‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir à l'étude des trois langues clasiquesChapitre 20 sur 116 · SIGNES ACCESSOIRES QUI SERVENT A L’ORTHOGRAPHE · texte numérisé non relu

SIGNES ACCESSOIRES QUI SERVENT A L’ORTHOGRAPHE

§ 1 . Influence de l’écriture sur la formation grammaticale d’une langue.

Habitués, comme nous le sommes, à n’étudier guère que des langues fixées par l’écriture, nous ne concevons guère ce que peut être le développement du langage chez un peuple qui ne connaît pas l’usage de l’écriture. C’est dans cette première période de leur vie que les langues prennent d’ordinaire leur forme caractéristique. C’est chez le peuple illettré que le latin, se transformant de plus en plus durant les siècles qui suivirent l’affaiblissement et la chute de l’empire romain, donna naissance aux diverses langues néo-latines; quand on commença à les écrire, elles étaient déjà constituées à peu près telles qu’on les voit aujourd’hui. A part certains restes de déclinaison, la grammaire de notre langue, aux XIe, xne et xme siècles , ne diffère par aucun principe essentiel de notre grammaire d’aujourd’hui. Quelques formes qu’elle consacre n’ont pu être créées qu’en un temps où l’écriture ne fixait pas le mot au moment de sa formation. Nos futurs appelés simples, comme [je] sauverai , [tu] sauveras , etc., sont, en réalité, des composés de l’infinitif et du présent de l’indicatif du verbe avoir: [je] sauver-ai , [ tu\sauver-as , etc. Mais quand l’écriture a saisi ces mots pour les fixer, Y usage avait eflacé le souvenir de leur composition originelle ; l’écriture n’en a pas tenu compte. Même dans un siècle lettré, elle consacre chaque jour des formations d’origine populaire, et qui supposent l’ignorance de l’écriture. Personne ne songe aujourd’hui à répudier en fran-

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