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LE CHANT

appelle registres . Le premier registre comprend les notes graves ou de moyenne élévation, et l’autre les notes très aiguës. Le premier registre est donné par la voix de poitrine; chez la plupart des personnes le second registre est donné par la voix de tête ou de fausset. Nous essayerons de dire plus loin en quoi diffèrent ces deux registres vocaux, quant à leur mode de production physiologique.

Tous les degrés de la gamme ou échelle des tons s’appellent les notes , et sont figurés dans l’écriture musicale par des signes particuliers, dont chacun désigne un ton différent. Il y a sept sons , ou notes , dans la gamme; et la gamme, en se répétant, constitue Y échelle musicale , avec tous les intervalles compris entre le ton le plus grave et le ton le plus aigu.

La voix humaine ne peut parcourir qu’une faible étendue de l’échelle musicale; et cette étendue, c’est-à-dire la portée de la voix , varie suivant les sexes et les individus.

Quelles sont les modifications qui s’opèrent dans l’appareil vocal de l’homme pendant que la voix exécute les différents tons et demi-tons de la gamme? C’est ce qu’il faut expliquer.

Pour produire les notes basses de la gamme, les rubans vocaux se relâchent, la glotte s’élargit, et le conduit laryngo-buccal s’allonge, par l’abaissement du larynx, opéré sous l’influence des muscles sterno-thyroïdien, sterno et omoplat-hyoïdien. Si le conduit laryngo-buccal s’allonge encore davantage, l’air expiré qui traverse la glotte, ne peut plus faire vibrer les rubans vocaux, et on n’entend plus rien. Quand un chanteur veut descendre de plus en plus la gamme, il arrive un moment où il a beau ouvrir largement la bouche, aucun son ne sort plus de sa gorge : il est arrivé à la limite de sa voix dans les cordes basses.

Pour produire les notes aiguës, les cordes vocales se tendent fortement. Il y a, en outre, raccourcissement du conduit laryngobuccal, opéré par l’élévation du larynx, sous l’influence du muscle constricteur inférieur du pharynx, et de fous les muscles élévateurs du larynx. Quand la tension des cordes vocales est poussée à son dernier degré, la glotte finit par se fermer complètement, et aucun son n’est plus émis. Alors le chanteur est arrivé à la limite de sa voix dans les notes élevées.

Pour donner les sons graves, la basse-taille incline la tête sur sa poitriue, afin de laisser aux cartilages du larynx la fa-

LA VOIX

culté d’allonger le plus possible, par leur élasticité, les dimensions de cet organe. Au contraire, pour émettre les sons très aigus, le ténor rejette la tête en arrière : ce qui a pour effet de diminuer la longueur du larynx, par la tension des muscles qui le tirent de bas en haut. Considérez, dans le duo de Robert le Diable, la position de la tête des deux chanteurs, et vous reconnaîtrez, du premier coup d’œil, même en vous bouchant les oreilles, quelle est la basse-taille et quel est le ténor : l’un baisse la tête en regardant la rampe, l’autre la renverse en regardant les frises.

Le larynx et le pharynx sont les organes qui fatiguent le plus dans les tons élevés, par suite de la tension de leurs muscles. La poitrine éprouve plus de lassitude dans les tons bas, en raison de l’énorme quantité d’air qu’il faut expirer pour les produire.

Les voix d’homme se distinguent en basse-taille, baryton et ténor. Les voix de femme sont : le contralto, ou baryton féminin, le mezzo soprano (ou alto) et le soprano. Les limites extrêmes de la voix de basse-taille sont le sol au-dessous de Yut; et pour le soprano, le fa ou le fa suraigu de l’avant-dernière octave du piano.

Les voix ordinaires d’homme ne dépassent pas deux octaves, celles de femme deux octaves et demie. Mais des artistes célèbres ont possédé trois octaves et même trois octaves et demie. La voix d’Adelina Patti comporte cette dernière et extraordinaire étendue.

Qu’est-ce que la voix dite de tête, ou de fausset?

Les opinions varient beaucoup à cet égard. Le physiologiste J. Millier croyait que la voix de tête était produite par les vibrations du bord seul des cordes vocales. Le docteur Segond l’attribuait à la vibration des cordes vocales supérieures. Mais, comme on admet aujourd’hui que les cordes vocales supérieures n’existent pas, l’opinion du docteur Segond ne saurait prévaloir.

Pour Weber et Longet, les notes de fausset sont les sons harmoniques des cordes vocales.

Cependant l’opinion qui est le plus généralement professée aujourd’hui, c’est que la vocalisation musicale est effectuée par le larynx pour la production des tons au-dessous du médium» c’est-à-dire de la voix de poitrine, et avec le secours principal du pharynx pour les tons plus élevés, c’est-à-dire pour l’émission de la voix de tête.

Le laryngoscope, dès les premiers temps de la découverte de

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