CHAPITRE II
Nous venons de voir comment on peut i-econnaîlre, recoller et conserver les plantes et matières premières et nous avons passé eu revue les diverses opérations qu'on peut leur faire subir pour les transformer en médicaments. Avant d'aborder l'étude des diverses formes pbarmaccutiques, de faire connaître leur mode de préparation, d'exposer leurs avantages et leurs inconvéuients, il est utile de donner quelques renseignements sur les poids et mesures, et sur les diverses opérations qui permettent de vérifier si les substances que Ton doit employer présentent bien les caractères physiques exigés par le Codex. Nous laisserons de côté les caractères chimiques qui sont particuliers à chaque espèce et dont l'énumératiou ne peut trouver place ici.
Points de fusion. — Nous venons de parler de la liquéfaction des corps solides par la chaleur ; cette liquéfaction a toujours lieu pour le même corps, à la même température, quelle que soit la source de chaleur employée. Si le point de fusion est élevé ou
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abaissé, c'est que le corps n'esl pas pur; ladélerminalion de ce point présente ua caractère importanl. Cette détermination est assez i'acile et nécessite seulement un tiiermomètre exactement gradué et divisé en dixièmes ou tout au moins en cinquièmes de degré, l.e pi-océdé repose sur cette donnée expérimentale que le point (le fusion et le point de solidification d'un corps sont les mêmes. On place un petit fragment de la substance dans un tube de verre mince et plongé dans un bain (d'eau, d'huile, de ])ararilne) dont la température est exactement indiquée par le thermomètre : on chaude lentement eu agitant bien, de manière à ci' que toute la masse du bain présente une température unilbrine, et on note la température exacte à laquelle le corps placé dans le tube commence à entrer en fusion ; on cesse alors de chaulfer le bain dont la température s'abaisse alors lentement ; au bout de quelque temps le corps placé dans le tnhc se solidifie, ou note de nouveau la température, et la moyenne des deux déterminations représente le point de fusion cherché.
Voici les points de fusion qu'on a le plus souvent occasion de vérilier :
Noms des corps Points de fusion
Acide acétique crislallisable. ... 16 degrés cenligrades
— benzoïijue 120
Axonpe •••• 26 à 31
Beurre de vache à 3ii
— de cacao 30 se solidifie à 23
— de muscade 31 à 32
Blanc de baleine 'i9
Bismuth 265
Cire blanche 64
Cire jaune 63
Étain
Iode
Nitrate d'argent
l'OlXïS d'édulution
Noms des corps Poinls do fusion
Mtrale de potasse ^^l^
lMios|ihore •• '''^
l'Iomb ■^■^•j
Soufre
^ \ de bœuf :-6 à 32
' do moulun -Il
Zinc i..U
Po/rt<s fl'ébull/flon. — La délerniinaLion du point .<rébullition oonstiLuc i)Our les liquides un onraclère de I pureté aussi important . que celle du point de fusion ipour les solides. Mais cette détermination est un peu iplus délicate. Le point d'ébuUition est bien constant ]j)our chaque liquide, mais à la condition (ju'on lui liasse subir une correction relative ù la valeur de la I pression atmosijhérique. Fn thermomètre bien graidué, plongé dans la vapeur d"eau bouillante ne mar- .([uera 100 degrés que si la valeur de la pression at- I mospliérique est rigoureusement égale à 7(iO m. m. de 1 mercure. Si elle est inférieure à ce chilfre, le point d'é- Ibullition sera inférieur ù 100 degrés; si, au contraire, la pression dépasse 7(10 : le thermomètre marquera plus de 100 degrés. De plus, le thermomètre qui sert à détiM-miiier les points d'ébullition d'un liquide, doit être plongé (Unis lu vapeur et non dans le liquide luimême. Ainsi l'eau renfermant en solution, un sel quelconque eidre en ébullition à une température d'autant plus élevée (pu^ la proportion dissoute est plus considéraljle, mais la vapeur qui se dégage ne peut possé- <ler une température supérieure à 100 : c'est pour cela (pie le réservoir du thermomètre ne doit pas être plongé dans le liquide.
Il existe, pour déterminer des points d'ébullition des appareils spéciaux que je ne puis décrire ici. Voici les points (rébullilioo des liquides les plus
56 NOTIONS mi 1MIAHMAC115 NÉCESSAIRKS AU MÉDKCIN
employés en pliamacie, à la pression de7UU m. m. de mercure.
Acétone
Acides acétique
azotique quatlriliydraté
chlorliydrique
sullurique monoliydralé
Alcool absolu
— amyliquc
Benzine
Brome
Bromoforme
Chlororornie
Essence de citron •
— térébenliiine
Ether acétique
— bromhydrique (bromure d'éthyle). . .
— chlorhydrique (chlorure d'éthyle). .
— sulfurique (ordinaire)
Gaïacol
Glycérine
Iode
Mercure
Paraldéhyde ^
Phosphore
Soufre
Sulfure de carbone
Zinc
DemiLé. — La déLerminalion de la densité présente une grande importance, soit comme moyen de contrôle, soit comme point de repère dans la préparation des médicamenls.
Nous n'avons à nous occuper que de la densité des liquides et sa détermination qui est loin d'exiger la même précision que celle des points de fusion et d ebuUition est effectuée au moyen d'instruments spéciaux connus sous le nom à: aréomètres. Ce sont de petits flotteurs en verre qui indiquent par une simple
ÂRÉOMKTRIiS
lecluiv, la densité des liquides dans lesquels on les plonge. Ces insLrumeuLs, fournis par le commerce, doivent toujours être vériliés avec soin.
On les divise en aréomètres et en densimètres. La graduation des aréomètres est arbitraire et constitue simplement un point de repère commercial. Les deiislvirires, aucontraire, font connaître la deusilévraie du li(iuide. La construction des deux instruments est identique, ils ne difTèrentque par la gniduaùon qu'ils portent et qui varie suivant qu'ils sont destinés à des liquides plus denses ou moins denses que feau. Ces instruments sont constitués par un flotteur en verre . dont la partie plongeante est lestée avec delà grenaille de plomb ou du mercure et la partie émergeante constituée par une/i//e ci/Hn'Ire ou a/)lalie, mais exactement calibrée qui porte la graduation.
Aréomètre (te Baiinié. — Cet instrument est destiné aux liquides jdus denses que l'eau. Il est lesté de telle façon que si ou le plonge dans Feau distillée à la tempéi'ature de 12 degrés 5, raflleurement a lieu à la partie supérieure de la tige : on marque 0 à ce point puis on porte Taréomètre dans une solution aqueuse renfernumt 15 pour lOU de sel marin, toujours à la même température : cette solution étant plus dense Tinstrument s'enfonce moins : on marque 13 à ce nouveau point d'affleurement, on divise en 13 parties égales la distance des deux points 0-13 et on prolonge les divisions jusqu'à la naissance de la lige, chaque division constitue un degré de l'instrument. Aréo'mltre de
Pour les liquides moins denses que Veau Baume, voici comment on gradne l'instrument, on le leste
î-8 NOTIONS DK I'IIAUMAOIH; NÉCESSAlltliS AU MÉDECIN
de telle façon que plongé dans la sokiLion à 15 p. 100 de sel marin, toujours à la température de 12,5, raffleurement ait lieu à la naissance de la tige, on marque 0 à ce point, puis on porte Taréomètrc dans l'eau distillée, il s'enfonce davantage, on marque 15 à ce second point d'aflleurement, on divise en 15 parties égales l'intervalle 0-15 et on i)rolonge les divisions jusqu'à re:i'0'mi/'' de la tige.
Ces divisions sont comme on le voit [uirement arbitraii'BS et ne peuvent constituer que des points de repère commerciaux..
Lq (LnisimHi e^VM coutriiire, indique le densité exacte et par suite tu poids d'un litre de liquide. La forme de l'instrument est exactement la même que celle de Taréomètre ; mais le principe de la graduation est rationnel.
Lorsque l'instrument est destiné à des liquides plus denses que l'eau, on le leste de telle manière, que plongé dans l'eau distillée à la température de 4 degrés (maximum de densité) l'ameurement a lieu à l'extrémité de la tige, on détermine ainsi le premier point de repère que Fou marque 100 ou 1000, ce qui veut dire que la densité est égale à l'unité ou que le litre de liquide pèse 1 kilog.
On prépare ensuite un liquide (mélan.ge d'eau et d'acide sulfurique, par exemple, de densité connue et égale à 1,100, à la température de 15 degrés. Au nouveau point d'aflleurement on marque 110, on divise l'intervalle des deux points en 10 parties égales et on prolonge les divisions jusqu'à la naissance de la tige. Dans ces conditions, chaque division indique, et la densité, et le poids d'un litre du liquide dans lequel on le plonge. Si, par exemple, raflleurement a lieu à la 18*^ division, cela voudra dire que la densité du liquide est égale à 1,180 et que le litre pèse 1 k. 180 gr.
ALCOOMÈTUH
Oa gi-aduc d uiio manière identique le densimètre desliué aux liquides wom.sw/e«.';es que l'eau ; mais Tinsli'ument est lesté de telle manière que le point d'aflleurement soit placé vers la naissance de la tige lorsqu'on le plonge dans l'eau distillée.
A/conmèliT 'le Gni/-/.iissnc. — On doit très souvent rechercher la densité de l'alcool, cette détermination a d'autant plus d'importance qu'elle fait connaître les proportions d'alcoolet d'eau contenus dans le mélange, mais le densimètre dont nous venons de parler ne peut servir à cette détermination pour la raison que le mélange 'l'cciu et 'i: alcool s'est fait avec coivraclion du volume et que cette contraction n'est pas covslavle. C'est pour cette raison que (/'(///-/.((svic a imaginé Valrnoinèwe ccnléiimat qui porte s(m nom et qui indique la pro/^orlion centésimale d'alcool absolu contenu dans un mélanqe d'eau et d'alcool.
La graduation de riuslrument n'est exacte que pour la température de 15 degrés ; pour tout autre au-dessus ou (in-dessous il faut corriger le chifl're obtenu par lecture directe. Cette correction s'effectue facilement au moyen de tables spéciales jointes à chaque instrument. Pour le graduer, on le plonge dans l'alcool absolu = lo") l'aflleurement doit avoir lieu à la partie supérieure de la tige, à ce point on marque lUO, ce qui veut dire que l'alcool renl'erme lUO/lOU d'alcool absolu, on prépare ensuite nu mélange de 95 p. d'alcool absolu et :') d'eau distillée, puis un autre de 90 d'alcool et 10 d'eau distillée : on attend que ces mélanges soient refroidis et lorsqu'ils sont à 15 degrés on y plonge l'instrument etauxnouveaux points d'affleurement on marque les chiffres 95-90, etc., et on divise chaque intervalle en 5 parties égales. Ilrésultc de ce mode de graduation que si rinstrument affleure àla division 83, celaveutdire que le mélange renferme 83 parties sur 100 d'alcool absolu.
DENSITÉ DE QUELQUES LIQUIDES EMPLOYÉS EN PHARMACIE Noms Densité Degré aréométrique Baumo
ApÎHp GniriiriniiA
UD
u,'yo
Cl O'I Ccll Lcol IlltlUX . .
fin
il I II iIlUlllu.<^Uc UllICIIlulC. . .
1 ,4 ou
\i 1 n p p 11 pn m iivflpî/iiio
__ cil] riipiniiA r\t fit^inii 1
SUIILI1IL|L1C UlllL-lIICtl.
Vy 1 <iO
Artrnmoppo
i Do
îliiilp H'flmanrlpc; flnnf'pis
— m n ri 1 A
u , y*io
— ricin
— volatile du tércb. .
Petit lait
— Bourgogne
— Malaga
Vinaigred'Oriéans (blanc).
A*o<rfs et mesures. — Le système mélrique ou décimal est le seul qui soit usité maintenant en France. Mais comme on rencontre encore quelquefois d'anciennes formules notées en onces et en grains, nous croyons utile d'indiquer la concordance des deux systèmes.