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THÉORIES DE LA CONTRACTION MUSCULAIRE

et les veines ne sont pas irritables; enfin, que l’irritabilité existe partout où l’on observe des fibres musculaires.

Le cœur était, selon Haller, le plus irritable de tous les organes. Venaient ensuite les intestins, puis le diaphragme, enfin les autres muscles.

D’après Haller, le simple afflux des humeurs suffit pour irriter les muscles non soumis à la volonté, tandis que les autres, étant moins irritables, ont besoin d’un irritant plus fort. Enfin la fibre musculaire est essentiellement irritable.

Haller croyait donc que la contraction des muscles était due à la force spéciale dont il dotait l’économie vivante. Il ajoutait toutefois que cette force avait besoin d’être mise en jeu, d’être excitée, par un stimulus , et ce stimulus c’était l’agent nerveux.

La théorie de Haller se réduit à mettre un mot à la place d’une explication, car l’immortel physiologiste ne prétendait aucunement expliquer l’essence, la nature intime de la force qu’il appelait irritabilité.

En mettant un mot à la place d’une idée, Haller ne pouvait aucunement faire avancer la science. Le phénomène de la contraction musculaire demeura donc tout aussi impénétrable après Haller qu’il l’avait été avant lui.

On peut faire la même objection à la théorie de Bichat, qui, dans notre siècle, a renouvelé, sous un autre nom, la doctrine de Haller.

Bichat expliquait la contraction des muscles par une des propriétés vitales de son invention, à savoir, la contractilité , qu’il attribuait à la fibre musculaire. Mais le mot de contractilité de Bichat ne dit rien de plus à l’esprit que Y irritabilité de

Haller.

Prévost et Dumas essayèrent, vers 1830, d’expliquer la contraction musculaire par une théorie fort ingénieuse, mais qui avait le tort de manquer de base. Prévost et Dumas pensaient, d’une part, que l’électricité circule dans les nerfs, et d’autre part que les fibres musculaires sont disposées, dans leurs dernières ramifications, comme des espèces d’anses ou de courbes juxtaposées. Selon ces expérimentateurs, le courant électrique qui parcourt le nerf exerce une attraction électrique sur les petites anses fibrillaires qui terminent les muscles. Ces petites anses fibrill aires, étant ainsi attirées les unes vers les autres, se raccourcissent et produisent la contraction musculaire.

LES MOUVEMENTS

A l’époque où Prévost et Dumas publièrent cette ingénieuse conception, c’est-à-dire en 1820, on appelait la physiologie le roman de la médecine. La théorie de la contraction musculaire émise par l’iliustre savant que la France admire aujourd’hui, était un des plus jolis chapitres de ce roman.

Il convient d’ajouter que les mêmes auteurs, Prévost et Dumas, publiaient, peu de temps après, 'dans les Annales des sciences naturelles, leurs remarquables Recherches sur la génération animale. C’est à partir de ce moment que l’on commença à soupçonner que le microscope peut rendre quelques services à la physiologie, et que l’analyse chimique ne suffit pas pour caractériser les liquides et les solides de l’économie.

Dans les premières années de notre siècle, on a cherché à expliquer la contraction musculaire de toutes sortes de manières : par des actions mécaniques et par des actions chimiques. On a dit que l’influx nerveux, en parcourant le nerf qui le conduit, produit une traction mécanique du muscle; ou que le fluide nerveux, en affluant dans les nerfs, agit mécaniquement pour faire mouvoir la fibre musculaire. D’autres ont cru que le courant nerveux, agissant à la manière d’une étincelle électrique, active, accroît la combustion du sang par l’oxygène du sang artériel, et que cette combustion, ainsi exaltée, provoque la contraction des fibres musculaires.

Toutes ces théories ont le tort d’être de simples vues de l’esprit, ou des applications des sciences physiques dont il est impossible de contrôler les bases.

Il ne faut donc pas hésiter à déclarer que le phénomène de la contraction musculaire, comme tant d’autres phénomènes de l’économie vivante, est inaccessible à nos explications, et qu’il ne peut s’expliquer que par l’un des attributs de la force vitale, c’està-dire par une cause dont la nature propre nous échappe.

C’est la contraction musculaire qui, mettant en action les leviers osseux, particulièrement ceux des membres, permet à l’homme et aux animaux d’exécuter des mouvements partiels ou généraux, mouvements qui varient selon qu’ils s’opèrent sur place ou dans la locomotion.

Les divers mouvements que nous exécutons sur place s’accomplissent par un concours de puissances musculaires appropriées. Nous ne saurions entrer dans l’analyse détaillée des divers mou^

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