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Os homini sublime dédit , cælumque tueri

Jussit , et erectos ad sidéra tollere vultus.

« Dieu donna à l’homme un visage élevé vers le ciel, et lui ordonna de tourner son front vers les astres.

LES MOUVEMENTS

dans la station, à la fatigue qu’on finit par ressentir dans les muscles du tronc, de la cuisse et du mollet, quand on es! resté trop longtemps debout. La station verticale, dans une immobilité parfaite, ne peut être longtemps supportée, surtout si le poids de fardeaux vient s’ajouter à celui du corps. Quand on est forcé de rester longtemps debout, on prend, instinctivement, la position dite hanchée. En d’autres termes, on fait porter le poids du corps sur un seul membre en fléchissant légèrement le corps du côté de ce membre, et l’on change de temps en temps la position hanchée. De cette manière, c’est-à-dire en reposant alternativement chaque jambe, en suspendant pendant quelque temps la contractilité des muscles, on leur permet de reprendre leur contractilité, et, après cet intervalle de repos, d’exercer un nouvel effort. Par cette suspension intermittente de l’effort musculaire, on peut prolonger beaucoup plus longtemps la station verticale.

La station sur un seul pied, que nous n’employons qu’à de longs intervalles et dans des conditions toutes particulières, est, au contraire, la situation imposée au danseur, qui est forcé de faire porter constamment le poids entier du corps sur un seul membre, et cela pendant un temps considérable. C’est dire que l’exercice de la danse exige une prodigieuse dépense de forces musculaires.

L’attitude à genoux ou assise sans aucun appui du corps se fait par le même mécanisme que la station verticale, en limitant ce mécanisme aux muscles de la tête et du tronc. Dans ces deux cas c’est le bassin ou les genoux qui portent le poids du corps, tandis que la contraction des muscles du cou et de ceux du tronc assure l’équilibre vertical.

Si, dans la station assise, on est soutenu par un dossier, la fatigue n’atteint que le bassin, qui supporte le poids du tronc et de la tête.

Le mécanisme physiologique de la station verticale du corps humain nous explique la marche. Dans la marche, le membre inférieur se dirige en avant, et le poids du tronc est supporté par l’articulation coxo-fémorale, c’est-à-dire par la tête de l’os de la cuisse ou fémur. Ce poids est transmis au sol par l’os principal de la jambe, le tibia, et par les os des pieds. Ensuite le membre inférieur opposé s’avance à son tour, et supporte seul le poids du corps, tandis que le membre resté en arrière se repose. Il y a un moment, dans cette succession de pas, où le corps s’ap-

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puie sur les deux jambes à la fois, mais ce moment est très court.

C’est précisément lace qui différencie la course de la marche , car dans la course le pied resté en arrière se détache du sol avant que l’autre y arrive, et il n’y a aucun moment dans lequel le corps porte sur les deux pieds à la fois.

L’inclinaison du corps en avant favorise la marche, en combattant la résistance de l’air. Le balancement des bras est également utile pour maintenir l’équilibre du corps, équilibre qui est naturellement instable pendant le continuel déplacement du centre de gravité qui résulte de ce que le poids du.corps est continuellement porté tantôt à droite, tantôt à gauche. Les bras, en se balançant, c’est-à-dire en prenant différentes positions? changent instinctivement le centre de gravité du corps, selon les besoins, comme le balancier du danseur de corde assure la stabilité du danseur, en déplaçant, pour maintenir l’équilibre, le centre de gravité du corps.

La vitesse habituelle de la marche chez l’homme est de six kilomètres à l’heure. Mais, par l’exercice, on arrive à accroître singulièrement cette vitesse. Les marcheurs de profession font facilement huit kilomètres à l’heure, en marchant cinq à six heures à cette vitesse.

Pendant la célèbre ascension où il parvint le premier au Mont-Blanc, en 1786, le guide Jacques Balmat marcha quatre jours et quatre nuits, sans se reposer un moment. L’un de ses fils, Édouard Balmat, parti de Paris pour rejoindre son régiment, arriva à la vallée de Chamonix le cinquième jour, après avoir parcouru 546 kilomètres, c’est-à-dire 108 kilomètres par jour.

Le même Édouard Balmat, plusieurs années après, parti des bains de Louèche à deux heures du matin, arriva à Chamonix à neuf heures du soir, ayant franchi en dix-neuf heures 120 kilomètres.

La course , avons-nous dit, diffère de la marche en ce que les deux pieds ne portent jamais ensemble sur le sol. Il faut ajouter à ce caractère que dans la course les deux pieds sont, à certains moments, entièrement détachés du sol, ce qui n’arrive jamais dans la marche, et que la vitesse du déplacement est très considérable.

Dans la course, le corps est beaucoup plus incliné en avant

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que dans la marche, ce qui rend les chutes plus faciles, et en même temps plus graves, en raison de la vitesse. C’est donc par une suite de sauts que s’effectue la course, le saut se faisant alternativement par l’un et par l’autre pied.

La plus grande vitesse de la course est de 27 kilomètres en une heure, suivant Weber; mais une telle vitesse ne saurait être soutenue pendant une heure. La vitesse normale de la course n’est pas de plus de 14 kilomètres à l’heure, et l’on peut courir assez longtemps avec cette vitesse.

Le saut n’est autre chose qu’un des pas de la course exécuté seul. Il est précédé de quelques pas de course rapides et serrés, destinés à donner l’élan. La vitesse acquise depuis ces premiers pas s’ajoute à celle que le sauteur imprime à son corps, par la dernière impulsion. Par le saut, on peut franchir un espace de 4 à 6 mètres, dans le sens horizontal.

Le saut à pieds joints comporte un autre mécanisme. On commence par fléchir les deux membres inférieurs; puis, par une contraction subite des mêmes membres et une impulsion du corps, on porte, avec une grande force, tout le corps en avant. C’est surtout la détente des muscles de la jambe et du pied qui détermine le saut, dont la longueur dépend de la vitesse qu’on a imprimée au corps au moment où on l’a détaché du sol. La projection violente des bras en avant ajoute beaucoup à la force de l’impulsion.

Pour grimper , il faut faire agir simultanément les bras et le& jambes. Tandis que les mains s’accrochent aux aspérités d’un mur ou aux branches d’un arbre, les membres inférieurs soutiennent le corps et poussent les bras en haut. Les muscles du bras et de l’épaule sont ceux qui prennent la plus grande part à cet exercice.

Dans la natation , tous nos muscles sont en jeu. Le corps étant placé horizontalement sur le ventre, dans les couches supérieures de l’eau, on commence par replier les membres; ensuite on rapproche les talons, et l’on applique les mains l’une contre l’autre, au devant de la poitrine. Alors on détend brusquement les pieds, qui vont frapper l’eau par leur face plantaire. On allonge en avant les bras, qui coupent l’eau; puis on les sépare et on les ramène sous la poitrine, après leur avoir fait décrire une courbe, à la manière des rames. Ces mouvements exécutés avec ordre, et convenablement espacés, permettent au corps de sur-

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nager et de progresser avec plus ou moins de vitesse. Privé de tout mouvement, le corps ne pourrait se soutenir sur Peau et tomberait au fond.

L’explication des mouvements de la machine animale par l’application des lois de la physique, particulièrement des lois

Fig. 156. Borelli.

des leviers et de leurs points d’application, n’est point de date moderne. C’est à un anatomiste italien du xvne siècle, Borelli, que l’on doit cette étude. Les physiologistes modernes n’ont eu qu’à la compléter par la considération des faits acquis à la science depuis cette époque.

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Le livre de Borelli, intitulé De motu animalium \ qui fut publié, pour la première fois, à Rome, en 1860, renferme l’étude de tous les mouvements du corps humain. Dans la première partie de cet ouvrage (la seule dont la science moderne ait à se préoccuper, car la seconde partie, publiée en 1861, n’est qu’une suite d’hypothèses gratuites, reflet des idées iatro-mathématiques de son temps), Borelli évalue en chiffres la force développée par les muscles dans les mouvements des divers animaux, et il donne l'analyse ainsi que l’explication physique de tous ces mouvements.

Le livre de Borelli De motu animalium , était en si grande estime au siècle dernier, que le médecin Chirac, de l’Université de Montpellier, légua, par testament, les fonds nécessaires pour l’entretien d’un professeur qui serait chargé d’expliquer et de commenter ce livre, ainsi que les matières qui s’y rapporte. Cependant la volonté du testateur ne fut point exécutée.

Jean Alphonse Borelli était né à Naples, en 1608. Il passa sa vie à enseigner les mathématiques et la philosophie à Florence et à Pise, où il mérita l’estime et la bienveillance des princes de la maison de Médicis. Ce fut pendant son séjour à Pise que, mettant à profit ses grandes connaissances en mathématiques, il s’appliqua à l’étude des mouvements des animaux.

Dans ces dernières années, il se retira à Rome, dans la maison des religieux des écoles pieuses (clercs réguliers de Saint-Pantaléon). Il y mourut le 31 décembre 1679.

Borelli fut plutôt mathémicien qu’anatomiste. Il est le chef de la secte iatro-mathématique. Le parti qu’il avait su tirer de la statique pour expliquer les mouvements des animaux, lui suggéra l’idée d’appliquer également la science du calcul à toutes les fonctions et à tous les phénomènes de l’économie animale; mais il n’exécuta pas lui-même ce projet, qui ne fut développé dans toute son étendue que par son élève, Laurent Bellini. Borelli se borna à étudier, parmi les phénomènes de la vie, ceux qui sont soumis, jusqu’à un certain point, aux règles de la mécanique, et il jeta de vives lumières sur cette partie de là physiologie. Il reconnut le premier que les muscles sont obligés de

1. De motu animalium , pars prima , in qua copiose disceptatur de motionibus conspicuis animalium , nempe de externarum partium flexionibus, extensionibus, et tandem de gressu, volatu, natatu et ejus annexis. (Roma, 1680, in-4.) Pars altéra, in qua disceptatur de causis motus musculorum et motionibus internis, nempe humorum, qui per vasa et viscera animalium fiunt. (Roma, 1681, in-4.)

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déployer une très rande force, même lorsqu’ils n’ont à surmonter qu’une résistance légère ; et il fit voir que cet effet tient à plusieurs causes réunies, qu’il étudia successivement, à savoir : l’insertion des muscles plus près du centre du mouvement que ne l’est la résistance ou le poids qu’ils font mouvoir autour de ce centre, — l’obliquité de l’insertion musculaire, — la direction des fibres charnues par rapport au tendon. 11 prouva que les os des membres sont de véritables leviers sur lesquels les muscles agissent comme des puissances motrices. Celte découverte fondamentale, dont on n’avait aucune idée avant Borelli, aurait suffi pour immortaliser son nom.

Nous terminerons ce que nous avions à dire concernant les mouvements du corps humain par quelques mots sur V effort en général.

Dans les divers mouvements que nous venons de passer en revue, c’est-à-dire dans les mouvements de translation du corps, comme d'ailleurs dans beaucoup de mouvements qui s’exécutent sur place, il y a souvent ce qu’on peut appeler un effort , c’est-àdire l’union de plusieurs puissances musculaires dans une contraction commune. Pour soulever un fardeau, attirer ou repousser un corps, pour gravir une côte, soit en marchant, soit en courant, enfin pour tout travail mécanique laborieux, il y a développement d’effort.

Quand nous avons besoin de produire un effort, nous commençons par faire une inspiration profonde ; puis nous retenons la masse d’air introduite dans la poitrine. Ainsi dilaté, le thorax fournit un point d’appui fixe et solide aux muscles qui s’y attachent et qui doivent vaincre la résistance. Lors même que ce ne sont pas les muscles du thorax qui doivent agir, l’amplitude de cette cavité est nécessaire pour fournir indirectement un point d’appui aux muscles sur la colonne vertébrale et sur les os du thorax. Un mouvement auquel prennent part seulement le bras ou la main, s’il est produit avec effort, demande le concours des autres puissances musculaires de l’économie. Or la grande distension des parois de la poitrine est la condition de ce commun concours.

Ce qui le prouve, c’est que pendant l’effort il nous est impossible d’exécuter un mouvement autre que celui que nous avons en vue. Si l’on veut soulever un lourd fardeau, il faut que

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tous les muscles agissent dans cette intention, et Ton ne peut rien distraire des forces de l’économie occupées à ce travail. On ne saurait, pendant un effort violent, ni regarder, ni respirer, ni sentir, ni avaler. C’est à peine si une légère expiration se produit. Les poumons restent distendus par l’air; les viscères du basventre sont comprimés en haut par le diaphragme, et sur les côtés par les muscles abdominaux. Quelquefois seulement, un peu d’air part bruyamment de la poitrine, en produisant un son rauque et précipité; puis la glotte se referme et retient l’air emprisonné dans la poitrine. C’est ainsi que se produit le han! du geindre, soulevant péniblement la masse énorme de la pâte du pain, pour la rejeter avec force dans le pétrin, et que le marin qui tire une corde de manœuvre, ou le batelier qui haie un bateau sur la berge, font entendre leur han! particulier.

La pression violente que les viscères abdominaux éprouvent pendant l’effort, de la part du diaphragme et des muscles abdominaux, peut avoir de sérieux inconvénients. C’est par cet effort que se produit la hernie, c’est-à-dire la sortie d’une anse d’intestin par Vanneau inguinal. La pression énergique ou répétée des intestins par les muscles abdominaux a déterminé ce fâcheux accident. Les cris de l’enfant au berceau peuvent suffire pour produire la hernie. Avis aux parents.

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