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CHAPITRE XVII

Province de Santa-Catarina.

ESQUISSE HISTORIQUE

Tandis que le roi Dom Manuel négligeait la colonisation du Brésil et se bornait à envoyer dans cette région deux flottilles pour en explorer le littoral qui, malgré cela, était encore en grande partie inconnu, la cour de Madrid dirigeait ses vues vers la région méridionale de la nouvelle contrée dont l'inclination considérable vers l'occident pouvait lui donner le droit de la disputer au Portugal comme se trouvant comprise dans l'hémisphère espagnol, suivant le traité de Tordésillas.

Cette opinion donna aussitôt une grande importance au Paranaguassû (Rio de In Plata) où arrivèrent en 1508 Jean Diaz de Solis et Vincent -Yanez Pinzon qui crurent y avoir trouvé une nouvelle route pour aller aux Indes; ce qui détermina le roi Fernando à renvoyer en 1515 le même Solis pour remonter et explorer le grand fleuve. On sait comment dans cette expédition le chef espagnol fut tué par les sauvages. Nous devons pourtant consigner ici que dans son voyage il pénétra dans une baie qu'il nomma de los Pcrdidos et débarqua sur la côte du territoire de Santa-Catarina.

Après Solis, deux autres navigateurs espagnols, Sébastien Cabot en 1525, et Diego Garcia en 1526, débarquèrent et séjournèrent dans l'île que les Indiens carijôs qui l'habitaient nommaient Jurirê- Mirim, et que nous nommons aujourd'hui Santa-Catarina; ainsi les vrais découvreurs, ou du moins les premiers visiteurs de cette province de l'empire, ce furent les Espagnols.

Macedo, Brésil. 2(J

En 1532, Pero Lopes de Souza, détaché de l'escadre de son frère et chef Martim Affonso, au retour du Rio de la Plata qu'il avait remonté et exploré jusque bien au-dessus de l'Uruguay, débarqua dans la belle Jurirè-Mirim qui semble avoir alors reçu (si ce n'est plus tard) le nom ftllha dos Patos (Ile des Canards), à cause de la grande abondance de ces palmipèdes qui habitaient son grand lac intérieur. D'autres disent que Pero Lopes trouva dans cette île une petite colonie d'Espagnols et qu'il les en chassa, mais cela n'est pas prouvé.

La division du Brésil en capitaineries ne fut d'aucun avantage pour ce territoire de Santa-Catarina qui fut longtemps négligé et pour ainsi dire abandonné. A une époque éloignée et inconnue, les paulistas, chasseurs d'Indiens, envahirent ce territoire, mais ils y rencontrèrent déjà les jésuites, leurs adversaires. A l'exception de ce fait, on ne trouve que confusion et obscurité dans l'histoire de cette province pendant tout le seizième siècle et môme au commencement du dix-septième. On dit pourtant qu'à cette époque des corsaires, des pirates et des flibustiers exploitaient à leur profit l'île dos Patos et le continent voisin; mais si ces rapports eurent lieu, ils ne pouvaient consister qu'en échanges de produits naturels spontanés et d'une récolte très-facile.

En 1650, Francisco Dias Velho Monteiro et ses quatre fils s'établirent dans l'île dos Patos et y élevèrent une chapelle dédiée à Nossa-Senhora do Desterro (Notre-Dame de l'Exil); de cette invocation et d'autres circonstances, on a conclu que Dias Velho Monteiro devait avoir été exilé, et cela est d'autant plus vraisemblable qu'il n'avait pas reçu l'île en donation, car onze ou douze ans après, l'île dos Patos fut donnée à Agostinho Barbalho en récompense de sa fidélité; d'autres prétendent aussi que Dias Velho obtint cette même grâce du roi Dom Joâo IV en 1654.

Quoi qu'il en soit, l'île dos Patos commençait à être colonisée, mais pendant tout le reste du dix-septième siècle son histoire est vague et obscure. On raconte qu'un navire hollandais chargé d'argent y avait relâché et, pour réparer une voie d'eau, avait déposé sur le rivage de Canaviera une partie

de sa cargaison; que Monteiro, aide des ses fils et des Indiens de sa colonie, attaqua et mit en fuite les Hollandais, et s'empara de leur trésor. L'année suivante, selon les uns, ou quelques semaines après, suivant d'autres, ces Hollandais retournèrent dans l'île, imposèrent et obtinrent la restitution de leur argent et des autres valeurs dont ils avaient été dépouillés, et voulurent outrager ou effectivement outragèrent les deux filles de Monteiro qui fut tué en les défendant.

Les deux fils du malheureux Monteiro se transportèrent, avec leurs sœurs et les Indiens qui voulurent les accompagner, sur le territoire voisin et s'établirent près d'un lac qu'on nom- mait ou qu'ils nommèrent Lagnna: ce fut la première bourgade continentale de la province de Santa- Catarina.

Agostinho Barbalho avait perdu par sa négligence la donation de l'île de Santa -Catarina qui retourna au domaine de la couronne après avoir éprouvé jusqu'en 1709 les mômes modifications dans ses droits seigneuriaux que la capitainerie de Santo-Amaro, ce qui réellement contredit le droit du monarque sur la donation faite à Barbalho, mais enfin elle passa, de même que le territoire de la province, sous la domination exclusive du souverain.

A la fin du dix-septième siècle, les patclistas qui jusqu'alors n'avaient pénétré dans l'intérieur que pour faire la guerre aux Indiens et les réduire à l'esclavage, fondèrent dans l'intérieur de cette province et dans le voisinage des ruisseaux Caveira et Carahâ une bourgade agricole qui fut longtemps nommée Praseres, parce qu'ils y érigèrent une église sous l'invocation de Nossa-Senhora dos Prazeres (Notre-Dame de la Joie); cette bourgade prit ensuite le nom de Lages et fut élevée au rang de bourg en 1774; c'est, par ordre d'ancienneté, le second noyau de population sur le continent de la province.

L'établissement de la colonie de Sacramento sur la rive gauche de La Plata, et les plans politiques du roi Dom Pedro II transmis à ses successeurs relativement aux limites méridionales de la grande colonie portugaise de l'Amérique, et enfin la situation et les conditions, sous tous les points de vue, heureuses et recommandables de l'île de Santa- Catarina ap-

pelèrent sur elle l'attention et les soins du gouvernement de la métropole.

On dit, et il est bien probable, qu'avant le commencement du dix-huit ème siècle, une colonie sortie de Sâo-Paulo, spontanément ou par ordre du gouvernement de Lisbonne, s'établit dans cette belle île. Dom Joào V, depuis 1720, y fit plusieurs envois de colons des Açores et de Madère pour peupler l'île et le continent de Santa-Catarina. Par ordonnance du 24 mars 1728, elle fut occupée et garnie par un détachement militaire. Dix ans après, le territoire de Santa-Catarina reçut le titre de - capitainerie subordonnée à celle de Rio de Janeiro ; le brigadier José da Silva Paes en fut le premier gouverneur et entra dans l'exercice de ses fonctions le 7 mars 1739. Cette capitainerie étendait sa juridiction vers le sud sur tout le territoire de Rio -Grande.

En 1762, pendant que Cevallos, profitant de l'incapacité ou de la lâcheté du chef portugais, s'emparait de la colonie de Sacramento, les Espagnols envahirent l'île de Santa-Catarina dont ils furent repoussés peu de temps après. Alors on s'occupa d'en augmenter les fortifications, mais cela n'empêcha pas la triste et entière conquête de cette île par le même Cevallos en 1777. La paix et le traité de Santo-Ildefonso de la même année restituèrent l'importante île de Santa-Catarina au Portugal.

La capitainerie de Santa-Catarina fit très -peu de progrès et fut bientôt inférieure en développement et en importance militaire à Rio -Grande do Sul qu'on sépara de sa juridiction en 1760 et qui fut élevé, le 25 février 1807, au rang de capitainerie générale. Depuis cette époque la capitainerie de Santa-Catarina fut subordonnée à celle-ci jusqu'à l'indépendance et la proclamation de l'empire, où elle prit son rang de province et son éclat d'étoile du firmament politique brésilien.

Occupée en grande partie, dans les premiers temps, par les carijôs, les Indiens les moins farouches et les plus faciles à, soumettre à la catéchèse, à la réunion en villages et à la domination des conquérants, soit par l'influence du climat doux et tempéré et de ses heureuses conditions naturelles, soit pour

d'autres causes qui ont échappé il l'observation du philosophe et de l'homme d'Etat, la capitainerie et plus tard province de Santa-Catarina se recommande par l'esprit calme et pacifique de ses habitants.

En 1839, la violente et terrible rébellion de Rio -Grande do Sul fit des ravages dans cette province. Les révoltés de la province voisine traversèrent la Serra , envahirent le municipe de Lages et les plaines da Vaccaria, prirent Laguna afin d'avoir un port de mer, mais le concours et les sympathies de la population leur manquèrent. Canavarro, le chef rebelle envahisseur, dut se retirer de Laguna devant les troupes légales et évacua le territoire de Santa-Catarina où il n'avait pas rencontré le moindre appui de la part des habitants qui, dans ces circonstances, ont encore donné des preuves évidentes de la plus grande fidélité aux institutions et à l'intégrité de l'empire.

A l'exception de cet épisode d'une guerre civile allumée dans une province voisine, il n'y a pas à Santa-Catarina un seul exemple de révolte ou de désordre qui puisse faire tort à l'esprit docile et hospitalier, au caractère doux et calme des Catarincnscs , aussi accessibles, aussi affables et aussi bienveillants que le climat de leur province est doux, heureux et salubre.

POSITION ASTRONOMIQUE ET DIMENSIONS

Entre le 26° 30' et le 29° 18' de latitude méridionale, et le 5° 8' et le 11 ° 2' de longitude occidentale.

Dans sa plus grande étendue du nord au sud la province mesure 452 kilom. depuis la rive droite du Sahy-Guassn jusqu'à la rive gauche du Mampiiuba, et 685 kilom. de l'est à l'ouest depuis la pointe de Mendoy jusqu'à la rive gauche du Pepiry- Gtiassâ, et 300 kilom. depuis la môme pointe jusqu'à la rive gauche du Rio das Canôas au confluent du Marombas. Sa surface est de 114,435 kilom. carrés, et son littoral mesure plus de 600 kilom.

BORNES

Elle confine au nord avec la province de Paranà par les rivières Sahy-Guassii, Negro et Iguassû; au sud avec celle de Sâo- Pedro do Rio -Grande do Sul par les rivières Mampituba, Sertâo, Barroca, Touros, Pelotas et Uruguay; à l'est avec l'Atlantique; à l'ouest avec la Confédération Argentine (v. limites générales de l'empire) et les provinces de Paranâ par la chaîne de Cubatâo ou Serra -Gérai, et de Sâo -Pedro do Rio- Grande par cette même chaîne entre les sources de la rivière Barroca dont les eaux coulent vers Y Uruguay et celles du Sertâo, affluent du MampUuba.

CLIMAT

Le climat est tempéré, doux et très-sain: l'uniformité des saisons, la température délicieuse, la richesse naturelle et la fertilité des terres ont fait donner à la province douée de si heureuses conditions la dénomination expressive de Paradis du Brésil.

ASPECT PHYSIQUE

Le sol de cette province est plus ou moins onduleux dans sa partie maritime, comprenant, outre les îles de Santa-Catarina et de Sâo -Francisco, qui sont les principales, le continent de Serra -abaixo ou lande maritime; il est encore ondulé au-delà de la chaîne sur une vaste étendue vers l'ouest, mais plus rétréci que dans la partie maritime, et présente diverses montagnes, de vastes plaines, de nombreux cours d'eau et de belles forêts.

La Chaîne Générale ou Orientale continue à s'avancer du nord au sud et traverse dans cette direction toute la province; il s'en détache de petites ramifications et des contreforts, et à l'est la haute montagne de Bahul qui s'élève derrière Porto- Bello et sert de balise aux navigateurs. La chaîne A'Espigâo au nord, et celle de Trombudo au sud : la première s'étend vers

l'ouest, et la seconde s'avance à l'est de la Chaîne Maritime ou Serra-Geral; on doit les considérer comme appartenant au système de celle-ci, bien qu'au-delà do Estreito (du détroit) se trouve à l'entrée méridionale du port de la capitale le mont Camberella, plus élevé que le Balml. De la Chaîne Occidentale et de celle d'Espigâo vers l'ouest, se trouvent diverses montagnes dont l'étendue, la direction, les hauteurs, les rapports et l'indépendance n'ont pas encore été suffisamment étudiés, parce qu'elles se trouvent dans un territoire immense que l'homme civilisé ne possède pas encore effectivement et dont il n'occupe qu'une très -petite partie.

HYDROGRAPHIE

Le système hydrographique de la province de Santa- Catarina peut être, en général, détérminé par la connaissance des grands bassins qui , au-delà des montagnes de la Serra do May, sont tributaires du bassin de La Plata par Y Uruguay et par les confluents du Paranâ, comme Ylguassû et d'autres ; mais l'appréciation détaillée du cours des rivières qui baignent et fertilisent l'immense territoire occidental est impossible pour le moment, parce que ces cours d'eau sont encore peu connus.

Dans cette province heureuse, riche et magnifique qui présente, avec l'opulence naturelle caractéristique de toute la contrée, des conditions de climat et de température semblables à l'Europe méridionale, la partie qui se prolonge vers l'ouest est encore presque inconnue; c'est une source de trésors immenses qui tôt ou tard seront exploités par l'homme civilisé.

Quant à l'hydrographie, [on ne connaît bien que le cours des eaux de la partie maritime, c'est-à-dire de celles qui se dirigent vers la mer. Il est clair que les rivières qui coulent vers l'est ne peuvent avoir un cours bien étendu.

Du sud au nord, à 6500 mètres N.-E. das Torres, se jette le Mampitîiba avec plus de 200 mètres de largeur et environ 45 kilom. de longueur, eh partie navigable pour de petits navires. L'Ararangtiâ, navigable sur un cours de 35 kilom., de la même largeur que le précédent. VUrussanga vient ensuite, puis le Tuburâo qui se jette dans la Laguna, laquelle

reçoit aussi YUna, navigable pour des pirogues sur une longueur de quelques lieues. Plus loin le Piraqucra, écoulement du lac du môme nom, ensuite le Garopâba, YEtnbahû qui n'a que 20 mètres de largeur à son embouchure et mesure dans l'intérieur dix fois cette largeur; après celui-ci, le Massambû, large et profond, le Cubatâo, le Maruhy , le Biguassû, le 27jucas, tous de même volume. Le Bapéba et les Pirequé (grand et petit) se jettent dans l'anse das Garoupas. Ensuite se jettent dans la mer de Cambory-guassâ avec 40 mètres de largeur; le grand Itajahy avec au moins 110 mètres à son embouchure, navigable pour des navires côtiers sur une longueur de 7 kilom., et pour des chalands et des pirogues, sur une très -longue étendue ; le Gravatâ ou Iriri-guassû , Ylriri-mirim, le Camboriû, le Tajubâ, Yltapicû, le Sahy et quelques autres sont les principales rivières qui portent dans l'Atlantique les eaux de Scrraàbaixo de la province de Santa -Catarina. Leur cours est, sauf quelques courbes plus ou moins accentuées, de l'ouest à l'est; elles obéissent toutes au versant respectif formé par la muraille immense de la Serra -Go al qui sépare les eaux de l'est de celles du sud, de l'ouest et du nord qui, au nord et à l'ouest, se dirigent par YJguassû et le Corricntes vers le Paranâ, et au sud par Y Uruguay et le Pelotas vont également rencontrer le Paranâ pour former avec celui-ci, qui amène déjà avec lui le Paraguay, hors du Brésil, l'immense estuaire de La Plata.

Au sud, vers le Pelotas et Y Uruguay , coulent: les sources du premier et les rivières Canôas, do Peixe, Ghapecà, Apeterehy et d'autres.

Au nord, vers le bassin du Paranâ, par Ylguassâ et le Negro ses tributaires, se dirigent: le Chopim, le Timbô, le Canoinhas et beaucoup d'autres.

PRODUCTIONS NATURELLES

Règne minéral: Dans l'étude générale (Chapitre IX de la lre Partie) se trouve mentionnée la richesse minérale déjà reconnue dans cette province où abondent le fer et la houille, sans compter les autres produits de grande valeur déjà indiqués.

Règne végétal. Il est considérable: il compte d'excellents

bois pour la menuiserie et toute espèce de constructions, tels que: le bois d'ofco veiné et compacte, le grapeciquc , le guàrabû, le cèdre, le laurier etc., le sassafras, le bois d'arco et beaucoup d'autres plus ou moins recherchés. Ayres Cazal recommandait déjà le chêne, bien différent de celui de 'Portugal, excellent pour la construction , et annonçait dans cette province les ixns brésiliens très-nombreux en différents districts. Les végétaux employés en médecine sont nombreux et semblables à ceux des autres provinces. Le cactus qui alimente la cochenille y est très-commun.

Règne animal. Il ne diffère pas de celui qu'on rencontre dans les provinces voisines, sauf qu'il est plus nombreux parce que ce territoire immense est peu habité.

AGRICULTURE, INDUSTRIE ET COMMERCE

L'agriculture jde la province récolte la canne dont on extrait le sucre et l'eau-de-vie, le café, le coton, le lin, la farine de manioc, les céréales et quelques légumes qui peuvent facilement être exportés.

L'industrie offre des tissus de coton, des viandes desséchées, des cuirs etc. et quelques petites œuvres d'art parmi lesquelles on en remarque de très-délicates: des ouvrages en plumes, en écailles de poissons, objets de fantaisie et d'ornement qui pourraient certainement devenir une source industrielle très-lucrative si, au lieu d'être destinés à de petits cadeaux d'amitié, ces ouvrages délicats étaient livrés au commerce qui en trouverait un débouché facile et très-avantageux.

Le commerce de la province de Santa-Catarina est encore peu considérable: c'est le représentant d'une agriculture trèsabondante par la fertilité du sol et restreinte à cause de son peu de population et de son industrie encore insignifiante; mais, avec l'affluence de l'émigration européenne, l'augmentation des produits rendra le commerce de cette province un des plus importants de l'empire.

La province de Santa-Catarina est destinée à occuper dans l'avenir une position des plus brillantes: ses terres très-

fécondes qui signifient richesse, son climat doux, sain et tempéré qui correspond à santé et vie prolongée, sa température, ses saisons régulières semblables à celles de l'Europe méridionale, mais sans les rigueurs de l'hiver, appellent, excitent et recevront des torrents d'émigration entraînés par la certitude d'une propriété facile, par la salubrité de la province et par la perspective de la richesse, rétribution nécessaire et assurée du travail et de l'activité.

STATISTIQUE

Population: 140,000 habitants dont 125,000 libres et 15,000 esclaves.

Représentation nationale et provinciale : 1 sénateur et 2 députés à l'assemblée générale, et 20 à la provinciale.

La province forme un seul district électoral avec 213 électeurs et 14,181 citoyens qualifiés votants.

Force publique. Garde nationale: 3 commandements supérieurs, 8 bataillons et 3 sections de bataillon d'infanterie, 1 bataillon d'artillerie, 7 corps et 4 escadrons de cavalerie en service actif; 3 bataillons et 5 sections de bataillon de réserve, présentant un effectif de 10,149 gardes - nationaux de la force active et 3923 de la réserve. Total 14,072.

Corps policial: 95 hommes (état complet).

Instruction primaire et secondaire. Primaire publique: 93 écoles dont 52 pour le sexe masculin avec 2007 élèves, et 41 pour le sexe féminin avec 1105 élèves; particulière: 39 écoles dont 32 pour le sexe masculin avec 581 élèves, et 7 pour le sexe féminin avec 157 élèves. Quant à l'Instruction secondaire publique et particulière, la statistique officielle ne dit rien.

La province de Santa -Catarina avait dans sa capitale un lycée qui a été supprimé par manque d'élèves ou pour toute autre cause de cette importance. Alors le collège de Sâo-Salvador, dirigé par des jésuites, a été chargé en 1864 de l'instruction publique secondaire moyennant une subvention du gouvernement provincial; mais en 1870 le contrat avec ces prêtres a été cassé parce qu'ils refusaient de soumettre à l'administration l'état des élèves, leurs progrès et le compte des

dépenses faites pour les constructions et réparations de leur collège, pour lesquelles ils avaient reçu du trésor provincial un subside de 13:000#000 réis (36,000 francs). Ces renseignements sont officiels.

On s'occupe maintenant de réorganiser l'ancien lycée dans la capitale de la province.

Division civile, judiciaire et ecclésiastique: La province de Santa- Catarina se divise et se subdivise en comarcas (districts) municipes et paroisses, ainsi qu'il suit:

Municipes.

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