de la baie. Ces aventuriers avaient nommé France Antarctique tout le territoire qu'ils espéraient conquérir.

Battus en 1560 par Mem de Sa, gouverneur-général, les

Français se réfugièrent dans les forêts voisines, sous la protection des tamoyos, et aussitôt après le départ du vainqueur, ils retournèrent dans leurs anciennes positions qu'ils fortifièrent de nouveau. En 1565, Estacio de Sa fut envoyé pour les repousser définitivement; il débarqua à Praia-Yermelha près du Pâo de Assucar (Pain de Sucre) et y jeta les fondements de la ville de Saint-Sébastien (plutôt en mémoire du roi qu'en celui du saint); mais après deux ans de combats presque continuels avec les Français sans aucun résultat décisif, son oncle, le môme gouverneur-général, vint à son secours et, soit par un heureux hasard, soit par calcul prémédité, il entra dans la baie le 19 janvier 1567, de sorte que le lendemain matin, fête patronale de la ville, il fit commencer l'attaque, et les calvinistes envahisseurs, battus sur le continent et les îles, furent complètement écrasés. Parmi les victimes de ces engagements successifs qui durèrent au moins trois jours, on compte Estacio de Sa qui ne vit pas transporter le siège de sa Scbastianopolis sur le mont qui fut ensuite nommé Castello, sur le bord occidental de la baie.

Estacio de Sa fut enseveli dans l'humble chapelle ou église couverte de paille qu'il avait fait élever dans son campement; ses restes mortels furent ensuite transférés dans une profonde sépulture de l'église de Saint-Sébastien qui fut immédiatement après élevée, provisoirement et avec une simplicité extrême, sur le mont do Castello. Les moines capucins voulant faire rebâtir la même église en 1862, les ossements encore existants d'Estaeio de Sâ furent exhumés et précieusement recueillis dans une urne, en présence de l'Empereur Dom Pedro II et de beaucoup de membres de l'Institut historique et géographique du Brésil.

Mem de Sâ resta encore quelques mois à Rio de Janeiro où il s'occupa d'organiser les différents services de l'administration de la capitainerie de ce nom créée peu de temps après. Les hommes qui étaient venus de Portugal avec Estacio de Sâ et ceux que Mem de Sâ avait amenés de Bahia formèrent le noyau de la nouvelle colonie. L'Indien Ararigboia dont lenom chrétien fut Martim Affonso qui, avec sa tribu, avait quitté les

Diaitizoùfiri

terres de la capitaiuerie voisine d'Espirito-Santo pour se joindre à l'expédition où il s'était distingué dans les combats comme un véritable héros, eut et occupa deux lieues de terrain de l'autre côté de la baie et établit aussitôt les villages de Sào- Laurenço et Icarahy. Les terres furent libéralement distribuées entra les colons portugais, et les Pères jésuites, qui avaient également partagé les périls de la guerre, reçurent aussi pour leur part un terrain sur le rivage pour construire un magasin, une position bien choisie pour un Collège sur le mont do Castclio et de vastes terrains sur le bord de la mer. Il est incontestable que ces soins d'intérêts matériels indiquaient un zèle peu évangélique, mais ce qu'on ne peut nier c'est qu'avec cela et malgré cela on rencontrait à Rio de Janeiro, ainsi que sur tout le littoral du Brésil, les preuves les plus évidentes de l'influence, de l'abnégation, des plus héroïques sacrifices personnels, des glorieuses campagnes de la Croix avec les seules armes de la parole évangélique, des victoires sans effusion de sang et des conquêtes admirables des Pères de la Compagnie de Jésus.

Mem de Sa chargea un autre de ses neveux, Salvador Corrêa de Sâ, du gouvernement de la capitainerie de Rio de Janeiro qui fut bientôt considérée d'une telle importance que cinq ans après elle devint, bien que pour peu de temps, le siège d'un gouvernement général des capitaineries situées au sud du fleuve Jequitinhonha, sous le commandement et la direction du docteur Antonio Salema.

Les guerres exterminatrices contre la tribu des tamoyo$> ennemis irréconciliables des Portugais, une seconde élévation au rang de capitale du gouvernement des capitaineries du sud en 1608, aboli en 1616, une augmentation considérable de la population et de la richesse coloniales par la fertilité du sol et les conditions avantageuses de sa baie sans rivale, le développement de la traite des malheureux Indiens réduits à l'esclavage et amenés ou envoyés dans la ville naissante par les sertanejos paulistas, l'antagonisme et un conflit sérieux entre les jésuites et les colons à cause de la liberté de ces mêmes Indiens, des vexations économiques et de nouveaux impôts, conséquences de l'oppression et du monopole de la compagnie

générale du commerce créée en 1647, une émeute provoquée par ces mêmes causes, et la création des premières paroisses et des premières bourgades hors de la ville résument l'histoire du premier siècle de la capitainerie de Rio de Janeiro.

A cette époque, les plus grands maux de la colonie fondée par Mem de Sâ étaient la démoralisation et les mœurs licencieuses auxquelles contribuaient malheureusement l'indiscipline et le dérèglement du clergé; les administrateurs ecclésiastiques ne possédaient pas la force morale nécessaire pour agir sévèrement et d'ailleurs se répétaient contre eux les tentatives d'assassinat par le poison ou d'autres moyens, et ces crimes restaient impunis parce qu'on ne parvenait jamais à découvrir les coupables. Cette situation intolérable commença à s'améliorer aussitôt après la création de l'évêché de Rio de Janeiro, mais il fallut que les évêques se montrassent très - rigoureux contre le clergé pendant une longue période qui s'étendit jusqu'au-delà de la première moitié du dix-huitième siècle.

La ville de Rio de Janeiro fut attaquée en 1710 et 1711 par de nouvelles expéditions françaises. Duclerc, chef de la première, débarqua à Guaratiba et vint par terre attaquer la ville, mais il fut vaincu et fait prisonnier avec tous les siens; quelques mois après, lorsqu'il avait déjà la ville pour prison, il fut assassiné chez lui pendant la nuit; ce crime, dont le mystère n'a jamais pu être éclairci, semble avoir eu pour motif une vengeance particulière, mais les Français l'attribuèrent as gouverneur Francisco de Castro de Moraes qui n'avait aucun intérêt à le commettre et, en admettant même un avantage quelconque, l'assassinat est toujours un moyen infâme. La mémoire de ce gouverneur est assez flétrie par la faiblesse dont il donna des preuves dans le combat de 1710 et la lâcheté avec laquelle l'année suivante il s'enfuit de la ville et fit retirer toutes ses forces devant celles de Duguay-Trouin qui entra dans le port et s'empara de toutes les position sans coup férir.

La ville, après avoir été saccagée par les Français, leur paya une rançon de six cent dix mille cruzados, cent caisses de sucre et deux cents bœufs, qui fut fournie par le Trésor royal, la caisse des orphelins et des absents, les institutions

religieuses et la bourse de beaucoup de colons; le butin du vainqueur s'éleva à la somme de deux millions, et les pertes pe l'Etat à plus de trente millions; voilà ce qu'a coûté l'incapacité militaire et la pusillanimité d'un gouverneur!

Les guerres du sud vinrent encore augmenter l'importance de Rio de Janeiro, beaucoup pins rapprochée des camps de la rive gauche de La Plata que la capitale de Bahia; ce qui fit qu'on y transporta le gouvernement-général de la colonie portugaise d'Amérique en 1763. Depuis cette année jusqu'au 7 mars 1808, sept vice-rois gouvernèrent le Brésil colonial dans la ville de Rio de Janeiro, la florissante fille de Mem de Sà, ce furent: le comte da Cunha, le comte d'Azambuja, le marquis de Lavradio, Luiz de Vasconcellos e Souza, le comte de Rezende, Dom Fernando José de Portugal postérieurement comte et marquis d'Aguiar, et enfin le comte dos Arcos.

Parmi ces vice-rois, tous plus ou moins despotes et oppresseurs, il faut distinguer le marquis de Lavradio, grand administrateur et homme d'Etat qui sut créer de nouvelles ressources financières, développa l'industrie et prépara des sources de richesse pour l'avenir; Luiz de Vasconcellos, V ouvrier, qui embellit, enrichit et améliora la ville de Rio de Janeiro et dont le nom se perpétue dans les grands travaux de l'aqueduc da Carioca, la fontaine de la place de Pedro II (alors do Carmo et plus tard do Paço), le Jardin public exécuté par le célèbre maître Valentim sur un marais pestilentiel comblé avec la terre d'une pointe de la montagne de Sainte-Thérèse où il fit ouvrir la rue nommé actuellement das Mangueiras; on lui doit encore beaucoup d'autres travaux, des constructions et des reconstructions qu'il serait trop long d'énumérer ici. Comme ces deux vice-rois , se distingua également le comte de Rezende , le visionnaire et persécuteur qui, après la conjuration de Tiradentes à l'exécution et au martyre duquel il présida, ne rêva plus que conspirations, fit voyager Pizarro, contraignit au silence et à la retraite celui qui fut depuis marquis de Maricâ et, voyant dans toute réunion littéraire un foyer actif de conspiration, força tous ceux qui cultivaient les belles-lettres à se dissiper et à se cacher pour fuir la persécution qui les menaçait.

Mais malgré tout, avec le comte de Rezende, comme avec les autres vice-rois ses prédécesseurs et ses successeurs, la ville de Rio de Janeiro s'agrandit et se développa, le nombre des bourgs suivit une progression croissante et bien plus encore celui des paroisses de l'intérieur. Pour compenser le défaut d'Indiens esclaves, conséquence de la défense absolue d'attenter à leur liberté naturelle, la traite barbare et odieuse des esclaves africains commença à se développer progressivement, ce qui contribua puissamment à l'augmentation de la production agricole: la culture de l'indigo prospérait et la plantation de caféières se répandait partout avec l'espoir bien fondé de grands avantages pour un avenir prochain.

Ainsi, lorsque la famille royale portugaise émigra de la métropole en 1808, elle vint trouver à Rio de Janeiro une ville encore un peu grossière et d'un aspect assez mesquin, où les familles renfermées chez elles étaient pour ainsi dire invisibles, mais en môme temps assez riche pour défrayer pendant dix ans les fêtes pompeuses de la cour, élever en môme temps des édifices comme le théâtre Sâo-Joâo (plus tard Sâo-Pedro de Alcantara), une Bourse, le palais de l'Académie des beaux-arts et d'autres, pour s'étendre en doublant presque le nombre de ses maisons, prête à s'embellir et à prendre un nouvel aspect, à modifier ses mœurs d'une réserve par trop exagérée et trouvant enfin en elle-même les ressources intellectuelles et matérielles suffisantes pour se montrer digne de la haute distinction de capitale de la monarchie, qui lui fut accordée et qu'elle sut mériter.

Depuis 1808, l'histoire de Rio de Janeiro, spécialement celle de la ville plus connue sous ce nom, perd son caractère particulier et, prédominant par sa suprématie politique et administrative sur la marche des événements, elle s'identifie de telle sorte avec l'historié générale du Brésil qu'on ne peut pas l'en séparer.

C'est ainsi que se forma dans cette ville, en 1821, la glorieuse conspiration patriotique dont le résultat fut le cri (T I/wrattga, l'indépendance et la fondation du nouvel empire l'année suivante. C'est aussi dans cette même capitale qu'à la suite

de près d'an mois d'agitation, de nombreuses nuits passées en désordres et en conflits entre Brésiliens et Portugais, s'effectua en 1831 la réunion du peuple et d'une grande partie de la troupe au Campo de San? Anna (aujourd'hui Praça da Acclamaçào), dans la soirée et pendant la nuit du 6 avril , et dont la conséquence fut l'abdication du premier empereur, déjà" sans force matérielle et morale pour se maintenir sur le trône, et dont l'abdication fit avorter une révolution inévitable. C'est également dans la capitale de l'empire que furent ourdies les conspirations des libéraux exaltés; des caramurns ou restaurateurs de Dom Pedro Ier en qualité de régent de l'empire, pendant la minorité de son fils, l'Empereur actuel Dom Pedro II; et le 30 juillet 1832 la conspiration parlementaire beaucoup plus grave encore (dirigée par le gouvernement de la régence) qui avait pour but d'ériger par un décret la chambre des députés en Convention nationale; conjuration qui échoua dans cette même Chambre, grâce à la prudence et au bon sens de quelques députés influents de la majorité et à l'attitude énergique de l'opposition. Enfin, le 22 juillet 1840 eut lieu dans la capitale de l'empire la réaction populaire et sans effusion de sang contre le décret du dernier régent Pedro de Arauji Lima, bientôt après vicomte et plus tard marquis d'Olinda, ajournant l'assemblée générale qui était évidemment prête à déclarer l'empereur majeur; cet acte imprudent du ministère fut suivi d'une réaction ou émeute dirigée par les députés et les sénateurs maioristas (c'est ainsi qu'ils étaient désignés) et immédiatement après, de la convocation de l'assemblée générale qui proclama le lendemain matin, au sénat, la majorité de l'Empereur Dom Pedro II, lequel prêta le même jour, à trois heures et demie, le serment prescrit par la Constitution.

Il y avait alors six ans que le municipe de la capitale se trouvait séparé de la province de Rio de Janeiro qui, jusqu'à la promulgation de Y Acte additionnel, avait été dirigée par le ministre de l'Empire et fut depuis cette époque iiKteAînjstrée par un président comme les autres provinces. Le premier président de la province de Rio de Janeiro, Joaquim- José-Rodrîgues Torres, postérieurement vicomte d'Itaborahy, fut nommé en 1834.

Mackdo, BrésU. , 22

La province de Rio de Janeiro, comme nous l'avons déjà dit, était principalement on dans sa majeure partie comprise dans la capitainerie de Sâo-Vicente ou de Martim Affonso de Souza. Après l'expulsion des Français en 1567 et la fondation de la ville, chef-lien de capitainerie administrative et même deux fois siège éphémère du gouvernement -général du sud, la juridiction de ses gouverneurs s'étendit au-délà de la rivière Macahé et sur les terres de l'ancienne capitainerie déchue de Pero de Goes, et par la loi du 31 août 1832 les municipes de Campos dos Goytacazes et de Sâo-Joào da Barra qui appartenaient à la province d'Espirito - Sauto depuis 1753 furent annexés à celle de Rio de Janeiro.

Opulente et la première de l'empire par son industrie agricole ainsi que par l'influence de la proximité du marché de la ville de Rio de Janeiro, l'importance de la province du même nom serait mal jugée par sa gracieuse petite capitale, la ville de Nicterohy, poétiquement placée sur le bord de la mer, de l'autre côté de la baie, vis-à-vis de la majestueuse Sébastianopolis dont elle est pour ainsi dire un fauburg charmant et pittoresque, de môme que le gouvernement provincial, se trouvant si voisin de l'administration générale que les ordres lui sont transmis en moins d'une demi -heure, ne peut avoir la même importance ni la force vivifiante qui devraient résulter de la décentralisation administrative provinciale.

Le voisinage de la capitale et ses communications extrêmement faciles, immédiates et presque instantanées avec elle, diminuent donc l'importance administrative et détruisent entièrement l'influence politique du gouvernement provincial de Rio de Janeiro.

POSITION ASTRONOMIQUE ET DIMENSIONS

La province de Rio de Janeiro est situé entre le 20° 50' et le 23° 19' de latitude australe, et entre le 2° 9' de longitude orientale et le 1° 42' de longitude occidentale.

La plus grande étendue du nord au sud est de 300 kilom. depuis la chaîne do Batatal jusqu'au cap Frio, et de 530 kilom. de l'est à l'ouest depuis Sâo-Joâo da Barra jusqu'à la chaîne

de Paraty. Son littoral est d'environ 800 kilom. et sa surface de 106,450 kilom. carrés.

BORNES

Elle est séparée au nord, de la province d'Espirito - Santo par la rivière Itabapoana et de celle de Minas-Geraes par la chaîne da Mantiqueira, le Rio-Preto, le Parahybuna, le Parahyba du sud, le Pirapetinga, la rivière et la chaîne de Santo- Antonio, les chaînes Frecheiras, Gaviào et Batatal ; au sud, elle est bornée par l'Atlantique et la province de Sào-Paulo; à l'est par l'Atlantique et à l'ouest par la province de Sào-Paulo: ses limites avec cette dernière sont les chaînes de Paraty, Gérai, Bocaïna, Arirô, Carioca et la petite rivière do Saîto.

Quoique ces limites semblent claires et positives elles n'en sont pas moins sujettes à des contestations.

CLIMAT

Dans la province de Rio de Janeiro, le climat est chaud et humide dans la partie méridionale étroite, comprise entre la mer et la cordillière; il y a des points où celle-ci n'est éloignée de l'Océan que de 12, 18 et 24 kilom. Dans les terres basses et marécageuses, les fièvres intermittentes régnent de mars à septembre.

Dans la partie septentrionale ou Serra -acima, qui est la plus étendue, le climat est tempéré, très -agréable et extrêmement sain.

ASPECT PHYSIQUE

Le sol et très-inégal, principalement dans la partie méridionale où l'on voit des terres basses, en grande partie marécageuses, et des plaines desséchées, des monts isolés et de petites chaînes qui sont de modestes ramifications de la Serra dos Orgâos ou, pour mieux dire, de la cordillière do Mar. Vers le nord, au-delà de cette chaîne, tout le sol est bas et égal; dans la partie septentrionale, le terrain s'élève magnifiquement, formant des vallées plus ou moius profondes et plus ou moins spa-

cieuses où coulent des rivières et des ruisseaux qui vont se jeter dans le fleuve principal, le Parahyba.

Nous avons déjà désigné les chaînes de montagnes qui entourent la province au nord, à l'ouest et au sud; elles se trouvent dans l'ordre suivant: Batatal, mentionnée également dans la province d'Espirito-Santo, Gaviâo, Frecheiras, Santo- Antonio et Mantiqueira, ensuite dans la direction de l'ouest vers le sud: Carioca, Arirôj Bocaïna, Gérai et Paraty. Dans l'intérieur, en considérant la province comme divisée par le fleuve rarahyba, les principales dans la partie septentrionale sont les chaînes da Pedra-Sellada, et, plus voisine de celle da Mantiqueira, celle dos Mirihocas, de Bio-Bonito, de Taquara, das Crûtes et das Aboboras sur le territoire qui s'avance jusqu'à la rive et au confluent du Parahybuna. De l'autre côté du Parahyba, en partant de l'ouest, se trouvent les chaînes de Lagcs, Itagnaîiy, Piraky , Macacos, Bodeio, Mendes et San? Anna, sans compter d'autres dont les différentes dénominations indiquent des localités et non des chaînes distinctes, attendu que pour la plupart elles suivent les précédentes sans solution de continuité. Vers l'est, se développe en s'approchant beaucoup de la mer, la Serra dos Orgâos, qui s'élève comme une gigantesque muraille de granit vis-à-vis de la partie occidentale de la baie de Rio de Janeiro et qui prend également diverses dénominations locales, telles que: Serra de Thêrésàpolis , da Fstrella, de Pétropoïis etc. et se prolonge vers le nord et le nord-est avec des ramifications plus ou moins intéressantes et des dénominations multipliées telles que: chaîne de Paqtiequer, de Sâo-Joâo, do Capim, d'Agua-Qucnte, de Macaeû, San? Anna, Friburgo, do Imbê et Macapâ, qui se dirigent vers le nord, tandis que celle de Sâo-Joâo où prend sa source la rivière du même nom qui se jette à Barra de Sâo-Joâo, Crubixaes, Santo- Antonio, Quimbira, Berta, Iriri et d'autres s'inclinent vers l'est, quelques-unes très-rapprochées de la mer.

Nous devons encore déclarer que nous n'indiquons pas

beaucoup de dénominations locales qui appartiennent aux mômes chaînes, telles que: do Subaio, de Macahé etc.

11 ne nous reste maintenant à ajouter qu'une courte information.

Toutes les chaînes du sud -est de la province, entre la rive droite du Parahyba et la mer, appartiennent évidemment, pour le système orographique, à la chaîne Orientale ou Serra do Mar. Celles du vaste territoire compris entre la Mantiqueira et la rivière Parahybuna , sur l'autre rive du Parahyba, sont, ou au moins semblent être des ramifications ou des dépendances de la cordillière do Espinkaço. Les chaînes limitrophes de l'ouest et du sud appartiennent à la chaîne Orietitalc; les limitrophes du nord seront opportunément considérées dans l'étude sur la province de Minas-Geraes.

HYDROGRAPHIE

Il y a un seul fleuve dominant dont le bassin a déjà été étudié dans le chapitre correspondant de la première Partie, c'est le Parahyba. Outre celui-ci et ses confluents déjà mentionnés, beaucoup d'autres petits cours d'eau arrosent la province. Ceux qui se jettent dans l'Océan sont: le Macahé avec un cours de 100 kilom., dont 60 kilom. navigables pour do petits bateaux; il reçoit le Sâo-Pedro et a son embouchure dans la baie du même nom le Sâo-Joào grossi du Crubixacs et du Eananal à gauche, et du Bacachd et Capivary à droite, et encore de YIpuca, du Lontra et du Donrado, tous trois navigables pour de petites embarcations; son embouchure est à environ 45 kilom. sud-ouest de celle du Macahé. Le Giiandû, formé du Sauf Anna et du Lages, traverse la fazenda de Santa-Cruz et se jette dans la mer par deux embouchures visà-vis de Marambaia. Le Mambucaba qui vient de la chaîne de Rocaïna est assez beau à son embouchure vis-à-vis de la baie de Cayrussû. Beaucoup d'autres cours d'eau peu volumineux mais d'une grande importance commerciale se jettent également dans l'Océan ou, pour mieux dire, dans la majestueuse baie de Rio de Janeiro; parmi les principaux, nous citerons: VIrajâ, avec une courte navigation aidée de la marée jusqu'au port de

son nom; à moins de deux kilom. au nord de celui-ci, le Mirity; le premier appartenant au municipe de la capitale et le second limitrophe 6 kilom. plus loin le Saraptihy; 2 kilom. après, Ylguassû qui reçoit Y Ignare et le Maràby également navigables pour de petites embarcations; 4 kilom. plus loin, YInhomerim offre 13 kilom. de navigation semblable; viennent ensuite le Suruhy, Vlriry, le Magé-assû et le Guapymirim ; à 4 kilom. vers le sud, se jette le Macacti, le plus grand de tous, navigable pour des chalands sur une longueur de 100 kilom. et grossi d'au moins dix petits tributaires, du Guapyassû et du Casserebû qui lui sont peu inférieurs; ils viennent tous de la Serra dos Orgaos.

Les savantes observations de M. Agassiz sur les anciens domaines de l'Amazone qui couvrait l'immense territoire compris entre le cap Sâo-Roqne et son embouchure actuelle , ont peutêtre une application tout-à-fait opposée de ce cap vers le sud, parce que depuis cet endroit se multiplient les lacs d'eau salée à peu de distance de la mer , et dans la province de Rio de Janeiro ils se succèdent principalement depuis le municipe de Nicterohy jusqu'au cap Frio, à peu de mètres ou à une trèscourte distance de l'Océan et reçoivent le tribut de petits cours d'eau qui élèvent leur niveau au point qu'il faut les vider en creusant des canaux éphémères vers la mer qui, en quelques jours et souvent en quelques heures, les referme par des digues de sable que les vagues amènent et amoncellent. Non moins savant que l'illustre M. Agassiz, le vénérable Brésilien Candido Baptista de Oliveira, mort il y a quelques années, enseignait que ces lacs avaient été autrefois des anses et des baies et que l'Atlantique, en reculant, avait perdu une partie de ses anciennes limites.

Laissons cette question scientifique qui n'est pas de notre compétence et considérons le fait qu'on y observe.

La série de lacs , les uns unis comme les trois de Maricâ, d'autres séparés mais voisins, s'étend comme nous l'avons dit de Nicterohy au cap Frio, et avec une plus grande distance entr'eux jusqu'à Campos. L'ouverture des canaux pour vider ceux qui ne communiquent pas avec la mer est à la charge de

la municipalité ; c'est un travail des plus faciles: on creuse dans le sable une simple rigole d'un mètre ou même moins de largeur, et l'écoulement des eaux l'élargit et la creuse au point de lui donner vingt mètres et môme davantage en rejetant le sable dans l'Océan; le lac ouvert s'écoule jusqu'au niveau de la mer qui, après cela, se charge elle-même de refermer le canal. Tant que la communication est ouverte, la pêche est prohibée et le lac reçoit une quantité extraordinaire de poisson qui bientôt alimente l'industrie locale, porte l'abondance chez le pauvre et les poissons les plus fins et les plus délicats sur les tables des riches. Les avantages immenses de l'exploitation de cette richesse naturelle appartiennent à qui veut en tirer parti, sans empêchement, droits ni privilèges d'aucune sorte. Le marché de la capitale de l'empire, ainsi que les municipes et les bourgades peu éloignés de ces lacs sont copieusement pourvus d'excellent poisson, et les pêcheurs gagnent facilement leur vie attendu que le poisson y est en tout temps trèsabondant.

Règne minéral. Il y a eu autrefois de l'or; il y en a peut-être encore sur la lisière limitrophe de la province de Minas-Geraes et en d'autres endroits; du fer, des montagnes gigantesques de granit , de beaux marbres à Campos , une grande variété d'argiles propres à la fabrication de la faïence et de la porcelaine.

Règne végétal. Le développement de l'agriculture a fait disparaître une grande partie des forêts ; mais il en reste encore qui abondent en bois de construction et de teinturerie; en plantes médicinales comme: la salsepareille, l'ipécacuanha, la vanille de qualité inférieure etc. Les arbres fruitiers les plus estimés, exotiques ou indigènes des autres provinces, .cultivés avec ceux du sol sont innombrables.

Règne animal. Il est aujourd'hui difficile d'apprécier sa richesse ancienne: les bandes de porcos do mato ont considérablement diminué, les onces ont presque entièrement disparu, de même que les tapirs et d'autres espèces; mais en même

PRODUCTIONS NATURELLES

temps le meilleur gibier à plume a sensiblement diminué: les jacutingas, les jacûs, les macucos etc., privés de leurs forêts séculaires, se sont réfugiés dans celles qui leur restent sur les chaînes de montagnes et ne descendent dans les bois des terres basses que pendant les mois d'hiver; toute cette multitude de gibier à poil et à plume fuit devant l'homme qui s'avance, prend et exploite la terre; de môme les mœurs patriarcales, les fêtes populaires et les vieux usages ont déjà reculé et reculent de plus en plus dans l'intérieur, comme éblouis de l'éclat de la civilisation.

AGRICULTURE, INDUSTRIE ET COMMERCE

La canne à sucre et les céréales étaient déjà des sources de richesse pour l'agriculture, la première des industries, dans la capitainerie de Rio de Janeiro fondée par Mem de Sa, lorsque sous la vice-royauté du marquis de Lavradio, dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, quatre ou six plants de café furent, à la prière de cet homme d'Etat, cultivés dans un jardin particulier près du couvent d'Ajuda, dans la ville qui devait être plus tard la capitale de l'empire. Ces quatre ou six arbustes plantés il y a moins d'un siècle sont l'origine de tous les caféiers qui se sont répandus par tout l'empire et constituent son principal élément de richesse. Le caféier s'est rapidement multiplié, d'abord dans les terrains de Serra-abaixo, ensuite dans ceux bien plus propices de la Serra et de Serraacima où il a remplacé les forêts séculaires, abattues pour lui céder le terrain, et sa culture s'est rapidement propagée; il a ensuite été transplanté à Minas-Geraes, Sâo-Paulo et quelques provinces du nord où il a conquis le sceptre de la production agricole de l'empire, et depuis longtemps cette denrée trouve un débouchée facile et avantageux sur tous les marchés de l'Europe et de l'Amérique du Nord.

Le café représente donc la source principale de la richesse agricole de la province de Rio de Janeiro ; mais au nord et au sud et généralement dans la partie orientale du territoire flumineuse, la canne à sucre a maintenu son importance et s'est progressivement développée; elle occupe incontestablement le

second rang dans le tableau des produits agricoles d'exportation provinciale.

Après le café et la canne à sucre vient le coton, ensuite le thé qui a été transplanté de la Chine et est parfaitement acclimaté à Rio de Janeiro, et la pomme de terre qui rivalise presque avec celle d'Europe. On y cultive également le tabac, mais en petite quantité. Les céréales abondent dans toute la province, et dans les terrains de Serra- abaixo, le manioc est cultivé sur une grande échelle et constitue la culture spéciale de beaucoup de fazendas importantes et de nombreuses propriétés rurales plus modestes.

L'horticulture a pris dans la province de Rio de Janeiro un développement qu'on est loin d'observer dans les autres parties de l'empire: outre le bon goût et la satisfaction d'obtenir des produits beaux et rares de la part des riches propriétaires des belles et magnifiques chacaras (maisons de campagne) des faubourgs de la grande capitale du Brésil, le marché de celle-ci consomme chaque jour les fruits, les légumes et les fleurs qui lui envoient les localités et les municipes voisins et reçoit, spécialement de Thérésopolis et de Pétropolis, les fruits les plus précieux, les fleurs les plus recherchées de l'Europe, ce qui encourage, développe et perfectionne l'horticulture et la floriculture.

L'industrie proprement dite peut sembler insignifiante dans la province, parce qu'elle est éclipsée par sa voisine, l'opulente et orgueilleuse capitale de l'empire. Cependant les fabriques de tissus de Santo-Aleixo, de produits chimiques à Nova-Friburgo, de préparation de thé à Thérésopolis etc., de cigares et de cigarettes, de chapeaux, de papiers de tenture, de poisson salé à Cabo-Frio etc., de beurre frais et de fromages (en petite quantité), de fruits du pays secs et confits, contribuent à la richesse de la province.

Relativement à l'industrie, nous devons faire une mention spéciale de l'utile et considérable établissement de pisciculture que, dans trois petites îles de la baie de Rio de Janeiro et très-voisines du littoral de la province et du municipe de sa capitale, a fondé et exploite M. le sénateur Silveira da Motta

(l'heureux père de l'illustre Arthur Silveira da Motta, commandant du cuirassé qui, formant la glorieuse avant-garde, força le premier, primus inter parcs, le passage d'Humaitâ). Dans ces riviers, on compte aujourd'hui plus de 14,000 poissons des espèces les plus délicates et les plus recherchées, et leur nombre, malgré la consommation croissante, augmente tous les jours de ceux qui se trouvent dans les réservoirs spéciaux.

Le commerce de la province de Rio de Janeiro est trèsconsidérable ; mais l'importation comme l'exportation se font par l'intermédiaire de la capitale de l'empire. Ses places commerciales, quelques-uns de ses ports, plusieurs de ses bourgs, centres d'exportation, ont souffert et continuent à souffrir de l'influence des chemins de fer qui créent ailleurs de nouveaux entrepôts, font surgir des bourgades nouvelles et commerçantes, enfin la décadence de quelques localités est largement compensée par les progrès rapides de quelques autres et le bienêtre général.

Outre le chemin de fer de Pedro II qui traverse la Serra do Mar, domine en grande partie la vallée du Parabyba et s'avance dans la province de Minas -Geraes en laissant dans la province des embranchements importants, elle possède le petit chemin de fer de Maud, modeste précurseur de cet élément extraordinaire du progrès et de la civilisation du dix -neuvième siècle, et la voie ferrée qui s'étend du port de Villa-Nova à la bourgade de Cachocira presque à la base de la chaîne de Nova- Friburgo: cette ligne avance rapidement, remonte la chaîne jusqu'à près de moitié et s'avance rapidement vers Cantagallo où une fois arrivée, elle n'aura plus le droit de s'arrêter; en même temps une autre compagnie étend ses rails et, en mars ou avril 1873, enverra ses locomotives de Nicteroky à Villa- Nova, et là, rencontrant le chemin de fer de Cantagallo, continuera son cours à travers les municipes iïltaborahy, Rio- Bonito, Capivary et plusieurs autres jusqu'à Macahé, ou au-delà de cette ville jusqu'à Campos. Une autre compagnie encore se hâte de construire un chemin de fer entre ces deux dernières villes; ce qui annonce une prochaine jonction des deux entreprises. En projet se trouvent: la voie ferrée de Campos à

Sâo-Sebastiâo, entre Nictcrohy et Maricd; une autre entre Mage et Tkérêsopolis et une troisième qui annulerait celle-ci à peine projetée et celle qui existe à Mauâ: c'est le plan d'un embranchement du chemin de fer de Pedro II qui, remontant la Serra, conduirait directement à Thérésopoïis et à Pétropolis.

Toute cette agitation fiévreuse, l'exigence de chemins de fer que manifestent les divers municipes de la province et qu'exploite la spéculation légitime parce qu'elle y trouve un avantageux emploi du capital, démontrent la confiance qu'inspire la production agricole opulente et variée de la province, et en même temps lui promettent une prospérité croissante et un avenir brillant.

L'agriculture, l'industrie et le commerce de la province de Rio de Janeiro la placent déjà au premier rang parmi ses sœurs de l'empire, et de nouveaux horizons s'ouvrent ou vont s'ouvrir pour multiplier sa richesse et sa majestueuse splendeur.

Il manque à la capitale et à toute la province, à l'exception de la ville de Campos, des banques puissantes ou des institutions économiques comme on en rencontre en d'autres provinces moins florissantes, mais ce fait s'explique parfaitement par son voisinage presque immédiat avec la grande ville où abondent ces institutions de crédit et qui est en même temps capitale politique et administrative de l'empire et capitale économique et commerciale de la province de Rio de Janeiro.

STATISTIQUE

Population: 1,100,000 habitants dont 800,000 libres et 300,000 esclaves.

Représentation nationale et provinciale: 6 sénateurs et 9 députés à l'assemblée générale, et 45 à la provinciale.

La province est divisée en trois districts électoraux avec un total de 1649 électeurs et 77,532 citoyens qualifiés votants.

Le nombre des sénateurs semble au premier abord disproportionné, mais nous devons faire observer que pour cette élection contribuent non-seulement le corps électoral de la province, mais encore celui du municipe de la capitale de l'empire qui forme un district électoral distinct.

Force publique: Garde nationale: 19 commandements supérieurs, 39 bataillons et 5 sections de bataillon d'infanterie, 11 escadrons et 12 corps de cavalerie et une section de bataillon d'artillerie en service actif; 14 bataillons et 17 sections de bataillon d'infanterie de reserve, avec un effectif de 39,114 gardes-nationaux de la force active et 17,650 de la réserve; total 56,704.

Corps policial: 503 hommes (état effectif).

Instruction primaire et secondaire. Primaire publique: 283 écoles dont 162 pour la sexe masculin avec 5523 élèves, et 121 pour le sexe féminin avec 2577 élèves; particulière: 95 écoles dont 62 pour le sexe masculin avec 1263 élèves, et 39 , pour le sexe féminin avec 913 élèves. Secondaire publique: 4 établissements avec 36 garçons et 22 filles; particulière: 13 établissements dont 8 pour le sexe masculin avec 398 élèves, et 5 pour le sexe féminin avec 148 élèves.

Cette statistique, qui accompagne le rapport du ministère de l'Empire en 1872, se trouve déjà modifiée. Le nombre des écoles publiques d'instruction primaire s'est élevé dans le cours de cette année à plus de 300 et celui des particulières a crû naturellement avec l'impulsion de la liberté de l'enseignement. Nous devons faire observer que dans les villes et les bourgs l'instruction primaire est obligatoire.

L'instruction secondaire de la province (la publique se résume en l'Ecole normale qui a 4 chaires) ne correspond pas au développement de la primaire; mais ce fait s'explique par la facilité de communications avec la capitale de l'empire où se trouve l'Impérial Collège de Pedro II et de nombreux internats particuliers, établissements qui offrent des cours complets d'humanités dirigés par les professeurs les plus capables.

En terminant cet article de statistique, nous avons la satisfaction de dire que l'initiative particulière commence à fondre dans la province des bibliothèques populaires, et que la ville de Vassouras s'est principalement distinguée dans cette œuvre patriotique.

Division civile, judiciaire et ecclésiastique: La province de

Rio de Janeiro se divise et se subdivise en comarcas (districts), municipes et paroisses, ainsi qu'il suit:

Comarcas.

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