‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 55 sur 100 · CHAP. XI. — OBSERVATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

CHAP. XI. — OBSERVATIONS DIVERSES

qu’un , dogmatiser pour parler d’une manière do g ma* tique. Ou voit que ces formes sont tirées du latin corrompu, comme scandaliser de scandalizare , qui lui-même vient de <rxavS«X(ÇEtv, à peu près de même que de dixeÀt'Çeiv le latin classique formait sicilissare ; elles sont d’ailleurs assez rares dans notre langue.

En latin comme en grec, on trouve des verbes dont le radical, terminé par une voyelle, peut se contracter avec la terminaison, et produire des lettres longues : mone-o, monë-ëre — monëre , comme çptXé-w, <jhXé-eiv , ®iXeïv, ama-o, amà-ëre — âmâre , etc. Tous les verbes latins dont la pénultième est longue à l’infinitif sont dans celte classe 58 . Les verbes français représentent souvent des formes latines plus ou moins contractées. Par exemple, prisse de prehendissem , prendissem (l’ancienne orthographe de ce mot était priasse ), vinsse de venissem , etc.; mais ces contractions ne constituent pas, à proprement dire, une règle de la conjugaison française ; elles appartiennent plutôt h la dérivation.

L’usage du redoublement et de l’augment est encore un caractère particulier à la conjugaison des langues synthétiques: ainsi Xûw, XéXuxa, ÈXeXûxitv, XéXu(ictt, et ôpfxôi , wpu.Tifj.ai ; pango , pëpïgi , et fôdio , fôdi (pour fëfôdi ou fôfôdi), nous montrent dans la constitution des formes verbales des procédés aujourd’hui inconnus aux langues dérivées du latin, mais qu’on retrouve dans l’allemand et dans d’autres dialectes germaniques. L’augment temporel mérite surtout d’être remarqué. En effet, exprimer une différence dans le sens du verbe par l’allongement de la syllabe radicale, est un procédé d’une délicatesse extrême et qui ne peut trouver sa place que dans des langues où la quantité joue un rôle important.

On rencontre cependant çà et là, dans la conjugaison française, quelques traces d’une loi d’harmonie que l’instinct populaire s’est efforcé d’observer. Par exemple, si on compare deux à deux les formes suivantes:

que je vienne , — que nous venions, que tu viennes, — que vous veniez , qu'il vienne, — qu’ils viennent,

et quelques autres séries du même genre, on remarquera que là où la dernière syllabe est plus forte, la première s’affaiblit d’autant : vxznnc — venions; au contraire, là où la seconde s’affaiblit, la première reprend plus de force : vie ment. C’est une sorte de compensation analogue à celle que nous avons signalée plus haut (p. 23, 24) dans plusieurs règles relatives à la formation des mots grecs. Elle s’explique d’ailleurs très-bien par la place de l’accent dans le mot latin qui correspond au mot français; on remarquera , en effet, que la syllabe forte du mot français répond toujours à la syllabe accentuée dans le mot latin.

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