Max Muller, p
i. A. Bailly, Manuel pour l'étude des racines grecques et latines^ p. 210. -
que frappe cet accent, c'est-à-dire sur laquelle la voix se porte avec intensité, est dite accentuée ou tonigue; les autres sont dites non accentuées ou atones * .
Il ne faut pas confondre l'accent tonique avec Vaccent gy^ammatical^ qui marque certaines variétés de prononciation de voyelles et qui n'existait pas en latin ; ni avec Vaccent oratoire^ qui consiste dans les diverses inflexions données à la parole par la pensée et le sentiment; ni avec Vaccent provincial^ qui consiste dans la prononciation lente ou vive des mots ou des phrases *, selon les localités ; ni enfin avec Vaccent prosodique ou quantité qui marque la durée du son, c'est-à-dire l'émission plus ou moins prolongée de la voix sur une voyelle qui est dite alors longue ou brève, tandis que l'accent tonique marque, ce qui est bien différent, que la voyelle frappée est d'une tonalité plus aiguë.
En d'autres termes, Vaccent tonique exprime won la durée^ mais l'acuité du son, et son nom lui vient précisément de ce qu'il produit une sorte de chant {accentus vient de ad et de cantus) par le mélange des sons aigus avec les sons graves*.
L'accent tonique a donc pour fonction spéciale de marquer l'unité du mot ; suivant l'expression d'un grammairien ancien, Diomède (cinquième siècle), il est l'âme du mot* C'est si vrai que dans certaines langues, en anglais, par exemple, un déplacement de l'accent tonique entraîne une différence de signification. Il concentre en lui toute la force d'expression, assure l'unité des diverses parties du mot. Il ne peut donc y avoir dans un mot qu'une seule syllabe réellement accentuée.
Il est vrai que, dans les mots composés, il y a certains accents secondaires, conservés des mots composants;