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LE POULS

transmet de proche en proche, dans tout l’arbre artériel, et se fait sentir dans les artères d’un certain calibre.

Le gonflement de l’artère provoqué, d’une manière intermittente, par le choc du sang contre ses parois, constitue 1 e pouls (du latin pulsus, pulsation).

Le pouls correspond donc à la systole du ventricule gauche du cœur, et il est déterminé par cette contraction.

Puisqu’il est déterminé par les mouvements du cœur, le pouls doit subir toutes les modifications du rythme du cœur; et

Fig. 52. Vue, au microscope, du sang en état de circulation, laissant apercevoir les globules sanguins.

l. Réseau artériel. — 2. Ramuscule artériel. — 3. Réseau capillaire artériel et veineux. 4. Veinule, vue sur le second plan.

comme le cœur est l’organe qui traduit le mieux l’état général de l’économie, les pulsations artérielles doivent servir d’indice précieux pour deviner la nature des troubles internes de l’économie. Le pouls est donc, pour ainsi dire, la boussole clu médecin .

Le nombre des pulsations d’une artère est, chez un adulte, de 75 à 80 par minute. Chez le nouveau-né, le pouls bat 140 fois par minute.

L’habitude est prise d’employer les pulsations artérielles en

GOMMENT LE SANG CIRCULE

posant le doigt sur l’artère du poignet (artère radiale), parce que cette artère est superficielle et bien placée pour l’usage pratique. Mais l’artère carotide, située le long du cou, et qui est tout aussi superficielle, pourrait être adoptée avec les mêmes avantages, pour tâter le pouls.

Ceci est la manière banale, vulgaire, de tâter le pouls, celle qui a suffi à la constitution et aux progrès de la médecine, de la chirurgie et de la physiologie, depuis Hippocrate jusqu’à nos jours. Il est une manière à plus hautes visées, une manière scientifique, pour ainsi dire, de tâter le pouls, qui est la propre invention de notre siècle. Nous la signalerons, moins en raison de son utilité réelle, que comme une occasion de caractériser l’esprit de la physiologie moderne, qui s’efforce d’introduire dans l’étude des fonctions de la vie l’usage des instruments de mesure empruntée aux sciences exactes.

On appelle sphygmomètre ou sphygmo graphe (de açuynoç, pouls), mots également grecs et également rébarbatifs, un instrument qui permet d’enregistrer sur le papier les mouvements du pouls.

L’invention de cet instrument est due à un médecin de Paris, le docteur Hérisson, qui le fit construire, en 1833, par un horloger de la même ville, M. Paul Garnier.

Le sphygmomètre de MM. Hérisson et Paul Garnier se composait d’un tube de verre, d’un diamètre très petit, contenant du mercure et assez semblable à un thermomètre. Seulement, le réservoir de ce faux thermomètre était formé d’une membrane élastique, telle qu’un morceau de peau de gant, une peau ordinaire, un morceau de vessie. Quand on appliquait au poignet, sur l’artère radiale, le réservoir de l’instrument muni de cette menbrane élastique, les pulsations de l’artère soulevaient le mercure d’une manière saccadée et correspondante au mouvement du pouls. Par l’effet de ces impulsions, le mercure s’élevait dans le tube et traduisait, par ses oscillations, la marche du sang dans l’artère.

C’était donc une manière de voir le pouls, au lieu de le sentir par le tact, et l’on conçoit que ce moyen d’opérer fût précieux lorsqu’il s’agissait de soumettre, en peu de temps, un grand nombre d’individus à l’exploration du pouls par le tact.

Aussi un médecin polonais, le docteur Poznanski, put-il, en 1875, se servir du sphygmomètre de Hérisson pour tâter le pouls à un régiment tout entier de la garde impériale de Saint-Pétersbourg,

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