N. S. Sant' Anna do Paranahyba
TOPOGRAPHIE
Cuyabâ, ville et capitale de la province, située près d'un ruisseau à moins de trois kilom. de la rivière dont elle a pris le nom; elle est bien peuplée et possède de belles églises, des arsenaux de guerre et de marine, un hôpital de miséricorde, le palais du gouvernement provincial et celui de l'évêché; elle est surtout remarquable par sa salubrité. Matto- Grosso, autrefois Villa -BcUa, ancienne capitale située sur le bord du Guaporé, jadis prospère, aujourd'hui en décadence; ses plus beaux édifices tombent en ruine, et son dépérissement est dû surtout aux fièvres intermittentes et malignes qui y régnent à une certaine époque de l'année. Corumbâ, sur le Paraguay, simple paroisse, mais active et pleine d'avenir, avec une douane et un commerce assez important. Villa- Maria , sur le Paraguay, à 45 kilom. au-dessus du confluent du Jaurû; agricole, récolte beaucoup d'ipécacuanha, son développement est assez considérable. Miranda, autre paroisse, sur le Mondego, se développe rapidement. Coimbra, simple fort, mais qui doit être mentionné, parce que c'est le port militaire du Brésil sur le Paraguay, et plus encore en mémoire de ses luttes héroïques au siècle passé et dernièrement dans la guerre du Paraguay. C'est dans le mont où s'élève le fort de Coimbra qu'on rencontre la fameuse grotte de V Enfer, peut-être la plus vaste et la plus admirable du monde.
CATÉCHÈSE.
Le rapport de la présidence de la province de Matto- Grosso en 1871 constate l'existence de diverses hordes d'Indiens qui se trouvent en rapport avec les bourgades civilisées, et d'autres, en plus grand nombre, ennemies des civilisées et qui leur font tout le mal qu'elles peuvent; elles vivent cachées dans les forêts éloignées. On n'a pas de renseignements sur l'état de la catéchèse parmi ces Indiens sauvages, mais l'exemple de ces hordes pacifiques et en bons rapports avec la civilisation doit être un encouragement à l'organisation de nombreuses missions chez ces sauvages. Dans le but de coloniser cette con-
trée et de stimuler l'immigration spontanée, le gouvernement a dépensé des sommes considérables avec un résultat insignifiant; ces dépenses auraient été bien moindres et beaucoup plus productives si elles avaient été appliquées à la catéchèse.
Le gouvernement de l'empire qui a dépensé tant d'argent pour essayer différents systèmes de colonisation et d'émigration européenne, aurait bien pu et pourrait encore, avec moins de frais, môme avec des résultats problématiques, essayer d'amener à la société, au traveil, à la civilisation et au bien général tant de milliers d'Indiens sauvages qui sont originaires du pays et par conséquent les hommes les plus capables et les plus robustes pour coloniser le Brésil, leur pays natal.