CHAPITRE XXII
RÉSUMER LES PRINCIPALES RESSEMBLANCES DB LA GRAMMAIRE GRECQUE ET DE LA GRAMMAIRE LATINE.
Le long détail où nous sommes entré sur ce sujet dans tout le cours de ces éludes comparatives, nous permet d’être bref en résumant ici les principales idées qui doivent fixer l’attention.
1° Par leur caractère général , le grec et le latin appartiennent à la classe des langues appelées synthétiques , c’est-à-dire qui tendent à exprimer plusieurs idées à la fois par un seul mot, et qui abondent en formes ou flexions grammaticales.
(a). Horace, Art poétique , r. 71, 72. Cf. Épitres, II, 2, 119.
C1IAP. XXII. — RÉSUMÉ.
2* Le grec et le latin ont des déclinaisons et des conjugaisons riches et variées; toutefois le latin manque du duel dans la déclinaison , et il n’a pas d’articles ni d’optatif proprement dit, ni de conjugaison moyenne; mais, de son côté, le grec n’a pas les formes du gérondif et du supin.
3° Dans ces deux langues, l’abondance des formes grammaticales donne une grande liberté à l’arrangement des phrases. Les règles d’accord et de dépendance dominent dans la syntaxe grecque et latine ; les règles de position y sont plus rares et moins ri- . goureuses. Celte constitution des langues anciennes s’accommodait très-bien au caractère de deux peuples chez qui l’imagination fut si puissante , et qui portèrent si loin, dans tous les arts, le sentiment et l’amour du beau.
4° L’accent, la quantité et Y aspiration, ont, en grec et en latin , des procédés et des effets d’harmonie très-variés.
En grec comme en latin , la langue poétique possède un abondant vocabulaire, distinct, en beaucoup de parties, du vocabulaire de la prose.
La poésie grecque et la poésie latine sont fondées l’une et l’autre sur la quantité , c’est-à-dire sur la mesure des syllabes.
5° Si le latin populaire offrait des variétés dans les diverses provinces de l’Italie, le latin que nous étudions dans les. monuments de la littérature romaine ne nous offre rien qui ressemble aux dialectes de la langue grecque. En Grèce, les quatre dialectes, ionien, attique, dorien et éolien, avaient produit, pour ainsi dire, quatre littératures distinctes, et c’est seulement au temps de l’ère chrétienne que ces quatre littératures se fondent en une seule ,0 \