CHAPITRE II
De la mer
Segtion*I. Liberté des mers.. — De ce que la mer est indispensable à tous les peuples, il résulte qu'elle est libre, c'est-à-dire que tous les peuples ont, au même titre, le droit* d'y naviguer sans qu'aucune nation puisse émettre la prétention d'en avoir la jouissance exclusive. Ce principe, qui nous paraît naturel, ne se forma cependant que lentement, les .nations maritimes telles que Tyr, Garthage, Rome, Gênes, Venise, l'Espagne, le Portugal, l'Angleterre ayant successivement voulu s'attribuer J'empire sur tout ou partie des mers.
Ces discussions, très aiguës au dix-septième siècle, donnèrent naissance aux ouvrages célèbres du Hollandais Grotius, auteur *du Mare liberum (1609), auc l ue l l'Angleterre répondit <en revendiquant, dans le Mare clausum de Jean Selden (i635), le domaine absolu sur l'Océan.