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CHAPITRE XXI

Province de Matto-Grosso.

ESQUISSE HISTORIQUE

L'époque des premières découvertes dans les terres de la province de Matto-Grosso est enveloppée de doutes, de contradictions et d'anachronismes. Charlevoix commet une erreur grave lorsqu'il dit qu'en 1516 ou 1525 Aleixo Garcia, d'après l'ordre de Martim Affonso de Souza, partit de Sâo-Pauïo avec une expédition qui pénétra bien au-delà du Paraguay, tandis qu'il est incontestable que Martim Affonso de Souza n'arriva au Brésil qu'en 1531 et que ce n'est que l'année suivante qu'il fonda les colonies de Sâo-Vicente et de Piratininga; il est donc évident que cette expédition ne peut avoir eu lieu que postérieurement à cette dernière année. Ceux même qui, comme Ayres-Cazal, admettent qu'Aleixo Garcia, paulista ou bien Portugais, avec une nombreuse suite d'Indiens humanisés, traversa le Paraguay et pénétra jusque dans le voisinage des Andes, et fut vers le milieu de ce siècle le premier découvreur connu de la partie méridionale de cette vaste région, oublient que de semblables expéditions dans les déserts avec une suite exclusivement composée d'Indiens n'était pas dans les habitudes et qu'on n'en cite pas un seul exemple parmi les Portugais colonisateurs. En outre , les mamelucos paulistas n'avaient pas encore commencé la série de leurs fameuses bandeiras (expéditions): ils débutaient à peine à Sao-Paulo en se mettant en lutte déclarée avec les jésuites. L'action hardie d'Aleixo Garcia, Portugais ou paulista, n'est donc pas d'accord avec la date

Macbdo, Brésil. 31

qu'Ayres Cazal, justement incertain, indique d'ailleurs d'une manière assez vague.

Longtemps après Aleixo Garcia, Manoel Corrêa paulista comme celui-là traversa l'Araguaya, et d'autres sertanejos chefs de bandeiras en firent autant et envahirent l'intérieur à la poursuite des Indiens jusqu'en 1718, époque où Antonio Pires de Campos, également paulista, remonta la rivière Cuyabâ pour faire la chasse aux Indiens cuchipôs dont le village se trouvait à V endroit où est aujourd'hui V ermitage de Sâo-Gonçalo, selon l'opinion et les expressions d'Ayres Cazal.

L'histoire trouve alors des données plus précises. En 1719, Paschoal-Moreira Cabrai, encore un paulista, remonte la rivière Cuchipo-Mirim , et à peu de distance il découvre quelques grains d'or; il s'avance jusqu'à l'endroit nommé plus tard Forquilha où il s'empare de quelques enfants indiens parés de paillettes de ce métal; il examine les environs et trouve de l'or en si grande abondance que, sans instruments spéciaux, il en fait une assez belle récolte seulement en creusant le sable avec les mains. Après cela, Cabrai et ses compagnons redescendent la rivière jusqu'au village qu'Antonio Pires avait visité l'année précédente; ils y élèvent des cabanes et font quelques plantations. Une nouvelle bandeira vient se joindre à eux; ils expédient José-Gabriel Antunes pour faire part de leurs découvertes au gouverneur de Sâo-Paulo; Cabrai est nommé par acclamation chef de la colonie jusqu'à l'arrivée des ordres du gouverneur; on dresse le 8 avril 1719 un acte de ces dispositions signé par vingt-deux sertanejos les plus importants de la bourgade qu'ils venaient de fonder.

Dès 1720, les nouvelles apportées par José-Gabriel mirent en marche vers Matto-Grosso de nombreux aventuriers, mais leurs expéditions étaient si mal organisées qu'ils n'arrivèrent pas à leur destination: beaucoup d'entr'eux moururent en route faute de bons guides ou d'armes, de sorte que non-seulement les maladies, mais encore les sauvages et les bêtes féroces tuèrent la plupart de ces malheurcnx. Les grands désastres de ces premières expéditions servirent de leçon à d'autres bandes qui partirent ensuite.

Dans cette même année de 1720, Moreira Cabrai trouvant une plus riche mine d'or à Forquilha, y transporta sa bourgade. En 1721, le sorocabano Miguel Sutil qui commençait à faire une plantation sur le bord du Cuyabâ, envoya deux Indiens carijôs, ses domestiques, chercher des ruches d'abeilles sauvages dans la forêt, et le soir ceux-ci lui rapportèrent, outre les ruches, vingt-trois pépites d'or pesant 123 octaves (441 grammes). Le lendemain, Sutil avec son domestique, le Portugais Joâo Francisco surnommé Barbado (barbu) et toute sa suite, sous la conduite des deux carijôs se dirigèrent vers le terrain aurifère; ils y ramassèrent tant d'or à la main qu'en rentrant le soir, Sutil avait pour sa part une demi-arroba (7340 grammes) et Barbado 400 octaves (1434 grammes)!... C'est dans cette localité que se trouve aujourd'hui la ville de Cuyabâ, créée à cette époque, et l'endroit où les deux Indiens découvrirent et recueillirent la plus belle des ruches est le lieu où se trouve l'ermitage de Nossa-Senhora do Rosario.

Comme il était naturel, la bourgade de Forquilha se transporta aussitôt à l'endroit où se trouvait le merveilleux gisement qui, selon une estimation faite à cette époque, rapporta en un mois plus de 400 arrobas (5874 kilogrammes) d'or, sans que les excavations eussent pénétré à plus de 4 brasses (8m 80e) de profondeur.

En 1721, le gouverneur de Sào-Paulo, Rodrigo César de Menezes, s'occupant avec zèle de la perception de l'impôt royal du cinquième sur le produit des mines, nomma les deux frères Lourenço Leme et Joào Leme, le premier percepteur du cinquième, et le second directeur des mines. Mais le choix fut malheureux: ces deux employés commirent toute sorte de violences, les abus les plus révoltants, et provoquèrent tant de désordres et de scandales que le gouverneur les fit arrêter: Lourenço Leme fut tué d'un coup de fusil dans le désert, et Joào Leme , condamné à être décapité , fut exécuté dans la ville de Bahia en 1724.

Au milieu de mille périls , décimés dans leurs marches vers Matto-Grosso, les sertanejos paulistas et d'autres aventuriers se portaient en foule dans cette région où l'or abondait et dont la

richesse semblait être un rêve de poète. L'idée de cette opulence naturelle du sol était loin d'être exagérée, mais l'exportation de ces trésors trouva, des ennemis redoutables sur les eaux du Paraguay et des autres rivières.

Deux nations indigènes menaçaient les paulisias et tenaient Matto-Grosso comme en état de siège; c'étaient les payagoàs, excellents conducteurs de pirogues sur le Paraguay, et les guaytiirûs, cavaliers par excellence, qui dominaient plusieurs dizaines de lieues de chaque côté des rivières formant le bassin de La Plata. Les chevaux, apportés d'Europe par les conquérants et laissés en liberté dans les fertiles plaines de ce bassin, s'étaient multipliés d'une manière extraordinaire et fournissaient des montures à ces sauvages qui étaient devenus d'excellents cavaliers. Longtemps ennemis, les payagoâs et les guageurûs firent cause commune contre les Portugais, et les derniers, doublant leur influence, devinrent aussi intrépides navigateurs qu'ils étaient hardis et impétueux cavaliers. Cette redoutable alliance se fit sentir de 1725 à 17G8, époque où les jjayagoâs se soumirent aux Espagnols et formèrent un village près l'Assomption.

La rupture de l'alliance avec les payagoâs ne découragea pas les guayeurûs qui étaient devenus des guerriers aussi intrépides dans leurs flottilles de pirogues que dans leurs escadrons de redoutable cavalerie. Ils disputèrent le passage et la navigation aux colons de Matto-Grosso, presque jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, en 1791, époque où leurs principaux chefs, Emavidi, Channé qui prit le nom de Paulo-Joaquim-.Tosé Ferreira, et Qucyma qui fut surnommé Joâo Que y m a de Albuquerque, se présentèrent à Villa-Bella de Matto-Grosso pour offrir et demander la paix; là, dans le palais du gouverneur et en présence de la municipalité, on se jura une amitié perpétuelle et en même temps on fit dresser l'acte de leur soumission à la couronne de Portugal.

En 1727, le gouverneur de Sâo-Paulo, Rodrigo César de Menezes visita le nouveau district de Matto-Grosso et, en arrivant à la bourgade fondée à peine depuis six ans, il lui donna le nom de Villa- Real de Cuyabâ; il se retira l'année suivante

en remontant, selon Ayres Cazal, le cours du Tacoary, que les voyageurs préférèrent, depuis 1729, à l'Embotatiâ dans l'espoir d'éviter la rencontre des Indiens ennemis, ce qui d'ailleurs ne leur réussit pas davantage.

Jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, les mineurs de Matto- Grosso subirent de nombreux désastres dans leurs envois d'or; quelquefois ils prenaient de sanglantes revanches, sans pour cela corriger les terribles sauvages. Ce serait un travail stérile que de dresser un rapport minutieux et chronologique de ces combats vraiment herculéens, mais tout semblables quant aux moyens d'attaque et de défense, dans les intentions et le but, enfin dans le caractère de ces conflits. Il nous suffira de dire que les armadas qui sortaient de Cuyabâ se composaient de dizaines de pirogues, et qu'en 173G la flotte fut do plus de cent de ces embarcations. Quelquefois le nombre des combattants d'une de ces armadas s'élevait à plus de six cents hommes envoyés dans le but de repousser et poursuivre les ennemis; mais les payaffoâs et les guayeurûs résistaient avec opiniâtreté, souvent même ils prenaient l'offensive contre ces troupes disciplinées et bien armées, et envoyaient toujours contre ces flottilles un nombre plus considérable de pirogues. Dans l'affreuse bataille engagée en 1736 à Carandà et qui dura quelques heures, bien que l'expédition fût nombreuse et principalement composée de paulistas, on compta parmi les morts: le commandant Pedro de Moraes et le moine franciscain Antonio Nasc entes surnommé Tigre à cause de sa force et de son courage extraordinaires. Celui qui se distingua le plus dans ce combat, ce fut un homme de couleur, Manoel Rodrigues, plus connu sous le nom de Mandic- Assû (le grand Manuel) à cause de sa taille et de sa force prodigieuses , par sa bravoure et sa résolution remarquables ; il n'avait à ses côtés qu'un seul auxiliaire, sa femme, et fit de tels prodiges qu'après la victoire remportée sur les Indiens, il reçut le grade de capitaine à sort retour à Cuyabâ.

Malgré tant d'obstacles et de contrariétés, les sertanejos et les aventuriers affluaient à Matto- Grosso, et la découverte de nouvelles mines fit surgir d'autres bourgades. En 1728, Gabriel- Antonio Maciel et ses compagnons découvrirent la rivière Dia-

mantino et fondèrent au confluent de celui-ci avec le Rio do Ouro une bourgade qui fut alors nommée Alto-Paraguay et qui près d'un siècle plus tard fut élevée à la catégorie de bourg sous le nom de Nossa-Senhora da Concciçào do Alto-Paraguay- Diamantino; et en 1734, les deux frères sorocabanos Fernando et Arthur de Barros découvrirent de vastes terrains aurifères qu'ils se partagèrent l'année suivante et fondèrent sur la rive droite du Guaporé la bourgade de Pouzo-Alegre, aujourd'hui ville de Matto-Grosso, et celle de Sào-Francisco Xavier à 13 kiiom. de celle-là. Le sol était très-riche, mais les marécages voisins occasionnèrent des fièvres paludéennes qui firent mourir beaucoup de mineurs.

Non -seulement l'or, mais encore les diamants abondaient dans cette région et, en outre, l'ouverture d'une route conduisant à Goyaz, par laquelle vinrent plus facilement et avec moins de dangers plus de 1500 personnes avec beaucoup de chevaux et de nombreux troupeaux de bœufs à Matto-Grosso, ce qui contribua considérablement à l'augmentation de la population dans cette contrée.

En 1742, Manoel de Lima, avec à peine neuf compagnons, dont cinq Indiens, avec une hardiesse étonnante, osa descendre dans une pirogue, par le Guaporé, le Madeira et l'Amazone jusqu'à la capitale du Parâ que le hasard seul lui fit apercevoir. Mais il ne fut pas le seul qui entreprît une navigation si aventureuse, un autre, en même temps et à une grande distance, avait eu l'idée de faire ce voyage en sens contraire : dans cette même année, Joaquim Ferreira avec d'autres marchands remontèrent l'Amazone, le Madeira et ensuite par le Mamoré jusqu'à Exaltaçâo, mission de jésuites. En 1743, ces mêmes négociants ou d'autres entreprirent une navigation semblable et arrivèrent à la mission de Santa- lîosa, de jésuites espagnols comme la première, nouvellement fondée sur la rive orientale du Guaporé; le curé de cette mission voulut s'opposer à la navigation de la rivière, et cette prétentien coïncida avec le transport de la mission de Sâo- Miguel sur la même rive; mais cela n'intimida pas les colons de Matto-Grosso qui continuèrent à naviguer sur la Guaporé.

En octobre 1746, le tremblement de terre qui fut si fatal au Pérou en détruisant la ville de Lima et produisant d'autres ravages considérables, fut sensible à Matto- Grosso, et fut le prélude d'une calamité bien plus sensible et prolongée : l'absence des pluies qui se faisait déjà sentir depuis quelque temps, devint une épouvantable sécheresse qui dura jusqu'en 1749; des forêts entières brûlèrent; des nuages de fumée obscurcissaient le ciel et rendaient l'air étouffant ; beaucoup de malheureux moururent de faim, de privations et de misère; ces pauvres infortunés, bien qu'entourées d'or et les mains pleines de diamants, souffrirent toutes les horreurs de la famine la plus cruelle!

Ce fut à cette époque de douloureuse épreuve que fut créée en 1746, comme à Goyaz, la prélature de Matto-Grosso et, de même que celle-lâ, sa sœur en colonisation et sa supérieure sous le point de vue chronologique et administratif, la charte royale du 9 mai 1748 réleva au rang de capitainerie distincte et séparée de celle de Sâo-Paulo.

La prélature de Matto-Grosso ne fut installée que soixantedeux ans plus tard, car ce ne fut qu'au mois d'août 1808 que Luiz-Castro Pereira, pressé par les ordres du gouvernement, entra en fonctions. Cette prélature eut presque le même sort que celle de Goyaz.

L'installation de la capitainerie indépendante ne fut pas si longtemps ajournée. Au commencement de 1751 arriva une nombreuse flotte à Cuyabâ, amenant, outre Theotonio da Silva Gusmâo en qualité de juiz de fora (juge civil et criminel), deux jésuites, une compagnie de dragons et Dom Antonio Rolim de - Moura, postérieurement comte d'Azambuja et second vice -roi dans la capitale de Rio de Janeiro, gouverneur et, dans la même année, fondateur de la nouvelle capitainerie de Matto- Grosso.

Les pluies et, après les pluies, le soleil avaient préparé une belle réception à Rolim de Moura. Depuis plus d'un an la face du pays et l'esprit de la population s'étaient transformés; les forêts incendiées étaient couvertes d'une nouvelle végétation belle et verdoyante, le ciel resplandissant , l'abondance avait succédé aux privations, et les colons encouragés par la quantité

prodigieuse des vivres et l'opulence inépuisable des mines, saluèrent leur premier gouverneur avec l'expansion naturelle à des hommes qui, après un fléau dévastateur, se considéraient heureux et espéraient de l'avenir une félicité plus grande encore.

Dom Antonio Rolim était chargé de fonder un bourg dans une localité convenable afin de chasser les jésuites espagnols établis sur la rive droite du Guaporé, et d'organiser la navigation que Manoel de Lima avait si audacieuseraent inaugurée en 1742. Il choisit, à cause de sa situation, la bourgade de Touzo-Alcgre et lui donna, le 19 mars 1752, le titre et le nom de Villa-Bella; il réleva au rang de capitale et y transporta avec l'autorisation de l'évoque de Rio de Janeiro, la paroisse qui jusqu'alors avait été l'ermitage de Sant' Anna. La navigation qu'on avait supposé plus facile qu'elle ne Tétait réellement fut cependant encouragée le plus possible; mais deux routes que le gouverneur fit ouvrir furent beaucoup plus utiles, car elles établirent des communications faciles avec Rio de Janeiro et Bahia. Malgré cela, les intrépides paulistas continuèrent à voyager par eau sur le Camapoan, bravant les sauvages ennemis. Les jésuites espagnols se virent bientôt forcés de quitter les positions qu'ils occupaient illégalement, et Dom Antonio Rolim pendant son gouvernement de quatorze ans sut établir l'organisation administrative, encouragea et développa la culture de la canne à sucre, attira de nouveaux colons, augmenta les revenus du Trésor royal et aurait fait bien plus encore s'il n'eût pas été forcé de défendre à plusieurs reprises, de 1759 à 1764, sur les frontières de Santa- Cruz de la Sierra les limites de la* domination portugaise.

Dans la série des gouverneurs de Matto -Grosso, nous devons principalement rappeler Luiz de Albuquerque Mello Pereira e Caceres qui y arriva par terre, venant de Rio de Janeiro. Il mit quatorze mois pour faire ce long voyage à travers les bois et les montagnes et en fit faire un itinéraire. Ce gouverneur fonda le village d'Albuquerque en y réunissant les Indiens gnatûs et quinquinados catéchumènes du missionnaire italien José de Monserrate; établit en 1775 les limites de cette capi-

taillerie et ordonna d'élever à Fccho dos Morros un fort qui ne fut construit que beaucoup plus bas et dont le nom Nova-Coknbra ' ou Forte de Coimbra rappelle la mémoire de faits héroïques.

En 1768 les payagoâs, comme nous l'avons déjà dit, se séparèrent des guaycurûs; mais ces derniers continuèrent vaillamment à disputer le passage et à hostiliser les colons de Matto-Grosso; en 1775, ils osèrent remonter le Paraguay jusqu'à Villa-Maria où ils tuèrent seize personnes et emmenèrent d'autres comme prisonnières et esclaves. Ce hardi coup de main détermina la fondation du fort de Coimbra devant lequel les guaycurûs se présentèrent en 1780 comme amis, faisant des échanges et manifestant le désir de vivre en bonne harmonie avec les Portugais. L'année suivante, ils revinrent en plus grand nombre et, toujours avec les mêmes apparences pacifiques, surent gagner la confiance de la petite population du fort qu'ils attaquèrent à Timproviste, et assassinèrent traîtreusement environ cinquante personnes, victimes de leur aveugle confiance.

La première page brillante du fort de Coimbra fut écrite en 1801. Dom Lazaro da Ribeira, parti de l'Assomption avec des forces espagnoles imposantes, l'attaqua sans résultat dans l'après-midi du 16 septembre, et le lendemain matin, comptant sur la grande supériorité de ses forces, il somma le commandant du fort, Ricardo Freire de Almeida, de se rendre; celui-ci répondit comme les héros portugais du seizième siècle en Asie, et après neuf jours de siège et d'assauts repoussés avec perte, le chef espagnol ennemi se vit forcé de se retirer honteusement devant la gloire du drapeau portugais et de ses héroïques défenseurs.

La dernière attaque des guaycurûs qui soit digne de mention fut la trahison de 1781; peu d'années après ils firent la paix et se reconnurent sujets des rois de Portugal, comme il a été dit, Quant aux Espagnols , ils ne revinrent pas à La charge et profitèrent de la leçon donnée à Dom Lazaro.

Depuis 1801, la capitainerie de Matto- Grosso, en paix avec les guaycurûs, débarrassée des jésuites et des aggressions des Espagnols qui peu d'années après virent commencer la guerre de l'indépendance de leurs colonies d'Amérique, entra

dans une voie de prospérité relative. En 1818 la charte royale du 17 septembre érigea en ville le bourg de Cuyabâ et donna le même rang à Villa-Bella qui prit le nom de Matto-Grosso; mais deux ans après, cette dernière jusqu'alors capitale perdit ce titre, et le siège administratif fut transféré à Cuyabâ, à cause des fièvres endémiques qui régnent dans son voisinage et qui firent de nombreuses victimes en 1819 et 1820.

Le dernier gouverneur de Matto-Grosso , Francisco de Paula Magessi Tavares de Carvalho, qui avait pris les rênes de l'administration en 1818, fut remplacé en 1821 par un comité constitutionnel provisoire , expression du mouvement donné par la révolution de Portugal en 1820.

Comme les autres capitaineries, Matto-Grosso devint province de l'empire du Brésil déclaré indépendant et fondé en 1822. Depuis cette époque, l'ordre et la tranquillité publique se sont toujours maintenus inaltérables dans cette province, avec la seule exception d'un mouvement anarchique et vestigineux de la populace de Cuyabâ qui, voyant le gouvernement sans action et sans force, domina la ville, répandit dans les bourgs et les bourgades de la province la terreur et la consternation, et teignit de sang le sol de la patrie dans les horribles massacres qui durèrent du 30 mai au 5 juillet 1834, jour mémorable où le colonel Joâo-Popino Caldas vainquit et écrasa l'anarchie. Cet affreux épisode ne peut porter ombrage au caractère doux et paisible de la population de Matto-Grosso qui, pendant un demi-siècle de nationalité brésilienne et de vie politique dans l'empire ne peut être accusée d'aucun autre acte d'insubordination, et qu'au contraire, bien que peu avancée en civilisation, elle est notable par sa docilité et ses mœurs hospitalières et patriarcales.

Mais, tranquille à l'intérieur, la province de Matto-Grosso devait vivre dans une certaine inquiétude à cause des difficultés relativement aux limites de l'empire avec la Bolivie et principalement avec le Paraguay, ses voisins limitrophes. On sait comment furent si souvent frustrées les négociations diplomatiques pour résoudre ces difficultés internationales; mais heureusement elles ont été réglées à l'amiable avec la Bolivie par

le traite de 1868 (déjà mentionné), qui a respecté les intérêts 3t le bon droit de chacune des deux parties.

Il n'en a pas été de même avec le Paraguay. En 1864, a éclaté la guerre provoquée et commencée sans déclaration préalable par le dictateur Francisco-Solano Lopez, avec des actes dignes de si barbares aggresseurs. Deux provinces de l'empire furent envahies à l'improviste: Matto- Grosso et Rio- Grande do Sul.

L'histoire ou même une courte mention de cette guerre ne peuvent trouver ici leur place: ces grandes campagnes et ces mémorables batailles ont eu d'autres théâtres; malgré tout, la province de Matto-Grosso a subi de cruelles épreuves, et le fort de Coimbra fut le 28 décembre 1864 la première victime de cette agression sauvage et brutale.

Le général Barrios, à la tête de 6000 Paraguayens destinés à l'invasion de Matto-Grosso , arriva devant le fort de Coimbra, débarqua des canons, établit ses batteries et foudroya pendant quarante-huit heures le fort commandé par le lieutenant-colonel Porto-Carrero qui, disposant à peine de 155 soldats, 17 galériens et quelques Indiens, et tellement dépourvu de munitions de guerre qu'il fut obligé d'employer 70 femmes de soldats à faire des cartouches, résista pourtant deux jours, repoussa un assaut et, dans la nuit du 30 décembre, se retira sans bruit avec toute sa garnison sur le vapeur Anhambahy, et réalisa une admirable retraite après une glorieuse résistance.

Alors Barrios envahit impunément le sud de Matto-Grosso, et ses bandes à-demi barbares se distinguèrent par des assassinats, des destructions inutiles, et par le fait inqualifiable de la réduction à l'esclavage de familles entières, de pauvres femmes et d'enfants qui allèrent au Paraguay expier le crime de leur nationalité brésilienne.

La province de Matto-Grosso ne fut pas abandonnée par l'empire, mais elle ne pouvait être le théâtre de la guerre: la distance énorme que la séparait du littoral empêchait les armées de s'y transporter avec toute la célérité désirable; malgré tout, avec des sacrifices immenses, une nombreuse et vaillante colonne de soldats s'avancèrent courageusement jusqu'au territoire méri-

dional envahi par les Paraguayens, mais un autre ennemi contre lequel la valeur humaine est impuissante vint détruire la petite mais héroïque armée qui recourait à sa défense. La peste qui sévit avec furie et obligea cette expédition à opérer une glorieuse retraite au milieu de forces paraguayennes , dans une suite presque non interrompue d'attaques et de combats où les ennemis étaient toujours repoussés, et qui termina à l'honneur du pavillon brésilien sauvé de toute souillure par le reste de la colonne presque anéantie et dont le passage était indiqué par les nombreux cadavres qu'y laissait la peste.

L'histoire de cette marche douloureuse, horrible et pourtant si énergique et si glorieuse est minutieusement rapportée dans l'excellent livre a La retraite de la Lagimc» de M. le docteur Escaragnole Taunnay, major du génie, Brésilien distinguée qui a bien mérité de la patrie en partageant le martyre de cette infortunée mais digne et illustre colonne militaire de 3Iatto-Grosso.

Les victoires des armées de la triple -alliance et de la marine brésilienne qui menaçaient le pouvoir du dictateur Lopez dans le voisinage do sa capitale, l'obligèrent à s'entourer de toutes ses forces, et l'invasion paraguayenne évacua le territoire de Matto - Grosso qui fut ainsi débarrasé de leurs cruelles et barbares incursions.

La guerre fut terminée par l'extinction du pouvoir et de la vie de celui qui l'avait provoquée. Le seul motif de cet immense sacrifice de sang humain fut l'aveugle ambition de Francisco-Solano Lopez qui trouva des prétextes spécieux pour déguiser ses plans de conquête. Mais elle a donné parmi ses résultats la solution définitive et complète de la question des limites par le traité de 1872, dans lequel le Brésil, généreux après la victoire, n'exigea, ne voulut de la république voisine que ce qu'il proposait et soutenait diplomatiquement depuis longtemps.

Un autre résultat de la guerre, très -avantageux et d'un brillant avenir pour la province de Matto-Grosso, c'est la libre navigation du Paraguay à laquelle Lopez, sous prétexte de mesures fiscales, opposait des obstacles révoltants.

Par la bulle de Benoît XIV du 6 décembre 1746 fut créé ù Matto-Grosso une prélature qui ne devint effective qu'en 1808. La bulle de Léon XII du 15 juillet 1827 érigea cette prélature en évêché.

POSITION ASTRONOMIQUE ET DIMENSIONS

La province est située entre le V 30' et le 24 e 10' de latitude méridionale et entre le 7° 25' et le 22° de longitude occidentale.

Sa plus grande étendue du nord au sud est de 1550 kilom. depuis l'embouchure du Bio-Fresco sur la rive droite du Xingû jusqu'à la rive gauche du gros ruisseau Igurcy qui se jette dans le Paranâ; et de l'est à l'ouest de 1770 kilom. depuis l'embouchure du Rio das Mortes sur la rive gauche de VAraguaya jusqu'à la rive droite du Madeira. La navigation fluviale de cette province est évaluée à environ 6650 kilom. et sa surface à 2,225,000 kilom. carrés: c'est la seconde province de l'empire pour l'étendue presque égale à celle de l'Amazone, la seule qui lui soit supérieure.

BORNES

Au nord, elle est séparée de la province de l'Amazone par le thalweg des rivières Giparanâ ou Maehado do Mar qui se jette dans le Madeira, VUruguatàs ou Oreguatûs, affluent du Tapajôs, et par la Cordillicrc Générale; de celle du Grâo-Parâ par les rivières das Tres-Barras ou de ISào-Mamtel affluent du Tapajôs, le Caray et le Fresco affluents du Xingû et VAquitpty, tributaire de TAraguaya près de la chûte de Santa-Maria , où commencent la chaîne de Gradaûs; de la province de Goyaz comme il a déjà été dit. Au sud elle est bornée par la république du Paraguay. A l'est, elle est séparée de la province de Goyaz par YAraguaya depuis sa source jusqu'à l'embouchure de YAquiquy, au-dessous de la chûte de Santa -Maria où commence la chaîne de Gradaûs; de celle de Minas-Geraes , par le thalweg du Paranaîiyba depuis l'embouchure de V Apuré jusqu'à son confluent avec le Bio-Grande ou Paranâ; de celles de Sâo-Paulo et Paranâ, par le fleuve de ce nom depuis le con-

fiuent du Paranahyba avec le Bio-Grande jusqu'à l'embouchure du Parnapanema pour la première, et pour la seconde depuis l'embouchure de cette dernière jusqu'au saut du Gruayrâ ou Sete-Quedas. A l'ouest, de la province de l'Amazone par le Madeira depuis son confluent avec le Mamorè jusqu'à l'émbouchure du Giparanâ, et enfin par la Bolivie.

Les limites avec le Paraguay et la Bolivie sont indiquées au Chap. II de la première Partie. Les bornes inter-provinciales ne sont pas encore parfaitement établies.

CLIMAT

Il est variable selon les latitudes et les circonstances locales; dans une grande partie de la province où le terrain est plus ou moins élevé et principalement dans celle qui se trouve au-delà du tropique le climat est sain, et doux en quelques localités; dans les endroits marécageux et sur les rives basses et noyées de quelques cours d'eau régnent les fièvres intermittentes à l'époque où les eaux sont basses; mais il est certain que les localités et les zones malsaines sont très -connues et limitées. En général le climat de la province est agréable, et dans quelques localités il n'est pas inférieur aux plus fortunés.

ASPECT PHYSIQUE

Le sol est montueux et élevé; il comprend cependant de vastes plaines. La grande chaîne qui vient du nord, celle de Parecis qui s'avance de l'ouest et précède le vaste plateau nommé Campos Parecis et une suite de chaînes et de montagnes donnent à cette province un terrain très-inégal et abondamment arrosé.

La chaîne Occidentale ou dus Vertcntes est la dominante, et dans cette province son pouvoir s'étend sur les principaux cours d'eau. A l'est, au point où se touchent les provinces de Matto-Grosso , Goyaz et Minas -Geraes, cette cordillière s'étend sous les noms de Serra de Santa-Martha, Sellada et do Sacco; au S.-E., la chaîne de Santa -Barbara, voisine de celle à'An-

hanibàhy à l'ouest. Au sud, avec son importance limitrophe, se courbe celle de Maracajû. A l'ouest de la chaîne dominante se détachent des rameaux qui vont jusqu'à la rive droite du Madeira et portent les dénominations de chaîne de Parecis qui précède l'immense plateau nommé Campos Parecis, les chaînes Aguapehy, Tapirapuan, do Pary, Arapares, do Tombador} da Mangabeira et do Roncador, la chaîne Azul au nord de celle de Pary, suivent différentes inclinaisons de l'ouest à l'est jusqu'à ce qu'elles se rapprochent des chaînes de Sellada et Santa- Martka, avec lesquelles communique celle de Roncador au moyen d'une suite de monts et de terrains élevés. Outre quelques autres chaînes moins importantes à l'ouest s'élève encore la chaîne dos Bourados. Au nord, entre dans la province la chaîne do Norte, dont les chaînes Apiacas et Morena semblent être des ramifications. Au nord -est s'élève la chaîne de &radaûs qui se prolonge vers l'est.

Outre les chaînes ci-dessus mentionnées, il y en a d'autres qui se font remarquer plutôt par leur étendue que par leur hauteur.

HYDROGRAPHIE

Le système hydrographique de la province est important et très -remarquable. Nous l'avons déjà étudié dans tous ses bassins au Chap. VIII de la première Partie.

Les principaux bassins vers lesquels coulent toutes les eaux de la province sont au nombre de six: au nord, ceux du Madeira et du Juruena, confluent du Tapajôz, et du Xingû; à l'est, ceux de YAraguaya et du Paranâ; à l'ouest, ceux du Madeira et du Paraguay. Le Paraguay et le Paranâ reçoivent les eaux qui coulent dans la partie méridionale de la province.

La chaîne das Vertentes est la principale ligne de division des eaux, et dans les Campos-Parecis se manifeste le plus considérable et prédominant divortium aquarum du système hydrographique général du Brésil entre les deux grands bassins du nord et du sud.

Les nombreux cours d'eau de la province qui vont se

réunir dans chacun des bassins ci -dessus mentionnés ont été indiqués lorsque nous avons étudié chacun des six principaux cours d'eau; aller au-delà serait une tâche longue et pénible qui nous ferait sortir de notre cadre. Nous nous contenterons donc de dire que la province de Matto-Grosso est une des plus libéralement arrosées, et que de son intérieur coulent vers les différents bassins des rivières navigables pour des pirogues, de petits navires etc., et qu'au nord, à l'est et à l'ouest elle a de majestueuses voies hydrauliques qui, aux endroits où leur cours est embarrassé par des chûtes, pourraient au moyen de travaux d'art ou par des chemins de fer de peu d'étendue devenir parfaitement navigables en reliant les bassins de la Flata et de l'Amazone et établissant des communications faciles entre les provinces de Paranà, Sâo-Paulo et Minas-Geraes par le Paranâ qui met également cette dernière en rapport avec Goyaz, laquelle a encore le cours mutuel et splendide de l'Araguaya pour associer ses destinées à celles de sa sœur centrale du Brésil.

Cette perspective n'est pas un vain songe; c'est à peine un événement futur que le mouvement uniformément accéléré du progrès annonce comme très -prochain, beaucoup plus que ne le supposent les pessimistes et ceux qui ne veulent pas reconnaître la combinaison harmonique d'une grandeur naturelfe extraordinaire unie à l'intérêt positif et aux avantages matériels et économiques, les plus puissants instigateurs de l'homme.

PRODUCTIONS NATURELLES

IVegne minéral. Nous l'avons déjà suffisamment considéré dans l'étude générale. Le rapport du président de la province en 1871 contient les expressions d'encouragement suivantes qui n'ont pu être écrites casuellement ni par la flatterie: «De Vor dont les filons se voient constamment en différents endroits; des diamants, dont peut-être les mines les plus copieuses n'ont pas encore été exploitées, et enfin du cuivre et du fer, etc.» Ce renseignement officiel ne peut manquer d'être accepté , car il indique beaucoup moins que la richesse minérale reconnue de la province.

Règne végétal: La flore de la province est extraordinairement riche; des forêts luxuriantes et immenses sur les rives des cours d'eau et sur les versants des chaînes de montagnes montrent la végétation la plus variée et l'abondance la plus prodigieuse des meilleurs bois pour les diverses constructions. L'indigo et le riz y poussent spontanément; le figuier d'Inde, l'ipécacuanha, le jalap, la vanille, les arbres à copahu, à mastic, à manne, à sang de dragon, à caoutchouc, l'herbe mate, le cactus à cochenille et beaucoup d'autres végétaux d'une grande utilité s'y trouvent en abondance et à la portée de tous. Les guabirùbas, les cajueiros nains, les goyaviers, les araçazeiros, les mangabeiras, les bananiers et beaucoup d'autres végétaux à fruits estimés y sont communs.

Règne animal: C'est le môme que dans les autres provinces, mais en nombre et en abondance beaucoup plus considérables. Ayres Cazal dit qu'il y a des tapirs de toutes les couleurs; on y rencontre des cerfs blancs; les onces sont nombreux, les Indiens les chassent avec une audace étonnante: ils les attaquent de face et, tenant d'une main une petite fourche, ils la présentent devant la gueule de l'animal, de l'autre ils portent un couteau et tuent l'animal sur le coup.

Le sol de Matto-Grosso est d'une fertilité étonnante, mais les frais considérables des transports réduisent presque l'agriculture aux nécessités de la consommation de la province. La canne à sucre, le tabac, le coton, le manioc, les céréales du pays, le blé et les légumes y sont cultivés et donnent des produits qui paraissent invraisemblables. Le rapport de la présidence de la province présenté en 1871 mentionne qu'il y a des champs' de canne à sucre qui produisent depuis 40 ans sans avoir été replantés, et que le mais rapporte 200 pour un. Le riz n'a besoin d'aucune culture: il vient spontanément et appartient à quiconque veut le récolter. Ayres Cazal avait déjà dit qu'à Matto-Grosso les orangers produisent toute Tannée, et le rapport ci-dessus dit encore que les bois d'orangers gi-

Macedo, Brésil. 32

ganlesutics sont constamment et simultanément couverts de fleurs, de fruits verts et de fruits complètement mûrs. L'indigo et l'herbe mate y abondent sans que l'industrie en tire parti pour l'exportation qui est encore fort onéreuse. Les industries qui prospèrent et exportent leurs produits se réduisent à l'exploitation de l'or et des diamants et à l'élève des bœufs: la province en exporte plusieurs dizaines de mille par an, sans compter ceux qu'on y tue et dont on exporte les cuirs. L'ipécacuanba et quelques autres denrées accompagnent quelquefois ces principaux produits d'exportation du commerce provincial.

La politique d'isojement des dictateurs du Paraguay qui fermaient à la province de Matto-Grosso la communication avec l'Atlantique par La Plata a été abolie en 1870, et ainsi avec l'ouverture de l'Amazone, dès que quelques tronçons de lignes de chemin de fer auront supprimé les difficultés qui s'opposent à Ja libre navigation de ces fleuves, se trouvera établie la .grande artère de communication intérieure du Brésil des bouches de l'Amazone à l'estuaire de La Plata.

L'opulence colossale de Matto-Grosso est encore ignorée, mais bientôt elle se montrera dans toute sa splendeur aux yeux des plus incrédules, et cette province occupera le rang que lui a destiné la Providence.

STATISTIQUE

Population: 64,000 habitants dont 60,000 libres et 4000 esclaves.

Ecprcsentation nationale et provinciale: 1 sénateur et 2 députés à l'assemblée générale, et 22 à la provinciale.

La province forme un seul district électoral avec 138 électeurs et 5768 citoyens qualifiés votants.

Force imblique: Garde nationale: Un commandement supérieur, 8 bataillons et 1 section de bataillon d'infanterie en service actif; et 1 bataillon de réserve, avec un effectif de 3351 gardes -nationaux de la force active et 814 de la réserve; total 4165.

Corps p>olicial: 60 hommes (état effectif).

Instruction primaire et secondaire: Publique primaire 25 écoles dont 19 avec 706 élèves pour le sexe masculin, et 6 pour le sexe féminin avec 151 élèves; particulière: 3 écoles pour le sexe masculin avec 36 élèves. Secondaire publique: Un établissement avec 49 élèves pour le sexe masculin.

D'après le rapport de la présidence de la province en 1871, il semble que rétablissement d'instruction secondaire indiqué dans la statistique est le séminaire épiscopal. Suivant ce même rapport, il y a (au moins) un établissement ou pensionnat d'instruction primaire et secondaire pour le sexe féminin, depuis 1870, dans la ville de Cuyabà; on y apprend l'instruction primaire, le français, l'historié, la géographie, le dessin et les travaux d'aiguille ou d'agrément: il compte 26 élèves.

Division civile, judiciaire et ecclésiastique: La province de Matto-Grosso se divise et se subdivise en comarcas (districts), municipes et paroisses ainsi qu'il suit:

Comarcas.

Municipes.

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