CHÀP. XXI. — ÉTYMOLOGIE ET ORTHOGRAPHE
pède ( irapaXXrjXemitïSo» , de iwnteSov surface) et non parallélipipède. On devrait écrire holograpke et non olographe , puisque la même aspiration s’est maintenue, et avec raison, dans holocauste, homologue , homologuer. Au contraire, hermite est mieux écrit sans h, puisqu’il vient de eremita, c’est-à-dire de ipngrojç, où la voyelle initiale ne porte , en grec, qu’un esprit doux.
11 y a, en effet, à cet égard, une loi digne d’être observée, dans les mots tirés du grec. En général, si le mot original commence par une voyelle marquée de l’esprit rude , le mot français aura une h muette. Exemples :
harmonie venant de homologue — hyperbole . — hypoténuse — horizon —
Except. : héros, héroïne —
ipfiovt'*, ôao'XoYOî , ôitîpêoX^ , £i7rOT£tvov3a
épt'Çwv, etc.
^ptoç, i\ pwtvrj.
Au contraire , les mots français qui commencent par une h aspirée sont d’ordinaire ou des onomatopées, ou des mots d’origine soit celtique, soit germa* nique. Exemples d’onomatopées :
hennir , hennissement „ hurler, hurlement, hérisser, hérisson ,
Mots d’origine étrangère au grec et au latin:
honnir, hoir et haine , harceler,
harnais , harnacher , ,
hâte, hâter , hameau ,
harangue haranguer, etc.
i 80 GRAMMAIRE COMPARÉE.
Quoi qu’il en soit de ces irrégularités , dont quelques-unes d’ailleurs peuvent être corrigées, l’orthographe actuelle de la langue française, considérée au point de vue de l’étymologie, parait, en général, assez raisonnable, et l’on est aujourd’hui moins disposé à croire qu’elle ait besoin d’une réforme complète, quand bien même celte réforme aurait quelque chance de se faire accepter. Grâce aux efforts de nos grammairiens , grâce à l’autorité de l’Académie française 105 , notre langue s’écrit aujourd’hui d’une façon qui concilie assez bien l’étymologie avec les formes nouvelles de notre grammaire , sans méconnaître cette force de l’usage et de l’habitude dont un poète latin a si bien dit :
Si volet asus,
Quem penes arbitnum est et jus etnorma loquendi (a).