BAINS. — LOTIONS. — FOMENTATIONS, KTC
l'eau) dans lequel baignent des piaules aromatiques et que Ton porte à rébullilion. Le membre est entouré d'une étoile imperméable constituant une enceinte suflisamment close et dans laquelle la vapeur est dirii;ée par un conduit parlant de l'appareil.
CHAPHRE II
DES CATAPLASMES
Les calaplasmes sont des médicaments réservés pour l'usage externe. Ils présentent la consistance d'une pâte molle et sont obtenus en délayant des farines ou des poudres dans de l'eau chaude, tenant en dissolution ou non des substances médicamenteuses.
Le cataplasme est un véritable bain local destiné à maintenir de Vhumidilé et de la c/ialew à l'endroit où
il est appliqué.
Depuis l'introduction en chirurgie des méthodes antiseptiques, le cataplasme est beaucoup moins employé. .
Pour bien remplir son but, le cataplasme doit absorber la plus gi-ande quantUé d'eau possible et se refroidir tfès lentement.
Toutes les substances capables d'emmagasiner de l'eau peuvent servir à confectionner des cataplasmes mais il est préférable de se servir des farines de graines mucilagineuses et en particuUer de la farine de graine de lin. Le cataplasme préparé avec cette farme
DES CATAl'LASMKS
])résentL' louLos les qualités voqiiises. L'eau chaude u'est [las soulemeut absoi'])éc : elle l'orme avec riiuile contenue dans la l'ariiu' une éuiulsion qui conserv(î longtemps la chaleur et présente eu outre des propriétés adoucissantes très marquées.
La prépai-ation des cataplasmes Lien que très simple demande un peu d'habitude el quelques précauti(»ns. Il faut, en efl'et, que la pâte absorbe beaucoup d'eau atin de se conserver chaude le plus longtemps possible, et de présenter nue consistance assez molle pour se mouler lacilement sur les parties où on l'applique, d'autre part elle ne doit pas élre assez liquide pour traverser le linge dans lequel on l'enferme. Il ne faut pas oublier que le cata[)lasme durcit à mesure ([u'il se refroidit.
Ily adeux manières de faire les cataplasmes; chacune présente des avantages suivant la grandeur du topique.
1° Le Codex conseille de délayer la farine de lin dans Feau froide, de manière à obtenir une bouillie très claire que l'on fait chaulfer en remuant continuellemenl jusqu'à ce que l'on ait obtenu une pâte de consistance convenable. Ce moyen convient surtout lorsque le cataplasme doit être très volumineux et permet de lui donner une température aussi élevée qu'on jugera utile. Il ne faut pas oublier que le mélange épaissit beaucoup par la cuisson et acquiert ensuite de la consistance en se refroidissant.
2" On peut aussi luire avec de la farine et de l'eau froide une pâle épaisse, on attend que la fariiu^ ail absorbé toute l'eau, qu'elle soit bien gontlée, on ajoute alors de l'eau très chaude, de nuinière à communiquer à la masse la fluidité el la chaleur nécessaires. Ce |)rocédé permet de préparer le cataplasme dans un récipient quelconque ; mais il n'est utilisable que si le topique est peu volumineux.
82 NOTIONS DE l'HARMAClU NÉCESSAIRES AU MÉDECIN
Le cataplasme une fois préparé ne peut être appliqué directement que sur les extrémités des membres; jambes et avant-bi^as, dans les parties où l'applica'lion et le nettoyage peuvent être l'ails lacilemcnl. Presque toujours il faut enfermer la pâte dans un linge de manière à' pouvoir Vappliquer et Venlever sans peine. On se sert poui- cela de linge vieux et usé, de mousseline grossière ou de tarlatane non empesée. Le tissu doit être assez lâche pour laisser Teau transsuder légèrement et cependant assez serré- pour retenir la pâte. Aiin que le cataplasme serve bien de bain local, il faut l'empêcher de se dessécher et de se refroidir. Pour cela on le recouvre de Inffelas gommé ou de riutlapercha laminée et on place dessus un léger coussin ou des compresses. .
La consistance du cataplasme ne doit être, amsi que nous l'avons dit, ni trop ferme, ni trop molle. Son épaissmr doit être en rapport avec sa surface. Trop mince il se relVoidit plus vite : trop épais il peut exercer sur les parties malades une /(re.ss/on douloureuse. Il ne faut jamais laisser refroidir entièrement un cataplasme ; il peut devenir trop rigide et causer de la douleur.
Les cataplasmes de farine de graine de Un sont les plus employés, cette farine doit être de bonne qualité et récemment pulvérisée. La farine ancienne peut être devenue rance et par suite irritante. Celte farine que le plus souvent le malade prend en dehors des pharmacies est parfois mélangée de tourteau. L'huile de lin qu'on extrait par expression des semences est un produit industriel fort employé et le tourteau n'a pas de valeur et très peu d'emploi. La farine de lin mélangée de tourteau n'est presque plus adoucissante, n'absorbe pas beaucoup d'eau et ne donne pas une pâte bien liée. Lorsqu'elle est de bonne qualité elle tache
DES CATAPLASMES
en quelques inslanls les sacs de papier dans lesquels ou la place, sans même qu'il soit besoin de la comprimer : avec la larine mélangée de tourteau les taches de matière grasse n'apparaissent qu'au bout d'ua temps parfois assez long.
Ailditions aux catnplustncs — On ajoute parfois au cataplasme de farine de lin des powlips, des extraits^ des hw/es, et divers liquides médicamenteux. Si ces substances sont en quantité suffisante on peut les mélanger soit à la farine ipn/idi'ps, huiles), soit les dissoudre dans l'eau (extraits) qui sert à confectionner le cataplasme ; dans le cas contraire on les étale ou on les verse à la surface du cataplasme au moment de l'appliquer.
C'est ce que l'on fait en particulier pour le laudanum que l'on verse par gouttes à la surface du cataplasme, l'absorption se fait d'une manière très sensible surtout chez les jeunes enfants.
On prépare, encore, mais bien rarement des cataplasmes avec des poudres (poudre de ciguë) ou des farines , farines résolutives) : ces substances ne sont pas oléagineuses et absorbent moins d'eau que la farine de lin. La préparation du topique est du reste identique.
On employait également autrefois, des cataplasmes faits avec des pulpes végétales (voir à pulpes). Les pulpes étaient crues ou cuites ce qui modifiait souvent leurs propriétés, ainsi la pulpe d'oignons c/m est ruùéfiante, celle d'oignons cwts est émolliente.
Cataplasmes d'amidon et de fécule de pommes de terre, — Ces cataplasmes sont très employés, ils ne possèdent pas des propriétés aussi émollientes que ceux de farine de graine de Un, mais ils n'ont pas d'odeur ce ([ui permet de les appliquer sur la face, et partout où la peau, déjà malade, demande à être ménagée.
84 NOTIONS D12 PHÂRMA.CIK NÉCESSAIRES AU MÉDECIN
On prend :
Fécule de pommes de terre ou amidon. CO gr. Eau —
On délaye la substance amylacée dans environ 100 grammes d'eau, de manière à obtenir un lait épais ; ou i)orte à l'ébuUitiou le reste de l'eau et on y verso le lait d'amidon par petit filet, de manière à ne pas interrompre l'ébuUition que l'on ne prolonge que quelques instants'. On obtient ainsi un empois épais; cet empois est enfermé dans un linge fin et dont le tissu est serré, autrement il passerait au travers. On peut faire à ces cataplasmes des additions, soit à la surface, soit, si les substances sont solubles, en les faisant dissoudre dans l'eau qui sert à la préparation. 11 est important de ne pas laisser refroidir sur place les cataplasmes d'amidon car ils deviennent encore plus rigides que ceux de farine de lin.
Cnln/jlasmes au fucus. — Le fucus crispas, qui renferme beaucoup de mucilage, est utilisé pour la confection de cataplasmes en feuilles que l'on dessèche et dont la conservation est assurée. Pour l'usage il suffit de tremper la feuUle dans l'eau chaude : elle se gonfle beaucoup et on l'applique en la recouvrant d'une feuille de gutta-percha laminée. Ces cataplasmes sont très utiles en voyage. On les prépare en imprégnant une feuille de ouate cardée-avec une décoction épaisse de fucus. Après dessication à l'étuve la plaque n"a qu'une épaisseur de 2 à 3 milimètres environ :
Cat'ipLasmes cU farine de moutarde ou sinnpisme. — Tous les cataplasmes dont nous venons de parler sont émollients; celui de farine moutarde, désigné habi-
1. Une ébuUition trop longtemps prolongée liquéfierait l'empois.
DES CATAPLASMIiS
luellement sous le nom de sinapisme est irritant et révulsif.
On sait que le principe actif de la moutarde, l'huile volatile, ne préexiste pas dans la graine et qu'il prend naissance au contact de l'eau. Ce liquide permet, en effet, à la myrosine (^ferment) d'agir sur le myronate de potasse, et de produire l'huHe essentielle ; mais cette ferme)! tu tion est entravée par l'action d'une chaleur supérieure à 40 degrés et par les ncides.
La farine de moutarde doit être pulvérisée par petites quantités à la fois et conservée en boîtes fermées, et à l'abri de l'humidité. Pour préparer le sinapisme on doit se servir d'eau tiède, dont la température ne dépasse pas 40 degrés (voir à pédiluves).
Pour obtenir le sinapisme on délaye rapidement la farine dans l'eau tiède; on enferme dans un linge assez jin et on applique à l'endroit déterminé. L'effet révulsif se produit presque immédiatement; il commence par une sensation de chaleur qui se transforme bientôt en brûlure et peut aller jusqu'à la vésication si on oublie d'enlever le topique en temps opportun. Si le malade n'a pas sa connaissance et ne peut prévenir, il est donc indispensable de soulever de temps à autre un angle du sinapisme et de se rendre compte de la rougeur de l'épiderme.
Souvent on promène les sinapismes c'est-à-diro qu'une fois la révulsion obtenue dans un endroit déterminé on déplace le sinapisme et on le pose un peu plus loin de façon à ce qu'il agisse sur une autre partie. On peut ainsi avec un seul sinapisme faire de la révulsion sur une large surface.
Cata/ilasmes sinapisés. — Le cataplasme sinapisé permet d'obtenir une révulsion un peu moins énergique qu'avec le sinapisme. On commence par pré- [)arerun cataplasme de farine de lin peu épais et assez
86 NOTIONS DU l'HAHMAClE NÉCESSAIRES AU MÉDECIN
mou on allend qu'il soiilif-dp. on répand alors à la surj'ace une petite quantité de farine de moutarde et on l'applique à Tendroil désigné : on peut le promener si cela est utile. La révulsion produite par le cataplasme sinapisé est moins douloureuse que celle du sinapisme, ce qui permet de la prolonger plus longtemps.
Svtapismes en feuilles. — Le sinapisme classique, préparé comme nous avons indiqué avec la farine de moutarde n'est presque plus employé aujourd'hui ; il est remplacé par le sinapisme en feuille ou sinapisme Rigollot(du nom de son inventeur), qui présente l'avantage de ne nécessiter aucune manipulation autre que de le mouiller et dont la conservation est pour ainsi dire indéfinie. On a donc sous la main une préparation d'une activité constante et rapide. La farine de moutarde renferme comme celle de lin une huile grasse, dont l'action révulsive est nulle, et qui en rancissant à la longue est, avec l'action de l'humidité, une des causes d'altération de cette farine. On commence par séparer cette huile par expression puis par un lavage de sulfure de carbone ou à l'essence de pétrole. La farine ainsi privée d'huile est tout aussi active que la farine naturelle et se conserve indéfiniment : on l'emploie du reste sous cette forme pour préparer des sinapismes avec l'eau. .
Pour confectionner, les sinapismes en feuilles on fait, au moyen d'un tamis tomber une couche mince et unifornie de cette farine, sur une feuille de papier non collée et préalablement enduite d'un vernis constitué par une dissolution de caoutchouc dans l'essence de pétrole ou le sulfure de carbone. On exerce ensuite avec un rouleau une pression modérée qui fait pénétrer la poudre dans le vernis et la fixe ainsi sur le papier. On laisse sécher d'abord à air
DES CATAPLASMES ^'
libre, puis dans une éluve modérément chaufTée. On découpe ensuite en petites feuilles que l'on conserve dans des boites de fer blanc dans un endroit sec
Pour faire usage de ce sinapisme en feuille il suffit de le tremper ou de l'arroser avec de l'eau froide ou
Fig. 10. — Machine Nègre pour labriquer les siiiapismes.
tiède et de l'appliquer : mais pour qu'il agisse bien il faut déterminer une adhérence à Tépiderme au moyen d'une pression suffisante : on le recouvre au besoin d'une compresse et on le maintient avec une bande si cela est nécessaire, mais le plus souvent cette précaution est inutile. Ces sinapismes sont au moins aussi actifs que ceux qui sont préparés directement avec la farine : il faut bien surveiller leur application pour éviter la vésication que nous avons signalée plus haut.
1. Dans l'industrie on emploie des machines spéciales d'une constriicLion 1res ingénieuse. iS'ous donnons ci-conlre (fig. 10) le dessin d'une de ces machines fabriquée par !a maison ISègre.