CHAPITRE XIX
PRINCIPALES RÈGLES DE L’ANALYSE GRAMMATICALE. DES PRINCIPALES FIGURES DITES DE GRAMMAIRE.
§ 1. Principales règles de l'analyse grammaticale.
Il est bien facile de distinguer l’analyse grammaticale de l’analyse logique. Celle-ci, comme nous l’avons montré, analyse les phrases surtout en vue de la proposition et des éléments de la proposition ; Panalyse grammaticale ne considère dans les mots que leur forme et le détail de leur composition. Par exemple, dans le premier vers de lTliade :
M9)vtv aeiSe, Gsric, ny)Xy)ïdosto ’A^iXyjoç ,
l’analyse logique décompose astSs en fefh detôouaa, puis elle reconnaît là une proposition impérative, dont le sujet, Qsd, est simple, et dont l’attribut, dstëouoa tryjviv IL jXyjïdSsw ’A^iX7)oç, est complexe, etc. L’analyse grammaticale reconnaît dans piviv un nom féminin, delà troisième déclinaison, mis à l’accusatif, et régime de dsiSs ; dans asiSe un impératif présent de deiôto, verbe simple et actif; dans 6 ed un nom féminin, de la première déclinaison, au vocatif, qui est le sujet de dstSs; dans nYjXYjtdosw un nom patronymique de la première déclinaison, au génitif, avec l’allongement poétique ew pour ou ; dans
3A*/iX9jo<; le génitif d’un nom propre, de la troisième déclinaison, en suç , avec allongement poétique de £ en yj, et suppression d’un X, pour ’A/^XXIoç,
On peut analyser de même cette invocation de Virgile : Musa , mihi causas memora, etc., et celle de Voltaire :
Je chante le héros qui régna sur la France, etc.
On verra facilement que les deux procédés d'analyse se touchent en plusieurs points. Par exemple, l’analyse grammaticale signale comme régime ce que l’analyse logique signale comme complément d’un verbe. C’est en analysant les flexions d’un nom ou d’un verbe que l’on distingue nettement le rôle de ce nom ou de ce verbe dans la phrase, etc. Cependant les deux méthodes restent distinctes par leur objet comme par leur utilité. L’une des deux sert plus spécialement à étudier la signification et le rôle des mots, par conséquent à faire de la grammaire philosophique ; l’autre à en étudier l’origine et les transformations diverses, et par conséquent à faire de la philologie grammaticale 84.
§ 2. Des principales figures dites de grammaire.
Pour analyser grammaticalement les mots, il importe de connaître et de ramener à un certain nombre de classes les principales modifications dont les mots sont susceptibles. Ces modifications , que nous avons signalées déjà pour la plupart, s’appellent du nom général de figures (s^p-aTa, Tràôy) twv Xs£ewv — fîguræ , passiones verborum , etc.). Nous énumérerons ici les plus importantes, sans prétendre relever tous les termes en usage chez les grammairiens anciens et modernes, qui ont poussé ces distinctions jusqu’à une subtilité souvent inutile et même embarrassante dans la pratique 85.
De ces figures, les unes se rattachent, en général, aux