‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir à l'étude des trois langues clasiquesChapitre 109 sur 116 · CHAPITRE XXIII. — RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII. — RÉSUMÉ

anciennes. La traduction latine d’une phrase grecque peut, sans être pour cela moins latine, offrir comme un calque fidèle du texte et en reproduire jusqu’à l’obscurité: c’est là un danger (a), mais parfois aussi un avantage. Le traducteur français, pour rester fidèle au génie de notre langue, doit exprimer nettement toutes les idées de l’auteur original, et sa phrase est d’autant plus française qu’elle est plus claire : bien traduire en français Tacite ou Thucydide , c’est non-seulement rendre la forme et la beauté de leur texte , c’est encore l’expliquer comme par un rapide et perpétuel commentaire. Or il y a, chez les poètes anciens, des beautés qui tiennent à l’expression un peu vague de la pensée ; il y a dans Thucydide et dans Tacite des pensées énergiques et profondes qui semblent gagner quelque chose à la concision un peu obscure du langage. Tous les traits de ce genre ne peuvent guère que s’affaiblir en passant du grec ou du latin dans la langue française.

4° L’harmonie de notre langue ne repose pas sur une application aussi régulière ni aussi délicate des principes de l’accent , delà quantité et de V aspiration. Notre vocabulaire poétique se réduit à un petit nombre de mots. La poésie française supplée à ces défauts par une versification fondée sur l’usage de la rime, sur le nombre des syllabes et sur le sentiment de l’accent tonique, par le choix des mots et par leur arrangement, qui peut, jusqu’à un certain point, corriger la monotonie même de notre accentuation.

5° À son origine , le français se divisait en plusieurs dialectes, parlés par autant de peuples, dans les diverses provinces de l’ancienne France. Plus tard, parmi ces variétés de la même langue , deux principaux dialectes ont prédominé : celui du midi (langue d’oc, provençal,

(a) Voir là-dessus d'excellentes observations dans la Préface d’un ancien traducteur de Démostliène, Jacques de Tourreil (1701 et 1721).

langue des troubadours), et celui du nord (langue d’oz7, langue des trouvères , français proprement dit). Enfin , le dialecte du nord ayant prédominé à son tour, avec le peuple qui le parlait, sur celui du midi, le langage et la littérature sont arrivés peu à peu à cette unité qui représente si bien aujourd’hui F unité de la nation française et du génie fronçais 110«

NOTES

1. Je signale ici rapidement, comme utiles à étudier sur les divers sujets traités dans ce Manuel : les articles de Grammaire qui font partie de l’ Encyclopédie Méthodique , et qui sont réunis, avec les articles de littérature, en trois volumes in-4°, publiés à part de 1782 à 1786; la Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal, avec les remarques de Duclos et les suppléments de l’abbé Fromant (l’édition de Paris, 1845, contient tous ces ouvrages réunis) , grammaire sur laquelle on peut lire les sages conclusions de Sainte-Beuve, Port- Royal, t. III, p. 470, éd. de 1860; le Traité delà Grammaire francoise , par Régnier Desmarets (1706); les Vrais Principes de la langue française , par l’abbé Girard (Paris, 1747); la Grammaire générale de Beauzée (1767); Y Hermès, de Harris, traduit en français par Thurot (an iv); les Principes de Grammaire générale, par Silvestre de Sacy (3e édit. Paris, 1815) ; V Essai sur la science du langage, par M. Clément (Paris, 1843); Y Essai sur le langage, par M. A. Charma (2e édit., Caen, 1846); l’Origine du langage, par M. E. Renan (Paris, 1848 et 1858); le Traité des facultés de l’ame, par M. A. Garnier (1852), livre YI, secl. III, cliap. Il ; le Cours supérieur de grammaire, par M. B. Jullien (Paris, 1849); les Principes delà Grammaire générale de M. Burggraff (Liège, 1863). D’autres ouvrages seront cités dans les notes suivantes. — Page 2.

2. Voir son mémoire, lu en 1746, à l’Académie des belles-lettres, sur rOrîgine et V ancienne histoire des habitants de la Grèce, dont une analyse est insérée au tome XXI, et dont le texte fut imprimé plus tard dans le tome XLYI1 du recueil de cette Académie. Cf., tome XXIII (Histoire), p. 330, l’excellent résumé que donne de la méthode de Fréret son biographe Bougainville. On lit aussi dans le recueil de la

* Pour faciliter les vérifications et les recherches, on trouve ici ajouté à chaque note le chiffre de la page à laquelle elle correspond dans let exte de l’ouvrage,

NOTES

même Académie un bon mémoire de Falconnet, sur les Principes de V étymologie par rapport a la langue française. — Page 3.

3. Sur cette histoire des théories grammaticales, le livre le plus complet est celui de Lersch : Philosophie du langage chez les anciens (Bonn, 1839* 1843, en allemand). On pourra aussi consulter Græfenhan : Histoire de la philologie classique dans V antiquité (3 vol. Bonn, 1843 et suiv., it.); Séguier de 3aint-Brisson, la Philosophie du langage exposée d’ après Aristote (Paris, 1838); Egger, Apollonius Dyscole, Essai sur V histoire des théories grammaticales dans V antiquité (Paris, 1854); Schmidt : Mémoires pour servir à V histoire de la grammaire des Grecs et des Latins (Halle, 1859, en allemand); F. Schœmann, la Doctrine des Parties du discours , d’après les anciens (Berlin, 1862, in-8, en allemand) ; H. Steinthal, Histoire de la science du langage chez les Grecs et les Romains (Berlin, 1862-3, en allemand). Sur l’histoire de la grammaire en France, consulter : 1° Livet, la Grammaire française et les Grammairiens au XVIe siècle (Paris, 1859, in-8); 2° A. Loiseau, Histoire des Progrès de la Grammaire en France , dont la première partie seulement a paru en 1873. Sur la Grammaire et les Grammairiens au moyen âge, M. C. Thurot a publié, en 1868. dans les Notices et extraits des manuscrits , tome XXII, un travail original et approfondi : Notices et Extraits de divers manuscrits latins pour servir à l’histoire des doctrines grammaticales au moyen âge (592 pages in-4) — Page 4.

4. « Declinatio inducta (est) in sermones non solum Latinos, sed om- « nium hominum, utili et necessaria de causa : nisi enim ita esset <c factum, neque discere tantum numerum verborum possemus ; infinitæ « enim sunt naturæ in quas ea declinantur : neque quæ didicissemus, « ex bis, quæ inter se rerum cognatio esset, appareret. » (VIII, 3. éd. Muller. Cf. Ibid. 64.) Il faut remarquer que, dans Varron, les mots declinare , declinatus , aeclinatio, désignent, en général, l’usage des flexions variables, soit déclinaison, soit conjugaison ; c’était aussi le sens du mot tctoxjiç chez les premiers grammairiens grecs. — L’idée d’une langue sans flexion, comme est la langue chinoise, n’a pu que bien tardivement se faire accepter des grammairiens modernes; on peut le voir par l’opinion exprimée en 1801, sur l’emploi des cas, par le célèbre philologue G. Hermann, de Emendanda ratione Grammaticæ grœcæ, II, c. vin. — Page 4.

5. Consulter pour les nombreux ouvrages de philologie comparée qui ont, de nos jours, étendu et renouvelé la philosophie du langage : la Grammaire comparée des langues indo - germaniques , par Fr. Bopp (Berlin, 1833-1852), ouvrage qui vient d’être traduit en français sur la 2e édition, par M. Michel Bréal (Paris, 1866-1874), cinq vol. in-8, avec des introductions où le traducteur français s’attache à montrer les

NOTES

principaux progrès accomplis dans cette science depuis les travaux de Bopp. Comme professeur au Collège de France, M. Bréal a traité dans un discours d’ouverture de la Méthode comparative appliquée à V étude des langues (Paris, 18G4), et plus tard (1872), il a montré Quelle place doit tenir la Grammaire comparée dans l’ enseignement classique. Je crois pouvoir aussi renvoyer utilement à l’article que j’ai publié, en 1873, dans le Journal des Savants , sur ces diverses publications de M. Bréal, et sur les travaux récents qui se rapportent au même sujet, dans les Mémoires de la Société de linguistique (Paris, 1870 et années suivantes), et dans \qs Annuaires de l’Association pour l’encouragement des études grecques, qui se sont ouverts depuis deux ans à des dissertations de grammaire comparative. Voir aussi le Dictionnaire des racines grecques, de Th. Benfey (Berlin, 1839); Pictet, de l'Affinité des langues celtiques avec le sanscrit (Paris, 1837), etc.; L. Meyer, Grammaire comparative des langues grecque et latine (Berlin, 1861 et suiv., en allemand) ; G. Curtius, Principes de V étymologie grecque (Leipzig, en allemand), livre qui est parvenu aujourd’hui à sa troisième édition; A. Schleicher, Abrégé ( Compendium ) de la Grammaire comparative des langues indo-germaniques (Weimar, 1861, en allemand), livre qui est aussi parvenu à sa troisième édition. En un genre de spéculations moins méthodiques, mais singulièrement attrayantes par la finesse des vues et l’art de l’exposition, il faut recommander la Science du langage et les Nouvelles Leçons sur la science du langage , par Max Müller,‘trad. en français par MM. Harris et Perrot (Paris, 1864-7, 3 vol. in-8). Citons encore : Aperçu général de la science comparative des langues , par L. Benloevv, 2e éd. (Paris, 1872, in- 8) ; Instruction pour l'étude élémentaire de la linguistique indo-européenne , par A. Ilovelacque (Paris, 1871, in-12); G. Curtius, Comparaison des langues dans son rapport avec la philologie classique (Berlin, 1845); Schleicher, Aperçu systématique sur les langues de l'Europe (Bonn, 1850). Au reste, le Dictionnaire méthodique des grammaires et lexiques de toutes les langues de la terre , rédigé par J. S. Vater, refait et complété par B. J ii 1 g (Berlin, 1847), donnera une idée de l’extension qu’ont prise les études de linguistique, et il fournira d’amples renseignements aux esprits curieux de suivre, au moins dans quelque branche, les progrès de cette science. Pour les langues grecque et latine on consultera surtout le catalogue spécial de W. Engelmann, publié sous le titre de Bibliotheca phllologlca (3e édit,, Leipzig, 1853). Sur les rapports de l’ethnographie avec la distribution des langues en familles, voir le résumé des travaux de Frid. Millier dans X Année géographique de M. Vivien de Saint-Martin, VIII, p. 556, et dans Y Allgemeine Ethnographie du même Frid. Müller (Vienne, 1873), p. 15 et suiv. — Page 6.

6. Nous citerons, en général, à l’appui de ces remarques : Fr. Nève,

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le Sanscrit et les études indiennes dans leur rapport avec V enseignement classique (Bruges, 1864); P. Giguet, Grammaire gi'ecque simplifiée ( Paris, 1856); B. Bona, Grammatica greca ad uso dei licei (Turin, 1862); D. Pezzi, Grammatica storico -comparativa délia lingua latina (Turin, 1872); enfin ia Grammaire grecque, depuis longtemps classique en Allemagne, de G. Curtius, dont M. Thurot a publié une Notice critique dans la Hevue de l’Instruction publique du 19 novembre 1869, et dans l’Annuaire de notre Association des études grecques, p. 42-64. — Page 6.

7 . On sera frappé des ressemblances principales du sanscrit avec le latin et le grec, en lisant le Résumé élémentaire de la théorie des formes grammaticales en sanscrit, par M. F. Baudry (Paris, 1853); la Grammaire comparée des langues classiques , par le même ; lre partie, Phonétique (Paris, 1868, in-8). Les rapports du sanscrit avec le français sont nombreux aussi, mais tous indirects, comme on le voit par l'ouvrage de M. L. Delâtre : la Langue française dans ses rapports avec le. sanscrit et les autres langues indo-européennes (les trois premières livraisons, Paris, 1853), ouvrage utile à consulter, sous la réserve des observations critiques publiées, à ce sujet, par M. Renan, dans le Journal général de V instruction publique du 2 novembre 1853 ; et le livre de M. Eichhoff : Parallèle des langues de V Europe et de P Inde , ou Étude des principales langues romanes , germaniques, slaves et celtiques , comparées entre elles et à la langue sanscrite (Paris, 1836). — Page 6.

8. Sur les langues néo-latines, voir la Grammaire comparée des langues de P Europe latine , par M. Raynouard (Paris, 1821); les Recherches sur l'origine et la formation de la langue romane , par le même, en tête du Recueil des poésies des troubadours (Paris, 1 816) ; Fauriel, Histoire de la poésie provençale , tome 1er (Paris, 1846); A. Fucbs, les Langues romanes dans leurs rapports avec le latin (Halle, 1849); deux Grammaires romanes inédites, publiées, en 1840, par M. Guessard, dans la Bibliothèque de P École des Chartes, et reproduites en 1858 par le même savant dans une édition revue , corrigée et considérablement augmentée ; deux opuscules composés, au XIVe siècle, en Angleterre, pour servira 1a pratique de notre langue, et qu’a publiés M. P. Meyer dans un Supplément à la Revue critique pour 1870, p. 373-408 ; Diez, Grammaire des langues romanes (Bonn, 1856, 1860, 3 vol., ouvrage dont MM. Brachet et G. Paris publient en ce moment une traduction française) ; le même, Lexicon etymologicum linguarum romanarum , italicœ , hispanicœ , gallicœ (Bonn, 1850, 1860, 3e éd.). On peut consulter aussi les Mémoires de Duclos sur P Origine de la langue française, dans le Recueil de l’Académie des Inscriptions, tomes XV et XVII ; ceux de Bonamy, sur P Introduction de la langue latine dans les Gaules , Ibid., t. XXIV et XXVI, et parmi les ouvrages plus récents ;

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les Observations sur la littérature provençale , dans les Essais historiques et littéraires , de G. de Schlegel, p. 225 et suiv. ; divers Mémoires publiés dans la Bibliothèque de l’École des Chartes , dans la Revue récemment fondée sous le litre de Romania , par MM. P. Meyer et G. Paris; dans la Revue des langues romanes (Montpellier, 1870 et années suivantes) ; dans la Bibliothèque de V Ecole pratique des hautes études (Paris, 1870 et suiv.) ; dans la Revue celtique , fondée en 1870 et dirigée par M. II. Gaidoz; Y Essai philosophique sur la formation de la langue française , par M. Éd. du Méril (Paris, 1852); le Précis historique de la langue française , depuis son origine jusqu à nos jours , par M. Pellissier (2e édition. Paris, 1873, in-12). L’ouvrage le plus complet et le plus méthodique sur l’origine et la formation de notre langue était, en 1858, celui d’A. de Clievallet (en trois volumes in-8). Il est aujourd’hui dépassé par les travaux de M. Littré : Histoire de la langue française (1803, deux volumes in-8), et préface du grand Dictionnaire de la langue française (1863 et années suivantes, 4 vol. gr. in-4) ; de M. À. Brachet, Dictionnaire étymologique de la langue française , et Grammaire historique delà langue française (Paris, 1870, in-12) ; de M. Coclieris, Origine et formation de la langue française. Histoire de la grammaire, Origine et formation des noms de lieu (Paris, 1809 et suiv., 3 vol. in-12j. L'Histoire de la formation de la langue française, par J. -J. Ampère (Paris, I84I, in-8) a été réimprimée en 1809, après la mort de l’auteur, avec d’utiles corrections et additions de M. Paul Meyer. Voir sur les transformations ultérieures de la langue : X Archéologie française de Ch. Pougens (Paris, 1821); les Remarques sur la langue française , par M. Fr. Wey (Paris, 1845); le Trésor des origines et Dictionnaire grammatical raisonné de la langue française, spécimen en 1 vol. in-4, par Ch. Pougens (1819); l’édition donnée par M. P. Ackermann, de la Deffence et illustration de la langue francoise, par J. du Bellay (Paris, 1839) ; Y Essai sur la Mothe le Vayer (Rennes, 1849). par M. L. Étienne; Y Essai sur Amyot et les traducteurs français au xvie siècle , par M. A. de Blignières (Paris, 1851). Cf., plus bas, notes 36 et 43. — Page 7.

9. Sur la langue des textes zends, nous citerons seulement . E. Burnouf, Commentaire sur le Yaçna (Paris, 1833, in-4) ; Études sur la langue et sur les textes zends (Paris, 1850, in-8); M. Spiegel, Grammaire de l’ancienne langue bactrien ne (Leipzig, 1800, in-8, en allemand). Sur la langue des inscriptions achéménides : J. Oppert , les Inscriptions des Achéménides conçues dans l’idiome des anciens Perses (Paris, 1851, in-8). — Page 7.

10. Sur la langue primitive des Aryens ou ancêtres communs des races indo-germaniques, nous renverrons seulement aux deux livres de

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F. G. August Fick: Wœrterbuch der indo-germanischen Grundsprache (Gottingue, 1868, in-8), et Die ehemalige Spracheinlieit der indogermcinen Europas (Gottingue, 1873, in-8), ouvrage apprécié par un juge compétent dans la Revue critique du 7 mars 1874, article que complète un mémoire de son auteur, M. Louis Havet, sur Y Unité linguistique euro péenne , dans les Mémoires de la Société de linguistique, t. II, p. 261 et suiv. — Page 8.

1 1 . Sur les variétés et sur l’histoire de l’alphabet grec, on lira l’ouvrage de Franz, Elementa epigraphices Grœcæ (Berlin, 1840), introd., c. m. Mais des découvertes récentes permettent de modifier sur quelques points les résultats consignés par Franz dans ce travail, d’ailleurs fort estimable. — Sur l’alphabet latin, un recueil instructif de faits se trouvedansla Grammaire latine de Schneider (Berlin , 1819-1821), aujourd’hui fort arriérée sur les progrès de la philologie latine. Parmi les anciens, on fera bien de lire sur ce sujet, en général : Hérodote, Histoires 58; Tacite, Annales , XI, 14; Pline, Histoire naturelle , VII, 56, et surtout le premier livre des lnstitutiones grammaticæ de Priscien, qui est un véritable commentaire de l’alphabet latin et de ses rapports avec l’alphabet grec. — Page 12.

12. Les plus importants témoignages des anciens bur le digamma sont: Denysd’Halicarnasse, Antiq. rom., I, 20; Quintilien, Instit. orat I? 4, § et I» 7, § 27 ; Apollonius, du Pronom , p. 98, 136 (Cf. 106, 107); Mélampus, dans les Anecdota grœca de Bekker, p. 777, 778. Voir, pour plus de détails/Ahrens, de Dialecto æolicay et Longard, Symbolœ ad doctrinam de digammo æolica (Bonnæ, 1 837). Sur les alphabets européens dérivés de l’alphabet phénicien, il faut surtout consulter aujourd’hui : 1° le Mémoire de M. A. Kirchhoff, publié, en 1863, dans les Mémoires de l’Académie de Berlin, et dont une seconde édition (in-8), fort augmentée, a paru en 1867, à Berlin ; 2° les mémoires de M. Fr. Lenormant, intitulés: la Légende de Cadmus et les établisse ments phéniciens en Grèce (Paris, 1867); — Introduction au Mémoire sur la propagation de V alphabet phénicien dans V ancien monde; 3° et surtout l’article Alphabetum , où le même savant a résumé toutes ses recherches sur ce sujet dans le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines , de MM. Daremberg et Saglio (2e livraison, 1874, in-4). Quant aux différences générales entre l’écriture idéographique et celle qui ne représente les idées que par l’intermédiaire des sons, on les trouve d’ordinaire assez bien exposées dans les Manuels de philosophie. — Page 13. ,

13. Au reste, les Latins eux-mêmes ont déjà remarqué que le G, le K et le Q, représentaient à peu près le même son dans leur langue.

« K et Q superante numéro litterarum inseri doctorura plerique con-

NOTES

a tendunt, scilicet quod C litteraharum officium possit implere... Non « nihil tamen interest utra earum prior sit, G seu Q sive K, quarum « utramque exprimi faucibus, alteram distento, alteram producto rictu « manifestum est. » (Marii Viclorini Ars grammatica , I, VI, p. 41 des Scriptores latini rei metricæ, éd. Gaisford, 1837.) — Page 13.

14. Voir le recueil intitulé : Latini sermonis veiustiorîs Reliquiæ selectæ (Paris, 1844), et, en particulier, la préface de ce recueil, préface dont j’ai cru pouvoir utilement réimprimer la meilleure partie, avec quelques additions, dans mes Mémoires d’histoire ancienne et de philologie (Paris, 1863, in-8). — Page 14.

15. Denys d’Halicarnasse, de V Arrangement des mots, chap. xiv, range les voyelles longues dans l’ordre suivant, d’après la différente ouverture des lèvres nécessaire pour les prononcer : a, y), w, u, t; ce qui prouve clairement que vj, u et i ne pouvaient avoir alors un seul et meme son, celui de l’t, qu’ils ont dans la prononciation moderne. Tout ce chapitre mérite d’être lu avec attention pour la connaissance de l’alphabet grec. — Page 15.

16. On a beaucoup écrit sur ce sujet. Le plus volumineux recueil de documents sur la prononciation grecque est celui de Constantin OEco-i nomos (Saint-Pétersbourg, 1830, en grec moderne); mais les seuls ouvrages où soit appliquée la méthode que je recommande sont : celui deLiskovius (Leipzig, 1825, en allemand), et celui deHenrichsen, traduit du danois en allemand, par Friedrichsen(Parcliim et Ludwigslust, 1839). Consulter aussi une dissertation intéressante de M. E. Renan : Eclaircissements tirés des langues sémitiques sur quelques points de la prononciation grecque (Paris, 1849). J’ai résumé les principales idées des savants sur ce problème délicat et complexe dans un Appendice de U Hellénisme en France , t. I, p. 451 et suiv. Voir aussi le mémoire de M. G. d’Eichthal dans Y Annuaire de l’Association pour l’encouragement des Études grecques, 1869. — Page 16.

17. Voir sur l’accent grec les traités élémentaires de M. Bétolaud et de M. Longueville, et le traité complet de M. Longueville (Paris, 1849). Dans le manuel que j’ai publié avec M. Galusky, on essaye de montrer que l’accent circonflexe marque plutôt la contraction de deux syllabes, dont l’une était accentuée, qu’il ne marque un accent double et prononcé en deux parties distinctes sur une seule et même syllabe [Méthode pour étudier l’accentuation grecque , 1844, p. 4-5). Voy. aussi le Mémoire sur Apollonius Dyscole , chap. VIII, § 1. — Ce sujet est traité d’une rmanière générale dans la thèse ingénieuse et savante de M. Benloew, de V Accentuation dans les langues indo-européennes tant anciennes que modernes (Paris, 1847). — Page 17.

18. Oreîli, Inscriptionum Latlnarum Colle ctio, n° 4686, cap. xxi, § 1 ; Egger, Latini sermonis vetustioris Relujuiæ , p. 322. Question savamment discutée par le P. Garrucci : / segni delle lapide latine vol garmente detti accenti (Roma, 1857, in-4), et par MM. Weil et Benloew dans l’ouvrage qui sera cité plus loin (note 19). — Page 17.

19. Quintilien, de lnstit. oratoris , I, c. v, § 22; Priscien, de Accentibus . On trouve aussi sur le même sujet des observations éparses dans le grand traité de grammaire du même auteur et dans son analyse grammaticale de quelques vers de Y Enéide : De duodecim ver sibus principalibus Æneidos . Les autres grammairiens offrent çà et là des remarques utiles pour la connaissance de l’accentuation latine. — L’usage s’est malheureusement perdu en France de donner dans les grammaires latines des règles d’accentuation. Aussi M. Quicherat nous a-t-il rendu un véritable service en insérant un long chapitre sur l’accent dans son excellent Traité de F ersification latine , IIe partie, chap. XL (11e édit., Paris, 1847). M. Dutrey, dans sa Grammaire latine, a résumé très-brièvement les principales règles de l’accent latin (p. 607, édit. 1840), et il a soigneusement distingué l’usage des signes de l’accent dans l’orthographe française et dans l’orthographe latine. M. St. Morelot a publié sur le même sujet, dans la Revue de V enseignement chrétien (mars 1852), un excellent mémoire. Voir surtout la Théorie générale de V accent latin par MM. Weil et Benloew (Paris, 1855), et le grand ouvrage de Corssen sur la Prononciation , le Vocalisme et V Accentuation de la langue latine (Berlin, 1870, 2 vol. in-8, en allemand). M. Gantrelle, dont les Grammaires latines sont justement estimées dans les écoles belges, et commencent à se répandre en France, nous donne aussi l’exemple de signaler Y accent tonique latin aux écoliers dès les premières pages de son livre. — Page 17.

20. Sur ce sujet, consulter surtout le mémoire de M. G. Paris sur le rôle de V Accent latin dans la langue française (Paris, 1862, in-8). Le savant H. Estienne a peut-être contribué des premiers, et bien sans le vouloir, à obscurcir l’idée de l’accent français, en le confondant avec la quantité, comme dans les mots matin et matin (Précellence du langage francois, p. 39-40, éd. Feugère). — Page 19.

21. Thommerel, Recherches sur la fusion du franc-normand et de V anglo-saxon (Paris, 1841); Phil. Chasles, de Teutonicis Latinisque linguis (Paris, 1841), thèse réimprimée avec d’autres morceaux du même auteur dans un volume à' Études sur V antiquité (Paris, 1847). — Page 19.

22. Outre les traités classiques sur ce sujet, parmi lesquels il faut signaler celui de M. Quicherat, je mentionnerai ici plusieurs ouvrages

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où les questions de prosodie sont exposées en détail : Essai philosophique sur le principe et les formes cle la versification , par Éd. du Méril (Paris, 1841); Théorie de la quantité prosodique , par Bergmann (Strasbourg, 1839) ; les Dissertations de M. Vincent et de M. Rossignol, sur le Rhythme et le Mètre, à propos du vers dochmiaque (Paris, 184G- 1847) ; une longue note sur le Rhythme et l’Accent dans la Notice sur divers manuscrits grecs relatifs à la musique , publiée par M. Vincent ( Notices et Extraits des manuscrits de la Bibl . du roi , tome XVI). — Page 20.

23. Senatusconsultum de Baccanalibus , dans les Reliquiæ sermonis Latini , p. 126. Cf. Burnouf, Méthode latine , § 21, 119, etc. M. Burnouf, je puis l’attester, attachait un grand prix à cette méthode d’explication. Il aurait voulu que les écoliers apprissent ainsi la meilleure partie des règles de quantité, avant qu’on leur mît, en Quatrième, une Prosodie entre les mains. — Page 21.

24. D’après une théorie plus rigoureuse peut-être, mais qui n’est pas encore généralement adoptée, la quantité de ces syllabes pénultièmes ne résulterait pas d’une contraction. La terminaison de l’infinitif est plutôt re que ere (autrefois se, d’où es -se); de même que la terminaison du futur est bo , non ibo, celle de l’imparfait bam , non ibam, de même on a en grec : au futur, <7to et non eo-to ; à l’aoriste cra et non sera. Cela posé, la voyelle qui termine certains radicaux verbaux et qui précède ces terminaisons s’allonge d’elle-mème en vertu d’une loi tout organique dans : monëre pour monë-re , aniâre pour amâ-re , monëbo , pour monë-bo , audiëbam , pour audië'bam; çiXyjc'to, èoD.yjca pour <pt)i-cjci>, êçiXe-ca, etc. — Page 21.

25. Le grec et le latin sont déjà très-inférieurs, sous ce rapport, à quelques langues anciennes, au sanscrit, par exemple. Voir sur ce sujet les premiers chapitres de la Grammaire comparée de Bopp. — Page 25.

26. Suétone, Vie d'Auguste , c. lxxxviii : « Orthographiam, id est « formulam rationemque scribendi a grammaticis institutam, non adeo « custodiit ; ac videtur eorum potius sequi opinionem, qui perinde « scribendum ac loquimur existiment. » M. W. Brambach a traité d’une manière générale de l’orthographe latine dans l’ouvrage intitulé: Die Neugestaltung der lateinischen Orthographie in ihrem Verhàltniss zur Schule (Leipzig, 1868), et il en a résumé les principales règles dans son Hülfsbüchlein fur laleinische Reclitschreibung (1872); voir aussi les excellents mémoires sur ce sujet qui sont réunis dans le tome II des Opus cula academica de Fr. Ritschl (Lipsiæ, 1868), et le mémoire spé-

NOTES

cial de M. G. Boissier sur les Réformes orthographiques attribuées à Ennius et a Attius (Revue archéologique de 1869). M. Eug. Benoist s’est aussi et fort justement occupé de ces questions d’orthographe dans ses deux éditions récentes de Virgile. — Page 29.

27. On peut voir au Musée du Louvre plusieurs de ces précieux fragments. On en trouvera le texte, avec plusieurs monuments du meme genre et de la même date, dans les Elementa epigraphices græcæ de Franz et dans le Corpus inscriptionum græcarum de Boeckh, tome Ier. Mais le recueil le plus complet des inscriptions attiques antérieures à l’archontat d’Euclide est celui de M. Kirchhoff, Corpus inscriptionum Atticarum (Berolini, 1873). Un traducteur français de Thucydide, Lévesque, a eu l’idée de mettre sous les yeux de ses lecteurs le contraste des deux orthographes, en ramenant quelques lignes de l’historien grec à leur orthographe primitive. Avec la connaissance plus exacte que nous avons aujourd’hui des inscriptions attiques, l’essai de Lévesque pourrait être corrigé en plusieurs points. Un travail plus étendu et plus méthodique sur l’orthographe grecque, d’après les inscriptions,, est celui de M. Wecklein , Curæ epigraphicæ ad grammatïcam græcam et poetas scenicos pertinentes (Leipzig, 1869). — Page 29.

28. Le texte de ce sénatus-consulte a été joint à plusieurs éditions de Tite-Live. Ces changements de l’orthographe latine ont souvent forcé les Romains à faire transcrire de vieilles inscriptions devenues illisibles autant par la vétusté du langage que par celle du monument où le texte était gravé. Voir, sur ce sujet, les observations de M. Victor Le Clerc, des Journaux chez les Romains (Paris, 1838, p. 77-87). Les Grecs ont fait souvent aussi des transcriptions de leurs vieilles tables de lois, soit pour les préserver de la destruction, soit pour en rendre la lecture plus facile. Voir surtout le plaidoyer de Lysias contre Nicomaque. — Page 29.

29. B. Jullien, Sur la prononciation ancienne de la bivocale oi (l' Investigateur , journal de l’Institut historique, février 1848), mémoire réimprimé par l’auteur dans ses Thèses de grammaire (Paris, 1855, in-8), p. 51-74, conclut ainsi: « Le digramme ai avait été employé de temps immémorial avec le son de l’c ouvert, et souvent dans des mots entièrement identiques à ceux où se trouvait l’oi. Voltaire n’a fait qu’en régulariser l’emploi ; il vivait dans un temps où l’ancien ouè disparaissait de la bonne compagnie et de la capitale, et donnait en mourant deux sons complètement différents l’un de l’autre. Alors il appuya de son immense influence l’ancienne proposition de l’abbé Girard, de conserver le digramme oi pour le son dérivé le plus semblable à l’ancien son, et d’appliquer au deuxième dérivé la réunion de lettres

NOTES

(ai) déjà usitée, la plus incontestablement analogue au digramme générateur. » L’étude la plus complète sur la diphthongue oi se trouve aujourd’hui dans la dissertation de M. A. Talbert, du Dialecte blaisois (Paris, 1874), p. 124-161. — Page 30.

30. Voyez, sur ces tentatives de réforme, la Bibliothèque française de l’abbé Goujet, t. I et II; le Cours supérieur de grammaire, deM. B. Julien, lre partie, p. 45 et suiv., et surtout l’ouvrage important de F. Didot, Observations sur l’orthographe ou ortografie française (2e éd. Paris, 1868). — Page 30.

31. Une seule exception peut être signalée: c’est le fragment du poète Alcman , que j’ai publié dans mes Mémoires d’histoire ancienne et de philologie ( Paris, 1863), p. 158 et suiv., et qu’on trouvera dans la collection des Papyrus grecs du musée du Louvre (Notices et Extraits des Manuscrits, t. XV11I), avec un fac-similé du papyrus original. — Page 3 1 .

32. Voir, pour tout ce qui concerne ce sujet, l’excellent Traité de la Formation et de la Composition des mots dans la langue grecque , par M. Ad. Regnier, dans l’édition des Racines grecques de Port-Royal, donnée par ce savant en 1840 ; et la dissertation de G. Curtius, de Nominum græcorum formation e, linguarum cognât arum ratione habita (Berlin, 1842). M. Düntzer a publié à Cologne, en 1836, un livre sur la Formation et la Composition des mots latins, écrit avec peu de critique, et que paraît avoir suivi avec trop de confiance M. Cliansselle dans son Traité de la Formation des mois dans la langue latine (Paris, 1843). Le traité de M. Ad. Regnier, étendu aux rapports du grec avec les principales langues européennes, forme un ouvrage tout nouveau dans l’édition que l’auteur en a donnée en 1855. Les travaux classiques les plus récents sur ce sujet sont: 1° le nouveau Manuel des racines grecques et latines ... précédé de notions élémentaires sur la phonétique des langues grecque , latine et française , par A. Bailly (Paris, 1869, in 12) ; 2° Y Introduction à l’étude de la langue grecque, qui précède le Nouveau Dictionnaire grec-français de M. A. Chassang (Paris, 1872). — Page 33.

33. Si on veut se faire une idée de ces travaux des grammairiens indiens, on pourra lire les Éludes sur la grammaire védique , de M. Ad. Regnier (Paris, 1857-1859). — Page 34.

34. Sur ces altérations que subissent les mots latins pour devenir des mots français, on lira encore utilement le livre de l’abbé Bondil, Introduction de la langue latine, au moyen de l’étude de ses racines et

NOTES

de ses rapports avec le français (Paris et Lyon, 1838), et les Racines latines avec leurs dérivés et leurs composés , par M. de Blignières (Paris, 1840), quoique la méthode, dans ces deux ouvrages, ne soit plus au courant de la science moderne. Cf. plus bas, chap. xxi, § 3. —

Page 35,

35. Voy. Apollonius Dyscole, Syntaxe , III, 32 ; IY, 3 et 8 ; Priscien, Institut, grarnrn ., VI, 3, p. 227, et VIII, 7, p. 385. éd. Krehl. — Page 40.

36. Pour plus de détails sur les mots juxtaposés, voyez B. Jullien: Cours supérieur de grammaire , 1, p. 65 et 205. M. A, Firmin Didot, Y Orthographe française, 2e édition, p. 417 et suiv., a dressé une liste générale des mots composés ou pseudo-composés, admis au Dictionnaire del’Àcadémie. M. Fr. Meunier, après avoir traité des composés asyntactiques, en grec et en latin, dans les Mémoires de la Société de linguistique (tome I, p. 14-63), et dans Y Annuaire de l’Association pour l’encouragement des Études grecques (année 1872), vient de traiter le même sujet pour les langues française, italienne et espagnole, dans un mémoire qui sera prochainement publié. Il résulte de ces recherches que la composition asyntactique a joué de tout temps dans ces trois langues, et en particulier dans la nôtre, un rôle beaucoup plus important qu’on ne l’avait cru jusqu’ici. A cet égard, Ronsard mérite moins de reproches pour avoir fabriqué beaucoup de ces mots que pour avoir mis mainte idée antique, obscure pour nous, sous cette forme grécoromaine. Son contemporain, le célèbre anatomiste et chirurgien Paré, tenta aussi vainement que lui d’accréditer un certain nombre de composés français, « afin, disait-il ( Anatomie , 1Y, 42), d’éviter les mots grecs et latins qui se trouvent en l’Anatomie de Sylvius. » — Page 41.

37. Bekker, Anecdota Græca , p. 842, seliolie sur le chap. xm de la Grammaire de Denys le Tlirace. Un autre exemple est analysé par Plutarque dans les Questions platoniques , c. 10. — Page 45.

38. Voir surtout le livre de M. Lersch, auquel j’ai renvoyé plus haut (n. 3). Parmi les anciens, Denys d’Halicarnasse, 7repî SuvOeVewç g vo^aTcov, chap. XIV ; les ouvrages d’Apollonius Dyscole ; la Grammaire de Denys le Tlirace, avec les commentaires sur ce manuel, au tome II des Anecdota græca , de Bekker ; Priscien, lnslitutionum gram maticarum lihri XVI 11, — Page 47.

39. Voir sur cette diversité du génie des peuples et sur la diversité profonde des procédés grammaticaux l’essai d’Abel Rémusat sur la langue et la littérature chinoise (Paris, 1811); la Lettre (en français)

NOTES

de G. de Ilumboldt à M. Abel Rémusat sur la langue chinoise (Paris, 1827); le mémoire du même auteur sur l’origine des formes grammaticales, lu à l’Académie de Berlin en 1822, et inséré dans les Mémoires de cette Académie ; les opuscules suivants de St. Julien : Vindiciæ philologicæ in linguam sinicam (Paris, 1830), où l’auteur signale une particularité jusqu’alors inaperçue dans la langue chinoise, à savoir l’emploi, relativement assez rare, de quelques signes comme mots auxiliaires et presque comme affixes ; Exercices pratiques d'analyse , de syntaxe et de lexigraphie chinoise (Paris, 1842). Toutes ces études du savant sinologue sont résumées dans sa Syntaxe nouvelle de la langue chinoise (Paris, 1869-1870, 2 vol. in-8). Mais ce qu’on lira surtout avec un vif intérêt, c’est le court exposé de la grammaire sanscrite que rédigeait un Chinois, à l’usage de ses compatriotes, et qu’a traduit le même sinologue: Histoire de la vie de Hiouen-Thsang et de ses voyages dans l'Inde (Paris, 1853, in-8), p. 165 et suiv. On y verra comment un Chinois éprouve autant d’embarras à comprendre les procédés d’une langue synthétique que nous en éprouvons à comprendre ceux du monosyllabisme chinois. La langue égyptienne, soit celle des temps pharaoniques, soit celle des temps chrétiens, ou langue copte, offre la matière de comparaisons non moins intéressantes. — Page 52.

40. Dans un mémoire plein de vues ingénieuses, publié d’abord dans les Annales de l'Institut archéologique (en 1846), puis, avec de nouveaux développements, parmi les Mémoires de l'Académie des inscriptions (tome XiX de la nouvelle série), M. Lelronnea montré quel intérêt offrait pour la philologie et pour l’histoire l’étude des noms propres grecs, jusqu’ici fort négligée. Voyez aussi Sturz, Opuscula nonnulla (1825). Remarquez que, parmi les exemples cités dans le texte, Acoyevyiç et Aio(jiyi8y]ç, s’ils étaient de simples adjectifs, auraient l’accent aigu sur la dernière syllabe. C’est une règle, en grec, qu’un nom commun, en devenant un nom propre, doit modifier son accent; mais cette règle souffre quelques exceptions. Le Dictionnaire grec-allemand de Pape est accompagné d’un lexique des noms propres grecs, qui s’est fort enrichi dans trois réimpressions successives (1842, 1850, 1 868-1 8 7 0), cette dernière édition tout à fait refondue par Benseler. M. Pott a publié un ouvrage considérable sur les Noms de personnes9 et en particulier sur les noms de famille , considérés surtout, il est vrai, dans les langues de la famille germanique (Leipzig, 1853). — Page 54.

41. Théodose, dans Bekker, Anecdota græca, p. 1184: Ot AloXeTç

oùx ouïxà, 60ev oùoè ol eP(o^.a7oi, auotxot ovtsç twv AîoXswv,

xÉXpYivxat Tq> 8uïxéj> àptOpiw, témoignage confirmé par Grégoire de Corinthe, du Dialecte éolien , § 29. C’est, en effet, une idée assez généralement admise chez les anciens, que celle de l’origine éolienne du

peuple romain. Quintilien, I, v : « Continet etymologia multam erudi- «. tionem, sive ilia ex Græcis orta tractemus, quæ sunt plurima, præci- « pue quæ Æolica ratione, cui est sermo noster simillimus, declinata. »

— Page 55.

42. Sur les noms des cas en latin, on peut lire d’utiles observations de Priscien, In s lit. gramm ., v. 13 (p. 2 11-213, éd. Krelil). Cf. les ingénieuses remarques de Max Millier, Leçons sur la science du langage9 p. 113 de la traduction française, par MM. Harris et Perrot (Paris, 1864, in-8). — Page 56.

43. On ne peut contester l’usage des finales en on; mais on leur a contesté la valeur de désinences casuelles. Voy. Ampère, Histoire de la formation de la langue française (1841), p. 64, et Génin, des Variations du langage français depuis le XIIe siècle (1845), p. 258 et suiv. Cf. À. Fuchs , les Langues romanes dans leur rapport avec le latin (Halle, 1849), p. 327 ; G. -F. Burguy, Grammaire de la langue d’oïl ou Grammaire des dialectes français aux XIIe et XIIIe siècles (Berlin, 1853), t. 1, p. 64-97. Quant à l’emploi de la lettre s comme caractéristique du sujet au singulier et du régime au pluriel, c’est un fait qui semble aujourd’hui très -bien démontré. Voir les articles de M. Littré dans le Journal des savants , août 1856, mai 1859 et mai 1860 (Cf. le Journal des Débats du 30 juillet 1855), réimprimés dans V Histoire de la langue française (Paris, 1863, in-8, t. I, p. 135; t. II, p. 271 et suiv.), et la préface de M. Guessard à la deuxième édition des Grammaires provençales, citées plus haut, dans la note 8. On a fait contre la régularité de cet usage des objections fondées principalement, à ce qu’il semble, sur l’inexactitude trop commune des copies postérieures au temps où il était observé. Voir un article de M. Pey dans la Revue contemporaine du 28 février 1863.

— Page 57.

44. Yoy. R. Külmer, Grammaire développée de la langue grecque (Hanovre, 1834), § 262. Cet ouvrage présente méthodiquement les principaux rapprochements du même genre avec le sanscrit et les langues de cette famille. (M. Theil a reproduit en partie l’abrégé de cette grammaire, dans sa Grammaire grecque , publiée en 1846.) Voyez aussi Bopp, Grammaire comparée , § 216, 217. Le livre de Struve intitulé: la Déclinaison et la Conjugaison latines (Kœnigsberg, 1823), est encore utile à consulter, pour l’abondance des matériaux recueillis par l’auteur sur ce sujet. Dans divers articles que présentent réunis mes Mémoires d’ histoire ancienne et de philologie , p. 368 et suivantes, j’ai eu occasion de rassembler de nombreux exemples qui prouvent l’identité primitive du nominatif pluriel dans la deuxième et dans la troi-

NOTES

sicme déclinaison latine. Ce nominatif était primitivement en eis ou is pour les mots dont le nominatif est en us et le génitif en i , comme pour ceux de la troisième déclinaison. — Page 57.

45. Toute cette théorie du pronom est développée avec une grande finesse dans le traité du grammairien Apollonius Dyscole, rcept Avxcovufjuaç, publié en 1813 par M. Bekker , et on en retrouve les principales idées dans l’ouvrage du meme auteur. TC£p t Suvxà^ewç, depuis longtemps publié, mais qui a été fort peu lu des grammairiens modernes. Aussi ces derniers ont-ils eu à refaire pour leur compte une théorie sur laquelle Apollonius, mieux connu, leur eût laissé fort peu à désirer. — Page 61.

4G. Au deuxième siècle de notre ère, Apollonius Dyscole réfute cette erreur; elle lui a pourtant survécu. On la retrouve dans les fragments du grammairien byzantin Théodose, publiés par M. Goettling (p. 80). M. Raynouard, dans ses Recherches sur la langue romane (p. 38), admet que Particle s’introduisit dans les langues originaires du latin pour suppléer aux terminaisons casuelles qui s’effacaient de jour en jour, et pour caractériser les noms substantifs ; mais il n’attribue pas à ce mot la propriété d’exprimer spécialement le genre et le nombre. — La vraie théorie de l’article est déjà tout entière dans Apollonius. Condillac, dans sa Grammaire (IIe partie, chap, xiv), a, le premier en France, bien compris et clairement exposé la nature de l’article, et cela sans connaître Apollonius, qui l’avait devancé. — Page G9.

47. Priscien, livre II, emploie, à chaque page de scs chapitres sur le nom, ce moyen de distinguer les genres. D’autres grammairiens ont recours à la périphrase generis neutri ou masculini ou feminini : par exemple, l’auteur du petit traité de Generibus nominum , publié par M. Yict. Le Clerc, dans le Catalogue général des manuscrits des Biblio thèques publiques des départements , tome Ier, p. 649 (Paris, 1849). Au reste, le pronom, lorsqu’il a cette fonction tout accidentelle de marquer le genre des noms, est quelquefois appelé articulas par les Latins euxmêmes. Yoy. Priscien, II, 4, p . 66 ; Y, 1. p. 167, et XVII, 4, t. II, p. 21. — Page 69.

48. La langue de la plupart des ouvrages attribués à Hippocrate tient, sous ce rapport, le milieu entre celle d’Hérodote et celle de Thucydide. Voy. dans l’Hippocrate de M. Littré, tome I, la dissertation sur la langue des écrits hippocratiques. — Page 71.

49. Bopp, Grammaire comparée, § 343. Peut-être d’ailleurs, si l’usage de l’article n’a pas encore été reconnu dans les textes sanscrits,

NOTES

cela tient-il à ce qu’on s’est trop préoccupé de la forme pronominale du mot sas , sa, tat , et qu’on n’a pas assez remarqué certains exemples où ce mot semble déjà très-voisin du sens de l’article. En latin, le pronom is , ea, id9 n’a souvent pas d’autre valeur, et notre article le, la , en est la plus exacte traduction. La langue arménienne n’a pas non plus d’article ; mais les traducteurs arméniens d’ouvrages grecs suppléent à ce défaut de leur langue par l’emploi de pronoms démonstratifs : nouvelle preuve de l’affinité naturelle de l’article et du pronom. Voy. le Mémoire de Neumann sur le Philosophe arménien David (1829), p. CO et 85, et le Mémoire de G. de Humboldt sur V Affinité des adverbes de lieu avec le pronom dans quelques langues (Mém. de l’Académie de Berlin, 1829), p. 22. — Page 72.

50. Bopp, Grammaire sanscrite , 2e éd., § 118 et suiv. Quintilien semble reconnaître un sixième cas en grec et un septième cas en latin, l'instrumental , lorsqu’il écrit (Instit. Orat.9ll9 4, § 26) : «Quæratetiam « sitne apud Græcos vis quædam sexti casus, et apud nos quoque sep- « timi. Nam cum dico hasta percussi , non utor ablativi natura ; nec si « idem græce dicam, dativi. » De même militiæ , domi , humi, ne sont pas des génitifs ni des datifs, mais de véritables locatifs , comme en offre la déclinaison sanscrite. L’ablatif latin était considéré par quelques grammairiens comme analogue à la flexion 0sv en grec, dans oOpavoÔev &0êv, etc., dont on faisait un sixième cas. Voir Priscien, Instit. gramm V, 13, p. 213. éd. Krehl. — Page 73.

51. Suétone, Vie d’ Auguste, c. lxxxvi : « Præcipuam curam duxit a sensum animi quam apertissime exprimere ; quod quo facilius efficeret, « aut necubi lectorem vel auditorem obturbaret ac morareîur, neque « præpositiones verbis addere, neque conjunctiones sæpius iterare du- « bitavit, quæ detractæ affermit aliquid obscuritatis, etsi gratiam « augent. » Les deux exemples cités dans le texte sont empruntés à Auguste lui-même dans son Testament politique, plus connu sous le nom de Monument d' Ancyre. Les autres fragments de ses nombreux écrits offrent à peine un ou deux exemples de tournures semblables. Mais on en trouve dans d’autres écrivains du même temps : Tite Live, II, 13 : « ad parentes restituit; » XXIV, 47 : « restituti ad Romanos, etc. » M. Fucbs en a réuni plusieurs dans son ouvrage, cité plus haut, note 43, sur les langues romanes, p. 325. — Page 74.

52. Varron appelle’ces sortes de prépositions præverbia , et il remarque avec raison quel nombre infini de formes grammaticales elles peuvent engendrer en se joignant à des verbes. De Lingua latina , VI, 38 : « A quibus iisdem principiis, antepositis præverbiis paucis, immanis « verborum accedit numerus, quod præverbiis mutatis, additis atque

NOTES

« commutatïs, alîud atque aliud fit ; ut enim processif et récessif , sic « accessit et abscessit ; item incessit et excessif , sic successif et clecessit, « concessit et discessit. Quod si hæc decem sola præverbia essent, quo- « niam ab uno verbo declinationum quingenta discrimina fièrent, bis « decemplicatis conjuncto præverbio ex uno quinque millia numéro « efficerent ; ex mille ad quinquagies centum millia discrimina fieri « possunt. » — Page 74.

53. Une division plus logique des modes consisterait à distinguer :

1° les modes absolus, ceux qui conviennent aux propositions principales, par exemple, l’indicatif, l’impératif, l’optatif, 2° les modes relatifs qui conviennent aux propositions dépendantes, subordonnées, comme le subjonctif, le conditionnel, l’infinitif et le participe. Aristote a jeté, comme en passant, sur ce sujet, une de ces vues profondes qu’on rencontre si souvent dans ses écrits. Ilepi eEp[xr(v£taç, c, IV : 5/E(7~i 8e làyoç cwraç p,sv (77) txavTtxé a7co<pavT'.xôç Se ou 7ia;, àXX’ èv u> to àXr,* Qeusiv ’r\ uuap/et. Oôx sv airaai ôb uTuap^si, oiov yj euyyj Aoyo;

[ibv, àXX’ outb àXY]07)<; outb i1»bu8^;. O! p.èv ouv àXXot àçEicOcùŒav * pyjTOpixvjç yàp ^ TcoiYîTixyjç olxeioTspa y] <7xe<]n;* ô oè à7TO<pavxixoç vvv 0£copia<;. « Tout discours (c.-à-d. toute proposition) est significatif... mais tout discours n’est pas une assertion. Celui-là seul en est une, qui exprime vérité ou erreur, ce qui n’a pas lieu pour tout discours. En effet, le vœu (en d’autres termes, la proposition dont le verbe est à l’optatif) est un discours, mais qui ne renferme ni vérité ni erreur. Aussi tous les discours de ce genre seront ici négligés ; l’étude en appartient plutôt à la rhétorique et à la poétique (qui traitent du langage dans ses rapports avec le sentiment et la passion). Au contraire, le discours affirmatif (c.-à-d. la proposition dont le verbe est à l’indicatif) appartient au sujet meme que nous traitons (c.-à-d. à la logique, à la science du pur raisonnement). » Nous avons cru devoir signaler ici ce texte d’Aristote, dont l’importance a échappé aux historiens de la grammaire dans l’antiquité, et dont le sens meme paraît n’avoir pas été bien saisi par les traducteurs. — Page 78.

54. L’origine des mots gérondif et supin est demeurée très-obscure; mais la nature verbale du supin et sa forme grammaticale ont cessé d’être un phénomène isolé depuis qu’on a remarqué la ressemblance de l’infinitif sanscrit en tu, tum (tva au cas instrumental), avec des formes latines qui y correspondent également pour le sens, et qui sont, comme le nom verbal en sanscrit, capables du sens passif aussi bien que du sens actif. Voy. Bopp, Sur la conjugaison sanscrite comparée à la conjugaison grecque et latine (Francfort, 1816), p. 43 ; et comparez Pi ’iscien, VIII, 9, p. 395; etVllI, 13 p. 408, où il signale justement ce double sens des supins. — Page 78.

NOTES

55. Priscien (IV, 0) veut que ces formes en bundus signifient une sorte de ressemblance avec celui qui ferait l’action marquée par le radical du verbe ; ainsi, errabundus serait pour erranti similis. D’après un grammairien dont l’opinion est rapportée par Aulu-Gelle ( Nuits attiques9 XI, 15), la terminaison bundus exprime <c vim et copiam et quasi abundantiam rei cujus id verbum est, » ce qui paraît mieux confirmé par l’usage qu’en ont fait les bons auteurs. — On peut signaler encore comme une particularité remarquable dans l’usage des participes, les formes passives xexXaiqjivoç , ôsSaxpupivoç, jurants, consultus , potus , pransus , et, en français, résolu , juré , etc., qui n’ont guère plus qu’un sens actif ou neutre. Quelques formes analogues peuvent être signalées en anglais et, en allemand. — Page 78.

56. Un ancien paradoxe de Sanchez (Scinctïi Minerva , I, 15), qui refuse au participe la propriété d’exprimer des temps, a été reproduit dans un petit livre, utile d’ailleurs et estimable, le Lexique des comparatifs et superlatifs latins , par M. Pront (2e éd., 1837). Je n’ai pas cru qu’il fût nécessaire de réfuter ici ce paradoxe, les arguments de M. Pront n’ayant pas, à ce qu’il semble, réussi à l’accréditer de nouveau. — Page 79.

57. C’est, en particulier, l’opinion de M. B. Jullien dans son Cours supérieur de grammaire , et dans son Traité d! Analyse logique . — Page 80.

58. Cette règle d’orthographe ne s’éstpas établie dans notre langue sans contestation et sans difficulté. On croit généralement que c’est à la publication des fameuses Lettres de Pascal, en 1657, qu’il faut reporter l’époque de la fixation de notre langue à cet égard. Arnauld et Lancelot enseignèrent les premiers, dans leur Grammaire générale publiée en 1660, l’indéclinabilité du participe en ant9 la distinction du participe proprement dit et des adjectifs verbaux, et l’accord de ceux-ci avec le nom ; et l’Académie prononça le 3 juin 1679 : « La règle est faite. On ne déclinera plus les participés présents. » (B. Jullien, Cours supérieur , I, p. 186). — Page 82.

59. Cette distinction, si délicate et si vraie, semble avoir été aperçue déjà par Varron, de Lingua latina , IX, 96 : « Prirnum quod aiuntana- « logias non servari in temporibus, quum dicant legiy lego , legam , et « sic similiter alia... injuria reprehendunt. Nam ex eodem genere et « ex divisione idem verbum, quod sumptum est, per tempora traduci « potest, ut discebam9 disco, discam; et eadem perfecti, sic didiceram9 « didicij didicero. Ex quo licet scire verborum rationem constare, sed « eos qui trium temporum verba pronuntiare velint, scienter id facere. » — Page 83.

NOTES

69. Ce caractère des finales 61, o6i, oôev en grec, i, tus en latin, devient plus évident encore par leur comparaison avec certains cas de la déclinaison sanscrite. Bopp, Grammaire comparée , § 251 et passim. Yoy. plus haut, note 42. Quant à l’opinion d’après laquelle les flexions casuelles ne seraient elles-mêmes que d’anciens adverbes, surtout des adverbes de lieu, agglutinés au radical des noms, bien qu’elle soit défendue par plusieurs philologues, on peut consulter sur ce sujet : Fr. Wülner, de V Origine et du sens primitif des formes grammaticales (Münster, 1831), § 51 etsuiv. ; Id., sur les Cas et les Modes (Münster, 1827, § 5-55); Rumpel, Théorie des cas , etc. (Halle, 1845). — Page 103.

70. Letronne, Inscriptions d’Égypte, tome I, p. 283, commentaire sur le passage de la célèbre inscription de Rosette, où Hermès est appelé psyaç v.a\ p.eyaç, c’est-à-dire « Hermès deux fois grand », par une traduction littérale du texte égyptien. — On cite du poète Phrynichus le composé Tpiae^Ônrroç, qui est un double superlatif. — Page 108.

71. C’est l’opinion de H. Estienne dans son Traité de la Conformité du langage francois avec le grec , et dans sa Précellence du langage françois. M. L. Feugère, qui nous a récemment donné de bonnes éditions de ces deux écrits de H. Estienne, combat avec raison cette étymologie de la particule très , et, d’accord avec M. Ampère, il adopte l’explication que nous avons suivie dans le texte. — Page 108.

72. Apollonius, de la Syntaxe , II, 19, 21, 25; III, 2; IV, 8 ; du Pronom , p. 7, etc. J’ai cru devoir justifier par des citations précises la mention de ces formes déjà modernes dans un auteur grec ancien, parce que je ne les ai pas trouvées dans les principales grammaires du grec ancien que j’ai sous les yeux. — Page 109.

73. AOTOTepoç et aÙTotUTo; sont cités par Apollonius, Traité du Pronom , p. 79, 81. Ipsissimus est de Piaule. Les adjectifs comme ôiTcXàaioç, TpiTrXàcnoç, duplex , triplex , etc., sont aussi des espèces de comparatifs. Les adverbes de lieu, comme £<tm, evôov, forment volontiers des comparatifs et des superlatifs déclinables : èccoze poç, èvoÔTEpoç. Sur ces mots et sur l’analogie des terminaisons vspoç, timus avec les comparatifs et superlatifs sanscrits, voy. Kübner, Grammaire développée, §. 226. — Page 110.

74. Nous avons d’Apollonius un traité, à peu près complet, en quatre livres, sur la Syntaxe. C’est le meilleur ouvrage de grammaire qui nous reste de toute l’antiquité. Au commencement du livre troisième, l’auteur expose les principes généraux de la syntaxe, mais en vue de la langue grecque, la seule langue qu’il paraisse connaître , de sorte que

NOTES

sa théorie ne peut s’appliquer qu’aux langues synthétiques. Yoy. encore sur ce sujet les articles • Syntaxe, par Beauzée, et Construction , par Dumarsais, dans Y Encyclopédie ; et surtout la remarquable thèse de M. H. Weil, de V Ordre des mots dans les langues anciennes comparées aux langues modernes (Paris, 1844 ; 2e éd., 1869). — Page 112.

75. Il est assez vraisemblable que ce mot, comme le verbe <70X01x1- Çeiv, dont il dérive, a désigné d’abord une faute de goût ou de convenance dans les actes de la vie, et que Molière revenait, sans le savoir, à son sens primitif lorsqu’il disait, dans les Femmes savantes :

Le moindre solécisme en parlant vous irrite;

Mais vous en faites, vous, d’étranges en conduite.

Xénopbon, Cyropédie. VIII, iii, § 21 : SoXowcoTepoç avôpü>7T;oç xw apoTiw, o; Ve. x. X. Voy. aussi Lucien, Nigrinus , c. xxxi. EoXootoç, en général, désignait un homme insolent et grossier, un mal-appris,àp,a6ûs> comme dit le lexicographe Hésychius. On trouve dans Aristote (Rhétorique, 11, 16 ; il locale Nicom ., IV, 4 ; Morale Eudem.9 II, 3) la description de ce défaut et d’un défaut analogue désigné par les mots oraXaxcov , aaXaxwvsia. Cf. l’opuscule anonyme publié par M. Boissonade (Anecdota græca, t. II, p, 458), sous ce titre : ITspi tou rjôixoû croXoïxicrpiov, dans lequel sont brièvement définis les principaux solécismes en conduite; Anacréon, Fragment 131; Hérodote, IV, 117; Plutarque, 7T£pi tou àxoustv, c. XIV ; Fauteur de la Rlietorica ad Ilerennium, IV, 12; A. Gelle, V, 20 et XIII, 6.; Plutarque, de la Manière dé écouter, ch. XIV ; de la Fausse honte, ch. XVI ; Sidonius Apoll., Epist. IX, 3. Au reste, c’est par erreur, sans doute, qu’on a voulu expliquer doXoïxoç par le nom d’une ville de Soles , où se parlait, diton, un mauvais patois. SoXoïxoç paraît être un mot d’une composition analogue à celle de aypoixoç. — Page 114.

76. Cicéron, Orator , c. XLI et suiv. ; de Oratore , III, c. XLIV et suiv. ; Quintilien, livre IX, c. IV. Le traité de Batteux fait suite à ses Principes de la Littérature . Il y faut ajouter ses Éclaircissements et Observations sur V Inversion. Batteux a aussi donné la seule traduction française qui existe du traité de Denys d’Halicarnasse sur P Arrangement des mots. Pour la comparaison des syntaxes grecque et latine on pourra utilement recourir au livre de B. Hovelstadt : Parallel-Syntax des Latinisclien und Griechischen (Emmerich, 1863*7, in-8°). L’Institut accordait, en 1873, une mention honorable au mémoire, encore inédit, de M. Bergaigne sur la Syntaxe comparative des langues indo-européennes. — Page 117.

77. Entre beaucoup d’ouvrages intéressants sur les idiomes de ces peuples qui n’ont pas de littérature proprement dite, je citerai surtout

NOTES

60. Cette adjonction du pronom à un radical attributif pour former un verbe est plus sensible encore dans la conjugaison sanscrite. Sur ce sujet, voir Y Avertissement de M. J.-L. Burnouf en tête de la 6e édition de sa Méthode , avertissement qu’il a eu soin de réimprimer dans les éditions suivantes. — Les premières personnes en [xeç pour p.ev, dans le dialecte dorien; les troisièmes personnes de l’impératif en ovxcov, rappellent encore les formes mus et unto de la conjugaison latine. — Il n’est pas sans intérêt, même aujourd’hui, de lire l’opuscule de Macrobe, de Differentiis et societatibus Græci Latinique verbi. — Page 85.

61. C’est une remarque déjà faite par les grammairiens grecs, que certaines expressions sont négligées par l’usage , d)Xiyo)py][j.£vat XsSjstç ou GSGiyY\\xévoi.iy comme dit, en pareil cas, Apollonius. Lorsqu’il veut exprimer que tel ou tel mot eût été irrégulier ou barbare, il dit alors : où py )tov, où cvaxaxov, ou bien àoûaxaxov (sous entendu ôvojxa). Yoy. mon Mémoire sur Apollonius Dyscole , chap. il, § 2,p. 54. Cicéron fait quelques observations du même genre dans ses Topiques, c. vu, § 30. — Page 91.

62. Voyez le paradigme de la conjugaison latine, en tête du Thesau rus poeticus deM. Quicherat, et la Lettre du même auteur à M. J.-L. Burnouf sur V Impératif latin (Paris, 1841), où sont réunis les témoignages des grammairiens sur cette seconde forme de l’impératif, et de nombreux exemples à l’appui de ces témoignages. Il est certain que les anciens auteurs ont considéré la forme en to, tor , comme un impératif du futur. — Page 92.

63. On peut regarder comme intermédiaire entre la synthèse et X analyse le procédé de la juxtaposition, assez commun dans notre langue, tout à fait dominant dans d’autres langues, où on l’a désigné par le mot agglutination. Voy. Sehleicher, les Langues de V Europe , etc. (Bonn, 1850, 8°), p. 57 et suiv. — La langue basque ou euskarienne offre un remarquable exemple de ce procédé. Voir les Études grammaticales sur la langue euskarienne A. -Th. d’Abbadie et J.-A. Cliaho (Paris, 183G, in-8). — Page 93.

64. Sur l’usage de l’auxiliaire dans la conjugaison et sur les rapports qu’offrent, à cet égard, le grec, le latin et le sanscrit, il existe un mémoire intéressant de M. Obry, publié dans le Recueil des Mémoires de l’Académie d’Amiens. A propos d’une discussion soulevée devant l’Académie d’Amiens sur l’orthographe de nos participes passés, le même savant a écrit un long mémoire ( Étude historique et philologique sur le participe français et sur les verbes auxiliaires . Amiens, 1851), où sont approfondies, avec beaucoup de science et de critique, les principales

NOTES

questions relatives à l'origine de nos verbes auxiliaires, à la formation des futurs et des conditionnels néo-latins, à l’altération des anciennes formes verbales dans les langues néo-latines et germaniques, etc. U i travail d’ensemble, et plus complet, est celui de M. C. Chabaneau, Histoire et théorie de la conjugaison française (Paris, 1868, in-8). — À propos des verbes auxiliaires, on fera bien de remarquer que ces verbes s’échangent assez facilement entre eux, surtout dans les langues modernes. Exemples : %ty]oà(X£voi ïyovGi (Hérodote, III, 65) : amplexi habent (Lucrèce, I, 1069) ; j’ai été , en italien sono stato ; en anglais 1 hâve been , en allemand ldi bin gewesen. — Page 94.

65. Voyez, pour plus de détails sur quelques-unes de ces altérations et de ces transformations, les Leçons 2e et 3e de M. Villemain sur la Littérature du moyen âge, où il expose d’une manière piquante l’état de la science en ces matières, vers 1830. Mais ces esquisses un peu rapides ne doivent pas être lues sans défiance. Par exemple, p. 61, M. Villemain, citant, de mémoire peut-être, un texte d’Apulée (. Métamorphoses, IX, 39), y omet un mot qui ôte toute valeur à la citation. J’ai cru devoir relever cette erreur, parce qu’elle a passé, sous l’autorité de M. Villemain, dans d’autres livres. — Page 95.

66. Ce redoublement dans les formes des temps passés doit être distingué du redoublement qui constitue tant de thèmes verbaux, même à l'indicatif, comme Tt-Tpd>(7x.co, (3i-6pcoaxco,fpi-éàÇto,Ti-Taiva), yi'-yvopiai (pour yi-yévopiai), etc.; en latin gi-gno (pour gi-geno), si-sto9 etc. Des adjectifs comme pàpêapoç, péêyjXoç, et des substantifs comme xàp-< Tapoç, etc., se foraient par le même procédé. — Page 97.

67. Nous possédons un traité du grammairien Apollonius -rap i XnvSeo-ptwv (imprimé au tome II des Anecdota grseca de Bekker). Plusieurs chapitres y sont fort mutilés. Parmi ceux qui peuvent encore être lus, et qui le seront avec fruit, je signalerai : 1° le chapitre sur les conjonctions disjonctives ( ôia^euxTixoi) dont le nom est fort bien justifié par Apollonius, contre les critiques de quelques-uns de ses confi é* res; 2° le chapitre sur les particules explétives (napaTtXYipwpiaTixoC). Priscien, que nous avons déjà cité plus d’une fois dans ces notes, peut être, en général, considéré comme un abréviateur assez fidèle de la doctrine des grammairiens grecs, et surtout d’Apollonius. — Page 98.

68. La nature de l’adverbe est presque toujours bien comprise et bien analysée dans le traité d’Apollonius 7uepi 3E7rtppYqiàTtov {Anecdota grseca de Bekker, tome II). L’auteur signale entre autres, fort justement, l’analogie de certaines terminaisons adverbiales avec les flexions casuelles des noms substantifs. — Page 102.

NOTES

le Mémoire sur le système grammatical des langues de quelques nations indiennes de l'Amérique du nord , par Et. Du Ponceau, etc. (Paris, 1838.) On lira plus facilement encore dans Y Encyclopédie du xixe siècle, l’article Langues américaines , où M. Aubin a résumé de longues observations sur ce sujet. — Page 122.

78. Le Bas, Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure , planche VIII des Inscriptions : au-dessous de la dédicace se lit la signature de l’artiste .* IIuppoç £7totY)<7£v A8y)vcuoç. Cette inscription que j’ai cru inutile de reproduire ici en caractères archaïques, fut retrouvée, il y a quelques années, au pied de l’Acropole d’Athènes, et elle se rapporte précisément à un fait raconté par Plutarque dans la Vie de Périclès , c. xili ; elle a pu être gravée par les ordres et sous les yeux de ce grand homme, pendant que s’élevaient les édifices magnifiques de l’Acropole. — Sur le style elliptique des inscriptions dédicatoires, voyez les observations de M. Letronne, qui formaient d’abord un chapitre de ses Recherches pour servir à V histoire d’Égypte (1825), et qui ont été réimprimées, après la mort de l’auteur, avec de nombreuses additions de sa main, dans la Revue archéologique de 1850. — Page

79. On trouvera, dans la Bibliothèque française de l’abbé Goujet (tome II), l’histoire des controverses qui ont eu lieu à ce sujet entre les savants. On y peut ajouter une charmante lettre de Voltaire à M. de Rochefort, en date du 28 avril 1773. — Page 124.

80. Cicéron, Partitiones oratoriæ , c. VII, 24 : « In conjunctis verbis « triplex adhiberi potest commutatio, non verborum, sed ordinis tante tummodo : ut quum semel dictum sit directe, sicut natura ipsa tu- « lerit, invertatur ordo, et idem quasi sursumversus retroque dicatur ; <c deinde idem intercise atque permixte. Eloquendi autem exercitatio « maxime in hoc toto convertendi genere versalur... » Quintilien, IX, IV : « Ilia nimia quorumdam fuit observatio, ut vocabula verbis, verba « rursus adverbiis, nomina appositis et pronominibus essent priora. « Nam fit contra quoque fréquenter non indecore, etc. » Tout ce chapitre est intéressant à lire, quoique l’auteur y parle plus en rhéteur qu’en grammairien. Voyez aussi Denys d’Halicarnasse , de l’Arrangement des mots , chap. V. — Page 125.

81. C’est la théorie soutenue par un écrivain célèbre, M. deBonald, dans sa Dissertation sur la Pensée de l’homme et sur son expression , à la suite de la Législation primitive , tome II, p. 147. Les autres défenseurs de l’ordre logique se sont montrés moins rigoureux à l’égard de l’ordre inverse. Voy. Beauzée, à l’article Langue , et à l’artice In-

NOTES

version , dans V Encyclopédie» Condillac, dans un excellent chapitre sur la construction ( Grammaire . I, c. XX vu), dit très-bien : « À parler vrai, il n'y a dans l’esprit ni ordre direct ni ordre renversé, puisqu’il aperçoit à la fois toutes les idées dont il juge ; il les prononcerait toutes à la fois, s’il lui était possible de les prononcer comme il les aperçoit. Voilà ce qui lui serait naturel, et c’est ainsi qu’il parle lorsqu’il ne connaît que le langage d’action. C’est, par conséquent, dans le discours seul que les idées ont un ordre direct ou renversé, parce que c’est dans le discours seul qu’elles se succèdent. Ces deux ordres sont également naturels. En effet, les inversions sont usitées dans toutes les langues, autant du moins que la syntaxe le permet... Si je demandais quel est l’ordre naturel dans lequel les objets se présentent successivement à la vue, lorsque la vue elle-même embrasse à la fois tout ce qui frappe les yeux, vous me diriez que je fais une question absurde, et si j’ajoutais qu’il faut qu’il y ait dans la vue un ordre direct ou renversé, vous penseriez que je déraisonne tout à fait, etc. « G. de Schlegel, Essais littéraires et historiques , p. 235 : « L’abbé Sicard enseigne à ses élèves sourds-muets l’emploi des signes selon l’ordre logique. Mais lorsque, dans les heures de délassement, ils communiquent entre eux par la même voie, ils arrangent les mots de leur langage muet d’une tout autre manière ; ils se rapprochent de la construction latine sans la connaître et font les inversions les plus hardies. Ne pourrait-on en conclure que ces inversions, que nous considérons comme des ornements de rhétorique, sont plus naturelles que nous ne le pensons, parce que nous avons contracté une habitude opposée ? »» Cf. Rémi Valade, Essai sur la grammaire du langage naturel des signes , à V usage des instituteurs des sourds-muets (Paris, 1854), et Études sur la lexicologie et la grammaire du langage naturel des signes (Paris, 1854), p. 172 et suîv. Même conclusion sur l’égale légitimité des deux méthodes dans une Dissertation critique et apologétique sur la langue basque , par un ecclésiastique du diocèse de Bayonne (sans lieu ni date), p. 150, où l’auteur observe que la langue basque réunit les avantages particuliers aux deux méthodes. — Page 126.

82. Du Ponceau, mémoire cité plus haut (note 77), p. 185 : « 11 est certain que les langues de ces peuples sont formées sur des plans d’idées entièrement différents des nôtres. Nous aimons à répéter cette heureuse expression de Maupertuis. » G. de Humboldt, Lettre à Rému sat , p. 13 : <c Je ne regarde pas les formes grammaticales comme le fruit des progrès qu’une nation fait dans l’analyse de la pensée, mais plutôt comme un résultat de la manière dont une nation considère et traite sa langue. » Le savant auteur, on le voit, ne manie pas notre langue avec facilité, mais il ne faudrait pas que cette imperfection de son style détournât le lecteur de recourir à un opuscule plein de la meilleure phi-

losophie sur les questions principales de la linguistique. Voir surtout, p. 112, note 67 (cette note est de l’Éditeur), un résumé très-frappant des différences de la méthode grammaticale en chinois et dans les langues de l’Occident. Le mémoire, en allemand, de G. de Humboldt , de V Origine des formes grammaticales et de leur influence sur le développement des idées , a été traduit en français par A. Tonnelé ( Paris, 1859). — Page 133.

83. On a beaucoup disputé sur cet emploi de l’infinitif. J’ai lu, en particulier, deux dissertations: celle de Gernhard (Weimar, 1821, réimprimée dans les Opuscula de l’auteur, Leipzig, 1836), et celle de Fuisting (Münster, 1838). Le principe même de l’explication que je donne est très-nettement indiqué par Perizonius, dans son commentaire sur la Minerve de Sanctius (I, 12, p. 84). M. de Blignières a, depuis longtemps déjà, caractérisé clairement dans sa Grammaire latine (Synt. génér. , § 86), l’emploi de l’infinitif. Comparez N. Madvig, Grammaire latine , § 389 et 394 : l’infinitif considéré « comme sujet ou comme régime direct » d’un autre verbe. — Page 135.

84. Cette anal se des formes grammaticales est à peu près ce que les

Grecs exprimaient par les termes , £7up,£pt(jp.6ç, surtout lors-

que les mots étaient analysés par séries alphabétiques. Voir les Épimérismes attribués à Hérodien, et la préface de M. Boissonade, en tête de cet opuscule qu’il a publié pour la première fois (Londres, 1819). Dans le langage des classes nous disons, d’une manière analogue, faire les parties d*un verbe. En latin, Priscien donne un modèle excellent d’analyse grammaticale dans l’opuscule cité plus haut, page 125. Pour le français, on pourra consulter le traité spécial de M. B. Jullien (Paris, 1851). — Page 140.

85. Voir Y Abrégé synoptique de la Rhétorique , publié par M. Walz, Rhetores græci , t. 111, p. 564 ; les traites 7iepl S^Y)(xaTWv réunis dans le tome VIII du même recueil ; le petit traité de Lesbonax, publié par Valckenaër à la suite de son édition <Y Ammonius (voy. plus bas, note 87); le Manuel de Grégoire de Corinthe sur les Dialectes (édit. Bast, Boissonade et Scliæfer, 1811), et le grand ouvrage de M. Lobeck : Pathologiæ græci sermonis elementa, pars prior (Ivœnigsberg, 1853), qua continentur dissertationes de Prosthesi et Aphæresi, de Syncope, de Parectasi, de Metatliesi, de Parathesi et scriptura Hyplien. Les grammairiens grecs ont poussé le scrupule sur ce sujet jusqu’à faire du solécisme et du barbarisme des figures de grammaire. Voyez les divers opuscules publiés par M. Boissonade dans ses Anecdota greeca} t. Iiï, p. 229-270, —Page 140.

NOTES

86. Encore faut-il avouer que les Latins se contentent souvent de transcrire les noms donnés aux figures par les rhéteurs grecs. Voyez, par exemple, le petit traité de Figuris sententiarum et elocutionis , traduit sur un original grec de Gorgias par le rhéteur Rutilius Lupus, et le chapitre des Métaplasmes dans le manuel grammatical de Donat. Quelquefois aussi les Latins recourent à la périphrase : c’est ce que fait Cicéron, pour un grand nombre de figures de rhétorique (de V Orateur , III, 40, 41, 53, etc.), après avoir épuisé tout ce que la langue latine peut lui permettre de composés ou de dérivés techniques. — Varron avait écrit sur ces figures de grammaire, dans les premiers livres, aujourd’hui perdus, de son traité de Lingua latina , de longs chapitres, qu’il résume trop brièvement, au § 6 de son cinquième livre: on voit qu’il les ramenait à huit figures principales, parmi lesquelles celle qu’il nomme attractio semble répondre à la figure désignée ci-dessus (p. 142 du texte) , par le mot allitération ou assimilation . — Page 144.

87. Sur ce sujet il ne nous reste des Grecs et des Latins que d’insignifiants opuscules : un Recueil des Synonymes , par Àmmonius, traduit en français par M. Pillon (Paris, 1824), qui a lui -même publié plus tard (Paris, 1847) un Dictionnaire des Synonymes grecs ; quelques chapitres de Varron, de Cicéron ( Tusculanes , IV, 8), de Quintilien ( Instit . Orat ., X, 1), de Nonius Marcellus, de Priscien, et des observations éparses dans Cicéron, Sénèque, etc. Le petit recueil intitulé M, Tullii Ciceronis synonyma , réimprimé à Leyde en 1850, par M. Mahne, est un livre apocryphe. Les Synonymes latins de Cardin Dumesnil (1777) sont restés classiques, et se sont d’ailleurs enrichis d’utiles additions dans les réimpressions qu’on en a faites après la mort de l’auteur ; mais ils ne peuvent soutenir la comparaison avec l’ouvrage approfondi, publié par Dœderlein, de 1820 à 1838 ( Synonymie et Étymologie latines , G vol. in-8), ni avec le nouveau Traité des Synonymes latins , par MM. Barrault et Grégoire. — Sur la théorie générale des synonymes, consulter surtout la préface des Nouveaux Synonymes français par l’abbé Roubaud (Paris, 1785) ; celle du Nouveau Dictionnaire universel des Synonymes , par M. F. Guizot (Paris, 1809), qui vient d’être récemment réimprimé ; enfin, et surtout, les Synonymes français de M. B. Lafaye (gr. in-8, Paris, 1858), avec un supplément publié en 1865. — Page 146.

88. L’une de ces paraphrases est attribuée à Gaza (publiée à Florence, 1811). L’autre est anonyme; Imm. Bekker l’a publiée à la suite de son édition des Scliolies de Venise sur l'Iliade (Berlin, 1827). C’est à la seconde que j’emprunte l’exemple cité dans le texte. Les scholiastes grecs et latins offrent aussi, quoique avec moins de continuité, ce même rapprochement des termes vulgaires et des mots t oc-

NOTES

fin

tiques; et, comme parmi les scholiastes il y en a de fort modernes, leur style descend quelquefois jusqu’au grec vulgaire; il faut donc user avec discrétion et avec critique des synonymes qui abondent dans ces commentaires, soit grecs, soit latins, sur les anciens auteurs. — Page 149.

80. Sur cette timidité excessive de notre langue poétique, voyez une charmante lettre de Voltaire à Beauzée, 14 janvier 1768 ; et comparez la lettre du même à Frédéric II, alors prince de Prusse, 20 décembre 1737. Ailleurs pourtant, dans une lettre à M. Deodati, qui lui avait envoyé un livre sur l 'Excellence de la langue italienne , il montre bien l’abondance de notre langue en synonymes heureux pour la prose comme pour la poésie (24 janvier 1761). André Chénier a écrit sur la richesse de la langue française une admirable page dans son poëme de l'Invention , vers 299 et suivants. Quant à la versification française, on en trouvera l’histoire et la théorie heureusement fondues ensemble dans le Traité de Versification française , par M. Quicherat (2e éd. Paris, 1850).— Page 152.

90. Voyez De Brosses, Traité de la formation mécanique des lan~ gués (Paris, 1765), dont quelques idées pourtant ont survécu et gardé leur place dans la linguistique moderne, h' Histoire naturelle de la parole , faisant partie du Monde primitif par Court de Gébelin, et que l’on peut lire à part dans une édition spéciale donnée par Lanjuinais (Paris, 1816), est encore un de ces livres où dominent les théories aventureuses du XVIIIe siècle. 11 ne faut d’ailleurs pas confondre cette prétendue histoire naturelle avec les recherches de physiologie positive telles que les Etudes expérimentales sur la voix et sur les causes de la production du son dans divers instruments de musique, de M M. Masson et Longet (Paris, 1852). Cf. la 3e édition du Traité de physiologie , de Longet (1869), t. II, p. 708 et suiv., et sur les belles découvertes du physicien allemand Helmholtz, la Voix , l'Oreille et la Musique, par Aug. Laugel (Paris, 1867). On lira aussi avec fruit, dans l’Encyclopédie moderne de F. Didot, un article sur la parole considérée au point de vue de la physiologie et de la grammaire, par M. Vaïsse, habile observateur et instituteur des sourds-muets. — Page 154.

91. On peut se faire une idée de la hardiesse des Stoïciens dans leurs conjectures étymologiques par le résumé que nous donne de leur méthode l’auteur des Principia dialecticæ , attribués à saint Augustin, cliap. vi. Comparez un curieux fragment de Nigidius Figulus dans Aulu-Gelle, Nuits attiques , X, 4. Galien a porté sur la science étymologique un jugement bien sévère, et que les grammairiens ont trop souvent pris à tâche de justifier : ’AXocÇwv e<jxt pàpxup ^ 5Exvp.oXoYta, 7ïoXXàxi; pèv ôpotwç papxupovcra toi; xàvavxia XéyouG t xu >v àXtiOcov,

NOTES

oOx ôXiydbuç ôs to tç <i,£U^°tJI'£voiç uaXXov vj 7tsp tchç àXriQsuoocriv.

/e* Dogmes de Platon et d* Hippocrate , II, 2. — Page 156.

92. On trouve encore çà et là dans Varron des observations trèsfines et sages sur les lois qui président au développement du langage, et particulièrement sur l’étymologie des mots latins. Par exemple, de Lingua latina, V, 3 : « Neque omnis origo est nostræ linguæ e verna- « culis verbis, et multa aliud nunc ostendunt, aliud ante significabant. »»

Ibid. y VIII, 4 : « Ut in hominibus quædam sunt agnationes

« et gentilitates, sic in verbis. » (Idée qu’a ingénieusement développée, sans connaître Varron, Rivarol, dans son discours de Y Universalité de la langue française , p. 18, 19, édit. 1797.) Ibid», IX, 17 : « Consue- « tudo loquendi est in motu ; itaque solet fieri ex meliore deterior, ex « détérioré melior, etc. » Il est donc à regretter que l’auteur nous détourne trop souvent, par la sécheresse et l’obscurité de son style, d’une lecture intéressante d’ailleurs et profitable sous tant de rapports. — L ^ Manuel d’ Étymologie latine , de L. Dœderlein (Leipzig, 1841), peut être utile, mais seulement à ceux qui s’en serviront avec une défiance judicieuse. — Page 157.

93. Quelques rapprochements de ce genre se trouvent dans Varron, de Lingua latina, V, 26, 102, 120, 173, 175, et dans Festus, p. 125, édit. Ursini. Les maîtres feront bien de les relever, en les soumettant devant leurs élèves à un contrôle sévère. — Page 159.

94. C’est à propos d’une ressemblance entre le latin et le sabin que Varron écrit {de Lingua latina , V. 74) cette observation très-sensée: « Et aræ Sabinam linguam oient quæ Tati regis voto sunt Romæ « dedicatæ ; nam, ut Annales dicunt, vovit Opi, Floræ , Fedio , etc.... « e quis nonnulla nomina in utraque lingua habent radices , ut arbo- « res quæinconfinio natæ in utroqueagro serpunt.. » — Page 161.

95. Voir sur ces divers procédés : Cicéron, de Oratore , III, 52, 53; Orator, c, 25, 39, 40; et le recueil intéressant que Henri Estienne a publié des mots et des textes grecs traduits dans les ouvrages de Cicéron : Ciceronianum Lexicon græco-latinum. — Loci græcorum auctorum cum Ciceronis interpretationibus (Parisiis, 1557 ; réimprimé à Turin, en 1743). On peut aujourd’hui augmenter ce recueil à l’aide des textes récemment découverts. C’est ce qu’a fait M. Clavel dans l’ouvrage intitulé ; De M . T. Cicerone græcorum interprète. Aexedunt etiam loci græcorum auctorum cum Ciceronis interpretationibus et Ciceronianum lexicon græcolatinum . (Paris, 1867.) Il y a matière aussi à bien des comparaisons intéressantes et à beaucoup d’additions aux lexiques dans l’ouvrage bilingue publié sous le nom de Julius Pollux par M. Bou-

NOTES

cherie : 'Epp/oveup-axa (lnterpretamenta) xod xa0Y)p.epivr) ôpiiXi'a. Paris, 1872, extrait du tome XXIII des Notices et Extraits des manuscrits.

— Page 162.

96. Quintilien, lnsiit ., Orat. I, 5, § 58 : « Confessis quoque græcis « utimur verbis ubi nostra desunt, sicut illi a nobis nonnumquam mu- « tuanlur . » — Voyez surtout, pour ces derniers emprunts : Antiquitates romanæ e græcis fontibus explicatæ , par Aug. Wannowski (Kœnigsberg, 1846), ouvrage auquel on pourrait faire encore d’utiles additions, surtout d’après les textes épigraphiques ; et Saalfeld, Index græ corum 'vocabulorum in linguam latinam translatornm (Berolini, 1874).

— Page 162.

97. Chateaubriand n’a pas trop exagéré quand il a dit (. Études histo riques , p. 179, éd. de 1845, in- 12): « Les Grecs s’obstinaient à regarder la langue de Cicéron comme une langue barbare. » Pour plus de détails sur ce sujet, voir les cinq dissertations de C. F- Weber, de La tine scriptis quæ Græci ijeteres in linguam suam transtulerunt (Cassel, 1852 et années suiv.), et mon mémoire sur l’Etude de la langue latine chez les Grecs dans l’antiquité (1855), réimprimé avec quelques additions dans les Mémoires d’histoire ancienne et de philologie. — Page

98. Pour apprécier la méthode appliquée jadis à la philologie de notre langue, il suffira de jeter seulement les yeux sur les ouvrages de Perionius (1555), de H. Estienne (1565 , récemment réimprimé par M. Feugère), de Trippault (Orléans, 1580), de Boxhorn (1654), du père Labbe (166 1), etc. Dans une dissertation, publiée en 1810, à Leipzig (de Originibus linguæ franco- g allicæ ), un jeune philologue, J. R. G. Beck, a, le premier peut-être, posé avec précision, et justifié par un choix, heureux en général, d’exemples, les principes de l’étymologie pour la langue française. Mais nous ne devons pas oublier, sur ce sujet, les vues déjà très-justes que notre compatriote, le célèbre Turgot, a exposées dans l’Encyclopédie, à l’article Étymologie (réimprimé avec quelques additions dans le tome 111 de ses Œuvres). Fénelon, dans sa célèbre Lettre sur les occupations de l’ Académie, § 3, indique déjà justement les principales origines de la langue française. Mais il en tire d’étranges conclusions en faveur du néologisme, conclusions que, d’ailleurs, il s’est bien gardé d’appliquer lui -même. — Voir aussi les ouvrages cités plus haut, notes 5, 32 et 34. — Page 164.

99. Distinction déjà reconnue et signalée par Catherinot dans l’opuscule, aujourd’hui très-rare, qui a pour titre : les Doublets de la langue . Bourges, 1683. Fuchs, die Roman. Sprachen, p. 125 et suiv., a réuni

beaucoup d’exemples du même genre. M. A. Brachet en a formé un Dictionnaire spécial (Paris, 1868, in-8). Botet, en 1801, dans son Abrégé d'un cours complet de lexicologie , Introduction, p. XVIII, avait heureusement signalé ce phénomène sous le nom de « dérivations divergente tes ». — Page 166.

100. Quelques*unes de ces lois sont méthodiquement exposées, d’après la Grammaire romane de M. Diez, dans une dissertation (en français) de M. Zange : Exposition des lois qui gouvernent la permutation des lettres dans le passage des mots latins aux mots français (Sondershausen, 1845). Voir aussi sur ce sujet une importante série d’articles de M. Pott dans la Zeitschrift fïir die Alterthumswissenschaft de 1853, nos 61 et suivants; le mémoire de M. H. Scholle : Faut-il 'voir dans le changement de forme et de sens qu'ont subi les mots latins en passant au français une infériorité de cette langue? (Berlin, 1866, in-4) ; et celui de M. Scheler, sur la transformation française des mots latins. (Gand, 1869, in-8). — Page 168.

101. Le mémoire de M. Ch. Joret, du C dans les langues romanes (Paris, 1874, in-8 de 344 pages), montrera quelle importance ont prise ces études subtiles sur la phonétique néo-latine. Voir aussi W. Neumann, Mélanges philologiques , I : Prononciation du C latin (Paris, 1873, in-8). — Page 168.

102. Cette vérité ressort clairement des recherches les plus récentes sur l’origine des dialectes néo-latins. On en trouvera de nombreuses preuves dans l’utile compilation de H. Schuchardt, der Fokalismus des Vulgarlateins (Leipzig, 1866-1868, 3 vol. in-8), et dans le mémoire de M# d’Arbois de Jubainville : la Déclinaison latine en Gaule à l’époque mérovingienne (Paris, 1872), sur lequel il faudra lire aussi le jugement deM. Littré dans le Journal des Savants de 1873. — On doit avouer pourtant que la force des démonstrations accumulées par tant de travaux sur l’origine, avant tout latine, de notre langue, n’a pas convaincu quelques obstinés défenseurs des origines celtiques. Tel est encore M. Granier de Cassagnac, dans son Histoire des origines de la langue française (Paris, 1872, in-8), ouvrage sur lequel on pourra lire la Revue critique du 10 mai et du 5 juillet 1873. — Page 170.

103. Le célèbre philologue H. Estienne signalait alors, et meme avec trop d’aigreur, quelques-uns de ces emprunts faits par le français à la langue italienne. « Toutesfois eneores le grand mal ne gist point en ce que je vien de dire, mais en une chose qui est bien de plus grande importance, laquelle je suis presque honteux de dire : c’est que MM. les courtisans se sont oubliez jusques-là d’emprunter d’Italie leurs termes

NOTES

de guerre, laissans leurs propres et anciens, sans avoir esgard à la conséquence que portoit un tel emprunt ; car d’ici à peu d’ans, qui sera celu/ qui ne pensera que la France ait appris l’art de la guerre en l’eschole de l’Italie, quand il verra qu’elle usera des termes italiens ? Ne plus ne moins qu’en voyant les termes grecs de tous les arts libéraulx estre gardez ès autres langues, nous jugeons, e là bon droict, que la Grèce a été l’eschole de tontes les sciences. Voilà comment un jour les disciples auront le bruit d’avoir esté les maistres; e tplusieurs casaniers qui se seront toujours tenus le plus loing des coups qu’ils auront peu, auront bien à leur aise acquis la réputation d’avoir esté les plus vaillans. » Préface de la Conformité du langage français avec le grec, p. 24, éd. Feugère. — Page 173.

104. Voyez A de Chevallet, dans l’ouvrage cité plus haut (note 8), t. I, p. 465. Oli trouvera dans cet ouvrage trois listes, rédigées en général avec une critique judicieuse , des mots empruntés par notre vieux français : l°au latin ; 2° aux idiomes celtiqnes ; 3° aux idiomes germaniques. Sur l’élément germanique, consulter : L. Schacht, de Elemen tis germanicis potissimum linguæ franco-gallicæ (Berolini, 1853), et F. Atzler, Die germanischen Elemente in der franzôsischen Sprache (Coethen, 1867). Sur le celtique en particulier, consultez toujours la Grammatica celtica de Zeuss (Leipzig, 1853, 2e éd. 1868-187 1), et le Glossaire gaulois qui forme la première partie de X Ethno génie gauloise, par M. Roget de Belloguet (Paris, 1858 et 1872). Quant à l’origine des noms de lieu, j’aime à signaler comme un essai très-estimable X Étude sur la signification des noms de lieu en France , par M. Houzé (Paris, 1 86 4 \ et comme un modèle de critique le substantiel ouvrage de M. Jules Quicherat, de la Formation française des anciens noms de lieu (Paris, 1867, in-12). Voir aussi le mémoire spécial de M. A. Bailly, Étymologie et histoire des mots ORLÉANS et ORLÉANAIS (Orléans, 1871, in-8). — Page 175.

105. Varron, de Lingua latina , IX, 16, fait, sur l’autorité de l’usage, cette observation spirituelle : « Cum sint in consuetudine contra ratio- « nem alia verba ita ut ea facile tolli possint, alia ut videantur esse « fixa : quæ leviter hærent ac sine offensione commutari possint, sta- « tim ad rationem corrigi oportet ; quæ tamen sunt ita ut in præsen- « tia corrigere nequeas quin ita dicas, his oportet, si possis, non uti : a sic enim obsolescent, ac postea jam obliterata facilius corrigi potea runt. » Cf. Ibid. , 7 et 115. — Page 177.

106. Vaugelas, Remarques sur la langue françoise , aux mots recouvert, recouvré : « Pour moi, je dirai toujours recouvré avec les gens de « lettres pour satisfaire à la règle et à la raison, et ne pas passer parmi

NOTES

<c eux pour un homme qui ignorât ce que les enfants sçavent; et recou - « vert avec toute la cour, pour satisfaire à l’usage, qui, en matière de « langue, l’emporte toujours par-dessus la raison. » Voir sur la méthode grammaticale de Vaugelas la dissertation de E. Moncourt (Paris, 1851). Quant à l’orthographe des noms propres, et particulièrement des noms étrangers à notre langue, il faut lire surtout la piquante réponse de M. Aug. Thierry à la Diatribe du docteur Neopkobus (Ch. Nodier) contre les fabricaleurs de mots (1841), réimprimée dans les Dix Années d* Études historiques. Depuis plusieurs années, M. Eman Martin rédige et publie à Paris un recueil périodique de philologie française, le Courrier de Vaugelas , où les amateurs de notre langue trouvent beaucoup de bons conseils et d’érudition sérieuse» — Page 183.

107. L’influence de l’Académie française sur le perfectionnement et les progrès de notre langue est ingénieusement appréciée dans la Préface de la cinquième édition de son Dictionnaire (1835). On sait que cette préface est due à la plume de M. Villemain. Voir aussi Y Avertissement du premier fascicule (Paris, 1858), du Dictionnaire historique de la langue française que publie la même Académie. — Page

108. Sur les dialectes de l’ancienne Italie, sujet qu’ont renouvelé les récentes découvertes de la numismatique et de l’épigraphie, les deux ouvrages les plus utiles à consulter sont : 1° les Monuments de la langue ombrienne , par Aufrechtet Kirchhoff (1849); 2° les Dialectes de la basse Italie , par Th. Mommsen (1850), ouvrage dont M. Hase a rendu compte dans le Journal des Savants , octobre 1850 ; 3° le Glossarium italicum de M. Ariod. Fabretti (Turin, 1867, in-folio, avec suppléments), qui contient le recueil alphabétique le plus complet de tous les mots appartenant à ces vieux dialectes de l’Italie ; 4° pour la vieille latinité proprement dite, le premier volume du Corpus inscriptïonum latinarumy publié par Théod. Mommsen (Berlin, 1863, in-folio), sous les auspices de l’Académie de Berlin. Depuis dix ans, plusieurs suppléments se sont joints sous divers titres à cette précieuse collection pour publier les récentes découvertes qui ont enrichi l’épigraphie archaïque. — Page 187.

109. Voir les observations que j’ai publiées sur ce sujet dans le premier volume des Mémoires de la Société de linguistique et dans le Journal des Savants de juillet 1864.

Sur les caractères organiques de la langue grecque', on peut surtout consulter les beaux travaux de M. Lobeck : 1° les Parerga de son édition de Plirynichus (Lipsiæ, 1820); 2° Paralipomena Gram maticæ græcæ (1837); 3° Pathologiæ sermonis græci prolegomena

NOTÉS

(1843) ; 4° *PY)(JtaTixov, sive verborum grsecorutn et nofhinum verbalium Technologia (1846). Mais ces travaux ont tous pour caractère de rester volontairement étrangers aux études de grammaire comparative. Sur les dialectes grecs, et sur leur développement historique, voyez, outre l’ouvrage, déjà ancien, de Maittaire, les deux excellents traités de M. Ahrens, cle Dialecfis æolicis et pseudæolicis (1839), et de Dialeclo dorica (1843), et la théorie spécieusement exposée par A. Peyron dans un mémoire qui fait partie du Recueil de l’Académie de Turin (série II, vol, 1), et que l’auteur a réimprimé avec des additions importantes, à la suite de sa traduction italienne de Thucydide (Turin, 1861). L’Essai d’histoire de la langue grecque , par M. Mavrophrydis (Smyrne, 1871, in-8, en grec moderne), est un ouvrage original et considérable, qui mérite d’être spécialement recommandé, — Page 187.

110. Sur cette division primitive des dialectes français, voyez l’ouvrage de G. Fallot, Recherches sur les formes grammaticales de la langue française et de ses dialectes au XIIIe siècle (Paris, 1839), et A. de Chevallet, Origine et formation de la langue française , lre Partie, Prolégomènes, p. 33*35. Parmi les grammaires et lexiques spéciaux, nous citerons seulement : A. Bourguignon, Grammaire de la langue d’oil (français des XII et XIIIe siècles. Paris, 1873, in- 12) ; A. Boucherie, le Dialecte poitevin au XIIIe siècle (Paris, 1873, in-8); le comte Jaubert, Glossaire du centre de la France^* éd. Paris, 1864, in-4, avec un Supplément), ouvrage dont l'introduction est, à elle seule, un important morceau de critique ; la Grammaire élémentaire liégeoise {française - wallonne, par L. M. Liège, 1863, in-8); le Dictionnaire étymologique de la langue wallonne , malheureusement inachevé, par Ch. Grandgagnage (Liège, 1845-1850, in-8). Comme exemple de recherches plus spéciales encore et comme modèle d’une méthode excellente, il faut citer le Mémoire de M. Natalis de Wailly sur la langue de Joinville , et le chapitre intitulé Langue et Grammaire de Joinville p. 510-617, de l’édition de cet auteur publiée en 1874 par le même savant.

Consulter, sur les caractères généraux de la langue française et sur les causes de son universalité, le mémoire célèbre de Rivarol couronné par l’Académie de Berlin, en 1784 (tome II de ses Œuvres complètes, Paris, 1808); celui de Schwab, qui partagea le prix avec Rivarol (traduit de l’allemand par Robelot, en 1803) ; V Essai sur l’Universalité de la langue française , par Allou (Paris, 1828); le Prospectus d’un nouveau Dictionnaire de la langue française, par Rivarol (t. 1er de ses OEuvres complètes). — Page 190.

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