LES VAISSEAUX CAPILLAIRES
il cheminer dans ces petits vaisseaux, si éloignés de l’organe central de la circulation ?
L’explication de la circulation du sang dans les capillaires est un des points les plus difficiles de la physiologie. Le diamètre intérieur des vaisseaux qui terminent les artères est tellement petit qu’on ne peut l’apprécier à l’œil nu. On ne peut rendre visibles les vaisseaux capillaires à la vue simple qu’en poussant dans une branche artérielle voisine de ces vaisseaux une injection de matière fluide colorée en rouge par le minium. La
Fig. 50. Réseau capillaire vu au microscope, avec un grossissement de 100 diamètres.
a. Artère capillaire. — v. Veine capillaire. — c. Veine plus grosse, placée au-dessous.
matière de l’injection, remplissant ces petits vaisseaux, fait apparaître le lacis infini de leur réseau, se détachant, avec sa couleur rouge, sur le fond du tissu.
Nous représentons dans la figure ci-dessus le réseau capillaire , c’est-à-dire la terminaison des artérioles au sein des tissus, et le commencement des veinules. Le microscope a grossi l’aspect de ce réseau vasculaire, qui n’est nullement discernable pour nous, en raison des dimensions infiniment réduites auxquelles arrivent les artérioles et les veinules, pour composer le réseau capillaire sanguin.
GOMMENT LE SANG CIRCULE
Il faut admettre, pour expliquer la progression du sang dans» les vaisseaux capillaires, que ces vaisseaux sont doués d’une contractilité comparable à celle des artères, et qu’en outre l’impulsion du cœur se fait sentir jusqu’à eux. Cette contractilité des vaisseaux capillaires n’était pas mise en doute par Bichat, et les expériences des physiologistes modernes ont confirmé le fait.
Les capillaires doivent jouir d’une force de contraction assez intense, puisque cette force provoque, non seulement la progression du sang dans leur propre réseau, mais le passage de ce même sang dans les veinules qui font suite au réseau capillaire. Mais cette force, comment l’évaluer? Toutes les recherches faites pour arriver à cette détermination sont restées inutiles.
Un certain mystère plane donc, en définitive, sur la cause réelle du mouvement du sang dans les capillaires et sur l’intensité de cette force. Cette fois encore, nous nous heurtons à un problème qui paraît insoluble par les seules lumières de l’expérience et du raisonnement, et nous sommes obligés de reconnaître que, comme la contraction du cœur et celle des artères,, la contraction des vaisseaux capillaires est de nature essentiellement vitale.
Veines. — Quel est le rôle que jouent les veines dans le phénomène général de la circulation du sang? Nous venons de dire que le sang passe des vaisseaux capillaires dans les veines. Les veines le rapportent au cœur.
Cette marche du sang veineux de l’extérieur vers l’intérieur, c’est-à-dire de la périphérie du corps au centre, est, d’ailleurs, bien connue. On la comprend parfaitement quand on voit pratiquer une saignée. Chacun sait que, pour pratiquer une saignée au bras, on commence par serrer fortement le membre. On voit alors les veines superficielles du bras apparaître et se gonfler. Mais quelles sont les veines qui se gonflent? Ce sont celles qui se trouvent au-dessous de la ligature, c’est-à-dire le plus loin du cœur, tandis que celles qui sont placées au-dessus du lien, c’està-dire plus près du cœur, demeurent vides de sang, et par conséquent, invisibles. Pourquoi? Parce que le sang qui marche de l’extrémité du membre vers le cœur, se trouve arrêté dans sa course par l’interposition de la ligature, et qu’il s’accumule au-dessous de cette ligature. Les veines situées au-dessus de la ligature n’apparaissent point, ne se gonflent point, parce que le