CH AP XIX. — DES FIGURES DE GRAMMAIRE
vant, tantôt l’initiale du second devant la finale du premier. y AXys’ êfjr^tv pour dEXyea, xaX’ iatt pour xotXa «m; magnum est en deux syllabes, dans l’ancienne prononciation latine que l’orthographe ne représente pas; sita-st pour sita est , et même situ-st pour situs est , à cause de la prononciation très-faible de Mm et de l’s finales dans ces sortes de terminaisons.
4° La Crase (xp5<nc), qui réunit et contracte en une syllabe longue la finale d’un mot et l’initiale du mot suivant ; x|xa pour xal Jt a, etc. La crase et l’élision s’appellent quelquefois du nom commun de synalèphe ( «uvaXoi^ ).
5° La Prosthèse (Ttpo'oOefftç), qui ajoute une lettre au mot, sans en changer le sens, par exemple, quand on considère comme un allongement àuaupà; pour paupôç, ôûuûqucu pour ôüpopat. La prosthèse est moins contestable dans éponge de spongus t école de schola ( eschole ), et tant d’autres mots français dérivés de mots latins qui commencent par deux consonnes.
6° La Metathèse (psxâiuaxç) ou transposition, qui consiste à transposer des lettres, comme dans *xpw« pour xpotTOî, ôdpuoî pour ôpatffoç, etc.
7° La Syncope (aoyxoTr/,), qui consiste à supprimer des lettres intérieures, conune dans ôépoucTa, abréviation populaire, pour OeponrovTa, chez les Éoliens; idolâtrie pour idololâtrie (etSwXo-XatTpeta).
On pourrait multiplier, mais sans profit, celte énumération de figures, dont presque tous les noms sont d’origine grecque, et qu’il faut presque toujours justifier par des exemples empruntés aux langues anciennes, parce que la nôtre ne connaît plus aujourd’hui qu’un petit nombre de ces transformations de mots, soit régulières, soit irrégulières. L’esprit observateur 1 des grammairiens grecs a multiplié sur
ce sujet les distinctions ; et leur langue îeur a fourni en abondance tous les termes techniques dont ils avaient ou croyaient avoir besoin pour exprimer tant de nuances délicates. Le latin, par son analogie avec le grec, s’accommode assez bien de cette théorie où chaque fait grammatical, si petit qu’il soit, trouve sa place et reçoit un nom**. Mais notre langue, à ne la considérer que dans son état actuel, ne comporte guère l’emploi de dénominations si variées. C’est surtout dans le travail de la formation primitive du français, que se rencontrent des cas nombreux de contraction, de syncope, de proslhèse, etc., comme on le verra, tout à l’heure, au chapitre de l’Étymologie.
III. La troisième classe de figures , plus voisine des figures de rhétorique , sur lesquelles les Grecs ont aussi déployé tant de subtilité, ne mérite 'ici qu’une mention rapide, car les figures qui s’y rapportent sont précisément celles que les élèves étudient dans la partie de leurs grammaires particulières appelée quelquefois Méthode , et consacrée surtout aux idiotismes.
Les idiotismes ou particularités de langage sont des hellénismes en grec, des latinismes en latin , des gallicismes en français.
C’est un idiotisme grec que la règle connue sous le nom de ÇGa Tpéyet , ou l’emploi d’un verbe au singulier avec un sujet au pluriel neutre. Il en est de même de la tournure c-t rapt avec un nom propre à l’accusatif, pour désigner une seule et même personne : ot rapt ’AXsÇocvopov, Alexandre.
C’est un idiotisme du latin classique que l’obligation d’employer l’infinitif dans les phrases où le français met toujours un que avec un indicatif, et