‹ Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir a l'étude des trois langues classiquesChapitre 94 sur 100 · Toute cette théorie du pronom est développée avec une · texte numérisé non relu

Toute cette théorie du pronom est développée avec une

grande finesse dans le traité du grammairien Apollonius Dyscote, «tpt Avtww(u'*î, publié en 1813 par M. Bekker, et on en retrouve les principales idées dans le traité du même auteur, irepl Iwxâltia ; , depuis longtemps publié , mais qui a été fort peu lu des grammairiens modernes. Aussi ces derniers ont-ils eu à refaire pour leur compte une théorie sur laquelle Apollonius, mieux connu, leur eût laissé fort peu à désirer. — Page 58.

37. 'OyàpXôyo;, èàv îr,Xot, où rcoerçaei xô bruTOù Spyov. Aristote, Rhétorique , 111, 2. — Page 60,

38. Au deuxième siècle de notre ère , Apollonius Dyscole réfute celte erreur; elle lui a pourtant survécu. On la retrouve dans les fragments du grammairien byzantin Théodose, publiés par M. Goetlling (p. 80). M. Raynouard, dans ses Recherche s sur la langue romane (p. 38), admet que l’article s’introduisit dans les langues originaires du latin pour suppléer aux terminaisons casuelles qui s’effaçaient de jour en jour, et pour caractériser les noms substantifs ; mais il n’attribue pas à ce mot la propriété d’exprimer spécialement le genre et le nombre. — La vraie théorie de l'article est déjà tout entière dans Apollonius. Condillac, dans sa Grammaire (U* partie, cbap. xiv), a, le premier en France, bien compris et clairement exposé la nature de l’article, et cela sans connaître Apollonius, qui l’avait devancé.— Page 66.

30. Priscien , livre II , emploie à chaque page de ses chapitres sur le nom, ce moyen de distinguer les genres. D’autres grammairiens ont recours à la périphrase generis neutri ou masculins ou feminini : par exemple, l'auteur du petit traité De generibus nominum publié par M. Vict. Le Clerc, dans le Catalogue général des manuscrits des Bibliothèques publiques des départements , tome 1", p. 649 (Paris, 1849). Au reste, le pronom, lorsqu’il a cette fonction tout accidentelle de marquer le genre des noms, est quelquefois appelé articulas par les Latins eux-mêmes. Yoy. Priscien, U, 4, p. 66; V, 1, p. 167, et XVII, *, p. 21.— Page 66.

40. Le style de la plupart des ouvrages attribués à Hippocrate, tient, sous ce rapport, le milieu entre la prose d’Hérodote et celle de Thucydide. Voy. dans PHippocrate de M. Littré, tome I, la dissertation sur la langue de ces écrits. — Page 68.

4t. Bopp, Grammaire comparative, S 343. Peut-être d’ailleurs, si l’usage de l’article n’a pas encore été reconnu dans les textes sanscrits, cela tient-il à ce qu’on s'est trop préoccupé de la forme pronominale du mol sas, si, tat, et qu’on n’a pas assez remarqué certains exemples où ce mot semble déjà très-voisin du sens de l’article. La langue arménienne n’a pas non plus d’article ; mais les traducteurs arméniens d’ouvrages grecs suppléent à ce deiaut de leur langue par l’emploi de pronoms démonstratifs t

NOTÉS

nouvelle preuve de l’afiimlé naturelle de l’article et du pronom. Voy. le Mémoire de Neumann sur le Philosophe arménien David (1829), p. G9 et 85, et le Mémoire de G. de HumboUU sur l’Aff Inité des adverbes de lieu avec le pronom dans quelques langues. (Méœ. de l’Académie de BerliD, 1829), p. 22. — Page 69.

42. Bopp, Grammaire sanscrite, 2* éd., Ç 1 18 et suiv. Quintilieo semble reconnaître un sixième cas en grec et un septième cas en latin, l'instrumental, lorsqu’il écrit ( Instit . Orat., 1, 4, g 26):

* Quærat eliarn, situe apud Græcos vis quædam sexti casus, et « apud nos qtioque seplimi. Nam eum dico hasta percussi, non « ulor ahlativi natura ; nec si idem græce dicam, dativi. » De même militise, domi, humi , ne sont pas des génitifs ni des datifs, mais de véritables locatifs , comme en offre la déclinaison sanscrite. Voy. plus bas notre chapitre xm, § I. — Page 70.

43. Suétone, Vie d’Auguste, c. 86 : « Præcipuam curam duxit « sensum animi quam aperlissime exprimere; quod quo facilius « efliccret, aut necubi lectorem vel audilorem ohturbaretacmo-

* raretur, neque præposiliones verbis addere, neque conjunc- « tiones sæpius ilerare dubitavit, quæ detraclæ afferunt aliquid « obscurilaLis, etsi graliam augent. » Les deux exemples cités dans le texte sont empruntés à Auguste lui-même dans son Testament politique, plus connu sous le nom de Monument d’Ancyre. Les autres fragments de se* nombreux écrits offrent à peine un ou deux exemples de tournures semblables. Mais on en trouve dans d’autres écrivains du même temps : Tile Live, II, .13 :« ad

* parentes restituit; » XXIV, 47 : « reslituti ad Rmnanos, etc.» M. Fuchs en a réuni plusieurs dans son ouvrage, cité plus haut, noie 34, sur les langues romanes, p. 325. — Page 71.

44. Yarron appelle ces sortes de prépositions præverbia, et il remarque avec raison quel nombre infini de formes grammaticales elles peuvent engendrer en se joignant à des verbes. De Lingua latina , VI, 38 : «A quibus iisdern principiis, anteposilis

* præverbiis paucis, immanis verborum accedit numerus, quod € præverbiis mutatis.addilis atque commutât is, aliud atque aliud € fit; ut cnim processif elrecessit, sic accessit et abscessit; item in- « cessit et excessit, sic successit et decessit, concessit et disccssit,

* Quod si hæc deeem sola præverbia essenl , quoniam ab uno « verbo declinationum quingenta discrimina fièrent , his decem- « plicatis eonjuncto prævernio ex uno quinque roillia numéro ■ efiieerent-, ex mille ad quioquagies centum millia discrimina « fieri possunt. » — Page 72.

45. Une division plus logique de6 modes consisterait à distinguer *. 1° les modes absolus, ceux qui conviennent aux propositions principales, par exemple, l’indicatif, l’impératif, l’optatif f

2* les modes relatifs qui conviennent aux propositions dépendantes, subordonnées, comme le subjonctif, le conditionnel, l'infinitif et le participe. Aristote a jeté, comme en passant, sur ce sujet, une de ces vues profondes qu’on rencontre si souvent dans ses écrits. Ilipi 'Eppïîveiaç , c. lv : *Etm 8è Xôyoç dira; piv ernpavxixô; '.... àrcoçavvixôc 81 où nâ; , àXX’ lv û) xà àXrjOtùsiv f] i/iû- SsoQat ûicàpxei. Oùx lv Sita<ri 8è ùnip/ei , oîov V) eùyjrj Xôyoj piv, àXX’ oùte àXrjSri; oùxe ij/EuSrjc • ot plv oùv àXXot &çeîcr6(i><rev • px]xo— ptxüï T“P ^ woiïjxixîj; otxeioxlpa ï) arxl^i; • ô 8è àffoçavxtxè; xf,; vüv 6etopt'a;. c Tout discours (c.-à-d. toute proposition) est significatif... mais tout discours n’est pas une assertion. Celui-là seul en est une , qui exprime vérité ou erreur, ce qui n’a pas lieu pour tout discours. En effet, le vœu (et par conséquent la proposition dont le verbe est à l’optatif) est un discours, mais qui ife renferme ni vérité ni erreur. Aussi tous les discours de ce genre seront ici négligés; l’étude en appartient plutôt à la rhétorique et à la poétique (qui traitent du langage dans ses rapports avec le sentiment et la passion). Au contraire, le discours affirmatif (c.-à-d. la proposition dont le verbe est à l’indicatif) appartient au sujet même que nous traitons (c.-à-d. à la logique, à la science du pur raisonnement). » Nous avons cru devoir signaler ici ce texte d'Aristote, dont l’importance a échappé aux historiens de la grammaire dans l’antiquité, et dont le sens même parait n’avoir pas été bien saisi par les traducteurs. — Page 75.

46. L’origine des mots gérondif et supin est demeurée trèsobscure ; mais la nature verbale du supin et sa forme grammaticale ont cessé d’être un phénomène isolé depuis qu’on a remarqué la ressemblance de l’infinitif sanscrit en tu , tum ( tva au cas instrumental), avec des formes latines qui y correspondent également pour le sens, et qui sonf, comme le nom verbal en sanscrit, capables du sens passif aussi bien que du sens actif. Voy. Bopp, Sur la conjugaison sanscrite comparée d la conjugaison grecque et latine (Francfort, 1816), p. 43; et comparez Priscien, VIII, 9, p. 395, et VIII, 13, p. 408, où il signale justement ce double sens des supins. — Page 75.

47. Priscien (IV, 6) veut que ces formes en bundus signifient une sorte de ressemblance avec celui qui ferait l’action marquée par le radical du verbe; ainsi, errabundus serait pour erranti similis. D’après un grammairien dont l’opinion est rapportée par Aulu-Gelle {Nuits Attiques , XI, 15), la terminaison bundus exprime c vim et copiam et quasi abundantiam rei cujus id verbum est, > ce qui paraît mieux confirmé par l’usage qu’en ont fait les bons auteurs. On peut signaler encore comme une particularité remarquable dans l'usage des participes, les formes passives xtxXaupivo;, SeSaxpupivo;, juratus, consultus, potus , pransus.

NOTES

et, en fraisais, résolu, juré, etc., qui n’ont guère plus qu’un sent actif ou neutre. Quelques formes analogues peuvent être signalées en anglais et en allemand. — Page 76.

48. Un ancien paradoxe de Sanchez ( Sanetii Minerva, I, 15), qui refuse au participe la propriété d’exprimer des temps, a été reproduit dans un petit livre, utile d’ailleurs et estimable , le Lexique des comparatifs et superlatifs latins, par M. Pront (2*éd.,

1837). Je n’ai pas cru qu’il fût nécessaire de réfuter ici ce paradoxe , les arguments de M. Pront n’ayant pas, à ce qu’il semble, réussi à l’accréditer de nouveau. — Page 77.

49. C’est , en particulier , l’opinion de M. B. Jullien dans son Cours supérieur de grammaire , et dans son Traité <T Analyse logique. — Page 78.

50. Cette règle d’orthographe ne s’est pas établie dans notre langue sans contestation et sans difficulté. On croit généralement que c’est à la publication des fameuses lettres de Pascal, en 1657, qu’il faut reporter l’époque de la fixation de notre langue à cet égard. Arnauld et Lancelot enseignèrent les premiers, dans leur Grammaire générale publiée en 1660, l’indéclinabilité du participe en ant, la distinction du participe proprement dit et des adjectifs verbaux, et l'accord de ceux-ci avec le nom; et l’Académie prononça le 3 juin 1679 : « La règle est faite. On ne déclinera plus les participes présents. » (B. Jullien , Cours supérieur,

1, p. 186.) — Page 79.

51. Cette distinction, si délicate et si vraie, semble avoir élé aperçue déjà par Varron , de Lingua Latina , IX, 96 : « Primurn « quod aiunt analogias non servari in temporibus, quum dicant

• legi, lego, legam, et sic similiteralia.... injuria reprehecdunt.

« Nam ex eodem genere et ex divisione idem verbum , quod < sumptum est, per tempora traduci potesl, ut discebam, diseo,

* discam ; et eadem perfecti , sic dtdiceram, didici, didicero. Ex « quo licet scire verborum ralionem conslare, sed eos qui trium

« temporum verba pronuntiare velint, scienler id facere. » — •

Page 82.

52. Celte adjonction du pronom à un radical attributif pour former un verbe , est plus sensible encore dans la conjugaison sanscrite. Sur ce sujet, et en général sur la cohslitulion organique du verbe grec , on ne saurait trop rappeler lUeerttîïemenf de M. J. L. Burnouf en tète de la 6* édition de sa Méthode, avertissement qu’il a eu soin de réimprimer dans les éditions suivantes. — Les premières personnes en i**c pour iwv, dans le dialecte dorien ; les troisièmes personnes de l’impératif en iwcov , rappellent encore les formes mus et unfo de la conjugaison latine.

— Il n’est pas sans intérêt, même aujourd’hui, de lire l’opuscule

de Maerobe, de Differentiis et societatibus Grxci Latinique verbi. — Page 83.

53. C’est une remarque déjà faite par les grammairiens grecs, que certaines expressions sout négligées par l’usage, ùliyutprfj.twzi Àfec ou (naifTijuvai, comme dit, eu pareil cas, Apollonius. Lorsqu’il veut exprimer que tel ou tel mot eut élé irrégulier ou barbare, H dit alors : oô £r,tôv, où av trtaTÔv, ou bien àaûa va-tou (sous-entendu Évopa). Voy. le Mémoire sur Apollonius Dyscole , chap. a, $ i, p. 54. Cicéron fait quelques observations du même genre dans ses Topiques, c. vu, § 30. — Page 89.

54. Voyez le paradigme de la conjugaison latine, en tête du Thésaurus poeticus de M. Quicherat, et la Lettre du même auteur dif. J. L. Burnouf sur l’Impératif latin (Paris, 1841), où sont réunis les témoignages des grammairiens sur celte seconde forme de l’impératif, e.t de nombreux exemples à l'appui de ces témoignages. Il est certain que les anciens auteurs ont considéré la forme en to, tor, comme un impératif du futur. — Page 90.

55. Sur l’usage de l’auxiliaire dans la conjugaison et sur les

rapports qu’offrent, à cet égard, le grec, le latin et le sanscrit, il existe un mémoire intéressant de M. Obry, publié dans le Recueil des mémoires de l’Académie d’Amiens. A propos d’une discussion soulevée devant l’Académie d’Amiens sur l’orthographe de nos participes passés, le même savant a écrit un long mémoire ( Étude historique et philologique sur le participe français et sur les verbes auxiliaires, Amiens, 1851), où sont approfondies, avec beaucoup de science et de critique, les principales questions relatives à l’origine de nos verbes auxiliaires, à la formation des futurs et des conditionnels néo-latins , à l'altération des anciennes formes verbales dans les langues néo-latines et germaniques, ete: Enfin, je suis heureux de citer comme un témoignage de l’inlérêt qui s’attache de plus en plus, chez nous, aux études de linguistique, le mémoire récent d’un de mes collègues, M. Hamel, sur les Voyelles modales dans la langue grecque [Mémoires de V Académie des sciences de Toulouse). — A propos des verbes auxiliaires, on fera bien de remarquer que ces verbes s’ecbangent assez facilement entre eux, surtout dans les langues modernes. Exemples : xmffépsvoi (Hérodote, 111, 85); amplexi ha*

bent (Lucrèce, 1, 1069); j’ai été, en italien sono slato; en anglais l hâve been, en allemand Ich bin geweten. — Page 90.

56. On peut regarder comme intermédiaire entre la synthèse et l’analyse le procédé de la juxtaposition, assez commun dans notre langue, tout à fait dominant dans d’autres langues, -où on l’a désigné parlemotayyluftnafKm.Voy. Sebieieher, Les longues de l'Europe, etc. (Bonn, 1850, 8*), p. 57 et suiv. La langue basque offre un remarquable exemple de ce procédé. — Page 91.

NOTES

(T. Voyez pour plut de détail» sur quelques-unes de ces altéra» -tons et de ces transformation», le» Leçons 2* et a* de M. Villemain sur la Littérature du moyen âge. — Page 94.

68. C’est ce qui a engagé M. Dutrey, dans sa Grammaire latine, à dresser les paradigmes de véritables conjugaisons contractes, comme on en trouve dans les grammaires grecques. Voyez toutefois, sur ces contractions dans les formes verbales, la théorie signalée plus haut, note 17. — Page 64.

59. Nous possédons un traité du grammairien Apollonius «ept ZuvSe'qxcov (imprimé au tome II des Anecdota græca de M. Bckker). Plusieurs chapitres y sont fort mutilés. Parmi ceux qui peuvent encore être lus, et qui le seront avec fruit, je signalerai: !• le chapitre sur les conjonctions disjonctives (8i<xÇ»oxtvxo() dont le nom est fort bien justifié par Apollonius, contre les critiques de quelques-uns de ses confrères; 2* le chapitre sur les particules explétives (irocpaix).T)piop.*Tixoi). Priscien, que nous avons déjà cité plus d’une fois dans ces notes, peut être, en général, considéré comme un abrévialeur assez fidèle de la doctrine des grammairiens grecs, et surtout d’Apollonius. — Page 97.

CO. La nature de l’adverbe est presque toujours bien comprise et bien analysée dans le traité d’Apollonius wepl [Anecdota græca de Bekker, tome 11). L'auteur signale entre autres, fort justement, l’analogie de certaines terminaisons adverbiales avec les flexions casuelles des noms substantifs. — Page 100.

61. Ce caractère des finales oT, 69i, 60ev en grec, t t tus en latin, devient plus évident encore par leur comparaison avec certains cas de la déclinaison sanscrite. Bopp, Grammaire comparative, § 251 et passim. Voy. plus haut, note 42. Quant à l’opinion d’après laquelle les flexions casuelles ne seraient ellesmêmes que d’anciens adverbes, surtout des adverbes de lieu, agglutinés au radical des noms, bien qu’elle soit défendue par plusieurs philologues, je n’ai pas cru devoir la mentionner dans le texte de ce manuel; il m’a semblé qu’elle n’avait pas encore acquis dans la science une autorité vraiment classique , et qu’il y aurait eu quelque présomption de ma part à m’en rendre garant devant mes jeunes lecteurs. On peut consulter sur ce sujet* Fr. WiHner, De l'Origine et du sent primitif des formes grammaticales (Munster, 1831), § 51 et suiv.; id.. sur les Cas et les Modes (Munster, 1827), § 5-56; Iiuropel , Théorie des cas, etc. (Halle, f845). — M. Obry (voy. ci-dessus note 55) a lu, en 1830, à l’Académie d’Amiens, et il se propose de publier, après l’avoir refondu, un Mémoire sur l’origine des flexions casuelles, où il considère ces flexions comme formées originairement par despro-

noms ou des particules qui étaient postposées au radical des mots déclinables ( Journal de l’instruction publique , du il décembre 1852). — Page 101 .

62. Priscien XV, 7, p. 635, édit. Krehl : « Interjectionem Græci

• inter adverbia ponunt, quoniam hæc quoque vel adjungitur « verbis , vel verba ei subaudiuntur.... quæ res maxime fecit « romanarum Artium scriptores separatim banc partem ab

• adverbiis excipere, quia videlur a {Tectum habere in sese verbi

• et plenam motus animi sigoificalionein, eliamsi non addatur ■ verbum, demonstrare. » — Page 102.

63. Letronne, Inscriptions d’Égypte , tome l, p. 283, commentaire sur le passage de la célèbre inscription de Rosette, où Hermès est appelé (U-yaç xai pé-fa;, c’est-'a-dire, « Hermès deux fois grand, » par une traduction littérale du texte égyptien. — Ou cite du poele Phrynichus le composé Tpnrexthoro;, qui est un double superlatif. — Page 106.

64. C’est l’opinion de H. Estienne dans son Traité de la Conformité du langage françois avec le grec; et dans sa Précellence du langage françois. M. L. Feugère, qui nous a récemment donné d’exactes et savantes éditions de ces deux écrits de H. Esiienne, combat avec raison celte étymologie de la particule très , et, d’accord avec M. Ampère, il adopte l’explication que nous avous suivie dans le texte. — Page t OC.

65. Apollonius, De la Syntaxe, II, 19, 21, 25 j III, 2; IV, 8; du Pronom, p. 7, etc. J’ai cru devoir justifier par des citations précises la mention de ces formes déjà modernes dans un auteur grec ancien , parce que je ne les ai pas trouvées dans les principales grammaires que j’ai sous les yeux. — Page 107.

66. AÔTÔTepoî et omtocuto; sont cités par Apollonius, Traité du Pronom, p. 79, 81. Ipsissimus est de Piaule. Les adjectifs comme SittXâaio;, tpinXiaio;, duplex, triplex, etc., sont aussi des espèces de comparatifs. Les adverbes de lieu, comme low, îvSov, forment volontiers des comparatifs et superlatifs déclinables : la wrepoc, ivSévepo;. Sur ces mots et sur l’analogie des terminaisons vepo;, timus avec les comparatifs et superlatifs sanscrits, voy. Kühner, Grammaire développée, § 226. — Page 109.

67. Nous avons d’Apollonius un traité, à peu près complet, eu quatre livres, sur la Syntaxe. C’est le meilleur ouvrage de grammaire qui nous reste de toute l’antiquité. Au commencement du livre troisième, l’auteur expose les principes généraux de la syntaxe, mais en vue de la langue grecque , la seule langue qu’il paraisse connaître ; de sorte que sa théorie ne peut s’appliquer qu'aux langues synthétiques. Voy. encore sur ce sujet les articles

NOTES

® eauzée ’ cl Construction, par Dumarsais, dans VEnvnlZs : et surtout ,a remarquable thèse de M. H. Weil, de

. * mo / n dans les lan 9 ues anciennes comparées aux lan-

gues modernes (Paris, 1844). — Page 111 .

68 . 11 est assez vraisemblable que ce mol, comme le verbe aoXdxtÇt.v, dont il dérivé, a désigné d'abord une faulc de goût ou

In «. n n? DanC tn DS ,es acles de Ia vie ’ el l ' ue M °lière lui donnait son sens primitif lorsqu’il disait, dans les Femmes savantes:

Le moindre solécisme en parlant vous irrite;

Mais vous en faites, vous, d’étranges en conduits

Cyr °l idie > V,n ; § 21 : ïoXotxôtepo; âv9p W «o ; xÿ An T ; X '. Voy ‘ aussi Lucien • fiigrinus, c. xxxi. I 6 Xot/oc

en general, désignait un homme insolent et grossier, un malappris àpaOvk, comme dit le lexicographe Hésynhius. Vov aussi dans »rlsft ,jmé,o,i q ue. II. 16, «oU mil., IV ,°iSS fcudem., 11,3 la description de ce défaut eld’un défaut analogue oesigne par les mois (TocXàxwv, <raXax&m£a ; et l’opuscule ano nyme publié par M. Boissonade (Anecdota græca°t . IL p! S sous ce titre : Ilept xoü vjOtxoù ooXotxmpoü, dans lequel sont briè^ vement definis les principaux solécismes en conduite Cf Anacréon, Fragm 131; Hérodote, IV, 117; Plutarque,’ nepi xoü àxoueiv, c. xiv; Cicéron, tthet. ad Ilerennium, IV. 10 • A CpIIp V, 20 et XIII, c. Au reste, c’est par erreur, sans doute’, qu’on en a voulu expliquer <xoXoixo; par le nom d’une ville de Soles où se parlait, dit-on, un mauvais patois. SôXo.xo; parait être un mot * d une composition analogue à celle de âypoixo;. — Page 113 .

69. Cicéron, Orator, c. xli etsuiv.; de Oratore, 111 , c. xliv et sutv.; Quintilien, livre IX, c. iv. Le traité de Batteux fait suite à ses Principes de la Littérature. II y faut ajouter ses Éclaircissements et Observations sur l’Inversion. Batteux a aussi donné la seule traduction française qui existe du traité de Denys d’Halicarnasse sur l'Arrangement des mots. — Page 116.

70. Entre beaucoup d’ouvrages intéressants sur les idiomes de ces peuples qui n’ont pas de littérature proprement dite, je citerai surtout le Mémoire sur le système grammatical des langues de Quelques nations indiennes de l’Amérique du nord ( ouvrage auquel l’Institut a décerné, en 1835, le prix de linguistique fondé par Volney), par Et. Du Ponceau , président de la Société philosophique américaine, etc. (Paris, 1838.) On lira plus facilement encore dans Y Encyclopédie du xix e siècle, l’article Langues américaines, où M. Aubin a résumé de longues observations et do patientes recherches sur ce sujet. — Page 121.

71. Voyez sur l’ensemble de la littérature chinoise les Jf élanges

atiatiquet d’Abel Rémusat, divers mémoires de M. Ed. Biot, et surtout son ouvrage sur l’Histoire de l' Instruction publique en ■Chine dt sur la Corporation des Lettrés (Paris, 1845). — Page 121.

72. Iliade, XVII, v. «45 , passage cité par Longin {Traité du Sublime, c. tx), qui le commente avec admiration. — Pa-ge 121.

73. Le Bas, Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure, planche VIII des Inscriptions; au-dessous de la dédicace se lit la signature de l’artiste : iiôfifo; èitotïiaEv ’AO/ivctîo;. Cette inscription que j’ai cru inutile de reproduire ici en caractères archaïques, fut retrouvée, il y a quelques années, au pied de l'Acropole <f Athènes, et elle se rapporte précisément à un fait raconté par Plutarque dans la Vie de Périclès, c. xni; elle a pu être gravée par les ordres et sous les yeux de ce grand homme, pendant que s’élevaient les édifices magnifiques de l’Acropole. — Sur le style elliptique des inscriptions dédicatoires, voyez les Observations de M. Letronne, qui formaient d’abord un chapitre de ses Recherches pour servir à l'histoire d’Égypte (1823), et qui ont été réimprimées, après la mort de l’auteur, avec de nombreuses additions de sa main, dans la Revue archéologique de 1860. — Page 122.

74. Orelli, Inscriptionum latinarum amplissima Collectio, n. 4648.— Page 123.

75. On peut voir dans la Bibliothèque française de l’abbé Goojet (tome II), l’histoire des controverses qui ont eu lieu à ce sujet entre les savants. — Page 123.

76. Cicéron , Partiliones Oratorix, c. vu, 24 . ■* fn conjunctis

* verbis triplex adhiberi potest commutatio, non verborum, sed « ordinis lantummodo : ut, quum scmel diclura sit directe, sieut « natura ipsa lulerit, invertaîur ordo , et idem quasi sursua*. « versus retroque dieatur ; deinde idem intercise atque permixte. « Eloquemü autem exercilalio maxime in hoc tolo converlendi

* genere versatur...* Quinlilien, IX, iv: « Ilia niinia quorumdam

* fuit observatio, ut vocabula verbis, verba rursus adverbiis,

* nomiua appositis et pronominibus essenl priora. Nam fil eon-

* tra quoque fréquenter non indecore, etc. » Tout ce chapitre est intéressant à lire , quoique l’auteur y parle plus en rhéteur qu’en grammairien. Voyez aussi Denysd’Haiicaruasse, de l’Arrarogement des mots, chap. v. — Page 124.

77. Priscien, De XII rersibus principalibus Æneidos, t. II de

l’édition de Kreh). — Page 124. •

78. C’est la théorie soutenue par un écrivain célèbre , M. de Bonald, dans sa Dissertation sur la Pensée de l’homme et sur son expression , à la suite de la Législation primitive, tome U, p. 147.

NOTES. 20

Les autres défenseurs de l’ordre logique se sont montrés moins rigoureux à l’égard de l’ordre inverse. Voy. Beauzée , à l’article Langue, et a l’article Inversion, dans l'Encyclopédie. Condillac, dans un excellent chapitre sur la construction (Grammaire , 1, e. xxvii) , dit trcs-bien s « A parler vrai, il n’y a dans l’esprit ni ordre direct ni ordre renversé, puisqu’il aperçoit à la fois toutes les idées dont il juge; il les prononcerait toutes à la fois, s’il lui était possible de les prononcer comme il les aperçoit. Voilà ce qui lui serait naturel, et c’est ainsi qu’il parle lorsqu’il ne connaît que le langage d’action. C’est, par conséquent, dans le discours seul que les idées ont un ordre direct ou renversé , parce que c’est dans le discours seul qu'elles se succèdent. Ces deux ordres sont également naturels. En effet, les inversions sont usitées dans toutes les langues, autant du moins que la syntaxe le permet.... Si je demandais quel est l’ordre naturel dans lequel les objets se présentent successivement à la vue , lorsque la vue elle-même embrasse à la foi» tout ce qui frappe les yeux , vous médiriez que je fais une question absurde, et si j’ajoutais qu'il faut qu’il y ait dans la vue un ordre direct ou renversé , vous penseriez que je déraisonne tout à fait, etc.» G. de Schlegel, Essais littéraires et historiques, p. 235 : « L’abbé Sicard enseigna à ses élèves sourds-muets l’emploi des signes selon l’ordre logique. Mais lorsque, dans les heures de délassement, ils communiquent entre eux par la même voie, ils arrangent les mots de leur langage muet d’une tout autre manière ; ils se rapprochent de la construction latine sans la connaître et font les inversions les plus ■hardies. Ne pourrait-on en conclure que ces inversions, que nous considérons comme des ornements de rhétorique, sont plus naturelles que nous ne le pensons, parce que nous avons contracté une habitude opposée?» Même conclusion 1 sur l’égale légitimité des deux méthodes dans une Dissertation critique et apo!ogé~ tique sur la langue basque, par un ecclésiastique du diocèse de Bayonne (sans lieu ni date), p. 150, où l’auteur observe que la langue basque réunit les avantages particuliers aux deux méthodes — Page 125.

79. Xénophou, Mémoires sur Socrate, II, 1, passage traduit pàr Cicéron, De Offrais, 1, 32. — Page 129.

80. Du Ponceau, mémoire cité plus haut (note 62), p. f84t « H est certain que les langues de ces peuples sont formée» sur des plans éTidées entièrement différents des nôtres. Nous aimons à répéter cette heureuse expression de Mauperluis. » G. de Huraboldl, Lettre d Rémusat, p. 13 : « Je ne regarde pas les formes grammaticales comme le fruit des progrès qu’une notion fait dans l’analyse de la pensée , mais plutôt comme un résultat de la maniéré dont une nation considère et traite sa langue- » Le

savant auteur, on le voit, ne manie pas notre langue avec facilité, mais il ne faudrait pas que cette imperfection de son style détournât le lecteur de recourir à un opuscule plein de la meilleure philosophie sur les questions principales de la linguistique. Voir surtout, p. 1 12, note 67 (cette note est de l’Éditeur) un résumé très-frappant des différences de la méthode grammaticale en chinois et dans les langues de l’Occident. — Page 1 32.

81. On a beaucoup disputé sur cet emploi de l’infinitif. J’ai lu, en particulier, deux dissertations : celle de Gernhard (Weimar, 1821, réimprimée dans les Opuscules de l’auteur, Leipzig, 1836), et celle de Fuisting (Munster, 1838). Le principe même de l'explication que je donne est très-nettement indiqué par Perizonius, dans son commentaire sur la Jft'nerte de Sanctius (I, 12, p. 84).

M. de Blignières a, depuis longtemps déjà, signalé clairement dans sa Grammaire latine (Synt. génér., § 86), l’emploi de l’inflnilif * comme sujet ou comme régime direct » d’un autre verbe.

— Page 135.

82. Cette analyse des formes grammaticales est à peu près ce que les Grecs exprimaient par les termes inijupiïtiv , iiuptpt- «po; , surtout lorsque les mots étaient analysés par séries alphabétiques. Voir les Épimérismes attribués à Hérodien, et la préface de M. Boissonade, en tête de cet opuscule qu’il a publié pour la première fois (Londres, 1819). Dans le langage des classes nous disons , d’une manière analogue , faire les parties d’un verbe.

En latin , Priscien donne un modèle excellent d’analyse grammaticale dans l’opuscule cité plus haut, note 77. Pour te français on pourra consulter le traité spécial de M. B. Jullien (Paris, 1851). —Page 140.

83. Voir l’Abrégé synoptique de la Rhétorique, publié par M. Walz, Rhetores græci, t. III, p. 564; les traités itepi

réunis dans le tome VIII du même recueil. Le petit traité de Lesbonax, publié par Valckenaer à la suite de son édition d ’Ammonius (voy. plus bas, note 85); le Manuel de Grégoire de Corinthe sur les Dialectes (édit. Bast, Boissoùade et Schæfer, 181 l)i et le grand ouvrage de M. Lobeck: Pathologiæ græci sermonù elementa, parsprior (Kœnigsberg, 1853), qua continentur dissertationes de Prosthesi et Aphæresi , de Syncope , de Parectasi, de Metalhesi, de Paralhesi et scriplura Hyphen. Les grammairiens grecs ont poussé le scrupule sur ce sujet , jusqu’à faire du solécisme et du barbarisme des figures de grammaire. Voyez les divers opuscules publiés par M. Boissonade dans ses Anecdota * græca, t. III, p. 229-270. — Page 140.

84. Encore faut-il avouer que les Latins se contentent souvent de transcrire les noms donnés aux figures par les rhéteurs grecs.

NOTES

V^yez, par exemple, le petit traité De Figuris sententiarum il elocutionis, traduit sur un original grec, de Gorgias, par le rhéteur Rutilius Lupus, et le chapitre des Métaplasmes dans le manuel grammatical de Domat. Quelquefois aussi les Latins recourent à la périphrase ; c’est ce que fait CicéroiT pour un grand nombre de figures de rhétorique (de l'Orateur , 111, 40, 41, 53, etc.), après avoir épuisé tout ce que la langue latine peut lui permettre de composés ou de dérivés techniques. — Varron avait écrit sur ces figures de grammaire , dans les premiers livres , aujourd’hui perdus, de son traité de Lingua latina, de longs chapitres, qu’il résume trop brièvement, au § 6 de son cinquième livre: on voit qu’il les ramenait à huit ligures principales, parmi lesquelles celle qu’il nomme attractio semble répondre à la figure désignée cidessus (p. 142 du texte), par le mol allitération ou assimilation. — Page 144.

85. Sur ce sujet il ne nous reste des Grecs et des Latins que d'insignifiants opuscules : un Recueil de Synonymes, par Aramonius, traduit en français par M. Pillon (Paris, 1824), qui a lui-même publié plus tard (Paris, 1847) un Dictionnaire des Synonymes grecs; quelques chapitres de Varron, de Cicéron (Tuscutones, IV, 8), de Quintilien (Instit. Orof., X , 1), de NoniusMarcellus, de Priscien, et des observations éparses dans Cicéron, Sénèque, etc. Les Synonymes latins de Gardin Dumesnil (1777) sont ratés classiques, et se sont d’ailleurs enrichis d’utiles additions dans les réimpressions qu’on en a faites après la mort de l’auteur; mais ils ne peuvent soutenir la comparaison avec l’ouvrage approfondi, publié par Dœderlein, de 1826 à 1838 (Synonymes et Étymologies latines, 6 vol. in-8*). L’Institut vient d’accorder le prix de linguistique fondé parVolneyàun nouveau Traité des Synonymes latins, par MM. Barrault et Grégoire.— Sur la théorie générale des synonymes, consulter surtout la préface des Nouveaux Synonymes français par l’abbé Roubaud (Paris, 1785) ; celle du Nouveau Dictionnaire universel des Synonymes, par M. F. Guizot (Paris, 1800), qui vient d’être récemment réimprimé; enfin et surtout, les Synonymes français de M. B. Lafaye (gr. in-8% Paris, 1858). — Page 146.

86. C’est la définition de M. Guizot dans l’ouvrage mentionné dans la note précédente. — Page 148.

• 87. L’une de ces paraphrases est attribuée à Gaza (publiée à Florence, 1811). L’autre est anonyme; M. Bekker l’a publiée à la suite de son édition des Scholies de Venise sur l'Iliade (Berlin, 1827). C’est à la seconde que j’emprunte l’exemple cité dans le lexte. Les scholiastes grecs et latins offrent aussi, quoique avec moins de continuité, ce même rapprochement des termes vulgaires et

des mois poétises; el comme, parmi les scholiasles, il y en a de fort modernes, leur style descend quelquefois jusqu’au grec vulgaire; ii faut donc user avec discrétion el avec critique des synonymes qui abondent dans ces commentaires , soit grecs soit latins, sur les anciens auteurs. — Page 149. •

88. Quintilien , Institution de l’Orateur , X , 5 : c Sed et 111a ex ■ Latinis conversio mullum et ipsa contuîerit. Acde carminibus « quidem neminem credo dubitare , quo solo genere exercita>- « tionis dicitur usus esse Sulpicius. Nam et sublimis spiritus attol- « lere orationem polest, et verba poetica libertate audaciora « non præsumunt eadem proprie dicendi facultatem, etc.» — Page 150.

89. Sur cette timidité excessive de notre langue poétique, .ayez unecharmante lettre de Voltaire à Beauze«, 14 janvier 1768; et comparez la lettre du même 'a Frédéric II , alors prince de Prusse, 20 décembre 1737. Quant à la versification française, on en trouvera l'histoire et la théorie heureusement fondues ensemble, dans le Traité de Versification française, par M. Quicherat, Paris, 7880. — Page 15?.

90. Voyez surtout l’édition de Beauzée (1769), qui a été souvent réimprimée. — Page 153.

91. Voyez De Brosses: Traité de la formation mécanique des langues ( Paris, 1765), dont quelques idées pourtantont survécu et gardé leur place dans la linguistique moderne. L’Uistoire naturelle de la parole, faisant partie du Monde primitif, par Court de Gébelrn, et que l’on peut tire à part dans une édition spéciale donnée par Lanjuinais (Paris , 1816), est encore un de ces livres où dominent les théories aventureuses du xvm* siècle. 11 ne faut d'ailleurs pas confondre cette prétendue histoire naturelle avec les recherches de physiologie positive telles que Tes Études expérimentales sur la voix et sur les causes de la production du son dans divers instruments de musique, par M. Masson et Longet (Paris, 1852). — L’article Étymologie, par Turgot, dans l 'Encyclopédie méthodique, contient aussi beaucoup de vues justes et mérite encore aujourd’hui d’être consulté. — Page 154.

92. On peut se faire une idée de la hardiesse des Stoïciens dans leurs conjectures étymologiques, par le résumé que nous donne dç leur méthode l’auteur des Principia dialecticx, attribués à saint Augustin, chap. vi. Comparez un curieux fragment de Nigidius Figulus dans Àalu-Gelle, Nuits Attiques, X, 4. Galien a porté sur la science étymologique ub jugement bien sévère, et que les grammairiens ont trop souvent pris à tâche de justifier : XXaÇcôv ios i pâptvip 'EwisoXofta, woXXâxtç pèv ogscûo; papfjpoùaa toTc Tàvavxia Xéyouoi t<Sv àkifiùn , où* àXty&u; U xoîç «JuvSopévoK

NOTES. 207

pâXXov fl nt p toïç àXK>Oeûwj!nv. Sur les Dogmes de Platon et d’Hippocrate, H, 2. — Page 166.

93. On trouve cependant ç'a et la dans Varron des observations ingénieuses et sages sur tes lois qui président au développement du langage et particulièrement sur l’étymologie des mois latins. Par exemple , de Lingua Latina, V, 3 s • Neque oranis origo est « nostræ lïngu* e verwaculis verh», et multa aliud nane osten-

* 'ont, aliud ante signiftcabant. » Ibid., Vil, 4: - Igitur de % oi ginibus yerbormn qui multa dixerit commode, polius boni ■ consulendum, quam qui aliquid ncquiverit, repreliendendum; « præserlim cum dieat elymologice non omnium verborum

• dici posse causam. » (De Maistre a dit, à peu près dans le même sens,, eu parlant de l’étymologie : « Ce qu’on sait dans ce genre prouve beaucoup à cause de l’induction qui en résulte pour les autres cas : ce qu’on ignore, au contraire, ne prouve rien excepté l’ignorance de celui qui cherche. » Soirées de Saint-Pétersbourg, 2* entretien.) Ibid. , VIII , 4 : • Ut in hominibus quædam sunt « agnationes et genlilitales , sic in verbis. » (Idée qu’a ingénieusement développée, sans connaître Varron , Rivarol , dans son discours de l’Universalité de la langue française, p. 18, 19, édit. 1797.) Ibid., IX, 17 : « Consuetudo loquendi est in motu; itaque « solet fieri ex meliore delerior, ex détérioré melior, etc. » Il est donc k regretter que l’auteur nous détourne trop souvent, par la sécheresse et l'obscurité de son style , d’une lecture intéressante d'ailleurs et profitable soas tant de rapports. — Le Jfoimel d’ Étymologie latine , de L. Dœderlein (Leipzig, 1841) peut être utile, mais seulement a ceux qui s’en serviront avec une défiance judicieuse.— -Page 168.

94. Quelques rapprochements de ce genre se trouvent d3its Varron, de Lingua latina, V, 26, t(?2, 120, 173, 176, et dans Feslus, p. 1Î5, éd. Ursini. — Page 160.

96. C’est à propos d’une ressemblance entre le latin et le sabla que Varron écrit (de Lingua latina, V. 74) cette observation Irèssensée : * El aræ Sabinam linguam oient , quæ Tati regis voto « sunt Romæ dedicatæ ; nam, ut Annales dicunt,vorit Opi,Floræ , « Vedio, etc.... e quis nannu lia Domina in utraque lingua habent « radices, ut arbores quæ in continio natæ in ulroque agro ser- « punt. » — Page 16 1.

96. Voir sur ces divers procédés : Cicéron, de Oratore, III, 62, 63; Oratar , C, 25, 39, 40 ; et le recueil intéressant que llenrl Estienne a publié des mots et des textes grecs traduits dans les ouvrages de Cicéron : Citeronianum Lexicon græco-latinum, — Loci græcorum auclorum cum Ciceronis inlerpretationibus (Paritiis, 1657; réimprimé à Turin, en 1743). On pourrait aujour-

Digitiz

d’hui augmenter ce recneil à l’aide des textes découverts et publiés par M. A. Mai. Par exemple, de Republica. I, 43, où Cicéron traduit Platon ; II, 4, où il traduit Dicéarque. —Page 163.

97. Quintilien, Instit. Oral., I, 5, § 58: « Confessis quoque « Græcis utimur verbis, ubi nostra desunt, sicut illi a nobis non- « numquam mutuantur. » — Voyez surtout, pour ces derniers emprunts: Àntiquicates romance e græcis fontibus explicatx, par Aug. Wannowski(Kœoigsberg, 1846) , ouvrage auquel on pourrait faire encore d’utiles additions, surtout d’après les textes épigraphiques. — Page 163.

98. On peut se faire une idée de la méthode appliquée jadis à la philologie de notre langue en jetant seulement les yeux sur les ouvrages de Perionius (1555), de H. Estienne (1565, récemment réimprimé par M. Feugère), de Trippault (Orléans, 1580), de Boxhorn (1654), du père Labbe (1661), etc. Dans une dissertation, publiée en 1810, à Leipzig (de Originibus lingux franco-gallicæ), un jeune philologue, J. R. G. Beck, a, le premier peut-être, posé avec précision, et justifié par un choix, heureux en général, d’exemples, les principes de l’étymologie pour la langue française. —Voir aussi les ouvrages cités plus haut, notes 5, 26 et 34. — Page 164.

99. Distinction déjà reconnue et signalée par Catherinot dans l'opuscule, aujourd’hui très-rare, qui a pour titre : Les Doublett de la langue , Bourges, 1683 ; Fuchs, die Roman. Sprachen , p. 125 et suiv., a réuni beaucoup d’exemples du même genre. — Page 166.

100. Quelques-unes de ces lois sont méthodiquement exposées, d’après la Grammaire romane , de M. Diez , dans une dissertation (en français) de M. Zange : Exposition des lois qui gouvernent la permutation des lettres dans le passage des mots latins aux mot* français (Sondcrshauseu, 1845). On rapporte surtout à J. Grimm l’honneur d’avoir fondé les méthodes d’analyse qui ont renouvelé , depuis trente ans , la philologie des langues européennes ( Grammaire allemande , Gœtlingue, 1 819 et suiv. ). — Page 158.

101 . Le célèbre philologue H. Estienne signalait alors, et même avec trop d’aigreur, quelques-uns de ces emprunts faits par le français à la langue italienne. « Toutesfois encores le grand mal ne gisl point en ce que je vien de dire, mais en une chose qui est bien de plus grande importance, laquelle je suis presque honteux de dire : c’est que MM. les courtisans se sont oubliez jusques-là, d’emprunter d’Italie leurs termes de guerre, lais— sans leurs propres et anciens, sans avoir esgard à la conséquence que porloit un tel emprunt ; car d’ici à peu d’ans, qui sera celuy qui ne pensera que la France ait appris l’art de la guerre en l’eschole de l’Italie , quand il verra qu’elle usera des

NOTES

termes italiens ? Ne plus ne moins qu’en voyant les termes grecs de tous les arts libéraulx estre cardez és autres langues, nous jugeons, et à bon droict, que la Grèce a esté l’eschole de toutes les sciences. Voilà comment un jour les disciples auront le bruit d’avoir esté les maislres; et plusieurs casaniers qui se seront toujours tenus le plus loing des coups qu’ils auront peu, auront bien à leur aise acquis la réputation d’avoir esté les plus vaillans. » Préface de la Conformité du langage françois avec le grec, p. 24 , éd. Feugère. — Page 172.

102. Voyez A. deChevallet, dans l’ouvrage cité plus haut (note 5); 1. 1, p. 465. On trouvera dans cet ouvrage trois listes, rédigées en général avec une critique sévère, des mots empruntés par noire vieux français: 1° au latin, 2° aux idiomes celtiques, 3° aux idiomes germaniques. — Page 174.

103. Varron, de Lingua latina, IX, 16, fait, sur l'autorité de l’usage , cette observation spirituelle : « Cum sint in consuetu- « dine contra rationem alia verba ita ut ea facile tolli possint, a^ja

< ut videantur esse fixa : quæ leviter hærent ac sine offensione « commulari possint, statim ad rationem corrigi oportet; quæ

< lamen sunt ita ut in præsentia corrigere nequeas, quin ita • dicas, Itis oportet, si possis, non uti: sic enim obsolescent, ac > posteajamobliterata facilius corrigi polerunt.t Cf. Jbtd.7etll5. — Page 176.

101. Vaugelas, Remarques sur la langue française, aux mots recouvert, recouvré: « Pour moi, je dirai toujours recouvré avec les gens de lettres pour satisfaire à la règle et à la raison, et ne pas passer parmi eux pour un homme qui ignorât ce que les enfants sçavent; et recouvert avec toute la cour, pour satisfaire à l’usage, qui, en matière de langue, l’emporte toujours pardessus la raison. » Voir sur la méthode grammaticale de Vaugelas ja thèse de M. E. Moncourt (Paris, 1851). Quant à l’orthographe des noms propres, et particulièrementdes noms étrangers à noire langue, il faut lire surtout la piquante réponse de M. Aug. Thierry à la Diatribe du docteur Néophobus (Ch. Nodier) contre les fabricateurs de mots (1841), réimprimée dans les dix années d’Études historiques. — Page 178.

105. L’influence de l’Académie française sur le perfectionnement et les progrès de notre langue est appréciée d'une manière supérieure dans la Préface de la dernière édition de son Dictionnaire (1835). On sait que cette préface est due à la plume de M. Villemain. — Page 180.

106. Sur les caractères organiques de la langue grecque, on peut surtout consulter les beaux travaux de M. Lobeck : r Les

Parerga de *on édition de Phrynichus (Lrpsiae, 1850); 2* Paraîtpomena Crammatiex græcæ (1*37); 3” Pathologiæ sermonis græei prolegomena (1843);' 4" ’Pïifnmxôv, tire verborum g rxcorum et nominum verbalium Technologia (1846). — Snr les dialectes grecs, et sur leur développement historique, voyez, outre l’ouvrage , déjà ancien , de Maittaire , les deux excellents traités de M. Ahrens, de Dialeetis xolicis et pstudxolicis (1839), et de Diatecto dorica (1843), et la théorie ingénieuse exposée par M. A. Peyron dans un mémoire qui fait partie du Recueil de l’Académie de Turin (série II, vol. I) : Origine dei tre illustri dia- . letti greci paragonata eon quella dell’ eloquio illustre italiano.

Sur tes dialectes de l’ancienne Italie , sujet qu’ont renouvelé les récentes découvertes de la numismatique et de l’épigraphie, les deux ouvrages les plus utiles à consulter sont : 1 * Les Monuments de la langue umbrienne, par Aufrecht et Kircbhoff (1849); 2* les Dialectes de la basse Italie, par Th. Mommsen (1850), ouvrage dont M. Hase a rendu compte dans le Journal des Savants, octobre 1850. — Page 181.

107. Sur celte division primitive des dialectes français, voyex l’ouvrage de G. Fallût , Recherches sur les formes grammaticales de la langue française et de ses dialectes au xm* siècle (Paris, 1839), et A. de Chevallet, Origine et formation de la langue française, V* Partie, Prolégomènes, p. 33-35. Consulter sur les caractères généraux de la langue française et sur les causes de son universalité, le mémoire célèbre de Rivarol couronné par l’Académie de Beriiu, en 1784 (tom. II de ses Œuvres complètes, Paris, 1808); celui de Schwab, qui partagea le prix avec Rivarol (traduit de l’allemand par Robelot, en 1803); l’Essai sur l’Universalité de la, langue française, par M. Allou (Paris, 1828); le Prospectus d’un nouveau Dictionnaire de la langue française, par Rivarol (t. i" de ses Œuvres complètes). — Page 184.

le

AUDITIONS AUX NOTES

ADDITIONS AUX NOTES

Addition à la note l. — Dans tous les ouvrages cités cldes'iis , la théorie philosophique du langage prédomine sur l'étude historique des langues. C’est, au contraire, la méthode historique qui prédominera dans notre Manuel. Une sorte de méthode moyenne caractérise les diverses grammaires rédigées d’apres un plan uniforme par M. E. Sommer et par ses collaborateurs, et dont les principes sont réunis dans l'opuscule qui a pour litre : Premières notions de grammaire générale, ou exposé des principes de la Méthode uniforme (Paris, Hachette, 1864, in- 12).

Addition à la note 2. — K. E. A. Schmidt : Mémoires pour servir à l’histoire de la Grammaire des Grecs et des Latins (Halle, 1859, en allem.); G. F. Schoemann, la Doctrine des parties du discours d’après les anciens (Berlin, 1862, en allem.); H. Steinthal, Histoire de la science du langage chef les Grecs et les Romains (Berlin, 1862-1863, en allem.).

Addition à la note 4. — Les corrections que j’ai faites à celte note et les renvois qui la terminent ne me dispensent pas de consigner ici quelques titres d’ouvrages qui marquent un progrès notable dans les études de grammaire comparative. D'abord je dois citer fa deuxième édition du grand ouvrage de Bopp (Berlin, 1857-1861), sur laquelle M. Michel Bréal a entrepris, avec la collaboration du savant auteur, une traduction française aujourd'hui en voie d’impression. Puis je signalerai : ‘ L. Meyer, Grammaire comparative des langues grecque et latine (Berlin, 1861 et suiv., en allem.); G. Curtius, Principes de l’étymologie grecque (Leipzig, 1858-1862, en allem.); A. Seidelcher, Abrégé de la grammaire comparative des langues indogermaniques (Weimar, 1861-1862, en allem.). Eu ouvrant le cours de grammaire comparée , dont il est en ce moment

chargé au Collège de France, M. Bréal a traité d'une manière lucide et simple de la Méthode comparative appliquée à l’étude des langues (Paris, 1864, extrait de la Revue des cours littéraires) .

Addition d la note 5. — Les deux Grammaires provençales de Hugues Faidil et de Raymond Vidal de Desaudun , publiées, en 1840, par M. Guessard, ont été reproduites, en 1858, par le même savant dans une deuxième édition revue, corrigée et considérablement augmentée (in-8° de lxiv et 205 pages). C'est peutêtre ici le lieu de rappeler et de signaler l’estimable ouvrage de M. Livet : la Grammaire française et les grammairiens au xvi® siècle (Paris, 1859, in-8”). Je ne puis surtout omettre le grand Dictionnaire de la langue française de M. Littré, dont la publication, commencée en 1863, se continue avec une régularité qui permet d’en espérer le prompt achèvement; c’est assurément aujourd'hui le recueil d’éruditiou le plus méthodique et le plus complet pour l'étude approfondie de notre langue et de son histoire.

Note 6°. — Les plus importants témoignages des anciens sur le digamma sont : Denys d’Halicarnasse, Antiq. rom., I, 20; Quintilien, Instit. orat., I, 4, § 7, etl, 7, § 27; Apollonius, du Pronom, p. 98, 136 (Cf. 106, 107); Mélampus, dans les Anecdota græca de Bekker, p. 777,778. Voir, pour plus de détail, Ahrens, de Dialeclo æolica , et Longard, Symbolæ ad doctrinam de digammo xolica (Bonnæ, 1837). Tout ce qui concerne l'alphabet grec et l’alphabet latin est, en général, exposé avec peu d’exactitude dans nos grammaires. Sur ce point, la Méthode grecque de M. J. L. Burnouf n’a été notablement améliorée que dans la révision faite pour l’édition d’octobre 1859. Sur l’histoire des alphabets européens dérivés de l’alphabet phénicien, il faut surtout consulter aujourd’hui : 1° le Mémoire de M. A. Kirel» lioff, publié, en 1863, dans les Mémoires de l'Académie de Berlin, et dont il existe un tirage à part; 2° le troisième volume, avec Atlas, de l’ouvrage de M. Noël Des Vergers, intitulé : l'Étrurie et les Étrusques (Paris, 1862-1864).

‘ Addition à la note 10. — On trouvera dans la Revue des cours littéraires, du 18 mars 1865, un résumé des principes que j’ai plusieurs fois exposés, sur ce sujet, dans mes leçons à la Faculté des lettres.

Addition à la note 13. — L’ouvrage le plus complet et le plus profond sur cette matière est aujourd'hui celui de W. Corssen :

ADDITIONS AUX NOTES. 213

Sur la prononciation , le vocalisme et l’accentuation de la langue latine (Leipzig, 1858-1859, 2 vol., en allein.).

Note 13 a . — On devra consulter aujourd'hui, sur ce sujet, le Mémoire spécial de M. G. Paris , Sur le rôle de l’accent latin

dans la langue française (Paris, 1862, in-8°). — Page 18.

Addition à la note 22, ligne 2. — Ce morceau a été réimprimé par l’auteur dans ses Thèses de grammaire (Paris, 1855, in-8°), p. 51-74.

Addttton à la note 25. — Le traité de M. Ad. Regnier, étendu aux rapports du grec avec les principales langues européennes, forme un ouvrage tout nouveau dans l’édition que l’auleur en a donnée en 1855. Quant aux travaux des grammairiens hindous, que nous signalons rapidement, p. 32 de noire texte, on s’en fera une idée en lisant l'ouvrage du même savant intitulé : Études sur la grammaire védique (Paris, 1857-1859).

Note 25». — Il en était déjà de même en latin, suivant la remarque de Quintilien, Instit. orat., XI, 3, § 33 : « Quorum (verborum) pars devorari, pars destitui solet, plerisque extremas syllabas non proferentibus , dum priorum sono indulgent. » Cf. IX, 4, § 39 et 40, au sujet des finales en m. — ' Page 32.

Addition à la note 29. — On trouvera un autre exemple du même genre analysé par Plutarque, dans ses Questions platoniques, c. 10.

Note 32®. — On aime à relever une bonne observation en ce sens dans un auteur ancien, Arnobe, Adversus Gentes, 1, 59:

« Humana ista sunl placita et ad usum sermonis faciendi non sane omnibus necessaria; nam et hæc paries forsilan et hic sella dici sine ulla reprehensione potuissent, si ab initio sic dici placuisset et a sequenlibus saeculis communi esset in sermocinatione servatum. » — Page 52.

Addition à la note 33, ligne 3. — A la citation de Théodose ajoutez : xéxpvivTat tû Svw<î> àpiOfiü.

Note 33». — Sur les noms des cas en latin, on peut lire d'utiles obseï valions de Priscien , Institut, gramm., V, 13, p. 211-213, éd. Krehl. Cf. les ingénieuses remarques de M. Max Millier, la Science du Langage, p. 113 de la traduction française de MM. Harris et Perrot (Paris, 1864, in-8°). — Page 53.

Addition A la note 34. — Voir le* article* de M. Littré dans le Journal des tarante, août 1856, mai 1859 et mai 1860 (Cf. le Journal des Débats du 30 juillet 1855), réimprimés dans V Histoire de la langue française (Paris, 1863, in- 8°, L J, p. 135; l. H, p. 271 et suiv.). On a fait contre la régularité de cet usage des objections fondées principalement, à ce qu'il semble, sur 1'inexaclilude trop commune des copies postérieures au temps où il était observé. Voir un article de M. Pey dans la Revue contemporaine du 28 février 1863.

Additim à la note 35. — Des exemples pareils sont encore s’gnalés dans Plaute par M. Fr. Ritsctrl , Rheinisehes Muséum , 3* série, t. II, p. 156. Cf. p. 453 et 454 du même volume, deux nouveaux exemples fournis par l’épfgrapMe latine archaïque. On retrouvera nos observations sur ce sujet réunies dans les Mémoires cf histoire ancienne et de philologie (Paris, 1863), p. 368 et suiv.

Addition à la note 42. — L’ablatif latin était considéré par quelques grammairiens comme analogue à la flexion grecque en Oev, dans oùpavôSrv, I0sv, etc., dont on faisait un sixième cas. Voir Priscien, Institut, gramm., V, 13, p. 213, éd. Kreitl.

Note 52®. — Priscien (Institut, gramm., VH1, 2) remarque avec finesse que la voix active rappelle l'idée du passif, comme la voix passive rappelle l'idée de l’actif; ces deux idées, en effet, sont corrélatives et inséparables. — Page 87.

Note 52 6 . — Cicéron a remarqué celte influence de l'euphonie, Qrator , c. 97 : « impetratum est a consuetudine ut peccare suavitalis causa liceret. » — Page 89.

Addition à la note 61 . — Sur l’origine des flexions casuelles on peut consulter encore Pott, Recherches étymologique t (2* éd., 1859), 1. 1.

Addition à la note 68. — SI l’on veut suivre jusqu’au bout cette recherche sur le mot <ro).oixi<7p.6; et sur les idées qu’il exprime, on pourra consulter encore : Hérodote, IV, 117; Plutarque, de la Manière d’écouter, ch. xrv ; de la Fausse honte, cia. xvi ; Cicéron, ad Herennium , IV, 12; Sidonius Apoll., Epiât. , IX, 3.

Addition à la note 99. — C’est ce que Butet avait, en 1801 , justement appelé « dérivations divergentes, » Abrégé d'un court complet de lexüogie, introd., p. xvm.

ADDITIONS AUX NOTES

Addition à la noir 100. — J'ai moi-même exposé en détail une de ces lois de formation dans le Mémoire intitulé : Observations sur un procédé de dérivation très-fréquent dans la langue française et dans les autres idiomes néo-latins (Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 2* série, t. XXIV), où l’on trouvera aussi quelques vues plus générales sur les rapports du latin avec les langues qui en dérivent. On pourra lire aussi, sur ce sujet, une série d’articles de M. Pott, dans la Zeitschrift fur die Alterthumswissenschaft de 1853, n"* 61 et suiv.

Note 101“. — Fénelon dit assez justement, dans sa célèbre Lettre à M. Dacier, sur les Occupations de l’Académie française, § 3 : « Notre langue n’est qu’un mélange de grec, de latin et de tudesque avec quelques restes confus de Gaulois. » Mais il tire de ce fait des conséquences pratiques que la science et le goût s’étonnent également de voir admettre par un aussi éminent esprit. — Page 173.

Note 101 k . — Gabelle parait être plutôt dérivé de l'arabe kabdla, droit d'entrée et de sortie, ligne de douane, droit sur tout ce que l’on vend. De là sont dérivés les mots espagnols gabéla et alcavâla ou alcabdla. Voy. A. Dozy, Histoire de l’Afrique et de VEspagne,... par Jtm Adhâri, t. H, p. 38. (Note communiquée par M. Defrémery.) — Page 173.

Addition à la note 102. — Sur le celtique en particulier, consultez toujours la Grammatica celtica de J. C. Zeuss (Leipzig, 1853, 2 vol. in-8°) , et le Glossaire gaulois qui forme la première partie de YElhnogénie gauloise , par M. Roget de Belloguct (Paris, 1858, in-8") . Quant à l’origine des noms de lieu, j'aime à signaler comme un essai très-estimable l'Étude sur la signification des noms de lieu en France, par M. Houzé (Paris, 1864).

Addition d la note 105. —Voir aussi l'Avertissement placé en tête du premier fascicule (Paris, 1858, ln-4°) du Dictionnaire historique de la langue française, publié par l’Académie française.

Addition à la note 106. — 3° Le précieux recueil, aujourd’hui presque achevé, de M. Ariod. Fabretti, Glossarium italicum, in quo omnia vocabula continentur ex umbricis , sabinis, oscis, volscis, etruscis , cæterisque monumentis quæ supersunt collecta et cum inlerpretatioutbus variorvm explicata (Turin, in-folio).

4” A ce travail se rattachent naturellement les Priscæ latinitatis wionumenfo epigraphica ad archetyporum fidem exem plis lithographie repræsentata, par Fréd. Ritschl (Berlin, 1862, in-folio) , magnifique recueil qui correspond au premiervolume du Corpus inscriptionum latinarum, publié par Th. Mommsen, sous les auspices de l'Académie de Berlin (1863, in-folio). Depuis 1862, M. Ritschl a déjà publié plusieurs Suppléments à son précieux recueil.

Addition à la note 107. — Parmi les nombreux lexiques de nos dialectes ou patois français, il y en a un, au moins, que je citerai pour l’abondance et la disposition des matériaux, c'est le Glossaire du centre de la France, par le comte Jauberl (2* éd., Paris, 1864, in-4°), ouvrage dont l’Introduction est, à elle seule, un important morceau de critique.

Pour compléter ici les notions les plus essentielles sur le caractère et l’histoire des langues dérivées du latin, nous détacherons du tableau inséré ci-dessus, page 9, la série des mots latins, et nous en rapprocherons les formes sous lesquelles chacun d’eux se retrouve dans les principales langues néo-latines. On verra ainsi, d'un coup d’œil, comment le latin, sorti de la souche indo-européenne, a produit, à son tour, des rejetons nombreux et divers. Ainsi que dans le tableau de la page 9, on remarquera que les mots d’une même ligne ont assez de ressemblance pour attester une origine commune, assez de dissemblance pour caractériser des idiomes tout à fait distincts l’un de l’autre. Quelquefois aussi ce n’est pas le même radical latin qui a fourni les formes néo-latines correspondantes : c'est à germanus, et non à frater, que l’espagnol et le portugais empruntent le mot qui veut dire frère; anima, et non cor, a produit le valaque inimà. Quelquefois aussi , quand le même radical est commun à tous les mots d’une série, il a pris néanmoins dans quelqu’une des langues néo-latines, un sens plus ou moins différent de son sens originel. Par exemple, le latin sto, stare, se tenir, n'est guère plus qu’un verbe auxiliaire en français, en italien, etc. Le mot espagnol fraile, les mots portugais f rade , frei, freire, dérivés tous quatre de frater ou de son diminutif fratellus , ne signifient plus « frère » dans le sens général du mot latin ou du mot français, mais seulement » membre d'une confrérie militaire ou religieuse », ce qui est à peu près, par

ADDITIONS AUX NOTES

une coïncidence remarquable, le seul sens de fpà-rwp el çpatpia dans l'ancienne langue altique. Ces variétés montrent bien avec quelle indépendance les peuples de l'Europe latine ont transformé, chacun selon son génie, le fond commun d’une langue transmise aux uns comme un héritage paternel, imposée à tous les autres par la conquête el la civilisation romaines.

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