‹ Notions de pharmacie nécessaires au médecinChapitre 17 sur 35 · LOTIONS. ~ FOMENTATIONS, ETC. VI · texte numérisé non relu

LOTIONS. ~ FOMENTATIONS, ETC. VI

On (Miiploie beaucoup aujounl hui les haius d"a,f mu- ou cUai-gé de vapeurs médicameivtcuses : la pres- ' ioii de cet air est normale ou bien peut être accrun ou ,l>winuéc. La médication (aL'rotiiérapie) exige une installation assez compliquée et des appareils spéciaux.

Si le bain doit être locnl, on j.lace le membre dans une caisse de forme appropriée et l'on confectionne, au moyen de toiles imperméables une fermeture sut-

lisante. . ,

Bain par affusion. — Ce bain est constitue par le déversement d'un liquide chaud on froid sur le corps tout entier ou sur une partie du corps seulement. Cette pratique est peu suivie et seulement dans les cas ou Ton ne peut appliquer la suivante.

3» Bain par projeclion ou douches. — Ce mode d administration diilère du précédent en ce que le liquide est projeté avec f»rce au moyeu d'appareils spéciaux ; le liquide peut être rhnud ou froid et la doucbe Incale ou générale. L'administration des doucbes exige d(^s appareils et un apprentissage spéciaux.

La douche locale est souvent prati(piée avec des li- (|uides pulvérisés.

Dtu'ée des bains. — La durée des bains est très variable suivant la nature du véhicule et suivant les indications thérapeutiques. Ces indications, comme celles relatives aux douches, sortiraient du cadre que nous nous sommes imposé.

Thérapeuticiuement, les bains agissent soit par euxmêmes (comme émollients), soit par la réaction physiologique qu'ils provoquent (douches).

Très souvent ils constituentunmode d'administration des médicaments, par exemple le bain de sublimé, ou inen les inhalations d'air chargé de vapeurs médicanuMiteuses (créosote, acide Iluorhydrique). La pharmacologie des bains est très simple. Les principales

l'oiTiiiiles sont inscriles au Codex et il surfil de les désigner ]);u' leur nom : bain sulfuré, bain alcalin^ etc.

On pré|)are des bains natiirois concenti-és vésiillaut de révapoi'ation de certaines eaux minérales naturelles telles cjne les bains de Vichy, les eaux mères de Salies de Béarn. Il existe enfin des formules permettant de reproduire la plupart des eaux minérales naturelles employées pour bains.

Lorsque ce bain concentré se trouve sous forme de sels solides, il sul'lit de les dissoudre dans quebpies litres d'eau et de mélanger à beau d'un bain la solution ainsi obtenue.

Lorsque les bains sont constitués par une infusion de décoction médicamenteuse on fait cette première opération avec une partie de l'eau seulement, et on opère ensuite le mélange.

Bain de tilleul.

Tilleul avec bradées 500 gr.

Faites infuser 1/2 heure dans 10 litres d'eau bouillante, passez et mélangez à l'eau du bain.

Les bains sur la préparation desquels nous avons à faire quelcjues observations sont les suivantes :

Bains iodwés (Liigol).

Iode 8 gr. 10 gr. 12 gr.

lodure de polassium. 15 — 20 — 24 — Eau 625 — 625 — 625 —

On obtient ainsi une solution concentrée que Ton mélange à l'eau du bain contenue dans une baignoire en bois.

Bains sulfurés ou sulfureux.

On les prépare avec le trisulfnre de polassium ou de sodium solide, à la dose de 100 grammes, que l'on fait

pA^Ij^Tg. — LOTIONS. — FOMENTATIONS, ETC. 'îS

dissoudre dons une peLilc (juanlilé d'eau et que l'on mélanine au bain contenu dans une baignoire en zinc ou en ùdis.

Sous le nom de bain sulfureux sans odeur on emploie du soufre precj/rt/é que l'on mélange à l'eau du Ijain, mais l'action thérapeutique de ce mélange est tout autre que celle du bain sulfureux.

Bain de sublime corrosif.

Le Codex donne la formule suivante :

Bichlorurc de mercure ou sublimé corrosif.. 20 gr.

Chlorhvdrale J'ammoniaque 20 —

Eau disliUée 200 —

Il se forme un sel double très soluble, et la solution est mélangée à l'eau contenue dans une baignoire en bois. Quelques praticiens font dissoudre le sublimé dans l'alcool.

Siblimé corrosif 20 gr.

Alcool h 90" ou Eau de Cologne 100 —

Parmi les bains locaux les pédiluves ou bains de pieds méritent une mention spéciale.

Lopédiluve chlorhydriqup. est obtenu en mélangeant 100 gr. de cet acide avec 5 litres d'eau placés dans un vase en grès ou en bois.

Le pédilnve ou bain de pied sinapisé est préparé en délayant dans 3 litres d'eau loO grammes de farine de moutarde récemment puloérisée. L'eau doit être légèrement chaude et sa température ne doit pas dépasser iO degrés ; on doit éviter l'addition de toute substance étrangère notamment du vinaigre. La présence de cet acide, ainsi que l'action d'une température supérieure à -40 degrés paralysent en effet l'action

74 NOTIONS DE l'IIARMÂClE NÉGKSSAIRIÎS AU MÉDECIN

do la myrosine sur \QmyronaLe de potasse el empècliciil par suiLe la IbiMnalion île riiuile essentielle de moiilarde à laquelle la farine doit ses propriétés révulsives.

Lotions.

La lotion n'est autre chose qu'un bain local pratiqué avec des liquides médicamenteux ; mais elle eu dillere par le mode d'application. Ou pratique en effet la lotion avec une éponge, un linge doux imprégné du liquide médicamenteux qu'on laisse souvent sécher sur place : ce liquide peut être froid ou chaud.

Les lotions sont le plus souvent constituées par des liquides aqueux tenant des sels en dissolution ; ou bien par des infusions ou décoctions. On emploie parfois des liquides hydro-alcooliques.

Parmi les lotions les plus employées, citons l'enn blnncke obtenue en mélangeant à un litre d'eau ^0 grammes de sous-acétate de plomb liquide (extrait de Saturne).

On doit employer l'eau commune, le précipité étant constitué par des sulfates et carbonates de plomb. 11 ne faut pas confondre L'eau blanche dont nous venons de parler avec t'cau Véqéto-mïnérale ou eau de Goulard qui renferme de l'alcoolat vulnéraire et que l'on prépare d'après la formule suivante :

Sous-acétate de plomb liquide 20 pr.

Alcoolat vulnéraire 80 —

Eau commune

Agitez.

La confusion de ces deux préparations faite soit par le médecin soit par le public est assez fréquente.

n.Mxs. — LOTIONS. — fomi-:ntations, etc. to

Le Codex, menlioane eiicoi-e la lolion sulfurée ou sulfureuse oblcnue avec :

ïrisiilfure de pntasxium ou de sodium solide.. 20 gr.

Faites dissoudre : on peut masquer Todeur en ajoutant 10 grammes de teinture de benjoin, et en passant à travers un linge pour retenir la résine préeipilée.

Les lotions sont très employées pour les maladies du cuir chevelu. Citons la lotion contre les ép/iélides.

Acide chrysoplianiqiie .. . 0 gr. la cenlig.

Sublimé cori-osif 0 — -^0 —

Essence de bergainole. . . 2 —

Alcool à eu» IM) —

Fomentations et embrocations.

La romentalion ne dilTère à ])roprement parler de la lotion que par le mode d'emploi. Elle est toujours constituée par des liquides chargés de principes médicamenteux soit par snlufoin, soiL par infusion ou décoctKm ; mais on l'ait chauffer ces liquides avant d'en faii'c usage, et, on laisse les compresses, qui ont servi ù pratiquer la l'onienlation, appliquées jusqu'à rel'roidissenient sur les parties malades.

On retarde ce refroidissement en recouvrant avec du taffetas i/onnué ou de \k (jutta-perrlia laminée.

Les fomentations les plus employées sont les fomentations aromat'ques et celle de fleurs de sureauî{[iQ Ton obtient en faisant infuser pendant une demi-heure dans un litre d'eau bouillante, 30 grammes d'espèces aromali(iues ou de Meurs de sureau.

L'einhrocat 'ion ne dill'ère des fomenlaiinns que parce (|u'elle renferme des corps gras, et des (iniments que

76 NOTIONS DE PHAnMAClB NÉCESSAIRlîS AU MÉDECIN

parce qu'on \\nn\)\oïechrnide. L'onibrocalion deQueslionan, Irès tMiiployée en Anglelerre, est composée avec :

Ikiile d'olives ) .....

Essence de lérébenLliine * ^''^

Acide sulfurique alcoolise... 12 —

Fumigations.

La fumigalion difTèi-e de toutes les opérations précédentes par ce qu'elle s'eflectue non jjlus avec des liquides, mais avec des gaz ou des vapeurs que Ton dirige sur une parLie du corps. L'action des iumigations est donc locale et non générale comme celle des bains de vapeurs ou d'air chaud. Les fumiga- ■ lions externes sont désinfectantes ou rncdicamenleiises. Les fumigations internes sont pratiquées avec des vapeurs sèches ou hmnide'i [inhalations], avec de Yair chargé de principes médicamenteux volatils, ou bien, eniin, avec des i)roduits pyrngénés [cigarettes, cartons fumigatoires, etc.).

Fumigations désinfectantes. — Elles ont pour but d'assainir une enceinte dans laquelle a séjourné un malade atteint d'une afl'ecLion contagieuse. Elles agissent ou bien par l'action chimique et destructive qn elles exercent sur les germes; ou bien elles atténuent ei masquent une mauvaise odeur en lui en adjoignant une autre plus agréable et plus saine. Ces dernières fumigations n'ont aucune valeur en tant que désinfectantes.

Les fumigations désinfectantes se pratiquent:

1° Au moyen des vapeurs nilreuscs (acide hypoazolique) provenant de l'action de l'acide azotique sur la tournure de cuivre ;

2° Au moyen du chlorn, obtenu par l'action à chaud, de l'acide sulfurique sur un' mélange de bioxyde de

BAINS. — LOTIONS. — FOMENTATIONS, ETC. i'

imanyanèse et de chloruir de sodium; ou par la dé- ,conii>osili(Mi, à ri-oid, du chlorure de chaux par Facide . (Chlorhydrique;

3° Au moyeu de l'acide suU'ureux (obtenu par la

icombusliou du soulVe).

Toutes ces fumigations sont actives et très cITica- (Ces, il n'eu est pas de même de ceUes qu'on obtient len vaporisant de ïacide phénique, du camphre, en laissant brûler des c/oî«s /"«/«aw/s, etc.

fumiyalions médicamenteuses. — Les fumig-ations ;aqueuses et, par conséquent, humides sont praticiuées ■ au moyen d'un appareil spécial: le pulvérisateur. Le lliquidc désinfectant est entraîné par un jet de vapeur let réduit en globules extrêmement fins qui restent en ■suspension dans l'air et constituent le sprai.

On prati([ue souvent des fumigations soit avec des .vapeurs scc/ics (benjoin — sulfure de mercure), soit .-avec des produiis pyrogénés provenant de la décompo- ;silion incomplète de certains corps par la chaleur ; {résines, fiommes-résines, sucre, etc.). On obtient ces der- : nières soit en projetant les corps grossièrement pulvérisés sur des charbons ardents ou uuc plaque métallique rougie au feu ou bieu eu les mélangeant avec un corps comburant qui leur permet de brûler lentement une fois qu'ils ont été mis en contact avec un corps en ignition.

. On prépare dans ce but les câ7ies ou clous fumants et les cartons fumigatoircs.

Clous fumants.

Benjoin

Baume de Tolu

Sanlal cilrin

Charbon végétal

Azolale de potasse

Mucilage de gomme adragante

80 gr.

SOO — Q. S.

On l'ait une pûlc que l'on divise en peLils cônes, et dont la conibuslion, une l'ois commencée s'entrelienl d'elle-même.

Pajiiers et cnrlons fumigatoires. — Le papier fumigaloire le plus connues! le papie?' nilré que l'on obtient en imbibant du papier sans colle avec une solution saturée à froid à'azidale de potasse.

Le carton fundgatoire ou anti-asthmatique se prépare en faisant une pâte avec du papier sans colle, de l'azotate de potasse et un mélange de poudres de belladone, stramonium, digitale, etc. Cette pâte est comprimée dans des moules et convertie en carton par dessication.

On utilise ces deux préparations en les faisant brûler près du malade qui doit en respirer les vapeurs.

On pratique encore des fumigations sèches au moyen de cigarettes médicamenteuses que le malade fume en aspirant la fumée. Les plus connues sont les cigarettes arsenicales que Ton obtient en dissolvant 1 gramme d'arscniate de soude dans 20 grammes d'eau et en imbibant avec cette solution 20 petites feuilles de papier non collé qu'on roule en cigarettes après dessication.

On confectionne aussi des cigarettes de belladone, stramonium, d'fjitale, etc., en introduisant dans du papier à cigarettes ordinaire un gramme de ces feuilles convenablement incisées et séchées ; on ajoute souvent une petite quantité d'azotate de potasse afin d'obtenir une combustion plus facile et plus régulière.

Les fumigations humides, qui sont toujours partielles, se pratiquent en soumettant les parties malades à l'action des vapeurs qui se dégagent d'un appareil spécial contenant un liquide volatilité plus souvent de

Page 1