‹ Notions élémentaires de grammaire historique de la langue françaiseChapitre 26 sur 81 · A. Dailiy, p. 153 et suivtmtes · texte numérisé non relu

A. Dailiy, p. 153 et suivtmtes

latines devenueë françaises, les lois de periiiulation sont les suivantes : ;

1® L'évolution se produit ordinairement dans une même catégorie de sons, et, dans ce cas, toujours du son fort au son moyen, ou à Tun des sons secondaires. Ainsi 9 devient 1» ou v; t devient d qu «, mais sans que le phénomène inverse se produise : . - ^

duplum,

double;

ripara,

rive;

cubitum,

coude;

otiosum,

oiseux;

ralionem,

raison;

inclinalionem, inclinaison;

liberationem, livraison;

2* Plus rarement, les,sons se tmnsformeht d'une catégorie à l'autre; par exemple, la labiale v devient la gutturale»: , . . , r • •

vastare.

gâter ^;

Vasconiam, '

Gascogne;

vadum,

gué;

vespam.

guêpe;

viperam,

guivre\;

t. « Pour DOtts rendre raison da eette permulation, remarquons d'abord que les Romains n'avaient qu'une seqle lettre, un s,eul et même signe, o, pour marquer notre voyelle ou et notre consonne v ou le double w dans d'autres langues. Celte voyelle v [ou) était souvent précédée d'une consonne gutturale assez fortement nrticulée, comme dans qvas^ qoalis^ gvstus, etc., où la consonne gutturale est marquée par g et g ^ et conservée dans les mots français, qui, quel, goût, etc. Mais il y avait aussi, ce me semble, des mots où la voyelle v était précédée d'un g ou d'un h très peu sensibles et à cause de cela négligés dans l'écriture, de manière que les mots vespa, vastarê sonnaient probablement comme houespa, houastare, ou gouespa, gouastare.,. Dans la suite, quand ces mots ont passé dans les langues néo-latines, l'articulation gutturale qui était très faible et qui n'était pas indiquée, s'est renforcée et a été marquée par notre eutturale plus forte, les lettres gu; les ^ots houespa, ftouastare, se sont cbangés en gouespa, gouastare, avec un g fortement articulé, comme vulpe» en goupil; puis la rapidité de la prononciation ayant supprimé la voyelle ou, il en est résulté les mots : guespa, guêpe^ et gastare, gâter-. Ce n'est donc pas à proprement parler la consunne labiale v qui s'est changée en gu^ mais la gutturale g ou A faiblement articulée a été renforcée. ■ (P. Burgohaff, Priribipii de grammaire générale, p. 83.) -^ Il est plus probable que cotte transformation' est due & l'influence germanique. i . . i-.'.jj;., . .<»..*.

2. On dit aussi giore. C'est un terme de blason qui signifie serpent.

Ce mode de transformation est surtout fréquent pour les liquides et les nasales, la liquide gutturale r et la li* quide dmitale l se substituant facilement Tune à l'autre, comme la nasale dentale m et la nasale labiale nt^

Devant A, e devient di :

canem, chien;

castellum, château;

Quelques mots où le e dur se trouve maintenu existent concurremment avec d'autres où le e est devenu eU. Cela vient de la manière différente de prononcer le e au nord^ et au midi; de là deux formes dérivées d'un même mot latin :

campum> camp, champ;

captivum, captifs chétif;

causam, came, chose;

canalem, canal^ chenal;

Après une voyelle, le e suivi d'un t, devient souvent t ;

factum, fait;

noctem, nuit^

fruclum, fruit;

Ou bien il disparaît :

jactare, jeter;

edictum, édit;

defunctum, défunt.

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