MAMMIFÈRES
Quadrumanes. Le pays abonde en singes dont il y a diverses espèces, depuis le cuatâ, qui est le plus gros, jusqu'au saguhi qui est bien plus petit qu'un écureuil.
Carnivores: D'abord Y once, le plus féroce des animaux du Brésil, qu'on distingue en once mouchetée noire, nommé généralement tigre; la fauve qui porte dans le Paranâ le nom de lion, et en d'autres endroits celui de cangusm ou snssurana. Le genre felis comprend d'autres espèces plus petites, telles que: le gato mato (chat des bois), le jaguatirica, le maracajd, et d'autres. L'once est un objet de grande chasse au Brésil. Le cacharro do mato (chien des bois) est nommé raposa
(renard) dans quelques provinces, et en certains endroits on donne ce même nom de cachorro do mato au guarâ (canis jubatus). Le cào (Vagua (chien d'eau) semble plutôt une petite espèce iïariranha.
Chiroptères: Quelques endroits sont infestés de chauvessouris.
Rongeurs: Il y a entre autres le capivdra ou cabiai, du genre hydrochoérus; c'est le plus gros rongeur connu, la chair en est peu estimée: le lapin du genre lepus, plus petit que le lièvre d'Europe; le pereà, encore plus petit; le coati, du genre nasua, se présente en deux espèces: le coati de bando et le coati mundé: il est gracieux mais destructeur et s'apprivoise facilement; le cotia ou agouti, du genre chloromys, est beaucoup plus gros et, comme les rongeurs précédents, sauf le capivâra, d'une chair excellente. Le paca, encore plus gros que Y agouti, est un des meilleurs gibiers du Brésil, et procrée facilement en domesticité. Caxinguelês ou écureils: ils sont très-petits et pour ce motif, épargnés par les chasseurs.
Edentés: le tamanduâ ou fourmilier occupe le premier rang; il y en a de trois espèces: le tamanduâ bandeira, le mirim et une troisième qui n'a pas encore été décrite: il se nourrit principalement de fourmis ; il n'attaque pas , au contraire il évite toute agression, mais fatigué de courir, il se retourne et tient tête: alors il devient féroce et le chien qui le poursuit ou le chasseur imprudent qui s'en approche, meurt infailliblement étouffé par l'animal furieux; l'once même qui l'attaque, s'il se laisse saisir par lui, le tue, mais elle-même meurt étouffée entre ses bras de fer. Le tatou de beaucoup d'espèces, depuis le tatou-assû ou canastra qui est de la taille d'un porc, jusqu'au tatuim , le plus petit de tous; il se cache dans la terre, dans des trous qu'il creuse de ses griffes avec la plus grande rapidité; c'est un gibier très-savoureux et qui n'est pas assez apprécié parce qu'il est facile et commun. Le paresseux, du genre bradypus; c'est le symbole de la lenteur: il met une journée entière pour grimper à un arbre des feuilles duquel il se nourrit; il se laisse tuer sans résistance, sans même hâter ses mouvements.
Pachydermes: Vanta ou tapir et le porc représentent parfaitement cet ordre; Vanta (tapirus americanus) est le plus gros animal du Brésil; il a une force prodigieuse, mais il est lâche; sa chair est peu estimée, quelques-uns pourtant la réputent très-savoureuse. Les porcos do mato (porcs sauvages) appartiennent au genre dicotyle: il y en a de plusieurs espèces dont les plus connues sont : celle des caitctûs et celle des qiteixadas; ils font, avec les onces, l'objet des grandes chasses; celle des queixadas offre à peu près les mômes dangers que celle des sangliers en Europe.
Buminants: Les cerfs, qui complètent la grande chasse du pays, y abondent; il y en a de plusieurs espèces, depuis les plus modestes jusqu'aux plus superbes; les uns habitent les plaines déboisées et d'autres les plus hautes forêts.
Cétacés: On trouve des baleines, des marsouins en grand nombre et le peixe-boi (poisson-bœuf) de l'Amazone, lequel a plus de quatre mètres de long, quelquefois davantage qui broute
l'herbe des rives des cours d'eau et fournit à la plus grossière industrie beaucoup d'huile et de chair que repousse la table du riche et dont le pauvre se nourrit.
Marsupiaux: La gambâ ou sarigue y regardée avec répugnance par les uns et considérée par d'autres comme un gibier exquis.