BocadoMonte
Paroisses.
S. José do Norte.
N. S. da Conceiçao do Estreito.
S. Luiz de Mostardas.
N. S. da Conceiçao de Piratiny.
N. S. da Luz das Cacimbas.
Espirito Santo do Jaguarâo.
N. S. da Graça do Arroio Grande.
S. Joao Baptista do Herval.
N. S. da Conceiçao de Cangussû.
N. S. do Rosario do Cerrito.
N. S. d'Assumpçao de Caçapava.
S. Antonio das Lavras.
Sant' Anna da Boa Vista.
N. S. da Conceiçao de S. Sepé.
S. Gabriel.
S. Maria da Boca do Monte.
S. Martinho.
S. Vicente.
TOPOGRAPHIE
Porto- Alcgre , ville et capitale de la province, avantageusement située sur la rive droite du Guahyba, sur une presqu'île qui se prolonge de l'est à l'ouest; elle est d'une grande importance commerciale et c'est l'entrepôt du commerce de tout le nord de la province; elle a, en outre, plusieurs industries et des fabriques bien montées. Ses rues sont bien alignées; elle a de jolies maisons particulières, et ses plus beaux édifices sont le lycée provincial, le palais du gouvernement, le palais de l'assemblée, l'hôtel-de-ville, l'église cathédrale, celle de Notre- Dame des Douleurs, l'église gothique de l'Enfant-Dieu , un beau théâtre, la maison de détention, l'hôpital de la charité, l'arsenal de guerre et la douane. Elle se recommande également par sa charmante situation.
Bio-Grande, ville autrefois capitale, située sur le fleuve ou plutôt le canal du même nom, à 20 kilom. de l'embouchure ainsi nommée. C'est le premier entrepôt commercial de la navigation au long cours et le siège des rapports du commerce de la province avec l'étranger. Son port, bien qu'amélioré par
des œuvres d'art, est assez restreint et ne satisfait point aux nécessités de son commerce important. La ville est fermée du côté du sud par des tranchées avec des parapets; elle a une douane, de beaux édifices particuliers et se trouve dans une situation agréable, mais contrariée par les sables mouvants dont elle est entourée.
Pelotas, ville intéressante sur la rive gauche du Sâo-Gonçalo, régulièrement tracée sur un plan bien conçu; elle occupe une très-importante position par ses rapports avec les principales bourgades limitrophes de l'Etat Oriental. Autour d'elle se trouvent les plus grandes charqucadas de la province. Une ligne quotidienne de bateaux à vapeur la fait communiquer avec Rio-Grande dont elle est éloignée de 60 kilom. Elle est riche et commerçante.
JaguarSof ville située sur la rive gauche de la rivière de son nom et vis-à-vis du bourg d'Artigas dans l'Etat Oriental, sur la rive opposée du même fleuve. Elle est placée sur une colline peu élevée avec d'assez beaux édifices, et par sa position, elle entretient des relations commerciales avec l'Etat voisin et les villes de Rio-Grande et Pelotas au moyen de la navigation à vapeur sur le lac Mirim.
Bagé, ville, s'élève sur la frontière de l'empire avec l'Etat Oriental, à 330 kilom. de la ville de Rio-Grande avec laquelle, ainsi qu'avec la ville de Pelotas, elle entretient un commerce actif, de même qu'avec l'Etat voisin; c'est le centre du commerce des agriculteurs rio-grandenscs établis dans la campagne orientale; c'est aussi un point stratégique de la plus haute importance, ce qui lui donne un grand développement et en fera une des plus belles villes de l'intérieur de la province.
Alegrete, ville sur la rive gauche de l'Ibirapuytam, affluent de l'Ibicuhy. Elle a eu pour berceau un camp militaire sans aucun plan de population sédentaire ni de conditions industrielles. Elle est assise sur un sol agreste et peu cultivable; malgré cela, elle se développe, parce qu'elle est le centre de grandes estancias d'élève de bestiaux et de la richesse produite par cette industrie. Son commerce se borne aux besoins de la consommation locale.
Sâo-Gabriel, ville sur la rivière Vaccacahy, dans une situation riante et agréable, mais où la rivière n'est pas navigable. Elle domine sur un territoire abondant en estancias d'élève de bestiaux, et entretient des relations commerciales assez importantes avec les places de Rio-Grande et de Porto- Alegre.
Sâo-Leopoldo , ville moderne sur la rive gauche de la rivière Sinos ; elle a eu pour berceau une colonie allemande fondée en 1824; la plupart de sa population, par ses mœurs, son influence douce et naturelle sur l'émigration de la même nation arrivant dans la province, conserve encore un certain caractère germanique. Elle se développe et prospère par l'agriculture et l'industrie de son district; elle est régulièrement bâtie, possède beaucoup de fabriques bien montées, et obtient par l'horticulture, la fabrication des vins et des liqueurs, les tanneries et d'autres industries, des résultats considérables.
lîio-Pardo, ville sur la rive gauche de la rivière Jacuhy, l'une des plus anciennes villes de la province, reliée à la capitale par une ligne de navigation à vapeur qui, à l'époque des grandes eaux, arrive jusqu'à Cachoeira. Sa superbe église paroissiale est remarquable par la beauté et la perfection des images. Elle a un spacieux hospice de miséricorde. Dans cette ville se trouvait autrefois l'école militaire de la province, aujourd'hui supprimée.
Cachoeira, ville sur la rive gauche du Jacuhy, bien déchue pendant la guerre du Paraguay; elle a une grande église paroissiale, un bel hôtel-de- ville et une maison de détention.
Caçapava, ville assise sur une éminence escarpée considérée comme la meilleure position stratégique de la province.
Uruguay ana, bourg commerçant avec une douane et un bon port sur l'Uruguay, à la frontière; c'est le marché d'exportation de la province par le bassin de La Plata. Estigarribia, général de Lopez, dictateur du Paraguay, ayant envahi en 1865 la province de Rio-Grande do Sul, occupa Uruguayana, où il fut cerné et obligé, avec tout son corps d'armée, de se rendre à l'Empereur du Brésil, Dora Pedro II, et aux généraux des puissances alliées.
Sâo-Borja, bourg à un peu plus d'un kilom. de la rive gauche de l'Uruguay, frontière occidentale de la province. Les paraguayens, commandés par Estigarribia l'ont occupé le 10 juin 1865. Son municipe fait partie du territoire qui a autrefois constitué les missions des jésuites à l'occident de l'Uruguay. Le savant bataniste français Amédée de Bonpland, le compagnon de Humboldt dans son voyage aux régions équatoriales de l'Amérique, a vécu de longues années dans une chaumière rustique aux environs de Sào-Borja.
Sào-José do Nortc , bourg sur le canal nommé Rio-Grande, à environ 13 kilom. à l'est de cette ville; il s'élève entre le lac dos Patos et l'Océan Atlantique, ou pour mieux dire entre la ville de Rio-Grande et la navigation maritime; ce bourg se ressent des difficultés de son entrée, mais il est plus accessible aux navires qui jaugent au-dessus de quatre mètres d'eau; il fleurit relativement, à cause du voisinage et des difficultés de navigation du port de Rio-Grande. Il a un commerce assez développé, de belles maisons et d'excellente eau potable, mais il souffre du voisinage des sables mouvants qui l'entourent.
Outre ces bourgs, il y en a beaucoup d'autres qui mériteraient d'être mentionnés, mais ce chapitre déjà trop long ne nous le permet pas.
Les villes ci-dessus, de même que les bourgs indiqués ou non, ont tous un passé plus ou moins brillant, plus ou moins triste, parce qu'ils gardent la mémoire de guerres civiles, de combats, quelques-uns de batailles sauglantes et de victoires des armes brésiliennes, jamais vaincues, ni même à Ituzaingo, où l'ennemi, une seule fois maître du champ de bataille, fut sur le point de reculer et n'osa poursuivre les bataillons brésiliens dans leur retraite si calme et si tranquille qu'ils attendirent en vain les attaques qui auraient eu lieu si l'ennemi eût été vainqueur le 20 février 1827, comme il s'en est flatté. Ituzaingo ne fut donc pas une défaite de l'armée brésilienne, ce fut une retraite lorsque la bataille était presque gagnée, et dans laquelle l'ennemi ne prit pas un seul drapeau des bataillons qui se battaient , et pourtant il se glorifie de quelques drapeaux ramassés dans les bagages que sa cavalerie prit et dépouilla sans résistance. Les
victoires dont s'honore le Brésil sont d'une autre nature et il n'attache aucune valeur à cette vaine et ridicule jactance ; autrement il aurait déjà repris d'une main victorieuse ces trophées où ils se trouvent.
COLONISATION ET CATÉCHÈSE.
La province a établi et maintient sept colonies suivantes:
Colonies. Surface. Population.
Santa-Cruz. 798 kilom. carrés. 4474 âmes.
Santo-Angelio. 177 » » 1436 »
Nova-Pétropolis. 655 » » 1420 »
Mont' Alverne. 66 » » 389 »
Conde d'Eu. 709 » » 50 »
Dona-Izabel. — » » — »
Sào-Feliciano. 144 » » — »
Il 3' a deux colonies (particulières: celle de SCio-Lourcnço^ sous la direction de Jacob Rheingantz, et Sâo-Luiz. Il nous manque des renseignements sur la première; quant à la seconde, sa production a augmenté et aucune plainte n'est parvenue au gouvernement en 1872.
La colonie militaire de Caseros, fondée en 1859, est restée stationnaire.
L'immigration européenne dans la province de Rio -Grande do Sul a été de 471 personnes en 1870, et de 369 en 1871.
Cette diminution dans le nombre des immigrants est due à l'opposition du gouvernement prussien, contre laquelle ont réclamé les allemands établis dans la province.
L'ancienne colonie de Sâo-Lcopoldo , dont l'histoire se trouve déjà mentionnée dans ce livre, est le meilleur stimulant à l'émigration allemande; car les colons déjà établis sont les plus aptes à donner des renseignements sérieux et vrais à leurs amis, parents et compatriotes sur la salubrité du "climat, la fertilité et l'hospitalité qu'ils trouveront en venant habiter la province. Dès leur arrivée, les immigrants rencontrent le meilleur accueil: ils trouvent des habitations pour les recevoir, des temples pour leur culte, des écoles pour leurs enfants et
des terres dont ils peuvent avec la plus grande facilité devenir propriétaires, et en outre, le gouvernement contribue, au moyen de subsides importants, à l'introduction de familles d'émigrants.
La catéchèse et la civilisation des Indiens sont encore presque nulles. Il existe à peine dans les divers toldos et sous la direction de quelques caciques, 690 Indiens qui se sont rapprochés de la vie civilisée, dont 198 hommes, 253 femmes et 239 enfants au-dessous de 14 ans, provenant de l'ancien village de Nonohay qu'ils ont quitté pour se répandre avec leurs caciques dans les municipes de Passo-Fundo et de Cruz-Alta, où ils vivent des produits de leur pêche et de leur chasse, et quelques-uns s'appliquent à l'agriculture.