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LE POULS

et à trois cents détenus d’une prison à Vilna, en Pologne1.

Cependant le sphygmomètre de Hérisson et Paul Garnier était peu sensible. Il fut perfectionné d’une manière remarquable par un physiologiste allemand, M. Vierordt, qui ajouta à l’instrument .primitif un mouvement d’horlogerie, servant à dérouler un ruban de papier, sur lequel s’inscrivent les indications d’un petit levier en rapport avec l’artère.

M. Marey, professeur de physiologie à la Faculté des sciences de Paris, adoptant le sphygmographe de Vierordt, y apporta quelques modifications et lui donna la forme qu’il présente aujourd’hui.

Le sphygmographe, tel qu’on le construit aujourd’hui, se compose d’un long levier que l’on applique sur l’artère radiale, comme s’applique le doigt cl’un médecin sur cette même artère pour l’exploration du pouls. A l’extrémité de ce long levier se trouve une pointe verticale armée d’un crayon, qui est en rapport avec une feuille de papier, se déroulant par l’effet d’un mouvement d’horlogerie. Tous les mouvements du pouls sont ainsi inscrits sur le papier tournant, au moyen de lignes et d’angles, plus ou moins aigus, tracés par le crayon. Ces lignes et angles, traduits ensuite par l’observateur, représentent les mouvements du pouls du patient.

Ce serait sortir du cadre de cet ouvrage que d’insister sur cette artériographie , qui sans doute a son utilité dans les recherches des laboratoires, mais qui, n’étant que du dilettantisme physico-médical, intéresse peu nos lecteurs. D’ailleurs, au mois de juillet 1878, les résultats acquis à la physiologie par l’emploi du sphygmographe ont été fortement battus en brèche, devant l’Académie de médecine, par M. Colin (d’Alfort), dont l’autorité en physiologie ne saurait être mise en doute.

Les notions exposées plus haut concernant le pouls expliquent parfaitement d’avance ce que c’est que la saignée. Elles font comprendre que la saignée se pratique sur les veines, et non sur les artères. Si, pour tirer du sang à un malade, on ouvrait une artère, on produirait une hémorrhagie dangereuse; le sang s’échapperait rapidement et par saccades. On aurait beaucoup de peine à arrêter l’écoulement sanguin, et la plaie de l’artère

1. Voir notre Année scientifique , 2® année (1858), pages 304-306.

GOMMENT LE SANG CIRCULE

serait très difficile à guérir. Si l’on ouvre la veine, on n’a rien de semblable à redouter.

Nous avons déjà expliqué que, pour pratiquer une saignée, il faut comprimer la région parcourue par la veine, et que l’on voit alors les veines se gonfler au-dessous de la ligature, parce que le sang des veines remonte des extrémités vers le cœur.

La plaie produite à une veine, quand on a pratiqué la saignée, se ferme rapidement, parce qu’il n’entre pas dans la composition des veines cette substance fibreuse et dure qui constitue essentiellement le tuyau artériel.

L’habitude est prise, avons-nous dit, de pratiquer les saignées à la veine du pli du bras. Mais les anciens médecins ne s’en tenaient pas, comme ceux d’aujourd’hui, à pratiquer la saignée au bras. On saignait fréquemment aux veines du pied, même aux veines du cou, et les points où l’on exécutait la saignée avaient leur justification dans les idées des praticiens de ce temps. Aujourd’hui, la médecine s’étant, à tort ou à raison, beaucoup simplifiée, on n’a plus ces préférences, et ce n’est que dans des occasion très rares, du moins en France, que l’on s’avise de saigner aux veines du pied. En Italie, où la saignée est toujours en grande faveur, la saignée de la veine du pied (saphène) se pratique assez fréquemment.

Les causes morales, physiques et pathologiques ont une action directe et prompte sur le rythme des mouvements du cœur. L’influence que les émotions et les passions vives exercent sur les battements du cœur est, d’ailleurs, bien connue. Notre cœur active ses pulsations et s’agite, pour ainsi dire, dans notre poitrine, sous l’influence des passions subitement excitées. Dans la colère, le cœur frappe tumultueusement et avec force les parois pectorales. Au contraire, sur le coup d’une frayeur subite, le cœur ralentit extraordinairement ses mouvements; et si la terreur est portée à son comble, elle détermine la syncope , c’est-à-dire la suspension complète des battements du cœur, état voisin de la mort.

L’étroite sympathie qui existe entre le cerveau et le cœur, explique l’influence des émotions morales sur l’accélération ou le ralentissement des battements du cœur.

C’est par des raisons du même ordre que nos tissus pâlissent ou rougissent successivement, par l’effet des impressions morales.

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