LES VAISSEAUX CAPILLAIRES
sang qui les remplit d’ordinaire est arrêté dans son cours, et qu’elles ne peuvent, d’ailleurs, recevoir de sang par aucune voie. Si l’on ouvre, avec la lancette, la veine gonflée au-dessous de la ligature, le sang coule abondamment; mais si l’on piquait la veine au-dessus de la même ligature, on n’en obtiendrait pas une goutte.
Le cours du sang dans les veines est lent et uniforme. C’est le contraire de ce qui arrive pour les artères, à l’intérieur desquelles le sang coule rapidement et par saccades.
Il est facile de se convaincre de la différence du mode de progression du sang dans les veines et les artères, en ouvrant à la fois, sur un même animal, une artère et une veine. On voit alors le sang couler de l’artère par jets successifs et saccadés, qui semblent répondre à une impulsion agissant à de courts intervalles; tandis que la veine ouverte laisse le sang couler lentement, uniformément, et pour ainsi dire baver, par la petite plaie qu’a pratiquée la lancette.
Puisque le sang coule plus lentement dans les veines que dans les artères, il faut que les veines, qui rapportent le sang des artères, soient plus nombreuses que les artères ellesmêmes. La nature a pourvu à cette nécessité, plutôt en multipliant le nombre de veines qu’en accroissant leur volume. Il y a toujours deux veines, au moins, pour escorter une artère. C’est ce que l’on reconnaîtra en examinant la planche coloriée placée à la page 190, qui représente l’ensemble de la circulation artérielle et veineuse dans le corps humain.
Le sang marche d’autant plus vite dans les veines qu’il se rapproche davantage du cœur. Cela tient à ce que les veines, à mesure qu’elles se rapprochent du cœur, diminuent de capacité. Or la physique nous apprend qu’un liquide marche d’autant plus vite qu’il passe d’un tuyau plus large dans un tuyau plus resserré.
La nature protège les veines, comme les artères, contre toute offense extérieure ou intérieure. Si une veine doit traverser un muscle de part en part, l’orifice qui lui livre passage est protégé par un anneau tendineux.
Les anastomoses sont très frequentes entre les veines, surtout à la partie superficielle du corps. De cette manière, si une cause quelconque vient à gêner le cours du sang dans la veine, la branche anastomosique peut suppléer à la branche principale qui fait défaut.
COMMENT LE SANG CIRCULE
Les veines des membres inférieurs sont, comme nous l’avons déjà dit, pourvues, de distance en distance, de valvules destinées à briser, d’espace en espace, la colonne de sang, et à empêcher le sang de peser contre les parois des veines les plus inférieures, surtout lorsqu’un obstacle vient contrarier l’ascension du sang et son retour au cœur.
La figure 51 représente la disposition et le groupement des valvules d’une veine.
Sans les valvules dont elles sont pourvues, les veines inférieures de la jambe seraient énormément distendues par le poids du sang. Quelquefois même, la précaution que la nature a prise d’assurer, au moyen de valvules, la circulation du sang dans les membres inférieurs, est insuffisante. On voit les veines de la jambe grossir considérablement, et donner lieu à ces dilatations veineuses anormales qui constituent les tumeurs sanguines désignées sous le nom de varices ou de dilatations variqueuses.
Pour combattre cette disposition fâcheuse, il faut tenir fortement serrées, au moyen de bas élastiques et compresseurs, les parties du membre dans lesquelles les veines se sont laissées ainsi distendre anormalement par l’effort du sang retardé dans son ascension.
Fig. 51.
Valvules des veines.
Quelle est la cause de la progression du sang dans les veines? Nous avons essayé de répondre à cette Valvules question ep ce qui concerne les artères et les vaisseaux capillaires, et nous avons vu que cette réponse n’était pas facile. Ici la difficulté sera plus grande encore.
L’impulsion du cœur sur le sang s’arrête manifestement au réseau capillaire. Il est donc impossible qu’elle puisse s’étendre jusqu’aux veines. Cette première cause est dès lors écartée. On -ne pourrait songer non plus à accorder une contraction propre aux veines. La tunique dure et fibreuse qui entre dans la composition des artères, existe dans les veines, mais elle n’est point élastique.
On admet généralement que le sang est poussé dans les veines par l’action des capillaires. Les ondées successives des capillaires se transmettent aux veines. Une certaine élasticité — nous ne dirons pas contractilité — de la tunique veineuse, seconde