‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 72 sur 100 · CIIAP. XVI 1 . — INVERSION, ORDRE LOGIQUE · texte numérisé non relu

CIIAP. XVI 1 . — INVERSION, ORDRE LOGIQUE

dnire cet effet; l’ordre des mots n’a donc, en grec et en latin, qu’une utilité accessoire. En français, où les terminaisons ne suffiraient pas à produire le même effet et à exprimer nos idées comme nous voulons qu’elles soient comprises, l’ordre des mots supplée à cette insuffisance , et c’est pour cela qu’il est plus important et plus rigoureux chez nous, sans être, à proprement parler, plus logique.

Cela bien établi , on peut avouer qu’il est commode et utile, pour les commençants, de faire la traduction littérale d’une phrase grecque ou latine en la construisant selon l’ordre français; mais il faut bien se garder de croire qu’en faisant cette opération on rende le grec ou le latin plus logique, plus raisonnable ; on le rend seulement plus clair pour des esprits peu familiarisés avec la méthode des langues à flexions; on prépare mieux un texte pour le traduire ensuite couramment par des mots français.

[Bien loin qu’en faisant la construction, on corrige ou l’on améliore le texte original, au contraire, c’est le signe d’un véritable progrès dans l’étude des langues, que de n’avoir plus besoin de ce renversement mécanique des phrases pour comprendre un auteur. Celui qui pense trop & la construction en lisant une page d’Homère ou de Virgile, de Thucydide ou de Tite Live, et qui , pour comprendre leurs chefsd’œuvre, a besoin d’en retourner les phrases selon la méthode française, celui-là n’en est qu'aux éléments; il n'entend rien encore au mérite original des auteurs anciens.

Pour démontrer mieux les principes que je résume ici, il aurait fallu citer beaucoup d'exemples, si déjà ces exemples n’abondaient dans nos précédents chapitres. Malgré l'affinité primitive des trois langues dont nons venons de comparer les procédés grammaticaux, nous avons vu combien de moyens divers elles mettent en jeu pour exprimer la pensée; et, avant même d’aborder ce chapitre de Vinvertion et du prétendu ordre logique . nous étions en garde

contre une disposition, trop commune chez les grammairiens, à généraliser des règles particulières à telle ou telle langue, et à n'admettre comme raisonnables que les procédés dont on a l’habitude.]

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