‹ Notions de pharmacie nécessaires au médecinChapitre 9 sur 35 · io · texte numérisé non relu

io

insolulile

insoluble

— — (neutre).

■ti

insoluble

insoluble

Sulfure de carbone

sohible

soluble

soluble

— de potassium (tri).

— de bodium (mono).

trèssuluble

loulesprop

Tannate de quinine

peusolut'Ie

Iréssolulile

Irtïssohihld

soluble

peu soluble

Tart. (J'<inlim.et Je pot. (émtil).

tg

— bor. pot. (cr. lar. s.)

— put. du. \Ll . t.H. Iti I J,

insoluble

— Isolasse (neutre). .

— de potasse et de fer.

Irés sollible

insoluble

12,aù

— de pot. et de soude

(sel de seignctte).

IrèssuUiljle

trè suliible

Valerianate d'ammon.

très soliilile

très soluble

— d'atropine

Irèssoluble

soluble

presq. ins.

— de Cjuinine

1res soluble

Irés soluble

lrè5sohiIile

insoluble

Irés soluble

trèî soluble

Macpralion. — La solution dont nous venons de parler implique l'idée que le corps est entièrement soluble dans le dissolvant, si toutefois ce dernier est employé en quantité suffisante. Mais si au lieu d'un corps chimique on met une substance d'origine végétale en contact avec de l'eau ce dissolvant lui enlèvera un certain nombre de principes solubles ; mais une partie restera, quelle que soit la quantité de dissolvant employée : une fois que l'eau aura épuisé son action on peut faire agirtm autre dissolvant, l'alcool par exemple,

DlîS OPÉRATIONS PHARMACEUTIQUES

([ni ù son tour se chargera de certains principes inso^ lubies dans l'eau. Pour retirer des plantes les divers principes actifs qu'elles renlerment, on a recours à un certain nombre d'opérations pharmaceutiques que nous allons passer en revue, mais auparavant nous dirons quelques mots sur le choix de l'eau qui est à peu près le seul dissolvant employé pour les faire.

Ce choix présente une certaine importance. Une eau trop ciilc/iirc doit être rejetée pour les mêmes raisons ({ui la font exclure de l'alimentation. Toute eau qui fait maf cuire les /égutnes et ne dissout pas bien le ^avon, est impropre à faire de bonnes tisanes et préparations pharmaceutiques. Le Codex de 1884 pour éviter un inconvénient est tombé dans un excès contraire ; il prescrit l'emploi ^/e /'ea« distillé \Cesi un véritable contresens : les tisanes préparées avec de l'eau distillée présentent un goût fade et ilésnqréuble. Il ne faut pas se servir d'eau calcaire, mais il faut employer une eau suffisamment minéralisée et de bonne saveur.

Le choix des vases n'est pas non plus indifférent. Il faut, pour les opérations dont nous allons parler, faire usage de vases en terre ou f\nence ou de vases métalliques maïs élamés, jamais de vases en fer. Presque toutes les substances végétales renferment du tannin, et le liquide résultant des opérations serait trouble, de couleur plus ou 7nin)i.s r.niràlre et présenterait une saveur astringente, Tpar^ois très accentuée; (il se formerait une petite quantité d'encre) '.

La viaréral'oii, dont nous parlerons en premier lieu est une opération qui a pour but d'enlever à une substance végétale tous les principes solubles dans

1. Les opérations dont nous allons parler sont surtout utilisées pour la préparation des sirops et des lisanes ; c'est ce qui nous p(!rnietlra dans les descriptions de ne viser souvent que ce dernier point.

36 NOTIONS DU PHARMACIlî NÉClîSSAlRIiS AU MÉDECIN

l'eau froide, OU dans tout autre véhicule. Elle consislc à laisser la substance en conlacL avec le véhicule froid pendant un temps variable ; mais toujours assez long ; de 4 à 12 lieures eu agitant de temps à autre. Ce mode d'obtention des principes actifs est certainement le meilleur. Le produit obtenu que Ton nomme macéraluni ou mac&ré représente en quekiue sorte le sue même de la plante si celle-ci a été désséchée avec les précautions convenables "et renferme encore de l'albumine végétale soluble, si le véhicide employé est Teau. L'emploi de la macération pour la préparation des tisanes est assez limité, à cause du temps qu il exige; on le réserve pour la préparation de tisanes actives [miK-éréde 'ligiialr) OU bien pour celles qui jouissent de propriétés très amères [i/enliane, quassiu. giwiqwna). Afin de faciliter la dissolution dans Feau des principes actifs des plantes on devra diviser ces dernières en petits fragments de façon à multiplier les surfaces de contact, les bois {>/uiissi.a, sassafras seront débités en cuppaux ou en fra'slUes avec le rabot.

La macération doit être faite dans des vases non métalliques et munis d'un couvercle. Le macéré est toujours lunpide et reste tel assez longtemps ' : ce caractère le distingue du produit des opérations suivantes :

La maréralion peut être pratiquée avec des liquides autres que l'eau; par exemple, Yalconl, l'éiker, le vin^ etc.

Toutes les teintures et les vins médicinaux sont en effet obtenus par macération. Si le liquide est volatd ou facilement altérable on effectue l'opération en vase

1. Lorsque le macéré est préparé avec des substances végétales bien desséchées, il peut donner lieu à la formation d'un léger coagulum lorsqu'on le porle à l'ébullition. Ce coagulnm est constitué par l'albumine végétale.

clos; celle précaution est d'autant plus indispeiisable (rue le contact doit être prolongé longtemps; 10 jours on moyenne, lorsqu'il faut obtenir des macères très chargés de principes médicamenteux. Souvent il est nécessaire d'épuiser une plante par macération en .•mplovanl le moins possible de véhicule (par exemple dans ia préparation des extraits) ou bien une quantité rigoureusement déterminée (teintures) pour atteindre ce but, au lieu de laisser simplement le véhicule et le dissolvant en contact dans un vase fermé, on a recours à une méthode connue sous le nom de lixwiation ou déplacement. Ce procède indiqué en 1816 par Payen et Robiquet, a été introduit dans la pratique pharmaceutique par Boullay en 1833.

Voici en quoi il consiste : la substance convenablement divisée et pulvérisée est placée dans une allonge en verre, ou en métal munie d'iui robinet à la partie inférieure (fig. 6). La substance ne doit remplir que le tiers de l'appareil on la lasse modérément et on la recouvre avec une rondelle de feutre ou une plaque métallique percée de trous, destinées à empêcher ((ue la poudre ne surnage el ne se mélange au liquide lorsqu'on le versera dans l'appareil. Le robinet étant ouvert on verse une partie du liquide avec précaution et en quantité seulement suffisante pour imbiber la substance. Il descend lentement en la pénétrant et lorsqu'il atteint le tubulure de l'appareil et commence à s'écouler, on ferme le robinet et on laisse en contact pendant un certain temps, 21 heures en moyenne. On ouvre alors lente-

Fig. 6. — Appareil à déplacement.

rneiil lo robinet, de façon ù permeLlre récoulemeiil goutte ù goutte du liquide très ciiargé do principes solubles et en même temps on verse dans l'appareil le reste du liquide. Celui-ci pénètre à son tour la poudre, chassant devant lui les ])ortions saturées et se chargeant à son lourde principes solubles. Si l'opération est bien conduite la substance sera entièrement épuisée de ses principes solubles souvent même avant que Ton ait employé tout le liquide. La lixiviation ne s'etléctiu" pas bien avec l'eau : les substances végétales se gontlent trop facilement; elles se compriment et par suite l'écoulement s'arrête. Mais ce procédé présente de grands avantages avec l'alcool et surlonl l'élfie?; le chloroforme; il n'y a que perte insignifiante de dissolvant : et une fois la quantité prescrite employée, on peut en versant de l'eau dans l'appareil ilcplacer et chasser ce qui imprégnait encore la plante : l'eau en efl'et pousse devant elle l'alcool et surtout l'éther, et de cette manière on recueille tout ce qui a été introduit dans l'appareil.

Infusion. — Si au lieu fi'eau froide on se sert d'eau bouillante au lieu d'une macération on fait une infusion. Le produit obtenu se nomme infusum ou infusé. L'mfusion consiste donc à laisser une substance végétale en contact avec l'eau chaude pendant un temps déterminé, qui varie de 10 à 30 minutes. Cette opération comme les suivantes n'est effectuée qu'avec de l'eau ; les autres véhicules dont nous avons parlé pour la macération étant trop volatils. Il faut, pour toutes ces opérations, et nous ne renouvellerons pas cette observation, veiller au choix de l'eau et à celui des vases. L'infusion peut être faite de deux manières : 1° On fait chauffer de l'eau dans un vase muni d'un couvercle et lorsque cette eau est en ébullition on y projette la su'bstance : on couvre et on soustrait à

DliS OPÉRATIONS PHARMACEUTIQUES 39

racUon du fou. On laisse infmer pendant le lemps

uéCGSSclll'G \

2° On peut faire bouillir de l'eau dans un vase quelconque puis la verser sur la plante placée préalablement dans un vase spécial muni d'un couvercle et au besoin d'un bec d'écoulement. Ce vase connu sous le nom de théière peut être en faïence, porcelaine ou en terre cuile; très souvent il est métallique; mais alors û doit être poli H brillant afin de ne se rel'roidir que 1res lentement. Cette façon dopérer est préférable à la première : fin fusé ne peut prendre aucune saveur étrangère provenant souvent d'un vase qui a été soumis directement à Faction du feu.

Ce mode d'obtention des liquides médicamenteux et. en particulier des tisanes est le plus employé : c'est lui qui donne les liquides les plus suaves et les plus agréables. L'infusé bien préparé renferme les principes aromatiques et volatils des plantes. Ces derniers disparaissent par suite d'une ébuUition prolongée. On sait, en effet, que l'infusion de thé constitue un liquide limpide d"une saveur agréable et parfumée : la décoction est plus ou moins louche, de saveur amère et n'est presque plus parfumée.

Un infusé bien préparé doit être limpide et rester tel

après refroidissement, ce caractère le dilTérencie du"

décodé.

L infusion est surtout applicable aux parties de plantes dont le tissu est délicat et se laisse facilement pénétrer par l'eau : par exemple les feuilles, les fleurs et parfois les écorces lorsqu'on a soin de les diviser en fragments très minces.

Digestion. — La digestion n'est autre chose qu'une infusion /nvlongée, on l'emploie toutes les fois que la substance est trop compacte pour céder à l'eau ses principes solubles en employant l'infusion.

iO NOTIONS DU PHARMACIK NÉCESSAIRliS AU MÉDECIN

Pour l'aire Line tlif/estiim il l'aiiL cii)|)]oyei' le premier mode de préparation que nous avons indiqué pour rinl'usiou; c'est-à-dire projeter la substance dans le vase mêmeoii l'on chaulTe l'eau et, lorsque celle-ci est en ébullition, couvrir ; seulement au lieu de soustraire complètement le vase à l'action de la chaleui-, on la modère de manière à entretenir l'eau à une température voisine de 83 à 90 degrés ; mais on ne doit pas faire bouillir.

On peut également placer la substance dans l'eau l'roide et chaufl'er jusqu'à ce que l'on ait atteint la température voulue, que l'on entretient alors pendant un temps sul'lisant. Ce temj)s sera dé 2 à 6 heures : Ce dernier procédé est surtout utilisé lorsqu'on doit faire la digestion à des températures ne dépassant pas 50 à . 60 degrés.

On peut également l'aire des digestions avec des liquides autres que l'eau par exemple l'alcool, l'éther, le chloroforme. On emploie des appareils spéciaux, entièrement clos, et permettant d'épuiser complètement la substance avec une petite quantité de véhicule et une perte minime de ce dernier. Le plus connu de ces appareils est le fligesleur de Ptnjen.

Le liquide provenant d'une digestion {digpstinn ou digi'sti;) est plus chargé de princiiies solubles qu'un infusé préparé avec la même substance : il peut, suivant la nature de la substance, se troubler ou non par refroidissement.

La digestion, avons-nous dit doit être employée toutes les fois que l'infusion ne suffit pas à épuiser complètement la substance et surtout si celte substance l'enferme des principes volatils.

Décoclion. — Il y a cependant des cas où la digestion ne suffit pas, il est alors nécessaire de soumettre la substance àune t'^u//*/ ion /?ro/on(/ee à une décoction a,\ec

DKS Ol'liKATlONS l'IIAHMACEUTIQUES 4'

l'eau pour lui eulever tous ses principes aclifs. Suivant kl nature de la substance on la projette dans l'eau bouillante et on laisse continuer l'ébullition pendant un temps déterminé: ou bien on met d'abord en contact avec l'eau l'roide pendant quelques heures et on procède ensuite à la décoction. Ce mode d'obtention des liquides médicamenteux (décoction ou décocte) est en principe très déiectueux; il altère, en effet, plus ou moins les éléments solubles et, de plus, fait perdre, du moins en grande partie, les principes ummaliques et ro'aiUs.

La décoction transforme souvent les principes contenus dans les plantes et l'on doit y avoir recours lorsqu'on veut précisément obtenir ces transformations, c'est, en effet, grâce à la décoction, que l'on peut faire passer dans l'eau les principes amylacés et résineux des plantes. Pour obtenir la tisane d'orge, de gruau, l'infusion et même la digestion seraient insufllsantes ; il faut avoir recours à une décoction prnlongéi-. pour entraîner i'inindon dans les semences de céréales ; la résine dans le bois de (/nïnc

La décoction détermine parfois la formation de principes qui ne préexistaient pas; par exemple la gélatine, qui prend naissance par ébuUition prolongée des tissus nsseux et curt.il '(jinenx avec l'eau : c'est à la gélatine ainsi formée que la tisane de corne de ceri" doit ses propriétés.

La décoction doit, pour ces raisons, être évitée avec soin, dans la préparation de certaines tisanes. La décoction de racine de réglisse est ân-e et légèrement umère iandis l'iv fusion ou la mncéi ation sont sucrées et aromatiques. Même observation pour le thé et le café.

En résumé il ne faut avoir recours à la décoction que pour faire passer dans l'eau les principes actifs

A'2 NOTIONS Dl<: PlIARMACIli NÉCESSAIRES AU MÉDECIN

des substances ami/lacées, vmcilagmeuses ou résineuses.

Par siiiLe des li-anslormaiions que la décoction l'ait subir aux substances végétales; le décocté se trouble toujours par refroidissement.

lîéduciion {/''vaporalian). — Lorsque Ton prolonge une décoction pendant un certain temps, la quantité de liquide restant dans le vase va sans cesse en diminuant, le décodé se concentre, se réduit et, parfois môme, le liquide est vaporisé avant que rébullition n'ait été prolongée le temps nécessaire. 11 résulte de ceci que si, dans la préparation d'une tisane, on veut obtenir par exemple un litre de décocté il laut mettre dans le. vase une quantité d'eau plus considérable ; un litre et demi, par exemple, ou bien remplacer de temps à autre l'eau qui s'évapore : dans ce cas, il est bon de se servir d'eau chaude afin de ne pas interrompre l'ébullition.

Souvent, on ne remplace pas l'eau évaporée, et Ton se sertde larcV/«r;^ifo« pour obtenir des décoctés plus concentrés et par suite plus actifs ; ainsi dans la préparation de l'apozème d'écorce de racines de grenadier, on fait réduire au tiers.

Lorsqu'un liquide médicamenteux a été obtenu au moyen d'une des opérations dont nous venons de parler on doit encore lui faire subir quelques manipulation soit avant de le transformer soit avant de le présenter au malade. En eflet lorsque le liquide vient d'être préparé, il retient en suspension les substances dont il a dissous les principes actifs : il est nécessaire de les séparer.

Décantation. — Très souvent il suffit de laisser un certain temps en repos le vase dans lequel on a fait la préparation ; les substances se déposent au fond, et en inclinant légèrement le vase on fait écouler, on décaiite le liquide qui présente la plupart du temps

DliS OPÉRATIONS PHARMACEUTIQUES

une limpidilé suffisante Si le liquide ainsi obtenu renferme encore quelques débris végétaux en suspension on le passe à travers un linge fin ; un tissu spongieux (laine ou feutre) et au besoin on le liltre sur du papier.

Les décoctés ne doivent pas être fdtrés mais seulement passés à Tétamine ou sur une passoire à toile métallique très fine ; nous avons vu, en effet, que le plus souvent ils ne doivent leurs propriétés qu'à l'amidon et aux corps mucilagineux ou résineux qu'ils liennent en suspension. La filtration au papier retiendrait ces corps et du reste il ne serait pas toujours possible de la pratiquer : on se contente de les passer sur un linge ; le liquide traverse trouble et les particules étrangères sont seules retenues.

La ilécmitatian ou le fillvnqe sur une étoffe sont les seules opérations que l'on fait sul)ir aux tisanes avant de les administrer au malade, mais lorsque le liquide obtenu est destiné à revêtir d'autres formes pharmaceutiques [sirops, extraits, etc.) il est nécessaire de lui faire subir encore quelques manipulations.

Il faut d'abord retirer tout le liquide provenant de l'opération, ce qui est inutile pour les tisanes. Si, par exemple il s'agit de préparer du sirop de chicori'e composé, on commence par faire infuser dans l'eau un certain nombre de substances qui entrent dans la composition de ce sirop ; mais comme il faut obtenir un liquide concentré la proportion d'eau employée est petite et il sera impossible de la retirer par décantation, il faut avoir recours à l expression qvà consiste à comprimer plus ou moins fortement les substances de façon à en extraire toute l'eau chargée de principes actifs : cette expression se pratique au moyen d'ap-

\. On peut décanter avec un siphon.

44 NOTIONS Dli l'IIARMACIE NÉCESSAIRES AU MÉIJKCIN

pareils spéciaux dont la forme el la puissance sont extrêmemenL variables depuis la petite press'' à teùi- /î<re jusqu'à la presse Irij irauliqw. La description de ces appareils ne peut trouver place ici, ils sf)i)t du reste suffisamment connus.

Le liquide obtenu par expression est toujours trouble et contient en suspension de nombreux débris végétaux, il faut le clarifier par des moyens appropriés et en rapport avec la forme pharmaceutique qu'il est destiné à constituer.

t'vaporation. — La réduction dont nous avons parlé plus haut (page 4'2) et qui est la conséquence de la décoction n'est qu'un cas particulier de Yéi;n/itir'ilio7i. Cette dernière opération a pour but de séparer un liquide volatil des substances qu'il tient en dissolution et que l'on veut obtenir parce qu'elles constituent le principe médicamenteux. On ne cherche pas à recueillir le dissolvant si sa valeur est nulle (eau) mais au contraire lorsqu'il s'agit d'alcool, d'éther,de chloroforme, l'évaporation est pratiquée dans des appareils spéciaux qui permettelit de conserver ces corps.

L'évaporation est pratiquée soit à froi'l soit à chiu'I.

A froid. — On opère à froid lorsque la quantité de dissolvant est peu considérable et que ce dissolvant est suffisamment volatil. La dessication des plantes au séchoir (voir pag. 12) est une évaporation à froid mais nous avons vu qu'elle ne pouvait être pratiquée avec avantage que si les plantes étaient peu aqueuses et si l'on o|)érait dans des conditions favorables.

S'il s'agit d'évaporer à froid une solution aqueuse d'une substance organique que la chaleur peut altérer, on versera cette solution dans un vase plat, afin que la surface d'évaporation soit très grande, puis on placera ce vase dans un courant d'air sec.

Evaporation 'dans le vide. — Malgré les précautions

DKS OPÉRATIONS l'IlARMACEUTlOUES "^^ <iue nous venons crincli.iuer l-cvaporalion à ^joid et à iir Ub.-c est toujours très lente, et cela t.ent a ce que a transformation du liquide en vapeurs n a heu que d-une manière lente et insensible ; on 1 active en d m nuant la pression ; le vase plat qm contient le li u de à évaporer est placé dans une enceinte qui renleimc des substances avides d'humidité (chaux, eWorure de calcium, acide sulfurique) et dans laquelle on peut fai e le vide ou tout au moins diminuer très lortement la pression. Cette opération est pratiquée avec une machine pneumatique ou beaucoup pins commodément

avec une irimijie. .

L-évaporati.Mi à froid et dans le vide est reservet pour les substances très altérables et elle ne peut être elTecluée que si la quantité de li<iuide à évaporer est

peu considérable.

ch.nul. — Dans presciue tous les cas on pratique révaporation à chaud. Dans Févaporalion à froid, soit à air libre; soit dans le vile, la transformation du liquide en vapeurs n'a lieu que par la surface et se lait d'une manière lente et invisible ; dans révaporation a chaud le vapor^intlon peut s'ell'ectuer (suivant la température) parla surface seulement ( ni par toute la masse du liquide; mais elle est toujours active. Lavapeur produite est assez abondante pour se condenser sur place et constituer le mcv/e, la Inuic ([ui dotte sur le liquide

Lorsque le dissolvant n'a pas de valeur (eau) on place le liciuide à évaporer dans des bassines largts et

1 Le mol évapcrration sert en physique à désigner le premier phénomène, la formalion lenlc el invisible de vapeur par la

stivfac. du licpiide.

Le mol de vaporisation caraclérise le second : formalion rapide de vapeur dans loulc la masse comme cela a lieu pendanl rèbullilion.

4f) NOTIONS Dl'] PHARMACIE NKCESSAIRKS AU MÉDECIN

pen profonric ^i ; on opère dans un murant ii' air ci ow agita sans cesse ; on chaufl'o <[ii(;l(| Lie Ibis ù feu nu mais il est prélérai^le de chaud'er an bni)!marie ; c'est-ù-dii-c en plaçant le vase qui renferme le liquide à évaporer, dans un autre rempli d'eau et soumis directement à l'action du feu (Rf^. 7). Le liquide à évaporer rest(; l'^'K-'^ -Çassinechauf- toujours à une température un peu

lee au bum-iTianc. . , .

inlerieure a 100 degrés et n enlr(î

jamais en ébuUition. L'évaporation est moins rapide que si elle avait lieu à feu nu ; mais elle se produil dans de meilleures conditions et l'on a moins d'altérations à redouter.

Chaleur et ville. — Pour activer l'évaporation on combine souvent l'action de la chaleur et du vide. Le liquide est contenu dans des appareils spéciaux que l'on chauffe au bain-marie ou à la vapeur, en même temps qu'on y raréfie l'air d'une manière plus ou moins complète. On réunit ainsi tous les avantages de rapidité d'évaporation, en même temps qu'on évite les altérations dues au contact de l'air. Ce mode d'évaporation est surtout utilisé pour la préparation des extraits (voir à extraits).

Distillation. — La distillation est une opération qui a, comme l'évaporation, pour but de séparer un liquide volatil des matières qu'il tient en dissolution ; mais elle en diffère par ce point que c'est le liquide volatil que l'on conserve et qui constitue le principe médicamenteux. Cette opération se pratique dans un appareil bien connu et désigné sous le nom d'alambic (fig. 8). La forme, le nombre et la variété de ces appareils sont trop considérables pour que nous puissions les décrire ici. 1,1s reposent tous sur le même principe et présentent toujours trois^pièces principales:

DliS OPÉRATIONS PHARMACEUTIQUES ' A'

\" L-àcucurùiie qvn reçoit laclion du feu; ou y place le litiiiide à disliller, ou bieu ce liquide est placé dans

Fil.'-. 8. — Alambic à ("eu nu.

au bain-marie plongeant jusqu'au fond de la cucurbite ;

2° Le c/ia/iitenu qui surmonte la cucurbite et constitue une enceinte dans laquelle se réunissent les vapeurs avant de s'engager et d'aller se condenser dans le serpentin ;

3° Le serpentin ou réfrigérant constitué, ainsi que l'indique son nom, par un long tube de petit diamètre et roulé en spire; ce lube est plongé dans un grand bac dans lequel circule un courant d'eau froide. Les vapeurs se condensent dans le serpentin et le liquide |)r()veuant de leur condensation s'écoule par un bec latéral.

La distillation est souvent utilisée pour pratiquer Tévaporation lorsque le dissolvant présente une certaine valeur commerciale. Ainsi pour préparer la résine

48 NOTIONS DE PIIARMACII3 NÉCKSSAlRIiS AU MÉDICCIN

fie ./a/np, ou Lraile la racin" de .lalap par l'alcool et Ih macéré ohLeuucst disLillé. On i'ecu(;ille l'alcool et dans la cucui'bite on trouve la résine.

L'quéfucbon cl fusion. — Dans Viivdpnralinn et la (lulUlatinn on détermine le passage d'un corps de Vélul Uqui'li' à Vc.ldt. g(iz"ux (ou de vapeur), puis on condense ces vapeurs et elles reprennent la forme liquide. On a souvent besoin, dans les opérations pharmaceutiques, de déterminer un autre changement d'état des corps; de faire passer un corps sidulc à l'état liquid". Ce phénomène a reçu le nom de liqup.facl'on ou de fusion et il nécessite toujours une élévation de température. Lorsque celte élévation est modérée on dit qu'il y a liquéfaction.^ c'est le cas de l'axonge, du beurre de cacao que l'on chauffe pour leur permettre de dissoudre plus facilement certaines substances médicamenteuses. Le mot fusinn est réservé pour désigner le même phénomène ; mais lorsqu'il faut faire intervenir l'action d'une température élevée, par exemple, lorsqu'il s'agit du plomb, du zinc, etc., on dit dans ce cas qu'il y a /usiim iç/neii. Tous lés corps, ou peu s'en faut, sont susceptibles de l'éprouver si on les porte à une température suffisamment élevée : ceux qui ont résisté jusqu'ici sont désignés sous le nom de « corps réfractaires ».

Le phénomène que l'on désigne sous le nom de « fusion aqueuse » est un peu plus complexe. Il ne peut être observé qu'avec les corps qui renferment de l'eau de cristallisation. Ainsi le borax (borate de soudé) chauffé modéi'ément commence par se liquéfier dans son eau de cristallisation (il en contient 10 équivalents), c'est une véritable dissolution ; puis, si l'on continue à chaufl'er on détermine la vaporisation de l'eau, le sel se boursoufle, devient anhydre et il arrive un moment oii il éprouve la lusion ignée et donne, par refroidissement, un verre translucide.

Sublimation. — Un grand nombre de corps peuvent masser successivement par les trois états physiques: <solide, liquide et cjazeux. Lorsque ce phénomène est complet le corps passe d'abord de l'état solide a 1 état Iliquide [liquéfaction ou fusion), puis de Tetat liquide a I l'état gazeux [vaporisation). Un certain nombre de -substances font exception à cette règle et passent directement de l'état solide à l'état gazeux, sans devenir liquides. Cette transformation tronquée est désignée sous le nom de sublimation. Elle s'eifectue soit a la température ordinaire pour certains corps, tels que le campkre, Vmde (la partie supérieure des flacons dans lesquels on conserve ces substances est, en effet, toujours tapissée de petits crislaux formés par sublimalion), soit à l'aide de la chaleur [bi-cidorurp de mercure, sel ammoniac).

L'eau qui fait exception à presque toutes les lois physiques présente la singularité d'éprouver soit la transformation complète, de passer successivement de l'état solide, à l'état liquide, puis à l'état gazeux; soit de se sublimer: on sait en effet que la glace émet des vapeurs et disparaît sans passer par l'état liquide.

Calcinntion. — Ce mot désigne un ensemble de phénomènes souventassez comple\.e qui se passe lorsqu'on soumet à l'action d'une chaleur intense un corps fusible onnon, mais susceptible d'éprouver des transformations chimiques. La fusion est un phénomène purpmmt physiqw.; la calcination est un phénomène à la fois physique et chimique.

■ Lorsque la calcination est pratiquée sur un corps de nature minérale, elle lui fait perdre tous ses éléments volatils. C'est ainsi que le carbonate de chaux perd son acide carbonique et se transforme en chaux caustique. L'alun (sulfate double d'alumine et de potasse) fond d'abord dans son eau de cristallisation (fusion aqueuse)

50 NOTIONS ])K IMIÀRMÂGIE NÉCESSAIRIîS AU MÉDKCIN

puis il pprd coLLc eau et devient anliydi'c (alun ealciné .

51 on t'ait la même opération sui- l'aluu d'aïunioniarpir (sullate(loul)le d"aluniine et d'ammoniarpie), la chaleur l'ait partir successivement Fea», Va'innoniiujLu- et Vaniitsul/iii'ujur. {'X, comnrie résidu, il ne reste que ra/?<'«/r7r^ Si le corps soumis à la calchiatinn renferme des éléments organi({ues, la chaleur les détruit complètemeni et souvent donne naissance à un composé nouveau. Si on calcine du bi-tartrate de potasse (crème de tartre), l'acide tartri([ue est décomposé mais il ne disparaît pas entièrement (d, le résidu n'est pas de la potasse; une partie des éléments de l'acide (le carbone et l'oKy^^ène) reste en combinaison et le résidu est constitué par du rarùonale de /joIjissc.

La calcination peut être eflfectuée en A-ase clos, dans un creuset (alun calciné), ouau contraire, dansun courant d'air.

(iril/ar/n. — Dans ce cas elle prend le nom de grillage. Les Iransformations chimicpies résultant de l'action de l'air sur le corps poi-té à une haute température sont alors plus profondes. Ce sont des actions oxydantes. Ainsi, en grillant les su/fia-cs on obtient des oxysnl/icres ci même des oxi/dfs ; c'est sur le grillage que reposent la plupart des opérations métallurgiques.

Torrélacliun. — Lorsqu'on applique l'action de la chaleur à des suOstances com/i/exr'.s de nature 07'(/anir/uc il se produit des modifications plus ou moins profondes, variables suivant l'intensité de la chaleur. La lorréf'ictioti est la première et la moins profonde de ces modifications.

Torréfm- un corps c'est l'exposer en vase clos à un(^ chaleur modérée mais suffisante pour lui faire perdre toute l'humidité qu'il renferme et lui faire subir wi commencement de décomposition qui se iradmlp/iysiquernent par une couleur rousse plus ou moins foncée el

chimif/uemmt par la formation des produits nouveaux dits produits pyrogénés. Parmi ces substances citons russamare produit constant de la torréfaction des substances amylacées; c'est lui qui communique à la croûte de pain brûlée la saveur amère qu'on lui connaît. La torréfaction développe des principes aromatiques très suaves dans les semences cornées, telles que le café, le cacao, etc.

La torréfaction s'effectue en vase clos dans des appareils spéciaux connus sous le nom de brûloirs, qui permettent d'agiter constamment la substance de manière à répartir uniformément sur toutes les parties l'action de la chaleur.

Carbonisation. — • La carbonisation est une torréfaction poussée à ses dernières limites ; tous les principes pyrogénés provenant de la torréfaction sont détruits et la substance devient noire, par suite de la mise en liberté du carbone résultant de la destruction de la matière organique . On elTectue la carbonisation non pas dans un brûloir, mais dans un creuset muni d'un couvercle. C'est ainsi que l'on prépare le charbon de bois (peuplier) destiné aux usages pharmaceutiques.

Incméralion. — L'incinération est le terme ultime des transformations que l'action combinée de la chaleur et de l'air peut faire subir aux matières organiques. C'est une cnrbonisalion combinée avec le grUlage, il en résulte que le carbone mis à nu est entièrement brûlé et le résidu est blayic ; ce résidu constitue les cen'h'ps. Il est constitué par des matières minérales et ne peut plus rien perdre sous l'action de la chaleur. On effectue l'incinération dans des vases plats, largement ouverts, ou sur des grillages métalliques ou bien encore dans des creusets percés à la partie inférieure, de manière à ce qu'il puisse s'établir courant d'air.

52 NOTIONS DK PiUKMACllî NÉCBSSAIRES AU MÉDECIN

On facilile souvent Fincinération en mélangeant à la substance des corps capables de Ibuvnir de l'oxygène, U'Is c[ue les chlorates, azotates ; mais si Ion veut que ces c()r|)S ne laissent pas eux-mêmes de résidu, il faut les choisir volatils et prendre de azotate d'ammoniaque où (le Vicide azotique.

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